Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a récemment participé au sommet des pays en développement (D-8) tenu en Égypte. Cet événement marque une étape importante dans les efforts diplomatiques du Liban pour renforcer ses relations avec les pays voisins et attirer un soutien économique et politique. À travers cette visite, Mikati a cherché à repositionner le Liban sur la scène régionale tout en abordant des questions cruciales pour l’avenir du pays.
Un sommet stratégique pour les économies émergentes
Le sommet des D-8, qui regroupe des pays émergents comme l’Égypte, l’Iran, la Turquie et l’Indonésie, s’est focalisé sur la coopération économique et le renforcement des échanges commerciaux entre ses membres. Selon « Al Joumhouriyat » (20 décembre 2024), la participation du Liban, bien que non membre permanent, a été facilitée par une invitation spéciale de l’Égypte.
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Pour Mikati, ce sommet représentait une opportunité unique de défendre les intérêts économiques libanais dans un cadre multilatéral. Il a notamment insisté sur le potentiel du Liban à servir de plateforme logistique et commerciale entre l’Europe et le Moyen-Orient, malgré la crise économique actuelle.
Renforcer les relations bilatérales avec l’Égypte
Outre sa participation au sommet, Najib Mikati a tenu des discussions bilatérales avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Ces entretiens ont porté sur plusieurs enjeux clés, notamment :
- La crise énergétique au Liban : L’Égypte pourrait jouer un rôle crucial en augmentant ses exportations de gaz naturel vers le Liban, un point crucial pour stabiliser le réseau électrique libanais.
- La sécurité alimentaire : L’Égypte, en tant que grand producteur agricole, a proposé d’accroître ses exportations de blé et d’autres denrées alimentaires pour répondre aux besoins urgents des Libanais.
Selon « Al Arabi Al Jadid » (20 décembre 2024), ces échanges bilatéraux reflètent une volonté mutuelle de renforcer les liens historiques entre les deux pays. Cependant, les critiques soulignent que des promesses similaires ont été faites par le passé sans résultats concrets.
Une diplomatie axée sur le pragmatisme
La tournée diplomatique de Mikati en Égypte s’inscrit dans une stratégie plus large visant à attirer des soutiens économiques pour un Liban en crise. Depuis sa prise de fonction, Mikati a adopté une approche pragmatique, cherchant à consolider les relations avec des partenaires régionaux tout en maintenant un dialogue avec les puissances internationales.
Cependant, cette stratégie n’est pas sans défis. Selon « An-Nahar » (20 décembre 2024), Mikati fait face à des critiques internes, notamment de la part de factions politiques qui l’accusent de ne pas suffisamment défendre les intérêts souverains du Liban face aux demandes internationales, notamment celles du FMI.
Le rôle du D-8 dans l’économie libanaise
Bien que le Liban ne soit pas membre officiel des D-8, sa participation pourrait ouvrir des opportunités importantes. Le sommet s’est concentré sur des initiatives telles que :
- La création d’un corridor commercial Sud-Sud, reliant l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique, dont le Liban pourrait bénéficier indirectement.
- La coopération technologique : Mikati a proposé des partenariats pour moderniser les infrastructures numériques libanaises, une priorité dans le contexte actuel.
Selon « Al Quds » (20 décembre 2024), ces initiatives pourraient offrir au Liban une plateforme pour diversifier ses relations économiques au-delà des circuits traditionnels dominés par l’Occident.
Des attentes économiques à relativiser
Malgré les annonces prometteuses, des experts soulignent les limites des retombées immédiates de cette tournée diplomatique. Le Liban, en proie à une crise systémique, manque de crédibilité sur le plan international en raison de la paralysie politique et des scandales de corruption.
Selon « Al Liwa » (20 décembre 2024), même si des accords de principe ont été obtenus, leur mise en œuvre dépendra de la capacité du gouvernement à restaurer la confiance des partenaires étrangers.
Vers une intégration régionale accrue ?
Si la tournée de Mikati en Égypte ne résoudra pas immédiatement les problèmes structurels du Liban, elle reflète une tentative de réintégrer le pays dans les dynamiques régionales. En renouant avec des acteurs comme l’Égypte et en explorant de nouveaux partenariats au sein des D-8, le Liban pourrait trouver des leviers pour relancer son économie et surmonter son isolement politique.
Cependant, cet effort devra être accompagné de réformes internes profondes pour que le Liban puisse véritablement profiter de ces opportunités.



