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L’absence des grandes puissances européennes accentue l’isolement du Board of Peace de Trump à Davos

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Le 22 janvier 2026, dans le cadre du Forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump a présidé la cérémonie de signature du charter fondateur de son Board of Peace, une initiative destinée à superviser la reconstruction de Gaza et à s’étendre potentiellement à d’autres zones de conflit à travers le monde. Devant un parterre restreint de représentants diplomatiques, Trump a salué l’engagement d’une vingtaine de nations, déclarant que cette structure marquerait « un tournant décisif pour la paix mondiale, en s’affranchissant des échecs répétés des organisations internationales traditionnelles ». Cependant, cette signature a été marquée par l’absence notable des principaux alliés occidentaux des États-Unis, révélant des fractures profondes au sein de la communauté internationale face à cette proposition perçue comme unilatérale. Sur les environ 60 invitations émises par la Maison Blanche au cours des semaines précédentes, seules 25 nations ont formellement adhéré à cette date, avec une prédominance de pays du Moyen-Orient, d’Asie centrale et de régimes nationalistes, ce qui soulève des interrogations sur la viabilité et la légitimité de ce conseil naissant.

Ce Board of Peace, officiellement lancé le 17 janvier 2026, trouve ses origines dans un plan de paix pour Gaza présenté par Trump en septembre 2025, qui a abouti à un cessez-le-feu précaire entre Israël et le Hamas le 10 octobre 2025. Ce plan, structuré en 20 points, prévoit une démilitarisation intégrale de l’enclave palestinienne, le déploiement d’une force internationale de stabilisation et l’instauration d’une administration palestinienne technocratique, placée sous la supervision directe de ce board. Un communiqué de la Maison Blanche en date du 17 janvier précise que l’objectif est de « garantir une paix durable dans les régions affectées par des conflits chroniques », avec une ambition claire de rivaliser, voire de supplanter, des institutions comme les Nations unies. Trump, qui s’est auto-désigné président à vie de cette entité, a constitué un comité exécutif composé du secrétaire d’État Marco Rubio, de l’envoyé spécial Steve Witkoff, de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et de son gendre Jared Kushner, responsable de la coordination des aspects logistiques et financiers.

Lors de la cérémonie à Davos, Trump a relativisé les absences, affirmant que « ceux qui hésitent aujourd’hui regretteront leur décision demain, car le Board of Peace deviendra le pivot central de la diplomatie globale ». Il a par ailleurs évoqué l’extension possible du mandat du board à d’autres théâtres d’opérations, tels que l’Ukraine ou le Haut-Karabakh, en proposant des invitations à la Russie et à la Chine moyennant un paiement d’un milliard de dollars pour un siège permanent. Cette disposition financière, inscrite dans le charter, prévoit que les membres temporaires soient limités à un mandat de trois ans, sauf contribution substantielle pour une adhésion illimitée, une mesure présentée par la Maison Blanche comme essentielle pour financer les opérations de reconstruction, évaluées à plusieurs dizaines de milliards de dollars rien que pour Gaza.

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Des adhésions dominées par le Moyen-Orient

Les monarchies du Golfe et plusieurs États arabes ont formé le cœur des premiers signataires, percevant dans ce board une occasion de renforcer leur influence régionale tout en s’alignant sur les priorités de Washington. Les Émirats arabes unis ont été parmi les premiers à confirmer leur participation le 20 janvier, leur ministre des Affaires étrangères déclarant que cette initiative « contribuera à la reconstruction de Gaza et à la promotion d’une paix juste et pérenne ». L’Arabie saoudite, l’Égypte, le Qatar et Bahreïn ont emboîté le pas dans une déclaration conjointe le 21 janvier, mettant l’accent sur l’impératif d’un « cessez-le-feu permanent et d’une intensification de l’aide humanitaire ». Ces nations, déjà engagées dans les pourparlers ayant mené au cessez-le-feu via les Accords d’Abraham élargis sous l’administration Trump, envisagent le board comme une extension de leur diplomatie économique, incluant des projets de développement immobilier et d’infrastructures à Gaza.

