Le 26 janvier 2025, malgré l’échéance passée pour le retrait total des forces israéliennes, les troupes continuent d’occuper plusieurs localités au sud du Liban, en violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu signé en novembre 2024. Cette situation a conduit à une escalade dramatique des tensions, avec un bilan qui s’alourdit : 11 morts et 102 blessés, selon les dernières informations communiquées par le ministère de la Santé libanais.
Israël refuse de se retirer : un défi au cessez-le-feu
L’accord de cessez-le-feu, qui prévoyait le retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais d’ici au 25 janvier, a été ouvertement ignoré par Israël. Les troupes israéliennes maintiennent leur présence dans plusieurs villages frontaliers, notamment à Aitaroun, Houla et Kfar Kila. Ces localités, toujours occupées, sont le théâtre de violents affrontements entre les forces israéliennes, les civils tentant de regagner leurs foyers, et l’armée libanaise déployée pour protéger les populations. Dans une déclaration publiée aujourd’hui, le président libanais Joseph Aoun a fermement condamné cette occupation prolongée. « La souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban sont non négociables », a-t-il rappelé. Il a également salué le courage des forces armées libanaises qui, malgré des conditions difficiles, continuent de défendre le territoire et les citoyens contre les agressions israéliennes.
Déclaration de la FINUL
Dans un communiqué officiel, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a exprimé sa « profonde inquiétude » concernant les violences en cours. Elle a rappelé que « les conditions ne sont pas encore réunies pour un retour sûr des citoyens à leurs villages où les forces israéliennes sont encore présentes ». En réponse à une demande des forces armées libanaises (LAF), les casques bleus de la FINUL ont été déployés dans plusieurs zones pour surveiller la situation et éviter toute escalade supplémentaire. La FINUL a cependant précisé que « la gestion des foules ne relève pas de son mandat ».
Dans son communiqué, la FINUL a exhorté les parties à respecter les dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment le retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais et la sécurisation des zones au sud du Litani. « Les forces israéliennes doivent s’abstenir de tirer sur des civils dans les territoires libanais », a ajouté la FINUL, tout en soulignant que « tout acte de violence compromet la fragile sécurité et les perspectives de stabilité obtenues grâce à l’arrêt des hostilités ».
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Un bilan humain tragique
Le ministère de la Santé libanais a publié un bilan actualisé des victimes, soulignant la gravité de la situation. Voici les chiffres rapportés jusqu’à présent :
- Aitaroun : 2 morts (dont une femme) et 12 blessés.
- Blida : 1 mort et 2 blessés.
- Houla : 3 morts et 14 blessés.
- Markaba : 2 morts (dont une femme) et 12 blessés.
- Kfar Kila : 1 mort et 15 blessés.
- Dhayra : 1 soldat libanais tué.
- Mays al-Jabal : 7 blessés.
- Bani Hayyan : 2 blessés.
- Maroun al-Ras : 1 blessé.
- Shaqra : 1 blessé.
- Deir Mimas : 1 blessé.
- Rabta Latine : 1 blessé.
- Tayba : 2 blessés.
- Adaisseh : 6 blessés.
- Yaroun : 7 blessés.
Le bilan inclut un soldat libanais tué et plusieurs blessés dans des attaques directes contre les troupes et les civils. Parmi les zones les plus touchées, Houla, Kfar Kila et Markaba ont été le théâtre de violences particulièrement meurtrières.
L’intervention de l’armée libanaise
L’armée libanaise, déployée dans plusieurs localités frontalières, joue un rôle crucial pour tenter de sécuriser les zones encore sous occupation. Dans une déclaration publiée sur « X », l’armée a réitéré son engagement à se tenir aux côtés des citoyens contre « l’ennemi israélien, qui continue de violer l’accord de cessez-le-feu et refuse de se retirer ». À Maroun al-Ras et Dhayra, les soldats escortent les habitants dans les zones les plus dangereuses, tout en appelant à la prudence face aux survols de drones et à la présence de mines terrestres posées par les forces israéliennes.
Appels à la communauté internationale
Le président Aoun a multiplié les appels aux leaders internationaux pour condamner l’attitude israélienne et faire respecter la résolution 1701 des Nations unies. Nabih Berri, président du Parlement libanais, a dénoncé « les massacres commis contre des civils désarmés » et a exhorté les pays parrains du cessez-le-feu à obliger Israël à se retirer immédiatement. Malgré l’inquiétude exprimée par la FINUL et les Nations unies, aucune action concrète n’a encore été mise en place pour contraindre Israël à respecter l’accord.
Une situation explosive malgré l’échéance passée
Alors que l’occupation israélienne se prolonge, les tensions restent à leur paroxysme dans une région où les civils, les militaires libanais et les autorités locales se battent pour préserver la souveraineté nationale. Avec un bilan humain qui ne cesse de s’alourdir et une communauté internationale encore hésitante, le sud du Liban risque de s’enfoncer davantage dans l’instabilité.


