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« Le Hezbollah a commis une faute majeure » : Emmanuel Macron exhorte le parti chiite à cesser ses attaques et Israël à renoncer à toute offensive terrestre au Liban

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Le président de la République française Emmanuel Macron a publié mercredi 11 mars 2026 sur la plateforme X un message détaillant des consultations téléphoniques prolongées avec les présidents libanais Joseph Aoun et syrien Ahmed al-Charaa. Dans ce texte, le chef de l’État français a exposé avec précision les positions de Paris au cœur d’une escalade militaire qui secoue la frontière israélo-libanaise depuis le 2 mars dernier.

« J’ai eu une longue conversation avec les présidents du Liban et de la Syrie. Je suis heureux que la France contribue et participe aux échanges d’égal à égal, dans un esprit de partenariat tout à fait nouveau, que le Liban et la Syrie veulent à présent nouer. C’est véritablement une chance historique pour ces deux pays qui ont tant souffert de la dictature d’Assad, des crises régionales et du terrorisme. Le président Joseph Aoun, avec le concours du gouvernement de Nawaf Salam et des forces armées libanaises, fait face avec courage et honneur aux menaces contre le Liban, sa sécurité et son unité. Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban. Le président Ahmad Al-Charaa soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’État sur leur territoire. Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie. La coordination engagée par les plus hautes autorités libanaises et syriennes est essentielle. Je continuerai de l’encourager avec conviction. Nous sommes convenus de rester en étroit contact. »

Ce message, diffusé en fin de soirée, intervient au dixième jour d’une intensification des hostilités qui a déjà provoqué un bilan lourd et un exode massif de populations civiles. Selon les chiffres communiqués mercredi 11 mars par le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont causé 634 morts, dont 91 femmes et 47 enfants, ainsi que 1 586 blessés. Le nombre de personnes déplacées enregistrées auprès des autorités a atteint 816 000, dont 126 000 hébergées dans des centres d’accueil temporaires. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a confirmé de son côté plus de 667 000 inscriptions sur la plateforme gouvernementale, avec une hausse de plus de 100 000 personnes en vingt-quatre heures seulement.

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Les consultations téléphoniques de haut niveau au cœur de la crise régionale

Les échanges menés par Emmanuel Macron s’inscrivent dans une série de contacts initiés dès le début de l’escalade. Le 2 mars 2026, le Hezbollah avait lancé une salve de roquettes en direction du territoire israélien en réponse à l’assassinat du dirigeant iranien Ali Khamenei, intervenu dans le cadre du conflit plus large opposant Israël et les États-Unis à l’Iran. Cette initiative a déclenché une riposte israélienne immédiate : des dizaines de frappes aériennes ont visé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban, la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyé), la plaine de la Bekaa et la région de Nabatiyé. Des ordres d’évacuation ont été émis pour des villages entiers au sud du Litani ainsi que pour des quartiers de Tyr et de la capitale.

Face à cette spirale, le président libanais Joseph Aoun, en fonction depuis janvier 2025, a multiplié les interventions publiques. Lors d’une visioconférence avec des responsables européens, il a qualifié le Hezbollah d’« armée hors de l’État » et accusé le mouvement d’avoir lancé les missiles « pour entraîner l’effondrement de l’État libanais, le plonger dans l’agression et le chaos… au service des calculs du régime iranien ». Le Premier ministre Nawaf Salam, dont le gouvernement a été formé en février 2025, a pour sa part ordonné aux Forces armées libanaises de ne pas riposter aux frappes israéliennes et interdit toute activité militaire du Hezbollah en dehors du cadre étatique.

Une critique sans équivoque de la stratégie du Hezbollah

Dans son message du 11 mars, Emmanuel Macron reprend explicitement le diagnostic formulé par les autorités libanaises. Le terme « faute majeure » employé par le président français fait écho aux déclarations du chef de l’État libanais. Le Hezbollah, mouvement chiite armé soutenu par l’Iran, est présenté comme ayant imposé à l’ensemble du pays un affrontement dont les conséquences retombent sur la population civile. Les autorités de Beyrouth insistent sur la nécessité d’un retour immédiat au cessez-le-feu conclu en novembre 2024, accord qui prévoyait déjà un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un déploiement exclusif des Forces armées libanaises au sud du fleuve Litani.

