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Le ministre Menassa relativise la présence américaine à la base aérienne de Hamat

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Le ministre de la Défense, Michel Menassa, a tenu à clarifier la situation autour de la base aérienne de Hamat, dans le district de Batroun au nord du Liban. Dans une déclaration officielle publiée ce mercredi 25 février 2026, il a affirmé que cette installation reste « une base aérienne libanaise appartenant à l’armée de l’air libanaise » et que « aucune autre entité présente sur place n’a d’autorité ou de pouvoir supérieur aux lois libanaises ». Cette intervention survient alors que les tensions se sont accrues ces derniers jours, à la suite d’un incident impliquant un drone abattu près de la base, qui a mis en lumière les frictions liées à la présence de forces américaines sur le site.

Selon les détails fournis par le ministre, les activités et missions menées à Hamat sont toutes placées « sous la supervision, l’approbation et le contrôle du commandement de l’armée libanaise ». Il a insisté sur le fait que la base, comme d’autres sites militaires et casernes, accueille des équipes d’entraînement étrangères opérant selon les réglementations et instructions de l’institution militaire, au profit de diverses unités de l’armée libanaise. Menassa a également rappelé que Hamat, aux côtés de la base aérienne de Beyrouth au sein du périmètre de l’aéroport international Rafic Hariri et de celle de Rayak dans la vallée de la Bekaa, sert de point d’entrée et de réception pour l’aide destinée à l’armée libanaise. « Cette aide comprend des équipements militaires, des fournitures, des armes et des munitions livrés par des vols provenant de pays étrangers », a-t-il précisé.

Cette déclaration fait suite à une multiplication récente de reportages, d’articles et de spéculations concernant la base de Hamat, certains liés aux développements régionaux et aux mouvements dans les pays voisins. Le ministre a souligné que ces interrogations et scénarios hypothétiques nécessitaient une mise au point pour réaffirmer la souveraineté libanaise sur l’installation.

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Un incident qui ravive les tensions locales

L’incident le plus récent remontant au lundi 16 février 2026 a exacerbé les préoccupations. À l’aube, un drone non identifié a survolé la base aérienne de Hamat, avant d’être abattu par les forces de sécurité sur place. L’appareil est tombé dans une zone boisée voisine. Une patrouille de la police municipale de Hamat et des unités de l’armée libanaise se sont rendues sur les lieux pour inspecter le site du crash. Cependant, des personnels américains présents ont bloqué l’accès, en pointant leurs armes sur les officiels libanais, y compris le maire de Hamat, en invoquant des craintes que le drone puisse être piégé avec des explosifs.

Les autorités libanaises n’ont pas pu prendre possession du drone. Plus tard, la partie américaine a informé les responsables locaux que l’appareil n’avait pas été retrouvé au site indiqué. Un général américain basé à Hamat a tenté de contacter le maire pour présenter des excuses, mais celui-ci a refusé, en raison du comportement du soldat impliqué. Cet épisode a provoqué une indignation locale, avec des résidents de Hamat exprimant leur frustration face à ce qu’ils perçoivent comme une ingérence étrangère sur le sol libanais.

Quelques jours après, le 23 février 2026, l’ambassade des États-Unis à Beyrouth a procédé à l’évacuation du personnel non essentiel, une mesure présentée comme préventive. Des sources officielles ont indiqué que cette décision pourrait être liée à des craintes d’attaques potentielles par des acteurs iraniens ou affiliés au Hezbollah, sans pour autant signaler une reprise imminente des hostilités au Liban. Des rapports font également état de drones survolant les environs de l’ambassade américaine à Awkar, renforçant le climat de vigilance.

Ces événements ont ravivé les débats sur la nature exacte de la présence américaine à Hamat. Des médias ont rapporté que des forces américaines stationnées sur la base avaient fermé des routes environnantes par suspicion de chute d’un drone, empêchant les résidents d’accéder à leurs domiciles. Le maire de Hamat, Nicola Ayoub, a décrit comment des personnels armés américains ont bloqué les voies d’accès, et que même les soldats libanais ont semblé surpris par ces mouvements, qui nécessitent normalement une coordination avec l’armée libanaise. Ayoub a ajouté qu’il avait été évacué de force de la zone et traité de manière rude. Des justifications ultérieures ont évoqué l’arrivée récente de troupes transférées d’Irak, agissant par excès de prudence sécuritaire.

Histoire et rôle stratégique de la base de Hamat

La base aérienne de Hamat, également connue sous le nom de piste de Wajh Al Hajar, a été construite au milieu des années 1970 comme un aéroport civil, mais n’a jamais servi à cette fin. Elle est devenue un site exclusivement militaire, abritant des équipements et du personnel de l’armée de l’air libanaise. Située à environ 30 kilomètres au nord de Beyrouth, elle accueille notamment le 9e escadron, équipé d’hélicoptères Aérospatiale SA.330 Super Puma et d’autres appareils utilitaires.

Au fil des ans, Hamat a joué un rôle clé dans la réception d’aide militaire internationale. Entre 2014 et 2020, les États-Unis ont fourni une assistance significative à l’armée libanaise, incluant des ventes militaires étrangères pour un montant de 1,9 milliard de dollars, couvrant des drones RQ-11 Raven et des missiles Hellfire. La flotte d’hélicoptères a été renforcée par l’acquisition de 24 UH-1H Huey II supplémentaires et de neuf Super Puma construits sous licence en Roumanie.

En 2015, les États-Unis ont approuvé la vente de six Embraer/Sierra Nevada Corporation A-29B Super Tucano, des avions d’attaque légère, pour un coût estimé à 462 millions de dollars. Ces appareils, destinés à des opérations de contre-insurrection, ont été intégrés au 7e escadron à Hamat en 2017. Douze pilotes et une vingtaine de techniciens ont été formés aux États-Unis pour opérer ces systèmes. Hamat a également servi de point d’atterrissage pour des livraisons d’hélicoptères Cessna AC-208 et d’autres équipements.

