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La prochaine réunion du mécanisme de Naqoura prévue pour le 25 février 2026

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La Sûreté américaine à Beyrouth et le Commandement central des forces armées des États-Unis ont réaffirmé, via une déclaration commune publiée sur la plateforme X, la continuité du cadre de coordination militaire établi par l’accord de cessation des hostilités annoncé le 27 novembre 2024. Ce mécanisme, qui réunit les parties impliquées dans le suivi du cessez-le-feu entre le Liban et Israël, reste pleinement opérationnel, avec les mêmes objectifs, participants et direction. La prochaine session est fixée au 25 février 2026 à Naqoura, au quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Des réunions subséquentes sont déjà programmées pour le 25 mars, le 22 avril et le 20 mai, soulignant l’engagement à maintenir un forum essentiel pour la coordination militaire entre les acteurs concernés.

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions persistantes à la frontière libano-israélienne, où les violations du cessez-le-feu se multiplient malgré les efforts diplomatiques. Le mécanisme, souvent désigné sous le nom de « pentalatéral » en raison de la participation des États-Unis, de la France, du Liban, d’Israël et de la Finul, a tenu sa seizième réunion le 7 janvier 2026, centrée sur l’avancement du désarmement des groupes armés non étatiques au sud du Litani et sur les plaintes relatives aux incursions israéliennes. Lors de cette session, les représentants libanais ont présenté un rapport détaillé sur plus de 10 000 violations israéliennes documentées depuis l’entrée en vigueur de l’accord, incluant des occupations de points frontaliers et des frappes aériennes ayant causé plus de 300 décès post-cessez-le-feu.

Le cadre de coordination : un héritage de l’accord de 2024

L’accord de cessation des hostilités du 27 novembre 2024, négocié sous les auspices des États-Unis et de la France, a mis fin à plus d’un an de confrontations intenses entre les forces israéliennes et le Hezbollah, qui avaient ravagé le sud du Liban et causé des milliers de victimes civiles. Ce pacte stipule un retrait progressif des troupes israéliennes du territoire libanais occupé, le déploiement de 5 000 soldats de l’armée libanaise (LAF) dans la zone tampon au sud du Litani, et le démantèlement des infrastructures militaires non étatiques. Le mécanisme de Naqoura, reformulé et renforcé par cet accord, succède aux réunions tripartites antérieures (Liban-Israël-Finul) qui opéraient depuis 2006 sous la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Dès sa création, ce cadre a intégré des éléments novateurs, comme l’inclusion de représentants civils à partir de la quatorzième réunion du 3 décembre 2025. L’ambassadeur libanais Simon Karam, ancien représentant à Washington connu pour son opposition à l’influence syrienne dans les années 1990, et le directeur principal pour la politique étrangère au Conseil de sécurité nationale israélien, Uri Resnick, ont rejoint les discussions militaires pour aborder les aspects politiques et économiques du retour à la stabilité. Lors de cette session, les participants ont évalué les progrès vers une cessation durable des hostilités, en soulignant l’importance d’un dialogue parallèle sur la sécurité et le développement économique pour les communautés affectées des deux côtés de la frontière.

La quinzième réunion, tenue le 19 décembre 2025, a mis l’accent sur le renforcement des capacités de l’armée libanaise et des forces de sécurité intérieure (FSI), en lien avec la conférence internationale prévue pour février 2026 à Paris, co-organisée par les États-Unis, la France et l’Arabie saoudite. Les envoyés spéciaux américains Morgan Ortagus, saoudien Yazid bin Farhan et française Anne-Claire Legendre ont signé une déclaration conjointe appelant à la formation d’un groupe de travail tripartite pour préparer cet événement, visant à soutenir le plan libanais de « Bouclier national » pour le contrôle des armes.