Le gouvernement Salam a par ailleurs présenté un plan de désarmement progressif du Hezbollah, plan qui doit être soumis au Conseil des ministres dans les prochains jours. Ce texte s’appuie sur les dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2006 à l’issue de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Cette résolution exige la cessation des hostilités, le déploiement conjoint de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) au sud du Litani, ainsi que l’absence d’armes non étatiques dans cette zone.

Israël invitée à la retenue et à préserver la souveraineté libanaise

Emmanuel Macron adresse également un message direct à Tel-Aviv. Il demande à Israël de « renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban ». Cette mise en garde intervient alors que des unités blindées israéliennes ont été observées par la FINUL franchissant temporairement la Ligne bleue près de Markaba, Adaisseh, Kfar Kela et Ramyah. La mission onusienne, dont le mandat a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 par la résolution 2790 adoptée en août 2025, a rapporté ces mouvements sans qu’ils n’aient débouché sur une occupation permanente.

La France, qui contribue au contingent de la FINUL depuis 1978, a rappelé à plusieurs reprises son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban. Dans un message antérieur diffusé le 6 mars, Emmanuel Macron avait déjà condamné « fermement l’attaque inacceptable » qui avait grièvement blessé des Casques bleus ghanéens dans une base de la FINUL. L’incident avait conduit le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, à mettre en garde contre une « dangereuse escalade ».

Le rôle central du président Joseph Aoun et du gouvernement de Nawaf Salam

Joseph Aoun, ancien commandant en chef de l’armée libanaise, a été élu président de la République en janvier 2025. Son mandat s’inscrit dans une volonté affirmée de restaurer le monopole de l’État sur l’usage de la force. Soutenu par le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, il a ordonné le déploiement de troupes supplémentaires au sud du Litani et engagé des discussions avec les responsables du Hezbollah pour une remise progressive des armes lourdes aux Forces armées libanaises.

Le Premier ministre Salam a pour sa part déclaré que le Liban était ouvert à des négociations directes avec Israël « sur n’importe quel agenda, n’importe quel format et n’importe quel lieu », pourvu que les frappes cessent. Cette position marque une évolution notable dans la diplomatie libanaise, traditionnellement réticente à un dialogue bilatéral sans intermédiaire.

Le soutien inédit du président syrien Ahmed al-Charaa à la souveraineté libanaise

La participation du président syrien Ahmed al-Charaa aux consultations téléphoniques constitue un élément nouveau. Successeur du régime de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024, Ahmed al-Charaa a exprimé publiquement son « soutien sans réserve » aux efforts de Beyrouth pour désarmer le Hezbollah. Lors d’une visioconférence avec des responsables européens, il a affirmé : « Nous nous tenons aux côtés du président libanais Joseph Aoun dans le désarmement du Hezbollah », soulignant que cette démarche renforçait l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire.

Ce positionnement rompt avec des décennies de relations tendues entre Damas et Beyrouth, marquées par l’occupation syrienne jusqu’en 2005 et par l’influence du régime Assad sur les groupes armés libanais. Emmanuel Macron a qualifié ce soutien de « rupture nette avec le passé » et de « gage de relations saines et constructives » entre les deux pays. La coordination engagée au plus haut niveau entre les autorités libanaises et syriennes porte notamment sur le contrôle des frontières et la prévention du trafic d’armes.

