Les derniers articles

Articles liés

Liban : la fracture confessionnelle menace-t-elle de raviver la guerre civile ?

- Advertisement -

Montée des tensions confessionnelles dans un climat d’effondrement

Le Liban traverse une période d’extrême fragilité où la montée des tensions confessionnelles, combinée à l’effondrement économique et institutionnel, ravive les craintes d’un retour à une guerre civile. Depuis plusieurs mois, des affrontements sporadiques éclatent dans diverses régions du pays, notamment à Tripoli, dans certaines banlieues de Beyrouth et au Sud.

Ces tensions sont exacerbées par la crise socio-économique qui plonge une partie croissante de la population dans la pauvreté. La faiblesse des institutions de l’État et l’incapacité des forces de sécurité à contrôler certaines zones laissent place à des milices et des factions armées, souvent liées à des groupes politiques et confessionnels.

Dans ce contexte, plusieurs responsables libanais ont exprimé leur inquiétude quant à l’instabilité grandissante. Le chef de l’armée libanaise devenu président, le Général Joseph Aoun, a mis en garde contre les risques d’une implosion sécuritaire. De son côté, le patriarche maronite Bechara Boutros Raï a dénoncé une « détérioration volontaire » de la situation du pays, pointant du doigt des ingérences extérieures et l’inaction des responsables politiques.

Recommande par Libnanews
Comparer les billets vers le Liban

Comparez rapidement les prix des vols avec Fly2Leb.

L’ombre de 1975 : un cycle de violences qui rappelle le passé

Le Liban est aujourd’hui confronté à une situation qui rappelle étrangement celle qui a mené à la guerre civile de 1975. À cette époque, une accumulation de facteurs explosifs – crise économique, tensions confessionnelles, effondrement progressif de l’État et ingérences étrangères – avait abouti à un morcellement du pays en fiefs militaires contrôlés par des milices et groupes armés rivaux. Aujourd’hui, les mêmes ingrédients semblent réunis, laissant présager un scénario similaire.

Les crises économiques et institutionnelles : catalyseurs des tensions confessionnelles

La période qui a précédé la guerre civile de 1975 était marquée par une instabilité économique croissante, aggravée par des inégalités sociales entre les différentes communautés du pays. À l’époque, la domination économique était largement entre les mains de l’élite chrétienne maronite, tandis que les chiites et les sunnites, en grande partie issus des classes populaires, revendiquaient une meilleure répartition des richesses et du pouvoir.

Aujourd’hui, l’effondrement économique du Liban touche l’ensemble des communautés, mais les répercussions varient selon les régions et les appartenances politiques. Le Hezbollah et ses alliés chiites bénéficient encore de financements iraniens et de réseaux de contrebande, tandis que d’autres groupes, notamment sunnites et chrétiens, se retrouvent marginalisés. Cette asymétrie alimente une frustration grandissante et renforce les fractures confessionnelles.

En parallèle, l’incapacité des institutions étatiques à répondre aux besoins fondamentaux de la population – accès à l’électricité, aux soins médicaux, à l’éducation et aux services publics – rappelle la période précédant 1975, où l’État s’était progressivement délité, laissant place à une gestion de plus en plus communautarisée des ressources et des services.

Des factions armées en montée : une reprise du modèle des milices d’hier ?

Un autre parallèle troublant entre 2025 et 1975 est la montée en puissance des groupes armés confessionnels, souvent liés à des partis politiques. Avant la guerre civile, des organisations comme les Phalanges chrétiennes, le Mouvement national de Kamal Joumblatt (druse et gauche libanaise) ou l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) formaient des milices armées qui se sont affrontées sur le territoire libanais.

Aujourd’hui, une dynamique similaire s’installe :

  • Le Hezbollah, fort de son arsenal militaire et de son expérience de combat en Syrie, continue d’exercer un contrôle sur plusieurs zones du pays, notamment au Sud et dans la banlieue sud de Beyrouth.
  • Des groupes sunnites radicaux, bien que plus faibles, émergent dans le Nord, notamment à Tripoli, ville où des affrontements entre sunnites et alaouites ont déjà fait plusieurs victimes ces derniers mois.
  • Des factions chrétiennes, comme celles liées aux Forces libanaises ou au Courant patriotique libre, revendiquent le droit de s’armer pour se protéger face à ce qu’elles considèrent comme une mainmise du Hezbollah sur le pays.
  • Des groupes autonomes druzes, bien que discrets, restent actifs dans certaines zones du Mont-Liban.

