Le cinéma Rivoli, situé sur la célèbre place des Martyrs à Beyrouth, était l’une des institutions culturelles les plus emblématiques de la capitale libanaise avant le déclenchement de la guerre civile en 1975. Ouvert en 1953 à l’emplacement du petit Sérail, ce lieu devint rapidement un symbole de la vie culturelle prospère de la ville, marquant les souvenirs de générations de Libanais qui y ont assisté à des projections de films, aussi bien locaux qu’internationaux.
Une architecture moderne dans le cœur de Beyrouth
Conçu dans un style Streamline Moderne, le cinéma Rivoli se distinguait par son architecture élégante et ses lignes épurées. À une époque où Beyrouth commençait à se moderniser à grande échelle, le Rivoli, avec ses façades imposantes et sa salle unique, offrait une capacité considérable pour accueillir des milliers de spectateurs chaque année . Il était situé dans un quartier dynamique et accessible, la place des Martyrs, qui constituait un véritable carrefour social et culturel pour les Beyrouthins.
La place des Martyrs, où se dressait le Rivoli, était alors un centre névralgique pour les habitants et les visiteurs. Le cinéma, aux côtés d’autres lieux célèbres comme le Capitole et le Piccadilly, formait un véritable triangle d’or du divertissement dans le centre-ville. Pendant les années 1960 et 1970, le Rivoli était un endroit où l’on pouvait visionner les dernières productions hollywoodiennes ainsi que des films arabes, créant un pont entre l’Orient et l’Occident à travers l’écran .
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Les films à l’affiche au Rivoli
Dans les années 1960, le Rivoli programmait des films internationaux à succès. Parmi les titres les plus marquants qui ont été projetés, on peut citer « Lawrence d’Arabie » en 1962, une épopée monumentale qui a captivé les spectateurs libanais, ainsi que des classiques d’Hollywood tels que « Ben-Hur ». Le cinéma proposait également des films arabes, contribuant à la diffusion de la culture locale à travers le septième art.
Un cinéma, mais aussi un centre social
Le Rivoli n’était pas seulement un cinéma, c’était également un point de rencontre pour la société libanaise cosmopolite. Il offrait une escapade aux Beyrouthins, qui, pour quelques heures, pouvaient échapper au stress de la vie quotidienne dans l’ambiance feutrée de ses fauteuils. Dans les années précédant la guerre civile, le cinéma était un lieu où les classes sociales se croisaient, où les familles venaient ensemble pour profiter des films en vogue .
En plus de la diffusion de films, le Rivoli organisait parfois des événements spéciaux et des premières de films, attirant des foules et renforçant son rôle comme lieu de rassemblement pour les amateurs de cinéma. Avec une programmation variée allant des comédies musicales aux drames poignants, le cinéma Rivoli a joué un rôle clé dans l’expansion culturelle de Beyrouth .
La guerre civile et la destruction par Solidere
Malheureusement, avec l’arrivée de la guerre civile en 1975, comme beaucoup d’autres bâtiments symboliques du centre-ville, le cinéma Rivoli a cessé ses activités. La place des Martyrs, jadis animée par les taxis, les passants et les lumières des salles de cinéma, s’est rapidement transformée en une ligne de front divisant la ville en deux. Le Rivoli, malgré sa stature imposante, a été progressivement délaissé, devenant un édifice fantôme au milieu des ruines .
La destruction du Rivoli a finalement eu lieu dans les années 1990, lorsque la société Solidere a pris en charge la reconstruction du centre-ville de Beyrouth. Le cinéma, comme beaucoup d’autres bâtiments historiques, a été démoli pour laisser place à une perspective donnant sur la mer depuis la place des Martyrs, sacrifiant ainsi une partie importante du patrimoine architectural et culturel de la capitale .
Pour le détruire, l’Armée Libanaise dû s’y prendre à plusieurs reprises, les fondations tenant bons jusqu’au bout.
Le Rivoli n’était pas simplement une salle de cinéma à Beyrouth, il incarnait l’esprit vibrant d’une époque où la capitale libanaise était un centre de la vie culturelle et sociale au Moyen-Orient. Avant la guerre civile, des générations de Libanais ont franchi ses portes pour y découvrir des œuvres cinématographiques de renom. Sa destruction par Solidere dans les années 1990 rappelle à quel point la guerre et la modernisation ont transformé, voire effacé, une partie précieuse du patrimoine culturel de la ville. Mais dans les mémoires, le Rivoli continue de vivre comme un symbole de l’âge d’or beyrouthin, où la modernité et la culture se rencontraient pour offrir aux spectateurs une fenêtre sur le monde.
Références :
- Cinema Treasures
- Beirut.com – Meet Rivoli Cinema
- Timamarji – Lebanese Cinemas
- Discoverlebanon.org
- ArcGIS Story Maps
- Beirut Urban Lab – Solidere’s Urban Transformation