La situation humanitaire et sécuritaire au dixième jour d’escalade

Les frappes israéliennes se sont étendues ces derniers jours à des zones densément peuplées. Le quartier de Taamir-Ain el-Héloué à Tyr a été touché, provoquant trois morts dont un cadre du Jihad islamique. Des raids ont également visé la banlieue sud de Beyrouth et des villages de Nabatiyé. L’Unicef a rapporté la mort d’au moins 83 enfants et 254 blessés depuis le 2 mars. Le Norwegian Refugee Council a évoqué plus de 300 000 déplacés supplémentaires en quelques jours seulement, portant le total à plus de 800 000 personnes.

La France a annoncé l’acheminement immédiat de 60 tonnes d’aide d’urgence, avec le soutien de la fondation CMA CGM, en complément des opérations menées par les Nations unies et les organisations non gouvernementales. Plusieurs tonnes de médicaments, des solutions d’abri et des kits d’hygiène sont en cours de livraison. Emmanuel Macron a également évoqué le renforcement de la coopération avec les Forces armées libanaises, notamment par la fourniture de véhicules de transport blindés et d’un soutien logistique opérationnel.

L’engagement français et le rappel des principes de la résolution 1701

La France maintient une présence militaire au sein de la FINUL et prépare, avec ses partenaires, une conférence de soutien aux Forces armées libanaises dont la date sera fixée une fois le plan de désarmement adopté par le gouvernement libanais. Le représentant personnel d’Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian, doit se rendre prochainement à Beyrouth pour accompagner la mise en œuvre de ces mesures.

À New York, une vingtaine de pays dont la France ont publié une déclaration commune le 11 mars appelant toutes les parties à « revenir d’urgence à l’arrangement de cessation des hostilités » et à respecter pleinement la résolution 1701. Le texte insiste sur le retrait complet des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement exclusif de l’armée libanaise et de la FINUL au sud du Litani, et la remise des armes non étatiques aux autorités légales.

Les autorités libanaises ont par ailleurs demandé à la communauté internationale d’accélérer le processus de démarcation de la frontière avec la Syrie, notamment dans la zone des fermes de Chebaa. Emmanuel Macron a indiqué que la France était prête à fournir des archives historiques pour appuyer les revendications libanaises.

Les efforts pour la mise en œuvre de la résolution 1701 et le rôle de la FINUL

La résolution 1701 demeure le cadre juridique international de référence. Adoptée à l’unanimité le 11 août 2006, elle prévoit un cessez-le-feu, le déploiement de 15 000 soldats libanais au sud du Litani et le maintien de la FINUL à effectif renforcé. Le mandat de la mission onusienne, prolongé pour la dernière fois jusqu’au 31 décembre 2026, inclut désormais une phase de retrait ordonné. Le secrétaire général de l’ONU a été chargé de présenter, d’ici juin 2026, des options pour la mise en œuvre future de la résolution 1701 après le départ des Casques bleus.

Sur le terrain, la FINUL a adapté ses opérations pour escorter les civils en fuite, comme à Alma al-Shaab où un contingent italien a été déployé sur la place de l’église. L’Italie a réaffirmé son intention de maintenir une présence militaire au Liban même après l’expiration du mandat onusien. La mission continue de surveiller la Ligne bleue et de rapporter les violations, qui se sont multipliées depuis le 2 mars.

La coordination libano-syrienne et les perspectives immédiates de stabilisation

Ahmed al-Charaa a insisté sur la nécessité de consolider la souveraineté libanaise comme étape essentielle pour la stabilité régionale. Les autorités syriennes ont déployé des renforts défensifs le long de la frontière pour empêcher le trafic d’armes et toute tentative de déstabilisation. Cette coopération bilatérale est présentée comme un élément clé par Emmanuel Macron, qui a annoncé qu’il continuerait à l’encourager « avec conviction ».

Les parties ont convenu de rester en contact étroit. Le président français a parallèlement maintenu des échanges avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump pour éviter une extension terrestre des opérations. La situation des déplacés reste critique : le HCR et le gouvernement libanais enregistrent quotidiennement de nouvelles inscriptions, tandis que les frappes se poursuivent sur plusieurs fronts. Les Forces armées libanaises ont inspecté les positions au sud du Litani et renforcé leur présence, conformément aux directives du président Aoun et du Premier ministre Salam.

