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La capacité d’une Syrie islamique sunnite à respecter les minorités ethniques et religieuses

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La question de savoir si une Syrie islamique sunnite serait capable de respecter ses minorités ethniques et religieuses repose sur une multitude de facteurs, mêlant histoire, sociologie et politique. La Syrie est un pays historiquement multiculturel, où des communautés diverses, telles que les Alaouites, les Chrétiens, les Druzes, les Ismaéliens et les Kurdes, ont cohabité avec une majorité sunnite. Cependant, cette coexistence a souvent été marquée par des tensions latentes exacerbées par des décennies de conflits et de répression.

Sous le régime baasiste, une laïcité de façade a permis de maintenir une relative stabilité intercommunautaire, bien que celle-ci ait été imposée par un autoritarisme centralisé. La guerre civile syrienne a cependant bouleversé cet équilibre fragile, réveillant des divisions confessionnelles et ethniques profondément enracinées. Dans ce contexte, envisager une Syrie dirigée par une majorité sunnite pose la question cruciale des garanties offertes aux minorités pour leur protection et leur inclusion.

Tout dépend du courant sunnite dominant qui pourrait émerger. Si une vision modérée et inclusive de l’islam sunnite prévaut, comme celle observée dans des États tels que le Maroc, il est concevable qu’une cohabitation respectueuse puisse s’instaurer. Un tel modèle nécessiterait toutefois des réformes constitutionnelles solides, une séparation claire entre religion et politique, et un effort soutenu pour promouvoir une culture politique inclusive. En revanche, si un islam politique plus strict ou même radical venait à dominer, comme celui prôné par des mouvements extrémistes tels que Daech, les minorités ethniques et religieuses pourraient faire face à des persécutions directes ou à une marginalisation systématique.

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L’histoire régionale offre des exemples contrastés. Dans des pays comme l’Indonésie, majoritairement sunnite, une relative tolérance religieuse a été institutionnalisée. À l’inverse, des régimes tels que celui des Talibans en Afghanistan ou certains aspects du système saoudien montrent comment une gouvernance fondée sur une interprétation stricte de la charia peut limiter les droits des minorités. Ces modèles divergents soulignent que tout dépendra des choix idéologiques et politiques du futur gouvernement syrien.

La reconstruction d’une Syrie stable et plurielle nécessitera également une approche décentralisée. Le fédéralisme, ou une forme similaire de partage du pouvoir, pourrait offrir aux minorités ethniques et religieuses une plus grande autonomie tout en préservant l’unité nationale. Cependant, cette solution requiert une volonté politique qui semble, pour l’instant, absente, d’autant plus que les tensions confessionnelles et les influences étrangères restent omniprésentes.

En conclusion, une Syrie islamique sunnite pourrait théoriquement respecter ses minorités, mais cela dépendra largement des cadres juridiques, des structures de gouvernance et de la capacité des futurs dirigeants à reconnaître et à valoriser la diversité comme une richesse nationale. Sans ces garanties, les minorités pourraient devenir les victimes d’une nouvelle ère d’exclusion et d’instabilité, compromettant toute chance de réconciliation durable.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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