samedi, février 21, 2026

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Liban : aides internationales suspendues face à l’opacité des nomination

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Alerte des diplomates européens sur la transparence

Le quotidien Al Joumhouriyat daté du 11 juin 2025 rapporte que plusieurs diplomates européens en poste à Beyrouth ont récemment transmis des avertissements fermes aux autorités libanaises concernant le retard dans les nominations à des postes clés au sein des institutions financières.

Les diplomates ont souligné que « sans transparence sur les nominations financières, aucun décaissement ne sera validé ». Cette déclaration vise directement les postes de gouvernance au sein de la Banque du Liban, de la Commission de contrôle des banques, ainsi que les autres institutions stratégiques chargées de superviser le système bancaire.

Ces diplomates relaient les positions officielles des pays membres de l’Union européenne, qui conditionnent leur aide à des réformes structurelles réelles et vérifiables. Ils insistent sur la nécessité d’un mécanisme clair de désignation basé sur les compétences, et non sur des arrangements politiques.

Leur message vise également les plus hauts responsables, y compris le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam, et le président de la Chambre Nabih Berri.

Conditions non remplies : les bailleurs gèlent les programmes

Toujours selon Al Joumhouriyat, plusieurs bailleurs de fonds internationaux ont déjà pris des mesures concrètes en réponse au blocage institutionnel.

La France a gelé un projet de soutien à la modernisation de l’administration douanière. L’Union européenne a suspendu le financement prévu pour des projets d’infrastructure, en particulier dans les domaines de l’énergie et de l’éducation.

La Banque mondiale, de son côté, a interrompu temporairement le versement de fonds destinés à soutenir les filets sociaux et les programmes de transferts monétaires ciblés.

Tous ces acteurs font le même constat : tant que les institutions de régulation ne sont pas opérationnelles et indépendantes, aucun mécanisme de suivi n’est possible.

Ils pointent également l’absence de nomination d’un gouverneur permanent à la tête de la Banque du Liban comme un indicateur d’instabilité. L’arrêt de ces programmes a un effet immédiat sur les services publics et sur les populations les plus vulnérables.

Conséquences sur les régulateurs financiers

La vacance des postes de direction au sein des régulateurs financiers est devenue l’un des symboles de l’impasse institutionnelle libanaise.

La Banque du Liban est toujours dirigée par un gouverneur intérimaire, Wassim Mansouri, dont le mandat intérimaire se prolonge sans base légale claire. La Commission de contrôle des banques n’a pas de président confirmé, et plusieurs postes techniques y sont également vacants.

Cette désorganisation empêche toute supervision effective du secteur bancaire. Les diplomates européens, cités par Al Joumhouriyat, soulignent que cette situation nuit directement à la crédibilité du Liban sur les marchés internationaux.

Elle empêche également l’application des normes anti-blanchiment et limite la capacité du Liban à gérer ses relations avec les institutions internationales.

Le secteur bancaire, déjà fragilisé par les crises successives, fonctionne sans directives ni supervision stratégique, ce qui augmente les risques systémiques.

Dettes extérieures et faillite du Trésor public

Toujours selon les sources d’Al Joumhouriyat (11 juin 2025), le niveau de la dette extérieure libanaise atteint désormais des seuils jugés insoutenables par plusieurs agences internationales.

L’État libanais n’a plus accès aux marchés internationaux de capitaux. Le Trésor public ne dispose plus de ressources suffisantes pour honorer ses échéances, qu’il s’agisse du service de la dette ou du paiement des salaires des fonctionnaires.

Les liquidités disponibles sont utilisées pour financer des urgences immédiates, souvent sans planification.

Les experts cités dans le journal affirment que le blocage politique aggrave cette situation, car il empêche l’adoption de politiques budgétaires cohérentes.

Le Liban n’a toujours pas entamé de véritable restructuration de sa dette, faute de leadership clair. Plusieurs échéances arrivent à maturité dans les mois à venir, et l’absence de budget aggrave les tensions entre ministères et directions du Trésor.

Le budget 2025 : symbole d’une paralysie prolongée

Le projet de budget pour l’année 2025 n’a toujours pas été soumis au Parlement pour vote, comme le rapporte Al Joumhouriyat.

Ce retard reflète les désaccords persistants entre les différentes composantes du gouvernement, mais aussi entre les ministères techniques et les autorités budgétaires.

Le ministère des Finances travaille actuellement sur une base mensuelle, par douzièmes provisoires, ce qui limite la visibilité pour les acteurs économiques et les partenaires étrangers.

Ce mode de gestion est dénoncé par les diplomates comme une source de blocage supplémentaire.

Le budget 2025 est également nécessaire pour confirmer l’engagement du Liban à respecter ses obligations dans le cadre des négociations avec le FMI.

Son absence compromet tout décaissement futur, y compris pour les aides d’urgence. Les experts évoquent aussi les retards dans la publication des données économiques officielles, un autre facteur de méfiance vis-à-vis de la capacité du Liban à se réformer.

Pressions combinées sur le gouvernement libanais

Face à cette crise, les responsables européens intensifient leurs avertissements.

Le journal Al Joumhouriyat rapporte que plusieurs ambassadeurs ont adressé des messages directs aux autorités libanaises pour rappeler que les aides internationales ne sont pas inconditionnelles.

Le Premier ministre Nawaf Salam aurait été informé, lors d’une rencontre avec des représentants européens, que l’Union européenne pourrait suspendre encore davantage de programmes si la situation institutionnelle ne s’améliore pas rapidement.

De son côté, le président Joseph Aoun est sommé de proposer des profils technocratiques pour les postes clés, afin de garantir un minimum de neutralité.

Le président de la Chambre, Nabih Berri, reçoit également des pressions sur le maintien de certaines figures, notamment Wassim Mansouri, ce qui illustre les contradictions entre volonté internationale et équilibres internes.

Le gel des aides européennes, combiné à l’incertitude sur le budget et à la paralysie des institutions financières, place l’État libanais dans une situation critique.

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Newsdesk Libnanews
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