Beyrouth – Dans un communiqué publié ce lundi 26 janvier 2026, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a détaillé son rôle dans le renforcement de la présence des forces armées libanaises au sud du pays. Selon cette déclaration officielle, la Finul a assisté l’armée libanaise dans le déploiement vers environ 130 positions permanentes dans la région depuis novembre 2024, tout en lui transmettant des informations sur plus de 400 caches d’armes et infrastructures découvertes. Ces actions, précise la Finul, s’inscrivent dans le cadre du soutien à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies et contribuent à la stabilité à long terme de la zone.
Ce communiqué intervient dans un contexte de tensions persistantes le long de la Ligne bleue, la frontière délimitée entre le Liban et Israël. Les incidents récents impliquant des forces israéliennes et des peacekeepers de la Finul ont multiplié les alertes, soulignant les défis posés à la mise en œuvre de la résolution 1701. Adoptée en août 2006 pour mettre fin aux hostilités entre le Hezbollah et Israël, cette résolution prévoit le déploiement exclusif des forces armées libanaises au sud du fleuve Litani, l’interdiction de toute présence armée non autorisée et le renforcement du rôle de la Finul pour monitorer ces dispositions.
Les efforts décrits par la Finul marquent une intensification de la coopération avec l’armée libanaise depuis la cessation des hostilités majeures en novembre 2024. À cette date, un accord de cessez-le-feu avait été conclu sous les auspices internationaux, mettant fin à une période d’escalade qui avait débuté en octobre 2023 avec des échanges de tirs transfrontaliers. Depuis lors, la Finul a multiplié les patrouilles conjointes et les opérations de déminage, facilitant le retour progressif des forces libanaises dans des zones précédemment contestées.
Un soutien logistique et opérationnel renforcé
La Finul, forte d’environ 10 800 peacekeepers issus de plus de 40 pays, a joué un rôle pivot dans ces déploiements. Les 130 positions permanentes mentionnées correspondent à des points stratégiques le long de la Ligne bleue et dans les villages du sud, tels que ceux situés près de Bint Jbeil, Marjayoun et Tyr. Ces emplacements incluent des postes d’observation, des barrages routiers et des bases fixes destinées à assurer un contrôle effectif du territoire. L’assistance de la Finul a compris la fourniture de cartes détaillées, de formations en temps réel et de soutien aérien pour sécuriser les mouvements des troupes libanaises.
Parmi les découvertes transmises, les plus de 400 caches d’armes et infrastructures englobent des dépôts de munitions, des tunnels souterrains et des installations logistiques. Ces éléments ont été identifiés lors de patrouilles routinières et d’opérations de reconnaissance menées par les contingents de la Finul, notamment ceux issus des bataillons italien, français et espagnol. Par exemple, en décembre 2025, une opération près de Blida a permis la remise à l’armée libanaise d’un champ de mines déminé, marquant la première telle initiative depuis la fin des hostilités récentes. Cette remise, effectuée lors d’une cérémonie officielle, a impliqué des experts en explosifs de la Finul qui ont neutralisé plus de 500 dispositifs datant des conflits passés.
Le chef de la Finul, le général italien Diodato Abagnara, a souligné lors d’une réunion avec des responsables libanais en janvier 2026 l’importance de ces transferts pour renforcer la souveraineté libanaise. « Notre mandat est clair : assister l’armée libanaise dans l’extension de son autorité au sud », a-t-il déclaré, en référence directe à la résolution 1701 qui exige le désarmement des groupes armés non étatiques dans la région.
Les incidents récents le long de la Ligne bleue
Malgré ces avancées, la zone reste volatile. Le 16 janvier 2026, un char Merkava israélien positionné au sud de la Ligne bleue a tiré environ 30 balles de petit calibre vers un poste de la Finul près de Kafer Chouba. Les projectiles ont atteint un poste de garde et pénétré un logement, forçant les peacekeepers à se mettre à l’abri. Heureusement, aucune victime n’a été rapportée, mais la Finul a immédiatement transmis une demande d’arrêt du feu aux forces de défense israéliennes (FDI) via ses mécanismes de liaison.
