Frappes meurtrières au Sud, combats au sol intenses et pression politique croissante
Au Liban, la guerre s’alourdit encore en cette fin de journée. Selon le rapport quotidien du ministère de la Santé relayé par l’Agence nationale d’information, le bilan cumulé depuis le 2 mars jusqu’au 27 mars atteint 1 142 morts et 3 315 blessés. L’infographie du Centre des opérations d’urgence sanitaire transmise cet après-midi fait aussi état, pour les dernières 24 heures, de 26 morts et 86 blessés.
Des bombardements toujours plus meurtriers dans le Sud
Les bilans les plus lourds des dernières heures proviennent du Sud. Le Centre des opérations d’urgence sanitaire a annoncé que les deux frappes israéliennes sur Saksakiyé, dans le caza de Saïda, ont fait 6 morts, dont 3 enfants, et 17 blessés, dont 7 enfants. Plus tôt, une autre frappe sur Kfar Roummane avait fait 2 morts et 8 blessés. À elles seules, ces deux attaques confirmées représentent donc 8 morts et 25 blessés.
D’autres bombardements ont encore été signalés dans la journée sur plusieurs localités du Sud. MTV a relayé en début de soirée des tirs d’artillerie israéliens contre les abords de Bayyada et Tayr Harfa, tandis que Reuters a confirmé une frappe à l’aube contre un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth, marquant la poursuite des raids sur la capitale et sa périphérie.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Au sol, Israël pousse sa logique de zone tampon jusqu’au Litani
La séquence militaire ne se limite plus à des frappes ponctuelles. Reuters décrit désormais une campagne israélienne qui vise à couper le Sud-Liban du reste du pays et à installer une zone tampon jusqu’au Litani, soit environ 30 kilomètres au nord de la frontière. Ponts détruits, maisons démolies, axes rendus impraticables et positions consolidées : la logique israélienne est désormais territoriale autant que militaire.
Sur le terrain, cette progression se traduit par des combats rapprochés dans plusieurs secteurs du Sud. LBCI a rapporté, en citant le porte-parole de l’armée israélienne, que les forces israéliennes affirment avoir tué plus de 30 combattants du Hezbollah dans des affrontements face à face au Sud-Liban. Cette donnée provient du récit militaire israélien et ne peut pas être vérifiée indépendamment à ce stade, mais elle confirme l’existence d’engagements terrestres directs et non plus seulement d’un échange de feu à distance.
MTV avait déjà diffusé, le 21 mars, des images d’affrontements entre le Hezbollah et l’armée israélienne dans le secteur de Naqoura en direction de Alma al-Shaab, signe que le front terrestre est actif depuis plusieurs jours et s’est densifié avec l’avancée israélienne.
Côté israélien, des morts militaires confirmés et des blessés sur le front nord
Le coût humain côté israélien est réel et il ne peut pas être laissé de côté. Reuters a rapporté le 26 mars que deux soldats israéliens ont été tués dans des combats au sud du Liban. L’armée israélienne l’a elle-même annoncé.
À cela s’ajoutent des blessés. Le Wall Street Journal a signalé ce 27 mars que deux soldats israéliens ont été grièvement blessés durant des combats nocturnes au Sud-Liban. De son côté, Reuters avait déjà rapporté quelques jours plus tôt la mort d’un civil israélien près de Misgav Am, finalement attribuée à un tir ami de l’artillerie israélienne et non à un projectile venu du Liban.
Autrement dit, le front nord israélien reste sous pression. Les pertes militaires israéliennes confirmées sont pour l’instant d’au moins deux morts dans les combats au Liban ces dernières 48 heures, auxquelles s’ajoutent des blessés graves. Les localités du nord restent par ailleurs exposées aux roquettes, missiles et drones, même si les bilans détaillés de chaque attaque ne sont pas systématiquement consolidés en temps réel.
Le Hezbollah maintient sa riposte, entre roquettes, drones et défense aérienne
Dans le même temps, le Hezbollah continue d’afficher une capacité d’action sur le terrain. MTV a relayé à 18h29 un communiqué du mouvement affirmant avoir tiré un missile sol-air contre un avion de guerre au-dessus de Beyrouth. Là encore, il s’agit d’une revendication du Hezbollah, non confirmée indépendamment à l’heure de publication.
La persistance de ces annonces s’inscrit dans un schéma plus large décrit par Reuters : malgré l’intensification des frappes et l’avancée israélienne, le Hezbollah continue de lancer des attaques qui compliquent la manœuvre israélienne et nourrissent la justification, côté israélien, d’une profondeur de sécurité plus large au Liban-Sud.
Beyrouth sous pression : le politique tente de suivre la guerre
Sur le plan intérieur, la guerre continue de bousculer un État déjà fragilisé. Reuters rapporte que le pouvoir libanais, autour de Nawaf Salam et de Joseph Aoun, a durci sa ligne face au Hezbollah, allant jusqu’à interdire sa branche militaire, réclamer des discussions avec Israël et exiger le départ de l’ambassadeur iranien. Cette inflexion accentue la tension avec le Hezbollah au moment même où le pays gère destruction, déplacements et risque de fracture interne.
En parallèle, le chef du gouvernement Nawaf Salam a reçu ce 27 mars le directeur régional du CICR et a insisté sur le besoin urgent d’aide supplémentaire, alors que les attaques contre les secouristes et travailleurs humanitaires se multiplient. MTV a relayé cette rencontre en début de soirée.
Au Moyen-Orient, Trump temporise sur l’Iran sans détendre la région
À l’échelle régionale, la journée reste dominée par la décision de Donald Trump de repousser de dix jours l’échéance avant d’éventuelles frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Reuters et AP indiquent que ce délai court désormais jusqu’au 6 avril, sur fond de discussions présentées par Washington comme encourageantes, mais contestées par Téhéran.
Ce sursis ne réduit pas la tension régionale. AP souligne qu’Israël menace au contraire d’élargir ses frappes contre l’Iran, tandis que la guerre au Liban demeure l’un des théâtres les plus actifs de cette confrontation plus large. Dans ce cadre, le front libanais conserve une double fonction : terrain de pression pour le Hezbollah et espace de démonstration militaire pour Israël.
Un front qui s’étend, un bilan qui s’alourdit
À 18 heures, le constat est donc celui d’une guerre à plusieurs niveaux. Le bilan officiel libanais grimpe à 1 142 morts et 3 315 blessés depuis le 2 mars, avec 26 morts et 86 blessés sur les seules dernières 24 heures selon l’infographie sanitaire du jour. Sur le terrain, Saksakiyé et Kfar Roummane alourdissent encore le coût humain civil. Au sol, l’armée israélienne avance dans une logique de zone tampon jusqu’au Litani, tandis que les combats rapprochés se multiplient. Côté israélien, au moins deux soldats ont été tués et d’autres ont été gravement blessés. Et politiquement, le Liban reste pris entre l’urgence humanitaire, l’affrontement avec le Hezbollah et l’ombre portée de l’escalade américano-israélo-iranienne.