L’absence d’un État fort pour contenir ces groupes et arbitrer les tensions crée un climat d’insécurité, qui rappelle dangereusement la fragmentation du Liban à la veille de la guerre civile.

Tripoli et Beyrouth : des foyers de tensions aux lignes de fracture bien établies

Si la guerre civile de 1975 avait éclaté à Beyrouth avec des affrontements entre milices chrétiennes et factions palestiniennes, la situation actuelle semble trouver ses points de friction dans plusieurs régions sensibles :

  • Tripoli : Cette ville du Nord, historiquement marquée par des tensions entre sunnites et alaouites, est le théâtre d’affrontements sporadiques depuis plusieurs mois. Des groupes armés sunnites, en partie influencés par des réseaux salafistes, s’opposent régulièrement aux alaouites, souvent perçus comme proches du régime syrien. Ces violences rappellent celles qui avaient éclaté entre 2011 et 2014, lors de la guerre en Syrie, mais elles prennent aujourd’hui une dimension plus large, s’inscrivant dans le contexte d’effondrement général du pays.
  • Beyrouth : Certaines banlieues de la capitale deviennent également des zones de confrontation, notamment entre partisans et opposants du Hezbollah. À Chiyah et Ain el-Remmaneh, des incidents violents ont eu lieu récemment entre jeunes militants affiliés au Hezbollah et partisans des Forces libanaises, un remake des affrontements de 1975 entre phalangistes et factions palestiniennes.
  • Le Sud-Liban : Zone sous contrôle du Hezbollah, le Sud est régulièrement le théâtre de tensions avec Israël, mais aussi de contestations internes. Certains chiites opposés au Hezbollah dénoncent la mainmise du parti sur la région et les répercussions des conflits avec Israël sur leur quotidien.

L’implication des acteurs régionaux : un facteur d’embrasement ?

Depuis la guerre civile de 1975-1990, ce pays a souvent servi de champ de bataille indirect pour les conflits opposant l’Iran, les pays du Golfe et les puissances occidentales. Aujourd’hui encore, ces rivalités extérieures alimentent les divisions internes et exacerbent la polarisation politique et confessionnelle.

L’Iran et le Hezbollah : un ancrage stratégique pour Téhéran

L’Iran considère le Liban comme un maillon clé de son « axe de la résistance », qui inclut la Syrie, l’Irak et les groupes armés pro-iraniens dans la région. Depuis les années 1980, Téhéran soutient activement le Hezbollah, un parti politique chiite qui dispose d’une branche militaire puissante et bien équipée.

Ce soutien se traduit de plusieurs manières :

  • Un financement massif : L’Iran injecte chaque année des centaines de millions de dollars dans les infrastructures du Hezbollah, allant du soutien militaire aux programmes sociaux destinés aux chiites libanais.
  • Un approvisionnement militaire : Téhéran envoie régulièrement des armes et des technologies de pointe au Hezbollah, via la Syrie, renforçant ainsi sa capacité de dissuasion face à Israël.
  • Un appui diplomatique et stratégique : L’Iran utilise le Hezbollah comme un levier dans ses négociations avec les puissances occidentales, notamment dans le cadre du programme nucléaire iranien.

Le Hezbollah, en retour, agit comme le bras armé de la stratégie régionale iranienne. Il s’est impliqué dans plusieurs conflits, notamment en Syrie où il a joué un rôle crucial dans le maintien du régime de Bachar al-Assad. Ce positionnement lui vaut une loyauté indéfectible de la part de l’Iran, mais aussi une hostilité croissante de ses adversaires libanais et régionaux.