La Turquie a officialisé son adhésion le 21 janvier par l’intermédiaire de l’agence Anadolu, le président Recep Tayyip Erdoğan nommant son ministre des Affaires étrangères pour représenter Ankara. Malgré des frictions historiques avec Israël, la Turquie insiste sur la dimension humanitaire, s’engageant à fournir une assistance logistique et médicale. La Jordanie, en tant que voisin direct de Gaza, a également rejoint les rangs, invoquant ses obligations en matière de gestion des réfugiés palestiniens et de sécurisation des frontières. Au total, huit pays musulmans d’importance – dont l’Indonésie et le Pakistan – ont accepté l’invitation dans une déclaration collective le 21 janvier, chacun s’engageant à ratifier les documents d’adhésion conformément à leurs procédures internes.

Le Maroc a confirmé son engagement, citant ses liens historiques avec la région et ses intérêts économiques dans les efforts de reconstruction. Israël, en tant qu’acteur principal du conflit, a adhéré dès le lancement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu affirmant que le board « assurera la sécurité d’Israël tout en ouvrant une voie vers une paix stable ».

Soutiens variés en Asie centrale et en Europe de l’Est

L’attrait du Board of Peace s’étend à des pays d’Asie centrale et d’Europe de l’Est, souvent guidés par des considérations géopolitiques ou économiques. Le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont accepté l’invitation le 19 janvier, selon l’agence Tengri News, en lien avec des perspectives d’investissements dans l’énergie et les infrastructures post-conflit. L’Arménie et l’Azerbaïdjan, malgré leur conflit récent au Haut-Karabakh, ont tous deux adhéré, illustrant l’ambition de Trump d’exploiter le board pour désamorcer d’autres tensions régionales, suite à un accord de paix négocié à la Maison Blanche en août 2025.

En Europe de l’Est, la Hongrie et la Biélorussie émergent comme les rares participants du continent. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a annoncé son adhésion le 20 janvier, qualifiant l’initiative d’« alternative pragmatique aux mécanismes multilatéraux inefficaces ». La Biélorussie, invitée en dépit de ses liens étroits avec la Russie et de son isolement vis-à-vis de l’Occident, a suivi le mouvement, le président Alexandre Loukachenko assortissant son engagement de conditions relatives à la non-ingérence dans les affaires internes. Ces adhésions mettent en lumière l’attrait du board pour des régimes nationalistes, fréquemment critiqués pour leurs manquements aux droits de l’homme, mais en phase avec l’approche transactionnelle de Trump.

En Amérique latine, l’Argentine dirigée par Javier Milei et le Paraguay ont rejoint les signataires, Milei déclarant sur la plateforme X le 17 janvier que son pays « se positionnera toujours aux côtés de ceux qui luttent contre le terrorisme et favorisent la paix ». Le Vietnam et la Mongolie complètent cette mosaïque, Hanoï officialisant son engagement en rapport avec des intérêts stratégiques en Asie du Sud-Est. Le Kosovo et l’Albanie, alliés historiques des États-Unis, ont également paraphé le charter, renforçant ainsi la représentation balkanique.

Les pays ayant adhéré au Board of Peace

Pour clarifier la composition actuelle du Board of Peace, voici la liste exhaustive des nations ayant formellement rejoint l’initiative au 22 janvier 2026, telle que confirmée par les communiqués de la Maison Blanche et les déclarations officielles des pays concernés : les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Qatar, Bahreïn, la Turquie, la Jordanie, l’Indonésie, le Pakistan, le Maroc, Israël, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Hongrie, la Biélorussie, l’Argentine, le Paraguay, le Vietnam, la Mongolie, le Kosovo et l’Albanie. Ces 23 pays représentent un mélange géopolitique hétérogène, avec une forte présence moyen-orientale (11 nations) et une extension vers l’Asie centrale (4), l’Europe de l’Est (3), l’Amérique latine (2) et les Balkans (2). Parmi eux, plusieurs ont déjà annoncé des contributions financières spécifiques, comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, qui ont indiqué leur intention de verser le milliard de dollars requis pour un siège permanent, selon des sources diplomatiques à Davos. Israël, en tant que membre fondateur implicite, a insisté sur son rôle central dans la définition des protocoles de sécurité, tandis que la Turquie a mis en avant ses capacités en matière d’aide humanitaire, incluant l’envoi de navires-hôpitaux vers Gaza dès février 2026.

