mercredi, janvier 14, 2026

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Les actifs totaux des banques commerciales libanaises en baisse de 7,89 % à 103,4 milliards de dollars en octobre 2024 

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Depuis 2019, les banques libanaises font face à une grave crise de liquidité et d’insolvabilité, exacerbée par la dévaluation continue de la livre libanaise (LBP), le poids de la dette souveraine et la perte de confiance des déposants. En octobre 2024, leurs actifs totaux ont encore diminué de 7,89 % en glissement annuel pour s’établir à 103,4 milliards de dollars. Cette baisse illustre l’aggravation de l’instabilité monétaire et la difficulté persistante des banques à restaurer leur crédibilité.


Des banques insolvables depuis 2019

La crise bancaire libanaise a éclaté en 2019, lorsque les banques ont cessé d’honorer les retraits en devises étrangères. L’effondrement de la monnaie nationale, la dévaluation non officielle suivie d’un taux officiel fixé à 89 500 LBP/USD en 2024, et les pertes liées à la détention de la dette publique ont plongé le secteur bancaire dans une situation d’insolvabilité. Les banques libanaises, surendettées et sous-capitalisées, ne peuvent plus répondre aux besoins de leurs clients ni soutenir l’économie.


Composition des actifs bancaires en 2024 : un bilan fragilisé

Type d’actifsValeur (en milliards $)Variation annuelle (%)Part des actifs totaux (%)
Dépôts et monnaies auprès de la BDL80,64-4,2678
Créances sur clients résidents5,02-31,624,86
Portefeuille de titres résidentiels5,57-1,625,39
Créances sur le secteur financier non résident4,15-1,064,02
Autres actifs8,02-10,347,73
Total103,4-7,89100

Une exposition majeure à la dette publique

Les banques libanaises continuent de détenir une part significative de leurs actifs sous forme de dépôts auprès de la Banque du Liban (BDL), représentant 78 % des actifs totaux. Cette exposition massive est à la fois un symptôme et un facteur aggravant de leur insolvabilité. Les titres souverains, notamment les Eurobonds, ont vu leur valeur chuter de 6,91 %, atteignant 2,31 milliards de dollars, reflétant les risques accrus de défaut de paiement de l’État libanais.


Des passifs dominés par des dépôts de moins en moins accessibles

Type de passifsValeur (en milliards $)Variation annuelle (%)Part des passifs totaux (%)
Dépôts clients résidents67,41-6,9665,2
Dépôts clients non résidents20,98-1,1320,29
Engagements envers le secteur financier non résident2,52-16,442,44
Autres passifs12,49-10,7612,07
Total103,4-7,89100

La fuite des dépôts et la dollarisation accrue

Depuis 2019, les banques libanaises ont vu une grande partie des dépôts résidents s’éroder. En 2024, les dépôts en LBP ont chuté de 79,09 %, atteignant seulement 628,8 millions de dollars, tandis que ceux en devises étrangères ont diminué de 3,84 %. Le ratio de dollarisation des dépôts atteint désormais 99,23 %, illustrant la perte totale de confiance dans la monnaie locale.


Les origines de la crise d’insolvabilité

  1. Dévaluation de la livre libanaise
    La perte de valeur de la LBP, amplifiée par la dévaluation officielle à 89 500 LBP/USD, a drastiquement réduit la valeur réelle des actifs et des passifs bancaires libellés en monnaie locale. Ce facteur a également amplifié les pertes sur les obligations souveraines et réduit les réserves en devises des banques.
  2. Exposition excessive à la dette publique
    Les banques libanaises sont étroitement liées à la dette souveraine du pays, détenant une grande partie des obligations publiques. Avec un taux de défaut élevé et des paiements suspendus, les banques enregistrent des pertes significatives, aggravant leur situation d’insolvabilité.
  3. Perte de liquidité
    Les restrictions sur les retraits imposées depuis 2019, combinées à la fuite des dépôts en livres libanaises (-79,09 %), ont vidé les coffres des banques. Cette perte de liquidité limite leur capacité à financer l’économie ou à couvrir les retraits des clients.
  4. Crise de confiance systémique
    La confiance des déposants, déjà fragilisée, a été détruite par l’incapacité des banques à répondre aux demandes de retrait. Les clients, tant locaux qu’internationaux, hésitent désormais à maintenir leurs fonds dans les institutions financières libanaises.

Impact économique et monétaire : un cercle vicieux

IndicateurValeurVariation annuelle (%)
Actifs totaux103,4 milliards $-7,89
Dépôts auprès de la BDL80,58 milliards $-3,7
Créances sur les clients résidents5,02 milliards $-31,62
Eurobonds détenus2,31 milliards $-6,91
Ratio de dollarisation des dépôts privés99,23 %+2,76 points
Dépôts en livres libanaises (résidents)628,8 millions $-79,09
  1. Impact sur l’économie réelle
    La contraction des actifs bancaires et des crédits au secteur privé (-31,62 %) freine les investissements, accentuant la récession économique. Les entreprises et ménages n’ont plus accès au financement nécessaire pour maintenir leurs activités, exacerbant le chômage et la pauvreté.
  2. Instabilité monétaire et inflation
    La dollarisation accrue, combinée à l’effondrement de la LBP, crée un environnement d’hyperinflation. Les prix des biens et services augmentent rapidement, réduisant le pouvoir d’achat des ménages et aggravant la crise sociale.
  3. Risque de faillite systémique
    Sans recapitalisation externe ou restructuration de la dette publique, le secteur bancaire reste exposé à un risque de faillite généralisée. Cela pourrait provoquer un effondrement total du système financier et aggraver encore la crise économique.

Quelles solutions pour le secteur bancaire libanais ?

Pour redresser le secteur bancaire, des réformes structurelles et des interventions internationales sont nécessaires. Voici les principales pistes d’action :

  1. Restructuration de la dette publique
    Le Liban doit renégocier ses obligations souveraines pour réduire la charge de la dette. Cela pourrait libérer les bilans bancaires et restaurer la confiance des investisseurs.
  2. Recapitalisation des banques
    Les banques nécessitent une recapitalisation significative, idéalement soutenue par des investisseurs étrangers ou des institutions internationales comme le FMI.
  3. Réformes monétaires
    Une stabilisation de la monnaie nationale, couplée à des mesures pour réduire la dollarisation, est essentielle pour restaurer la stabilité macroéconomique.
  4. Réforme du secteur bancaire
    Une réforme en profondeur du système bancaire, incluant la réduction du nombre de banques et une meilleure régulation, pourrait améliorer la viabilité à long terme du secteur.

Un avenir incertain pour les banques libanaises et un système à bout de souffle
Depuis 2019, les banques libanaises sont devenues le symbole de la crise économique du pays. En 2024, leur insolvabilité persistante, aggravée par l’effondrement de la LBP et une dollarisation presque totale, souligne la nécessité urgente de réformes. Sans intervention internationale et sans rétablissement de la confiance, le secteur bancaire libanais risque de rester un obstacle majeur à la reprise économique.

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Newsdesk Libnanews
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