L’Arabie saoudite et le soutien aux factions sunnites : un contrepoids à l’influence iranienne

Face à cette emprise iranienne, l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, ont intensifié leur soutien aux factions sunnites et aux personnalités politiques libanaises opposées au Hezbollah.

  • Un appui aux partis politiques sunnites : Riyad a longtemps soutenu le Courant du Futur de Saad Hariri, principal représentant de la communauté sunnite au Liban. Cependant, avec le retrait progressif de Hariri de la scène politique, l’Arabie saoudite cherche de nouvelles figures capables de s’opposer au Hezbollah.
  • Un financement indirect des groupes armés : Bien que moins documenté que le soutien iranien au Hezbollah, certains groupes sunnites extrémistes du Nord du Liban auraient bénéficié de financements venant de réseaux liés au Golfe.
  • Un rôle économique et diplomatique : L’Arabie saoudite exerce une pression économique sur le Liban en limitant ses investissements et en réduisant l’emploi des travailleurs libanais dans le Golfe, une carte stratégique qui vise à affaiblir le pays et, indirectement, le Hezbollah.

Cependant, le poids de l’Arabie saoudite au Liban s’est affaibli ces dernières années, notamment après l’échec de plusieurs initiatives politiques visant à restructurer le leadership sunnite. Cela a conduit Riyad à adopter une posture plus défensive, en limitant son implication directe, tout en soutenant de loin certains leaders sunnites et forces d’opposition au Hezbollah.

Israël et la menace constante d’un affrontement militaire

Israël considère le Hezbollah comme son principal ennemi à sa frontière nord. Depuis la guerre de 2006 entre l’État hébreu et le parti chiite libanais, la situation est restée tendue, marquée par des affrontements sporadiques et des raids israéliens sur des positions du Hezbollah en Syrie et au Liban.

Ces derniers mois, plusieurs facteurs ont contribué à une montée des tensions :

  • Des frappes israéliennes régulières : Tsahal mène des opérations ciblées contre des dépôts d’armes du Hezbollah, notamment dans la Bekaa et le Sud-Liban. Ces actions visent à empêcher le groupe de renforcer ses capacités militaires.
  • L’extension des capacités du Hezbollah : Selon plusieurs rapports, le Hezbollah a développé des missiles de précision, capables d’atteindre des cibles stratégiques en Israël. Ce développement suscite une vive inquiétude à Tel-Aviv.
  • Des incidents frontaliers : Des échanges de tirs sporadiques ont eu lieu entre les forces israéliennes et les combattants du Hezbollah, notamment dans la zone contestée des Fermes de Chebaa.

Israël adopte une double stratégie : d’une part, il maintient une pression militaire constante pour affaiblir le Hezbollah, et d’autre part, il travaille en coordination avec certaines puissances occidentales pour contenir l’influence iranienne au Liban.

L’Europe et les États-Unis : des acteurs en retrait mais vigilants

Les puissances occidentales, bien que préoccupées par la situation libanaise, jouent un rôle plus indirect. Les États-Unis et l’Union européenne privilégient une approche diplomatique et économique :

  • Un soutien à l’armée libanaise : Washington et Paris fournissent une aide militaire et financière aux Forces armées libanaises (FAL) afin de les renforcer face aux menaces internes et externes.
  • Une pression économique : Les sanctions américaines contre le Hezbollah et ses réseaux financiers visent à réduire son influence.
  • Un rôle diplomatique : La France, en particulier, tente régulièrement de médiatiser des initiatives politiques pour débloquer les crises gouvernementales.

Toutefois, ces efforts restent limités face à la dynamique régionale et aux rivalités locales.

Un équilibre fragile, mais explosif

Le Liban est aujourd’hui pris en étau entre ces puissances, et chaque mouvement sur l’échiquier international se répercute directement sur la situation intérieure du pays. L’absence de consensus entre les forces libanaises et l’instrumentalisation des tensions par des acteurs extérieurs empêchent toute issue stable.

La polarisation extrême entre les blocs pro-Hezbollah et anti-Hezbollah paralyse la gouvernance et maintient le pays dans un état de crise permanente. Cette guerre par procuration, si elle continue de s’intensifier, pourrait mener à une implosion totale de l’État libanais, voire à un conflit régional plus large impliquant Israël, l’Iran et d’autres puissances.

