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Karim Souaid met en garde contre une rupture monétaire imminente

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Une déclaration sans précédent sur la gravité de la crise

Le 4 juillet 2025, le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, a lancé une mise en garde jugée sans précédent par plusieurs acteurs du secteur financier. Dans une déclaration officielle, il a affirmé que « le Liban est plus proche que jamais d’une rupture monétaire irréversible si les institutions ne parviennent pas à garantir un minimum de prévisibilité politique ». Ce propos, exprimé dans un contexte de tensions institutionnelles persistantes, a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité réelle de l’appareil monétaire à contenir une nouvelle déstabilisation de la livre libanaise.

Karim Souaid a articulé sa prise de parole autour de trois indicateurs critiques. Il a mentionné « des risques élevés sur les taux d’intérêt », soulignant que les fluctuations récentes sur les marchés internes ne relevaient plus seulement de facteurs techniques, mais de la perte de confiance dans la gouvernance du pays. Il a également évoqué « le financement du déficit », laissant entendre que les marges de manœuvre budgétaires étaient désormais nulles, voire négatives, pour les six mois à venir. Enfin, il a insisté sur « la confiance des marchés », décrite comme érodée, instable, et conditionnée à une stabilisation politique immédiate.

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Taux d’intérêt sous pression et épuisement des instruments conventionnels

L’un des points centraux de l’intervention de Karim Souaid concerne l’évolution des taux d’intérêt. Ces derniers, déjà élevés depuis 2022, subissent de nouvelles pressions liées aux incertitudes politiques et aux désaccords entre institutions. Le gouverneur a reconnu que la Banque centrale ne disposait plus des outils habituels pour influer efficacement sur les taux, en raison du retrait progressif des banques privées du marché de la dette publique.

L’augmentation des taux a un effet direct sur le coût de refinancement des entreprises, des établissements publics et des collectivités territoriales. Le crédit interbancaire est désormais presque à l’arrêt, avec des taux de prêts commerciaux atteignant plus de 32 % pour les petites et moyennes entreprises. Les projets d’investissement à moyen terme sont gelés, tant dans le secteur de l’industrie que dans celui des services.

Le gouverneur n’a pas détaillé les mesures éventuelles envisagées pour contenir cette spirale haussière. Des sources internes évoquent néanmoins des discussions en cours sur une nouvelle forme d’intervention ciblée de la Banque centrale, combinant des injections temporaires de liquidités à des plafonds de taux contractuels négociés avec les grandes banques.

Déficit public et blocage des instruments de financement

Le deuxième volet de l’alerte lancée par Karim Souaid concerne le déficit public. Celui-ci, selon les données du ministère des Finances, pourrait dépasser 9 % du PIB à la fin de l’année 2025. Le financement de ce déficit repose en grande partie sur des emprunts internes à court terme, aujourd’hui devenus difficiles à placer en raison du manque de visibilité politique.

La Banque du Liban n’est plus en mesure d’acheter elle-même des titres souverains sans provoquer une déstabilisation de la monnaie. Le risque de refinancement a ainsi atteint un seuil critique. Plusieurs échéances prévues au troisième trimestre sont considérées comme « à haut risque » par des analystes financiers, en raison de l’absence de plan budgétaire amendé et validé.

Le gouverneur a souligné que « la prévisibilité politique » constituait désormais la principale variable pour rassurer les créanciers. L’absence d’un projet de loi de finances pour 2025, la multiplication des décrets d’exception et la paralysie du Parlement rendent difficile toute planification à moyen terme. En parallèle, les bailleurs multilatéraux retardent le versement de fonds promis, attendant des signaux clairs de coordination entre les branches de l’exécutif.

Confiance des marchés et risque de retrait massif des dépôts

Le troisième pilier du discours du gouverneur concerne la confiance des marchés. Celle-ci, a-t-il dit, « dépend d’un langage commun entre les institutions politiques, économiques et judiciaires ». Il a précisé que les investisseurs étrangers, les institutions financières partenaires et même les grandes entreprises libanaises attendent une sortie de crise lisible avant de prendre de nouveaux engagements dans le pays.

Le gouverneur a par ailleurs évoqué un risque « non négligeable » de retraits massifs de dépôts dans le cas où une nouvelle crise politique surviendrait dans les semaines à venir. Il a rappelé que le secteur bancaire, fragilisé par plusieurs années de contraction et de perte de crédibilité, ne pourrait pas absorber une nouvelle vague de panique financière. La gestion des dépôts reste à ce jour encadrée par des circulaires de la Banque centrale, en l’absence d’une loi de contrôle des capitaux.

Les chiffres récents montrent que les transferts entrants de la diaspora ont légèrement reculé au deuxième trimestre 2025. Les opérateurs bancaires attribuent ce recul à une perte de confiance dans la capacité de l’État à garantir la stabilité du taux de change. Le marché parallèle de la livre libanaise reste dominant, avec des écarts significatifs par rapport au taux officiel, que les interventions de la Banque centrale ne parviennent plus à stabiliser durablement.

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Newsdesk Libnanews
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