Les autorités libanaises ont également sollicité un soutien supplémentaire de l’Union européenne. Ursula von der Leyen a annoncé le déblocage de 100 millions d’euros d’aide humanitaire après un entretien avec Joseph Aoun. Ces fonds s’ajoutent aux contributions bilatérales, dont celles de la France, destinées à l’accueil des déplacés et à la reconstruction des infrastructures endommagées dans le sud.

Les développements sécuritaires immédiats et l’action humanitaire en cours

Mercredi 11 mars, des frappes israéliennes ont touché un immeuble d’habitation au centre de Beyrouth, élargissant le spectre des opérations au cœur de la capitale. Le général Rodolphe Haykal, chef d’état-major adjoint des Forces armées libanaises, a inspecté le front sud du Litani pour évaluer les capacités de déploiement. Le ministère de la Santé a actualisé le bilan des victimes, confirmant l’augmentation continue des blessés pris en charge dans les hôpitaux saturés de Tyr, Saïda et Beyrouth.

La FINUL a signalé des mouvements de troupes israéliennes près de la Ligne bleue, tout en maintenant ses patrouilles conjointes avec l’armée libanaise. Plusieurs contingents, dont les unités italienne et française, ont adapté leurs missions pour inclure l’escorte de convois humanitaires et la protection des civils lorsque les conditions de sécurité le permettent.

Les organisations internationales ont multiplié les appels à un cessez-le-feu immédiat. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit recevoir dans les prochains jours un briefing sur la mise en œuvre de la résolution 1701, présenté par le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix et la coordinatrice spéciale pour le Liban. Les discussions porteront sur les options de transition après le retrait programmé de la FINUL.

La France poursuit ses livraisons d’aide : outre les 60 tonnes déjà en route, des véhicules blindés supplémentaires sont en préparation pour les Forces armées libanaises. Le président Macron a réaffirmé que Paris restait « fiable et fidèle à ses amis » libanais, tout en coordonnant ses efforts avec les partenaires européens et onusiens pour atténuer l’impact humanitaire immédiat de l’escalade.

Les autorités syriennes, par la voix du président al-Charaa, ont confirmé leur engagement à prévenir toute infiltration d’armes à travers la frontière commune. Des comités mixtes libano-syriens ont été activés pour la gestion des flux de réfugiés et la sécurisation des passages frontaliers. Cette coopération bilatérale s’ajoute aux contacts trilatéraux maintenus avec Paris.

Sur le plan intérieur libanais, le gouvernement Salam a tenu une réunion d’urgence pour coordonner la réponse humanitaire. La ministre des Affaires sociales a détaillé les besoins en centres d’accueil, en médicaments et en aide alimentaire. Le plan de désarmement du Hezbollah, présenté au Conseil des ministres, prévoit un calendrier échelonné avec un premier transfert d’armes lourdes vers les dépôts de l’armée dans les zones contrôlées par les Forces armées libanaises.

Le président Joseph Aoun suit personnellement la situation des déplacés et a ordonné la mobilisation de tous les moyens disponibles des Forces armées pour faciliter l’évacuation et la distribution d’aide. Des patrouilles mixtes armée-FINUL ont été renforcées dans le sud pour sécuriser les corridors humanitaires.

La coordination engagée entre Beyrouth, Damas et Paris se poursuit à travers des échanges quotidiens. Emmanuel Macron a indiqué que les trois présidences resteraient en contact étroit pour suivre l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire. Les dernières frappes enregistrées dans la nuit du 11 au 12 mars ont visé des positions isolées dans la Bekaa et le sud, sans modification majeure du dispositif militaire israélien le long de la frontière. Les autorités libanaises ont réitéré leur engagement à restaurer le contrôle étatique sur l’ensemble du territoire national, tandis que les efforts internationaux se concentrent sur la protection des populations civiles et le retour à la cessation des hostilités prévue par la résolution 1701.

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