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La crise énergétique au Liban : pénuries de carburant et coupures électriques prolongées

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Le Liban, confronté à l’une des pires crises économiques de son histoire, voit son secteur énergétique s’effondrer. Les pénuries chroniques de carburant, les coupures électriques prolongées et l’inefficacité des infrastructures plongent le pays dans une spirale de dépendance aux générateurs privés et d’obscurité quotidienne. Quels sont les facteurs à l’origine de cette situation, et quelles perspectives d’amélioration existent pour ce secteur clé ?

Une infrastructure en ruine

Le système énergétique libanais repose sur une infrastructure vétuste et mal entretenue. La principale société publique, Électricité du Liban (EDL), est incapable de produire suffisamment d’électricité pour répondre à la demande nationale. En 2023, la production moyenne ne couvrait que 20 % des besoins du pays, obligeant les citoyens à compter sur des générateurs privés.

Les centrales électriques, construites pour la plupart dans les années 1970, fonctionnent à un rendement largement inférieur aux standards modernes. L’absence d’investissements pour moderniser ces installations aggrave leur inefficacité. De plus, la dépendance aux importations de carburant, combinée à la dévaluation massive de la livre libanaise, rend l’approvisionnement en énergie encore plus coûteux et incertain.

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Les pénuries de carburant : un goulet d’étranglement

Les pénuries de carburant sont au cœur de la crise énergétique. Depuis 2019, le Liban a réduit drastiquement ses importations de mazout et de fioul, essentiels pour les centrales électriques et les générateurs privés. Cette réduction est due à plusieurs facteurs :

  • Manque de devises étrangères : La crise économique a épuisé les réserves de dollars nécessaires pour financer les importations.
  • Corruption et mauvaise gestion : De nombreuses cargaisons de carburant ont été détournées ou retardées, aggravant les pénuries.
  • Impact des sanctions internationales : Les sanctions imposées à la Syrie, principal partenaire énergétique du Liban, compliquent également l’accès à certaines ressources.

En conséquence, les générateurs privés, qui fournissent désormais l’essentiel de l’électricité, fonctionnent à des coûts prohibitifs, rendant l’énergie inaccessible pour une grande partie de la population.

Des répercussions économiques et sociales graves

La crise énergétique affecte tous les aspects de la vie au Liban. Les entreprises, confrontées à des coupures d’électricité de plus de 20 heures par jour, peinent à maintenir leurs activités, entraînant des pertes économiques massives. Les écoles et les hôpitaux, privés d’électricité stable, doivent fonctionner avec des générateurs coûteux, limitant leur capacité à offrir des services essentiels.

Sur le plan social, les pénuries d’énergie accentuent les inégalités. Les ménages les plus pauvres, incapables de payer les frais des générateurs, vivent dans des conditions précaires, sans accès à l’électricité pour leurs besoins de base. Cette situation alimente la frustration populaire et exacerbe la défiance envers les autorités.

Les initiatives de réforme : entre blocages et opportunités

Malgré l’urgence de la situation, les réformes nécessaires pour redresser le secteur énergétique stagnent. Parmi les initiatives envisagées figurent :

  • La privatisation partielle d’Électricité du Liban : Cette mesure, proposée par certains bailleurs de fonds internationaux, vise à améliorer l’efficacité du secteur. Cependant, elle suscite des résistances en raison des risques de monopoles privés et de corruption.
  • Le recours aux énergies renouvelables : Avec plus de 300 jours d’ensoleillement par an, le Liban dispose d’un fort potentiel pour développer l’énergie solaire. Cependant, les investissements nécessaires pour cette transition restent limités en raison de la crise économique.
  • Les accords régionaux : En 2023, le Liban a signé des accords pour importer de l’électricité depuis l’Égypte et la Jordanie via la Syrie. Bien que prometteuses, ces initiatives sont encore freinées par des obstacles techniques et géopolitiques.

La dépendance aux solutions temporaires

En l’absence de réformes structurelles, le Liban continue de dépendre de solutions temporaires pour maintenir un minimum d’approvisionnement en énergie. Les dons de carburant de pays comme l’Iran ou les contrats d’approvisionnement à court terme permettent d’atténuer légèrement les pénuries, mais ne résolvent pas les problèmes sous-jacents.

Perspectives

La crise énergétique libanaise illustre les conséquences d’années de mauvaise gestion et de corruption dans le secteur public. Pour sortir de cette impasse, le pays devra mettre en œuvre des réformes audacieuses, incluant une meilleure gestion des ressources, une transition vers les énergies renouvelables et une coopération accrue avec les partenaires régionaux. Sans ces changements, le Liban risque de rester prisonnier d’un cercle vicieux de pénuries et de dépendance coûteuse aux générateurs privés.

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Newsdesk Libnanews
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