mardi, février 24, 2026

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Les Forces libanaises, le Tashnaq et l’opposition sunnite contestent la répartition des ministères

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Un processus de formation gouvernementale sous pression

Le Premier ministre désigné du Liban, Nawaf Salam, a tenu à rassurer l’opinion publique sur l’avancement de la formation du gouvernement, affirmant que le processus suit un cours réformiste et salvateur, conformément aux engagements qu’il a pris. Il a insisté sur le respect des standards qu’il a déjà annoncés et réfuté toute tentative d’ingérence dans ses décisions.

« Toute information selon laquelle des candidats ministériels m’auraient été imposés est infondée », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il est le seul à choisir les ministres, après consultation avec les différents blocs parlementaires. Il a également démenti toute tension avec certaines forces politiques, affirmant être en communication positive avec tous les acteurs.

Malgré ces assurances, Nawaf Salam doit faire face à une opposition croissante et à des revendications de plusieurs partis politiques qui contestent leur part dans le futur cabinet.

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Les critiques des Forces libanaises

Le député Pierre Bou Assi, membre des Forces libanaises (FL), a vivement critiqué Nawaf Salam sur son absence de soutien parlementaire direct. Dans une déclaration publiée sur son compte X (ex-Twitter), il a lancé une attaque directe contre le Premier ministre désigné :

« Lorsqu’un Premier ministre désigné ne dispose d’aucun bloc parlementaire bénéficiant de la légitimité populaire, la modestie et la sagesse deviennent une nécessité », a-t-il écrit.

Il a ajouté que, au-delà du courage, un véritable homme d’État doit faire preuve de modestie et de sagesse, sous-entendant ainsi que Salam manque de ces qualités essentielles à la gestion du pouvoir.

Les Forces libanaises contestent leur part dans la répartition des ministères, critiquant également les quotas accordés au Hezbollah et au mouvement Amal. Selon certaines sources médiatiques, le parti pourrait même boycotter le futur gouvernement s’il n’obtient pas les portefeuilles qu’il revendique.

Accusations de favoritisme et de double standard

Les critiques ne se limitent pas aux Forces libanaises. Le député de Beyrouth Nabil Bader a accusé Nawaf Salam de pratiquer une approche sélective dans le processus de formation du cabinet. Lors d’une interview sur Al-Jadeed, il a exprimé son mécontentement face à ce qu’il considère comme une disparité dans la distribution des ministères entre les différentes confessions.

« De la même manière que les chiites ont obtenu ce qu’ils voulaient, les sunnites doivent également prendre ce qu’ils veulent », a-t-il déclaré.

Cette déclaration reflète une frustration croissante au sein de certaines factions sunnites, qui estiment être marginalisées dans les négociations par rapport aux autres groupes politiques et confessionnels.

Dans le même temps, le parti Tashnag, qui représente une partie importante de la communauté arménienne du Liban, a mis en garde Nawaf Salam contre l’imposition de ministres ne représentant pas fidèlement leurs communautés. Dans un communiqué, il a insisté sur la nécessité de traiter toutes les forces politiques et sectaires sur un pied d’égalité, et non selon des standards à géométrie variable.

Un gouvernement sous haute tension

Ces tensions illustrent les difficultés majeures auxquelles Nawaf Salam est confronté dans sa tentative de formation d’un gouvernement équilibré. Le système politique libanais, basé sur un partage confessionnel du pouvoir, complique considérablement les négociations. Chaque faction cherche à garantir ses propres intérêts et n’hésite pas à remettre en cause la légitimité du Premier ministre désigné lorsqu’elle se sent lésée.

La pression sur Nawaf Salam est d’autant plus forte que le pays traverse une crise politique, économique et institutionnelle. Une impasse prolongée dans la formation du gouvernement pourrait aggraver la paralysie du pays et retarder davantage les réformes nécessaires pour obtenir une aide internationale, notamment du Fonds monétaire international (FMI).

Alors que les négociations se poursuivent, une question demeure : Nawaf Salam parviendra-t-il à imposer sa vision réformiste, ou sera-t-il contraint de céder aux exigences des partis traditionnels ?

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Newsdesk Libnanews
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