Ce même jour, lors d’une patrouille près d’Adeisse, des peacekeepers ont été avertis par des habitants locaux d’un danger potentiel dans une maison. En inspectant les lieux, ils ont découvert un dispositif explosif relié à un cordon détonant. Peu après, un drone survolant la zone a largué une grenade à environ 30 mètres des soldats onusiens. Là encore, une requête d’arrêt du feu a été envoyée aux FDI, soulignant les risques pour les civils locaux et les violations de la résolution 1701.
Trois jours plus tôt, le 13 janvier 2026, deux obus de mortier éclairants ont atterri sur l’héliport et la porte principale d’une position onusienne au sud-ouest de Yaroun. Les peacekeepers ont dû se réfugier, et bien que personne n’ait été blessé, cet incident a été qualifié de violation grave par la Finul, qui a rappelé aux FDI leur obligation de protéger les forces onusiennes.
Le 12 janvier 2026, deux chars Merkava ont pénétré en territoire libanais près de Sarda, avançant depuis une position des FDI. Informée à l’avance de la patrouille onusienne dans cette zone sensible, la Finul a vu ses activités interrompues par cette incursion, qui a duré une demi-heure avant le retrait des chars. Ces événements s’ajoutent à une série d’incursions signalées depuis novembre 2024, incluant des survols de drones et des tirs d’artillerie.
Le rôle de la résolution 1701 dans le contexte régional
La résolution 1701, votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, impose un cessez-le-feu permanent, le retrait des forces israéliennes au sud de la Ligne bleue et le déploiement de l’armée libanaise comme unique force armée dans la région. Elle autorise la Finul à assister le gouvernement libanais dans ces tâches, y compris la surveillance des frontières et la prévention du trafic d’armes.
Depuis novembre 2024, la mise en œuvre de cette résolution a connu des progrès notables, mais aussi des obstacles. Le gouvernement libanais, dirigé par le premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, a réaffirmé son engagement envers ces dispositions. Lors d’une visite à Paris le 24 janvier 2026, M. Salam a discuté avec des dirigeants français du soutien à l’armée libanaise et des plans post-Finul, soulignant la nécessité d’une force internationale après le retrait prévu de la mission onusienne fin 2026 ou début 2027.
Le ministre de la Défense libanais, Michel Mnassah, a coordonné étroitement avec la Finul pour ces déploiements. Nommé en février 2025 dans le cabinet de 24 ministres, M. Mnassah, un chrétien maronite originaire de Beyrouth, supervise une armée de près de 80 000 hommes confrontée à des défis logistiques et financiers. Le budget alloué à la défense pour 2025-2026, soumis au parlement en juillet 2025, prévoit une augmentation de 15 % pour équiper les unités du sud, incluant des véhicules blindés et des systèmes de surveillance fournis par des partenaires internationaux.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a porté plainte auprès des Nations unies le 26 janvier 2026, documentant 2036 violations israéliennes de la souveraineté libanaise au cours des trois derniers mois de 2025. Ces violations incluent des survols aériens, des incursions terrestres et des tirs d’artillerie, totalisant plus de 500 incidents rien qu’en décembre 2025.
Les dynamiques confessionnelles et politiques au Liban influencent ces opérations. Au sud, majoritairement chiite, le déploiement de l’armée libanaise doit naviguer entre les influences locales et les engagements internationaux. Le Hezbollah, bien que non mentionné explicitement dans le communiqué de la Finul, reste un acteur clé, avec ses armes souvent au cœur des découvertes. Les caches transmises incluent des roquettes, des missiles antichars et des munitions stockées dans des zones civiles, posant des risques pour la population.
Les contingents de la Finul en action
Les bataillons de la Finul ont multiplié les initiatives communautaires pour soutenir ces efforts. Par exemple, des peacekeepers népalais ont aidé les résidents de Blida à préparer un champ pour une plantation d’oliviers en décembre 2025. Ces actions humanitaires visent à renforcer la confiance locale envers les forces onusiennes et libanaises.
En novembre 2025, la Finul a intensifié ses patrouilles nocturnes le long de la Ligne bleue en coordination avec l’armée libanaise, observant des mouvements de chars israéliens en territoire libanais. Ces patrouilles, menées par des unités mixtes, couvrent plus de 100 kilomètres de frontière et impliquent des technologies comme des drones de surveillance et des capteurs thermiques.
