Le Liban a été classé 119e sur 180 pays dans le dernier rapport de Transparency International concernant l’indice de perception de la corruption (CPI) pour 2024. Avec un score de 24 sur 100, le pays se positionne parmi les nations où la corruption est perçue comme endémique, reflétant les défis persistants liés à la gouvernance et à la transparence des institutions publiques. Ce classement marque une stagnation par rapport à l’année précédente, soulignant l’absence de progrès significatif dans les réformes anti-corruption promises.
Un système paralysé par la corruption systémique
La corruption au Liban affecte tous les niveaux de la société, des hautes sphères politiques jusqu’aux administrations locales. Selon le rapport de Transparency International, les pratiques népotiques, les pots-de-vin et l’absence de redevabilité dans la gestion publique sont les principales raisons du faible score du Liban.
La crise économique de 2019 a exacerbé ce phénomène, les citoyens ayant de plus en plus recours à des réseaux informels pour accéder à des services essentiels comme l’électricité, l’éducation et la santé. Par ailleurs, les fonds internationaux destinés à la reconstruction post-explosion de Beyrouth en 2020 continuent d’être entravés par des accusations de mauvaise gestion.
Comparaison régionale : le Liban parmi les mauvais élèves
Dans la région MENA, le Liban figure parmi les pays les plus corrompus, se classant au même niveau que des pays comme l’Irak ou la Libye. Les Émirats arabes unis se placent en tête avec un score de 69/100, tandis que la Syrie ferme la marche avec 13/100, le pire résultat mondial après la Somalie.
| Pays | Score CPI 2024 | Classement mondial |
|---|---|---|
| Émirats Arabes Unis | 69 | 25 |
| Qatar | 60 | 31 |
| Arabie Saoudite | 46 | 57 |
| Jordanie | 40 | 61 |
| Maroc | 37 | 72 |
| Liban | 24 | 119 |
| Irak | 20 | 162 |
| Syrie | 13 | 179 |
Les institutions fragiles et l’absence de réformes
Le rapport critique sévèrement les institutions publiques libanaises, en particulier le système judiciaire, souvent accusé de partialité et d’inefficacité dans le traitement des affaires de corruption. L’absence de lois robustes sur la transparence et d’un véritable mécanisme de protection pour les lanceurs d’alerte continue d’aggraver la situation.
Malgré les pressions internationales, le Liban n’a pas encore mis en œuvre les réformes nécessaires, notamment la création d’une Autorité nationale de lutte contre la corruption, bien que prévue dans plusieurs plans économiques depuis 2018.
L’impact de la corruption sur l’économie
La corruption coûte au Liban des milliards de dollars chaque année. Selon la Banque mondiale, la mauvaise gestion des fonds publics et l’évasion fiscale privent l’État de 5 milliards USD par an, soit près de 15 % du PIB. Ce manque à gagner se traduit par un sous-investissement chronique dans les infrastructures, les services publics et l’éducation, augmentant les inégalités sociales et alimentant un climat de méfiance entre les citoyens et l’État.
Les recommandations pour une lutte efficace contre la corruption
Pour améliorer son classement et restaurer la confiance des citoyens, le Liban doit :
- Mettre en œuvre des réformes législatives pour renforcer la transparence et la redevabilité.
- Créer une Autorité nationale indépendante de lutte contre la corruption avec des pouvoirs judiciaires effectifs.
- Intégrer des technologies numériques dans les processus administratifs pour réduire les opportunités de corruption.
- Renforcer les capacités des médias et des organisations de la société civile pour surveiller et dénoncer les abus.



