samedi, février 21, 2026

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Les défis du gouvernement Nawaf Salam : Entre pressions internes et attentes internationales

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Un gouvernement sous haute tension

Depuis sa nomination en tant que Premier ministre, Nawaf Salam se retrouve face à une tâche titanesque : former un gouvernement capable de sortir le Liban de sa crise économique et politique. Pourtant, des semaines après son désignation, il peine toujours à constituer une équipe ministérielle en raison des dissensions profondes entre les blocs politiques.

Le Liban est plongé dans une instabilité chronique, entre la pression des partis traditionnels, qui tentent d’imposer leurs conditions, et les attentes internationales, qui exigent des réformes avant tout soutien financier. Salam doit jongler entre ces exigences contradictoires, tout en évitant les blocages institutionnels qui paralysent le pays depuis des années.

Des négociations difficiles avec les partis politiques

La formation du gouvernement s’annonce plus ardue que prévu. Chaque parti tente d’obtenir des ministères stratégiques, tandis que certains refusent catégoriquement de participer à un gouvernement qui imposerait des réformes dictées par le Fonds monétaire international (FMI).

Parmi les principaux points de friction :

  • Le Hezbollah et ses alliés insistent pour garder le contrôle du ministère de l’Énergie et des Finances, considérés comme essentiels dans un pays en crise.
  • Les Forces libanaises et le Courant patriotique libre se disputent des portefeuilles clés, notamment ceux de l’Intérieur et de la Justice, liés aux enquêtes de corruption en cours.
  • Le bloc sunnite de Salam voudrait imposer des ministres technocrates, mais se heurte au refus des partis traditionnels, qui craignent de perdre leur influence.

Ce bras de fer complique encore plus la tâche de Salam, qui tente de trouver un compromis entre efficacité et stabilité politique.

Le poids des réformes exigées par le FMI

Pour espérer obtenir une aide financière, le Liban doit impérativement appliquer des réformes économiques et bancaires profondes. Le FMI a posé des conditions strictes avant d’accorder tout prêt :

  • Réorganisation du secteur bancaire et restructuration des dettes des banques en faillite.
  • Adoption d’une loi sur le contrôle des capitaux, pour éviter la fuite des devises.
  • Lutte contre la corruption, notamment dans le secteur de l’énergie et les marchés publics.
  • Unification des taux de change, pour stabiliser la livre libanaise et mettre fin au marché noir.

Mais ces réformes se heurtent à une opposition féroce au sein de la classe politique, qui y voit une menace pour ses intérêts financiers. Certains députés refusent d’adopter des lois qui risqueraient de révéler l’ampleur des détournements de fonds publics.

Une pression internationale croissante

Le Liban n’a plus le luxe d’ignorer les demandes internationales. La France, les États-Unis et plusieurs pays du Golfe exercent une pression constante pour que Nawaf Salam forme rapidement un gouvernement stable et applique les réformes nécessaires.

  • Paris a insisté sur la nécessité d’un gouvernement « efficace et transparent ». Emmanuel Macron suit de près l’évolution de la situation et pourrait conditionner toute aide financière à des réformes concrètes.
  • Washington surveille la position du Hezbollah et pourrait bloquer toute assistance au Liban si le mouvement chiite obtient des ministères clés.
  • L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis restent méfiants et refusent pour l’instant de financer un pays qu’ils estiment gangrené par la corruption et l’influence iranienne.

Les négociations en coulisses sont intenses, et Salam sait que l’avenir économique du Liban dépend en grande partie de ces discussions internationales.

Une population à bout, entre espoir et colère

Pendant que les jeux politiques se poursuivent, la population libanaise souffre de conditions de vie toujours plus précaires.

  • Inflation record : Les prix des produits de base ont explosé, rendant la vie quotidienne insoutenable pour une majorité de la population.
  • Pénuries chroniques : Électricité, carburant, médicaments… La situation s’aggrave et pousse de nombreux Libanais à chercher des alternatives en dehors des circuits officiels.
  • Manifestations sporadiques : De plus en plus de citoyens descendent dans la rue pour protester contre l’inaction du gouvernement et les politiques économiques désastreuses.

Pour de nombreux Libanais, Nawaf Salam représente un espoir de changement. Son profil plus technocratique et sa volonté de réforme lui valent le soutien d’une partie de la société civile, qui espère enfin une rupture avec la gestion chaotique des gouvernements précédents. Mais la patience de la population s’épuise, et tout retard dans la formation du gouvernement pourrait déclencher une nouvelle explosion sociale.

Quel avenir pour le gouvernement Salam ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour Nawaf Salam. Son gouvernement pourra-t-il voir le jour sans tomber dans les compromis habituels qui paralysent le Liban ? Les blocages politiques actuels montrent à quel point les intérêts des partis passent avant ceux du pays.

Deux scénarios sont possibles :

  1. Un gouvernement de réformes, soutenu par la communauté internationale, mais qui risque d’affronter une forte opposition intérieure et des tentatives de sabotage.
  2. Un gouvernement de compromis, dominé par les partis traditionnels, ce qui signifierait l’abandon des réformes et la prolongation de la crise.

Le temps presse. Si Salam échoue à constituer une équipe capable de rétablir un minimum de confiance, le Liban pourrait s’enfoncer encore plus dans le chaos, avec une économie à l’agonie et un État de plus en plus défaillant.

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Newsdesk Libnanews
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