Le 19 décembre 2025, la remise d’un champ de mines déminé à Blida a symbolisé cette coopération. Le site, couvrant 2 hectares, contenait des mines antipersonnel datant de 2006. Les experts de la Finul, assistés par des chiens démineurs, ont neutralisé les dispositifs sur une période de trois mois, permettant aux agriculteurs locaux de reprendre leurs activités.
Les implications immédiates des découvertes d’armes
Les plus de 400 caches d’armes transmises depuis novembre 2024 représentent un volume significatif. Parmi elles, des dépôts près de Yaroun et Adeisse contenaient des centaines de roquettes de type Grad et Katyusha, ainsi que des explosifs improvisés. Ces transferts ont permis à l’armée libanaise de sécuriser ces sites, souvent situés dans des zones résidentielles, réduisant les risques d’explosions accidentelles.
Un incident notable le 6 janvier 2026 a vu le sous-secrétaire général aux opérations de paix des Nations unies, Jean-Pierre Lacroix, visiter le sud du Liban et rencontrer les dirigeants de la Finul. M. Lacroix a salué le dévouement des peacekeepers dans un environnement complexe, réaffirmant le rôle de la Finul dans la stabilité régionale.
Le 20 janvier 2026, la Finul a réitéré son partenariat avec l’armée libanaise, valorisant les liens forts pour la mise en œuvre de la résolution 1701. Cette déclaration suit une série d’incidents où des peacekeepers ont été ciblés, comme le tir de balles sur un poste près de Kafer Chouba.
Les plaintes libanaises auprès de l’ONU, portées par M. Rajji, détaillent des violations incluant 150 survols de drones israéliens en janvier 2026 seul. Ces actions, selon Beyrouth, compromettent les efforts de déploiement et exposent les civils à des dangers inutiles.
Dans les villages frontaliers, les résidents rapportent une augmentation des patrouilles conjointes, avec des checkpoints libanais renforcés par des équipements onusiens. À Marjayoun, par exemple, une nouvelle base permanente a été établie en décembre 2025, abritant 200 soldats libanais assistés par des instructeurs de la Finul.
Les défis posés par le retrait imminent de la Finul
Le mandat de la Finul, renouvelé annuellement, fait face à des discussions sur son retrait progressif à partir de décembre 2026, avec une phase d’un an pour le départ complet. Cette perspective, votée par le Conseil de sécurité en août 2025, impose au gouvernement libanais de renforcer son armée pour assumer pleinement les responsabilités au sud.
Le premier ministre Salam, lors de sa visite à Paris, a évoqué la conférence prévue le 5 mars 2026 pour soutenir l’armée libanaise, impliquant des dons d’équipements et de formations de la part de la France et d’autres partenaires. Le vice-premier ministre Tarek Mitri coordonne ces efforts, en lien avec le ministère des Finances pour allouer les fonds nécessaires.
Les incidents du 16 janvier illustrent les risques persistants : le largage de grenade par drone près d’Adeisse a forcé les peacekeepers à établir un cordon de sécurité, retardant une fouille prévue. Ces événements, répétés, soulignent les violations récurrentes de la résolution 1701 par des incursions terrestres et aériennes.
En réponse, la Finul a augmenté ses patrouilles mixtes, couvrant des zones comme Sarda et Yaroun où des caches ont été découvertes en janvier 2026. Une infrastructure souterraine près de Yaroun, incluant un tunnel de 50 mètres, a été transmise à l’armée libanaise le 13 janvier, permettant sa neutralisation immédiate.
Les dynamiques régionales, avec des influences iraniennes et syriennes au sud du Liban, compliquent ces opérations. L’armée libanaise, composée de contingents multiconfessionnels, doit maintenir un équilibre pour éviter les tensions internes.
Les dernières activités de la Finul en janvier 2026 incluent des foires communautaires, comme celle de Noël soutenue par les peacekeepers, qui ont réuni 3000 personnes près de la Ligne bleue. Ces initiatives visent à consolider la paix locale tout en facilitant les déploiements militaires.
Le communiqué du 26 janvier réaffirme ces engagements, avec la Finul rappelant que ses efforts conjoints avec l’armée libanaise visent une stabilité durable. Les 130 positions déployées couvrent désormais 70 % de la zone au sud du Litani, selon des estimations officielles, marquant un progrès significatif depuis novembre 2024.