Les violations persistantes et leurs implications immédiates

Malgré ces avancées diplomatiques, les incidents frontaliers n’ont pas cessé. En janvier 2026, des frappes aériennes israéliennes ont visé plusieurs localités au sud et à l’est du Liban, coïncidant avec la seizième réunion du mécanisme le 7 janvier. Le président libanais Joseph Aoun a condamné ces actions, déclarant qu’elles visaient à « torpiller tous les efforts locaux, régionaux et internationaux pour arrêter l’escalade israélienne en cours », malgré l’engagement total du Liban envers le cessez-le-feu. Il a noté le timing suspect, survenant précisément le jour des discussions à Naqoura.

Ces attaques ont tué 13 personnes, dont 11 enfants, lors d’un bombardement à Beyrouth en novembre 2025, et ont continué en janvier 2026 avec des raids sur des villages comme ceux près de la rivière Litani. Israël justifie ces opérations par la nécessité de neutraliser des menaces résiduelles, affirmant que des armes non déclarées persistent dans la zone. De son côté, le Liban a soumis un rapport au cabinet le 8 janvier 2026 sur l’achèvement de la phase 1 du contrôle des armes, indiquant un progrès mesurable mais soulignant les obstacles posés par les incursions ennemies.

Le rôle accru des acteurs internationaux

Les États-Unis, en tant que président du mécanisme, ont joué un rôle pivotal dans la facilitation des transferts de contrôle. Lors de la cinquième réunion du 14 février 2025, le major général Jasper Jeffers, co-président américain, a déclaré : « Nous avons fait des progrès significatifs au cours des derniers mois, et je suis confiant que les LAF contrôleront tous les centres de population dans la zone sud du Litani avant le 18 février. Cependant, il est important de se rappeler que les arrangements de cessation des hostilités comportent de nombreux composants dans les 13 paragraphes, et nous continuerons à assister à la mise en œuvre de tous ces principes, même au-delà du 18 février. Le mécanisme restera concentré, continuant son travail avec toutes les parties jusqu’à ce que la mise en œuvre soit pleinement réalisée. »

La France, partenaire clé, promeut des conférences pour soutenir les LAF, tandis que l’ONU, via la Finul, héberge les réunions et surveille la zone d’opérations. Le commandant de la Finul, le major général Aroldo Lázaro Sáenz, a rencontré des représentants libanais et israéliens lors de la onzième réunion du 15 octobre 2025, alignant les priorités sur le maintien du cessez-le-feu et le désarmement du Hezbollah. L’aide américaine dépasse 237 millions de dollars depuis 2024, conditionnée à des progrès vérifiables sur le désarmement, avec un rapport requis au Congrès d’ici juin 2026.

Les dynamiques régionales en jeu

Les tensions s’inscrivent dans un cadre géopolitique plus large, impliquant des influences confessionnelles et régionales. Au sud du Liban, majoritairement chiite, les communautés locales expriment des craintes quant au vide sécuritaire potentiel post-désarmement. À Tripoli, bastion sunnite, des appels à une armée nationale renforcée se font entendre, reflétant les équilibres fragiles du système confessionnel libanais. Le refus du ministre libanais des Affaires étrangères d’une invitation à Téhéran le 10 décembre 2025 souligne les frictions avec l’Iran sur l’agenda de désarmement.

Israël, de son côté, insiste sur la vérification stricte, avec des délégations incluant des hauts fonctionnaires comme le deputy national security adviser Joseph Draznin lors de la quinzième réunion. Les sources officielles israéliennes rapportent des préoccupations sur des roquettes lancées depuis le Liban en réponse à des incidents à Jérusalem, bien que rares depuis 2024.

Les préparatifs pour les sessions de 2026

L’annonce des dates pour 2026 – 25 février, 25 mars, 22 avril et 20 mai – indique une régularité accrue, visant à institutionnaliser le dialogue. Simon Karam a indiqué que la réunion de février pourrait inclure des négociations politiques directes si mandaté par le président Aoun, le premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri. Il a mentionné des contacts directs avec la délégation israélienne, où un représentant a confirmé la participation d’un supérieur.

Une délégation militaire libanaise s’est rendue au Commandement central américain (Centcom) en janvier 2026 pour préparer la visite du commandant de l’armée Rodolph Haykal à Washington le 4 février, en amont de la conférence de Paris en mars. Ces échanges portent sur le renforcement des capacités, avec des discussions sur l’assistance en équipements et formation.

