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Liban : Elias Bou Saab annonce un consensus pour proroger le Parlement de deux ans

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Le vice-président du Conseil des députés, Elias Bou Saab, a déclaré ce vendredi 6 mars 2026, à l’issue de la réunion de la commission du Bureau du Parlement, qu’un consensus total existait parmi les parlementaires en faveur du prolongement du mandat de l’Assemblée nationale pour une durée de deux ans. Cette annonce, faite à 11 h 21, intervient dans un contexte d’escalade régionale sans précédent entre Israël et l’Iran, dont le débordement direct frappe le territoire libanais depuis le début de la semaine. Le président de la Chambre, Nabih Berri, a immédiatement validé la convocation d’une séance plénière lundi pour examiner trois propositions de loi relatives à cette prorogation.

Elias Bou Saab, s’exprimant avec la précision qui caractérise ses interventions publiques, a résumé la position collective des députés : « Il y a un consensus de tous les députés sur le prolongement du Conseil des députés et le prolongement pour deux ans est justifié ». Cette formule, prononcée devant les médias présents au Parlement, marque une rare unité dans une institution souvent traversée par des clivages confessionnels et politiques, au moment précis où le Liban subit les conséquences immédiates des opérations militaires israéliennes.

Un calendrier accéléré au milieu des frappes israéliennes sur Nabatiyeh et la banlieue sud de Beyrouth

La décision de convoquer une séance plénière dès lundi pour présenter trois propositions de loi sur le prolongement du mandat fixe une échéance immédiate. Ces textes visent tous à proroger le mandat actuel, issu des élections de mai 2022 et arrivant à terme en mai 2026, de deux années pleines. Cette procédure accélérée s’inscrit dans un environnement où le Liban fait face à une pression sécuritaire inédite liée au conflit israélo-iranien.

Depuis l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei fin février et les tirs revendiqués par le Hezbollah le 1er mars, Israël a lancé une campagne intensive de frappes aériennes. Dans la nuit du 5 au 6 mars et jusqu’aux premières heures de la matinée, les raids se sont concentrés sur la région de Nabatiyeh. Selon l’agence nationale d’information, les appareils ont visé successivement Mifdoun et le quartier Al-Bayad à Nabatiyeh, puis la mosquée de l’imam al-Mahdi à Toul, détruite en totalité. Le muezzin Mehdi Fahs a été tué sur le coup.

Les abords de la hawsah Baqiyat Allah et de la mosquée Al-Bashir à Toul ont également été touchés, entraînant la destruction d’un immeuble d’habitation voisin. À Kfar Tebnit, deux maisons ont été entièrement rasées. À Jibchit, le bâtiment commercial connu sous le nom de « Joz wa Louz » a été anéanti, avec deux martyrs recensés. Le quartier Al-Sabah à Choukine a subi une frappe directe, tandis qu’au petit matin les environs de la municipalité de Kfar Rouman et la ligne de pipeline vers Haboush ont été visés à plusieurs reprises. Les autorités locales ont lancé un appel urgent pour une pelleteuse lourde afin d’extraire les corps encore ensevelis sous les décombres.

La loi électorale actuelle jugée défaillante : deux ans pour une réforme en profondeur

Elias Bou Saab a explicitement lié cette prorogation aux dysfonctionnements de la législation électorale en vigueur. « La loi électorale actuelle a prouvé qu’elle comporte de nombreux problèmes et il est possible, au cours de deux ans, de la modifier », a-t-il déclaré. Le système proportionnel adopté en 2018 a révélé lors des scrutins de 2022 des faiblesses structurelles persistantes : fragmentation excessive des listes, difficultés à former des majorités stables et poids démesuré des alliances confessionnelles.

Les deux années accordées permettraient de conduire un travail législatif méthodique, avec auditions publiques, consultations d’experts constitutionnalistes et débats élargis. Cette période transitoire apparaît comme un temps nécessaire pour corriger ces défauts sans précipitation, dans un pays où les institutions ont déjà connu plusieurs prorogations par le passé.