La présence américaine est officiellement limitée à l’entraînement des unités libanaises et au soutien logistique, y compris le transfert d’équipements vers l’ambassade des États-Unis à Beyrouth. Cependant, des incidents comme celui du drone soulignent des tensions sous-jacentes, où les opérations américaines semblent parfois outrepasser les protocoles libanais.

Coopération militaire libano-américaine dans un contexte régional tendu

La coopération entre l’armée libanaise et les États-Unis s’inscrit dans un cadre plus large de soutien à la stabilité du Liban. Le 31 décembre 2025, l’ambassadrice américaine à Beyrouth, Michelle Issa, a rencontré le ministre Menassa pour discuter du rôle pivotal des Forces armées libanaises (LAF) en tant que « seul garant de la sécurité du Liban ». L’ambassade a déclaré que le déploiement élargi des LAF dans le sud du Liban représente « un pas critique vers la stabilité du pays » et des efforts pour restaurer la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire.

Ce déploiement fait suite à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 entre le Liban et Israël, qui prévoit un processus graduel de démantèlement des structures militaires du Hezbollah. Des législateurs américains ont exhorté le Liban, le 6 décembre 2025, à désarmer le Hezbollah « par la force si nécessaire », soulignant l’engagement libanais dans ce cadre. Le ministre Menassa a averti, le 22 mars 2025, contre tout risque de replonger le pays dans un conflit, affirmant qu’il n’y aurait pas de retour à la situation d’avant novembre 2024.

Dans ce contexte, Hamat sert de hub pour l’aide américaine, qui inclut des équipements, des armes et des munitions. Des vols militaires étrangers, y compris américains, ont atterri à Hamat et à l’aéroport de Beyrouth depuis octobre 2023, avec 32 appareils des forces aériennes néerlandaises, américaines et britanniques enregistrés entre le 8 octobre et le 10 novembre 2023. Ces livraisons ont suscité des spéculations sur leur utilisation potentielle contre le Hezbollah.

Les dynamiques régionales compliquent davantage la situation. Des rapports indiquent que l’Iran pourrait cibler la base de Hamat en cas de guerre avec les États-Unis, en raison de son utilisation par les forces américaines. La chaîne iranienne Al-Alam a inclus Hamat dans une série sur les « bases américaines sous surveillance », la désignant comme la base numéro 9, le 14 février 2026. Cela reflète les tensions croissantes entre Washington et Téhéran, avec des implications pour le Liban, pris entre des influences confessionnelles et régionales : sunnites à Tripoli, chiites au sud.

Implications immédiates pour la souveraineté libanaise

Le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, a réaffirmé son engagement à étendre l’autorité de l’État dans le sud, avec la phase deux des efforts pour désarmer le Hezbollah débutant au-delà du Litani. Salam a indiqué, le 26 janvier 2026, que le Liban aura besoin d’une nouvelle présence internationale au sud une fois la mission de la FINUL terminée fin 2026, signalant un virage dans le cadre de sécurité frontalier.

Menassa a réitéré, dans une déclaration récente sur les mesures pour le départ des déplacés syriens, que l’État libanais reste ferme dans sa mission de préserver la souveraineté. L’incident du drone a toutefois mis en évidence des défis concrets : des patrouilles américaines ont fouillé la ville de Hamat à la recherche d’un drone présumé tombé en mer, causant la panique parmi les résidents. Une force militaire américaine a patrouillé la zone, illustrant les limites perçues de l’autorité libanaise.

Ces développements interviennent alors que le Liban fait face à une crise économique persistante, avec une dette publique élevée et une inflation galopante. Les rapports du ministère des Finances et de la Banque mondiale, mis à jour en 2025, indiquent des dépenses militaires accrues pour renforcer les LAF, soutenues par une aide internationale. Le budget soumis le 29 juillet 2025 reflète ces priorités, avec des allocations pour la défense nationale.

La composition du cabinet de Salam, formée en février 2025, inclut des figures comme Menassa, un officier retraité ayant servi comme inspecteur général au ministère de la Défense. D’autres ministres, tels qu’Ahmed al-Hajjar à l’Intérieur et Youssef Rajji aux Affaires étrangères, renforcent l’orientation vers la stabilité et les réformes. Les coalitions politiques, influencées par les dynamiques confessionnelles, évoluent rapidement, avec une attention particulière aux élections de mai 2026.

Les implications immédiates de l’incident de Hamat se manifestent dans les discussions internationales. Des dirigeants libanais ont exhorté une délégation congressionnelle américaine, le 21 février 2025, à presser Israël de quitter les zones occupées. Président Joseph Aoun et Premier ministre Salam ont souligné la nécessité d’une pression américaine pour un retrait prompt et complet. Parallèlement, des survols de drones près de l’ambassade américaine et la mobilité accrue des systèmes de défense antimissile américains au Moyen-Orient, comme à la base d’Al Udeid au Qatar début février 2026, indiquent une posture défensive renforcée.

Ces faits soulignent les défis persistants pour le Liban : équilibrer l’aide internationale avec la préservation de la souveraineté, dans un environnement régional marqué par des violations israéliennes récurrentes et des menaces iraniennes. Les efforts pour détruire les capacités du Hezbollah, soutenus par les États-Unis, se poursuivent, avec des officiers américains monitorant les opérations en temps réel depuis des postes en Israël. Le déploiement des LAF au sud, salué comme critique pour la stabilité, continue d’être un point focal, sans que des projections futures ne soient envisagées.

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