Cette liste reflète les priorités stratégiques de Trump, qui a ciblé des pays déjà impliqués dans des accords bilatéraux avec les États-Unis ou partageant une vision critique des institutions multilatérales existantes. Par exemple, les monarchies du Golfe, moteurs économiques de la région, voient dans le board une plateforme pour investir dans des projets de reconstruction, tels que la réhabilitation du port de Gaza ou la construction de zones résidentielles modulaires. L’adhésion de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, deux nations historiquement antagonistes, découle directement des médiations américaines récentes, avec un accord préliminaire signé en août 2025 prévoyant une démilitarisation partielle du Haut-Karabakh sous supervision internationale. La Hongrie, sous Orbán, a justifié son engagement par une volonté de diversifier ses alliances au-delà de l’Union européenne, tandis que la Biélorussie y perçoit une opportunité de rompre partiellement son isolement, malgré ses liens avec Moscou.

Les refus des alliés traditionnels soulignent les divisions

Malgré ces adhésions, la cérémonie de Davos a mis en évidence un clivage majeur avec les partenaires historiques de Washington. La France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, piliers de l’Union européenne, ont tous décliné l’invitation, exprimant des réserves quant à la compatibilité avec les cadres existants comme l’ONU et l’OTAN. Le président français Emmanuel Macron a rejeté publiquement l’idée le 20 janvier, arguant que le board pourrait « miner le multilatéralisme et ignorer les résolutions internationales relatives à Gaza ». L’Allemagne, via son chancelier, a émis des préoccupations analogues, insistant sur la nécessité d’une coordination préalable avec l’Union européenne.

La Norvège et la Suède ont officiellement refusé le 21 janvier, formant un bloc scandinave sceptique envers les initiatives américaines unilatérales. Le Canada, bien qu’exprimant un accord de principe, n’a pas signé à Davos, des discussions se poursuivant sur les modalités financières et opérationnelles. Cette prudence traduit les tensions au sein de l’OTAN, où plusieurs membres appréhendent que le board ne devienne un instrument d’une diplomatie trumpienne imprévisible.

D’autres puissances majeures, telles que la Chine et la Russie, demeurent en position d’observation, sans réponse publique à ce jour, bien que Trump ait confirmé des invitations adressées à Vladimir Poutine et Xi Jinping. L’Ukraine examine l’offre avec circonspection, notamment en raison de la potentielle inclusion de la Russie.

Les pays ayant refusé l’adhésion au Board of Peace

Afin de dresser un tableau complet des positions internationales, voici la liste des nations ayant explicitement refusé de rejoindre le Board of Peace au 22 janvier 2026, basée sur des déclarations officielles et des communiqués diplomatiques : la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède, le Canada (bien qu’en négociations, il n’a pas adhéré formellement), l’Inde (qui n’a pas répondu mais a indiqué des réserves internes), le Japon, l’Australie, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Chine (en observation sans engagement), la Russie (invitée mais silencieuse), l’Ukraine (examinant l’offre avec scepticisme), l’Iran (non invité mais opposé par principe), l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Pologne (malgré des liens étroits avec les États-Unis, elle a priorisé l’alignement européen), la Finlande, le Danemark, la Grèce, le Portugal, la Roumanie et la Bulgarie. Ces refus, totalisant au moins 22 pays, proviennent majoritairement de l’Europe occidentale et scandinave (15), avec des extensions vers l’Asie-Pacifique (Japon, Australie, Inde) et l’Amérique du Sud (Brésil). La Chine et la Russie, en tant que grandes puissances rivales, ont été invitées mais n’ont pas manifesté d’intérêt, Trump ayant mentionné à Davos que des « négociations privées » étaient en cours pour leur adhésion payante.

Parmi ces refus, celui de la France a été le plus vocal, avec Macron soulignant lors d’une conférence de presse le 20 janvier que l’initiative risquait de « dupliquer inutilement les efforts de l’ONU et d’exclure des acteurs clés comme les Palestiniens eux-mêmes ». L’Allemagne a invoqué des préoccupations budgétaires et juridiques, son ministère des Affaires étrangères indiquant que toute participation nécessiterait un vote au Bundestag. Le Royaume-Uni, post-Brexit, a préféré s’aligner sur ses partenaires européens, son Foreign Secretary déclarant que le board « ne correspond pas aux priorités multilatérales actuelles ». La Norvège, traditionnellement impliquée dans les médiations au Moyen-Orient via les Accords d’Oslo, a refusé en arguant d’un risque de fragmentation des efforts humanitaires. L’Inde, quant à elle, a exprimé des réserves liées à ses relations avec le monde musulman, des sources diplomatiques à New Delhi indiquant que l’adhésion pourrait compliquer ses liens avec le Pakistan, déjà membre.