L’application intégrale de l’accord de Taëf comme horizon politique indépassable

Le vice-président a élargi son propos à l’architecture constitutionnelle du pays : « Rien ne nous sert sauf l’application complète de la Constitution de Taëf ». Signé en 1989 pour mettre fin à la guerre civile, cet accord prévoit un rééquilibrage des pouvoirs, une décentralisation administrative et un calendrier de réformes qui, trente-six ans plus tard, reste encore incomplètement appliqué.

Le prolongement du mandat parlementaire offrirait, selon Elias Bou Saab, le cadre temporel indispensable pour avancer concrètement sur ces chantiers. Cette vision institutionnelle dépasse le simple calendrier électoral pour toucher à l’essence même du pacte national libanais, au moment où le pays est pris en étau dans une confrontation régionale qui dépasse largement ses frontières.

Le gouvernement Salam et le président Aoun face à la double crise sécuritaire et institutionnelle

Dès les premiers jours de l’escalade, le Premier ministre Nawaf Salam a convoqué une réunion d’urgence du cabinet en présence du président Joseph Aoun. Le gouvernement a adopté une mesure sans précédent : l’interdiction totale des activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, limitant son rôle à la sphère politique. « L’État rejette toute action militaire ou sécuritaire lancée depuis le territoire libanais », a déclaré M. Salam. L’armée libanaise a reçu l’ordre d’appliquer cette décision « par tous les moyens », notamment au nord du Litani.

Cette position souverainiste converge avec l’objectif du prolongement parlementaire : préserver l’autorité de l’État face à l’intensification des opérations. Le président Aoun a pour sa part souligné que ceux qui ont initié les tirs de roquettes portent « l’entière responsabilité » d’avoir fourni à Israël un prétexte pour frapper le Liban.

Le bilan humain et matériel des frappes israéliennes dans le sud du pays

Le ministère libanais de la Santé a publié, au matin du 6 mars, un bilan actualisé de l’ensemble des hostilités : au moins 123 morts, dont une majorité de civils, et 683 blessés depuis le début de l’escalade. Ces chiffres intègrent les victimes des raids nocturnes sur Nabatiyeh et la banlieue sud de Beyrouth. Parmi les morts figurent des enfants et des secouristes. Les hôpitaux de Saïda, Tyr et Beyrouth sont en état d’alerte maximale.

Les destructions matérielles sont massives. Outre la mosquée de l’imam al-Mahdi entièrement rasée à Toul, des immeubles résidentiels, des bâtiments commerciaux et des infrastructures publiques ont été touchés. À Kfar Rouman, l’appel à une pelleteuse lourde témoigne de la complexité des opérations de sauvetage. Plus de 90 000 personnes ont fui leurs foyers, saturant les centres d’accueil et les routes menant au nord du Litani.

Les derniers développements sur le terrain au matin du 6 mars

Au lever du jour ce vendredi, les observateurs de la Finul rapportent des activités militaires israéliennes persistantes dans les localités du sud déjà mentionnées et des échanges sporadiques de tirs à travers la Ligne bleue. Une nouvelle frappe a visé la banlieue sud de Beyrouth, provoquant de nouveaux mouvements de population. Les équipes de secours poursuivent le déblaiement des décombres à Nabatiyeh, notamment autour de la municipalité de Kfar Rouman où l’arrivée d’une pelleteuse lourde est attendue pour extraire d’éventuels corps ensevelis. L’armée libanaise maintient ses positions renforcées au nord du Litani, tandis que les autorités ont confirmé la poursuite de l’application des décisions gouvernementales dans les secteurs sensibles. Des convois humanitaires escortés acheminent de l’eau et des vivres vers les centres d’accueil, et les hôpitaux de la capitale reçoivent de nouveaux blessés transférés des zones touchées au cours de la nuit. Les négociations indirectes se poursuivent dans un climat de tension extrême où chaque nouvelle violation risque d’élargir encore le théâtre des opérations.

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