Les implications sécuritaires immédiates

Les réunions récentes ont mis en lumière le retour des résidents déplacés, dominant les débats de la quinzième session. Des milliers de familles libanaises et israéliennes restent déracinées, avec des efforts pour faciliter leur retour via des mesures de confiance comme des patrouilles conjointes Finul-LAF. Les violations, incluant des survols de drones israéliens et des tirs sporadiques, compliquent ce processus.

En parallèle, le mécanisme aborde l’évolution vers un comité tripartite libano-israélien-américain, proposé par certains pour un règlement final des frontières. L’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, et son homologue à Tel Aviv, Mike Huckabee, ont réaffirmé leur engagement pour une paix durable via diplomatie et dialogue, suite à une réunion à Amman en janvier 2026.

Les défis économiques liés à la stabilité

La stabilité frontalière impacte l’économie libanaise, déjà fragilisée par une dette dépassant 150 milliards de dollars et une inflation persistante. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale rapportent des besoins urgents en réformes, avec l’aide internationale liée à l’implémentation du cessez-le-feu. La conférence de février 2026 vise à mobiliser des fonds pour les LAF et FSI, estimés à plusieurs centaines de millions.

Au sud, la reconstruction des infrastructures détruites – routes, écoles, hôpitaux – progresse lentement, avec des aides de l’ONU et de l’UE. Les communautés affectées rapportent des pertes agricoles massives, aggravées par les mines et munitions non explosées.

Les acteurs militaires en première ligne

L’armée libanaise, sous le commandement de Haykal, déploie progressivement dans la zone, assumant le contrôle de villages comme ceux près de Naqoura. Les forces israéliennes maintiennent des positions dans cinq points contestés, justifiant par des menaces sécuritaires. La Finul, avec plus de 10 000 casques bleus, patrouille quotidiennement, rapportant des incidents mineurs mais soulignant l’efficacité du mécanisme pour désescalader.

Lors de la seizième réunion, les discussions ont porté sur la phase 2 du désarmement, incluant l’inventaire des armes au-delà du Litani. Les représentants français ont proposé un cadre pour des conférences de suivi, tandis que les Américains insistent sur des rapports mensuels.

Les perspectives diplomatiques immédiates

Avec les dates fixées jusqu’en mai 2026, le mécanisme s’oriente vers une phase plus politique, potentiellement incluant des négociations sur les frontières maritimes et terrestres. Karam a exprimé sa readiness à mener des talks directs, même à Tel Aviv si nécessaire, pourvu d’un mandat clair.

Les pressions américano-israéliennes pour un comité politique et économique supplémentaire montent, selon des sources libanaises. Le journal Al-Liwaa rapporte que la réunion du 25 février pourrait marquer un retour au rôle militaire pur, tout en intégrant des éléments civils.

Les incidents récents et leurs retombées

Début janvier 2026, des roquettes lancées du sud Liban en réponse à des raids israéliens ont été interceptées, sans victimes. Ces échanges, bien que limités, rappellent la fragilité du cessez-le-feu. Le président Aoun a réitéré l’engagement du Liban, appelant l’ONU à renforcer la surveillance.

La délégation libanaise prépare des dossiers détaillés pour février, incluant des preuves photographiques et témoignages sur les violations. Israël, via son ministère de la Défense, accuse des éléments résiduels du Hezbollah d’activités illicites.

L’engagement continu des garants

Les États-Unis et la France restent les piliers, avec Ortagus déclarant que « les progrès sur les volets sécurité et politique restent mutuellement renforçants et essentiels pour assurer une stabilité et une prospérité à long terme pour les deux parties ». La prochaine conférence à Paris en mars 2026, suivant celle de février, vise à élargir le soutien international.

Au Liban, le gouvernement de Salam, formé en février 2025, intègre ces discussions dans sa stratégie de souveraineté, avec le ministre de la Défense supervisant les déploiements. Les dynamiques confessionnelles influencent les positions, avec des leaders chiites appelant à la prudence et sunnites soutenant le renforcement étatique.

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