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Les banques libanaises asphyxiées par la fuite des capitaux et la méfiance des déposants

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Au 30 novembre 2024, les dépôts totaux du secteur privé au Liban s’élevaient à 89 milliards USD, selon les données publiées par la Banque du Liban (BdL). Ce chiffre reflète une baisse de 4,6 % par rapport à la même période en 2023, confirmant une tendance au retrait des liquidités des banques libanaises par les déposants, face à une perte de confiance persistante dans le système bancaire.

répartition des dépôts et leur évolution

La majorité des dépôts restent libellés en devises étrangères, à hauteur de 78,2 %, contre seulement 21,8 % en livres libanaises. Cette dollarisation, qui atteint des niveaux records depuis la crise bancaire de 2019, est alimentée par la dévaluation continue de la livre libanaise, qui perd environ 90 % de sa valeur depuis le début de la crise.

Catégories de dépôtsMontant (en milliards USD)Part (%)
En devises étrangères69,678,2 %
En livres libanaises19,421,8 %
Total89100 %

L’érosion des dépôts en livres libanaises illustre une perte de confiance généralisée dans la monnaie nationale. Les banques, incapables de répondre aux demandes de retraits massifs, imposent toujours des restrictions sévères, limitant l’accès aux comptes en devises et convertissant souvent les retraits en livres libanaises à des taux bien inférieurs au marché.

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crise de confiance et fuite des capitaux

Depuis 2019, le Liban a connu une fuite massive des capitaux, estimée à plus de 20 milliards USD. Les déposants, en particulier ceux qui ont accès aux « fonds frais », préfèrent transférer leurs actifs à l’étranger ou investir dans des actifs tangibles, tels que l’immobilier ou l’or. Cette fuite aggrave la pénurie de devises au sein du système bancaire et limite la capacité des banques à octroyer des crédits ou financer l’économie.

impact sur l’économie réelle

L’incapacité des banques à remplir leur rôle traditionnel de soutien à l’économie exacerbe la récession économique. Les crédits accordés par les banques ont diminué de 18 % en 2024, selon les données de l’Association des Banques du Liban. Les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), peinent à accéder au financement nécessaire pour maintenir leurs opérations, ce qui entraîne des fermetures d’entreprises et une hausse du chômage.

Pour les ménages, les restrictions sur les retraits limitent sévèrement leur pouvoir d’achat, tandis que l’inflation continue de réduire la valeur réelle des salaires. En 2024, l’inflation moyenne a atteint 137 %, entraînant une augmentation significative des coûts des biens de première nécessité.

perspectives et réformes nécessaires

La stagnation des dépôts bancaires met en lumière l’urgence de réformes structurelles. La priorité reste la recapitalisation des banques, une restructuration complète de la dette souveraine et la restauration de la confiance dans le système financier. Ces réformes, exigées par le FMI dans le cadre des négociations en cours, sont cependant entravées par l’instabilité politique et l’absence de consensus entre les parties prenantes.

Les experts avertissent que sans une unification des taux de change, une recapitalisation des banques et une gestion transparente des fonds publics, le Liban restera pris dans une spirale de crise bancaire et économique.

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Newsdesk Libnanews
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