Implications pour la reconstruction immédiate de Gaza

Avec seulement 23 signataires effectifs à Davos, le board entame ses activités sur des fondations précaires, reposant essentiellement sur les apports des monarchies du Golfe pour les financements initiaux. La Maison Blanche a précisé que les fonds préliminaires, y compris les paiements pour sièges permanents, seront dévolus à la démilitarisation de Gaza, avec un déploiement prévu de la force de stabilisation d’ici mars 2026. Israël a exigé que seuls des États de confiance intègrent cette force, excluant explicitement des pays comme le Pakistan en raison de tensions antérieures.

Les opérations humanitaires, pilotées par Kushner, englobent la construction de logements temporaires pour les 1,9 million de déplacés internes à Gaza, selon les chiffres de l’ONU au 15 janvier 2026. Des contrats pour la réhabilitation des infrastructures portuaires et électriques ont été discutés, avec des entreprises émiraties et saoudiennes en position de force. Néanmoins, l’absence d’acteurs européens entrave l’accès à l’expertise technique et aux fonds multilatéraux, contraignant le board à privilégier des partenariats privés.

Émergence de tensions diplomatiques

L’isolement occidental du board a déjà généré des remous diplomatiques. À Bruxelles, la Commission européenne a voiced ses inquiétudes le 21 janvier, affirmant que toute structure parallèle à l’ONU pourrait fragmenter les initiatives de paix. Le Vatican, convié mais encore indécis, évalue l’offre sous un prisme humanitaire, le pape François appelant à une approche inclusive lors d’une audience le 22 janvier.

En Asie, l’Inde n’a pas encore répondu officiellement, bien que des sources internes suggèrent des débats sur l’alignement avec les intérêts stratégiques de New Delhi dans la région. Le Japon et l’Australie, alliés des États-Unis, maintiennent le silence, évaluant les risques d’une adhésion susceptible d’aliéner leurs partenaires européens.

Défis opérationnels et logistiques

Le board anticipe sa première session plénière fin janvier à Washington, où les membres aborderont les protocoles de gouvernance pour Gaza. La clause financière représente un obstacle immédiat : seuls les Émirats et l’Arabie saoudite ont signalé leur disposition à payer pour un siège permanent, évalué à un milliard de dollars par nation. Pour d’autres, comme la Turquie ou le Pakistan, l’adhésion temporaire pourrait restreindre leur influence.

Sur le terrain, les efforts de déminage et de sécurisation des frontières de Gaza progressent lentement, avec des incidents signalés le 20 janvier impliquant des résidus du Hamas. L’ONU, par son secrétaire général, a rappelé le 22 janvier que toute reconstruction doit respecter la résolution 242, plaidant pour une coordination avec les mécanismes existants.

Potentiel d’élargissement et réactions régionales

Trump a réaffirmé à Davos son désir d’étendre le board à d’autres conflits, mentionnant l’Ukraine où des invitations ont été envoyées à Kiev et Moscou. La Biélorussie, déjà membre, pourrait agir comme intermédiaire avec la Russie, bien que Loukachenko ait requis des garanties sur la souveraineté. En Amérique latine, l’Argentine milite pour l’inclusion de questions de sécurité régionale, telles que le Venezuela.

Les défis subsistent avec les absences : sans l’Europe, le board risque de manquer de légitimité globale, compliquant les pourparlers avec des acteurs comme l’Iran, non convié. Des échanges informels à Davos révèlent que des pays comme le Brésil et l’Afrique du Sud observent, attendant des avancées concrètes sur Gaza avant toute décision. Les opérations de sécurisation des convois humanitaires vers Gaza, lancées le 19 janvier sous l’égide des Émirats, ont déjà permis la livraison de 500 tonnes de fournitures médicales, mais des retards dus à des vérifications frontalières israéliennes persistent, selon des rapports de terrain du 21 janvier.

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