La seule alternative viable serait une médiation internationale efficace, capable d’imposer un cadre de dialogue entre les différents acteurs libanais et d’exiger des puissances étrangères qu’elles cessent d’exploiter le Liban comme un champ de bataille. Mais en l’état actuel des choses, le pays reste condamné à subir les conséquences des rivalités entre puissances régionales et internationales.

Le rôle des forces de sécurité : impuissance ou dernier rempart ?

L’armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure (FSI), garantes de l’ordre public, se retrouvent dans une situation critique où elles doivent faire face à une montée de l’instabilité tout en luttant pour leur propre survie. Si elles demeurent l’un des derniers remparts contre une implosion totale du pays, la précarité économique, l’épuisement des ressources et les ingérences politiques rendent leur mission de plus en plus difficile. La question se pose aujourd’hui avec insistance : l’armée libanaise et les forces de sécurité pourront-elles encore maintenir l’ordre ou risquent-elles de perdre leur autorité au profit des milices et factions armées ?

Un rôle central dans la stabilité du pays

Historiquement, l’armée libanaise a joué un rôle crucial dans la préservation de l’unité nationale. Composée de soldats de toutes confessions, elle a longtemps été perçue comme l’une des rares institutions à ne pas être éclatée par le système confessionnel libanais. Contrairement aux factions politiques qui se livrent une lutte permanente pour le pouvoir, l’armée a maintenu une certaine neutralité, tentant de se positionner en arbitre des conflits internes. Dans les moments de crises majeures – que ce soit durant la guerre civile (1975-1990), la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël, ou les manifestations populaires de 2019 – l’armée a toujours été en première ligne pour tenter d’éviter que le pays ne sombre dans le chaos. Cependant, son autorité est aujourd’hui sérieusement mise à l’épreuve. La crise économique qui ravage le Liban depuis 2019 n’a pas seulement frappé la population civile ; elle a également sapé les fondements financiers et logistiques de l’institution militaire, affaiblissant ses capacités opérationnelles et sa cohésion interne.

Une armée sous-financée et en crise

Depuis son élection à la présidence de la République, Joseph Aoun, ancien commandant en chef de l’armée libanaise, tente de maintenir la cohésion des forces de sécurité dans un contexte de crise généralisée. Cependant, malgré son engagement à renforcer les institutions étatiques, l’armée et les FSI continuent de faire face à des défis financiers sans précédent : Salaires dérisoires : Avec la dévaluation de la livre libanaise, les salaires des soldats et policiers ont perdu près de 95 % de leur valeur. Certains officiers perçoivent aujourd’hui l’équivalent de 50 dollars par mois, un montant insuffisant pour subvenir aux besoins de base. Désertions et démoralisation : Face à la précarité croissante, de nombreux soldats désertent ou quittent l’institution pour chercher des opportunités à l’étranger ou rejoindre des groupes mieux rémunérés, y compris des factions armées locales. Pénurie de matériel et de munitions : L’armée manque cruellement de moyens pour entretenir ses véhicules, payer le carburant nécessaire à ses patrouilles et financer ses opérations. La dépendance à l’égard de l’aide étrangère est devenue vitale. Réduction des entraînements et des effectifs opérationnels : Faute de budget, de nombreuses unités ne s’entraînent plus et certaines bases militaires fonctionnent avec un personnel réduit au strict minimum. L’aide internationale, notamment des États-Unis, de la France et de l’ONU, permet encore à l’armée de maintenir un semblant de fonctionnement, mais elle reste insuffisante face à l’ampleur de la crise.

L’emprise croissante des milices et des factions armées

L’affaiblissement de l’État libanais et de ses forces de sécurité a laissé un vide que plusieurs groupes armés s’empressent de combler. Dans de nombreuses régions, l’autorité de l’armée est de plus en plus contestée par des milices communautaires qui imposent leurs propres lois. Le Hezbollah : Disposant d’un financement et d’un armement bien supérieurs à ceux de l’armée, le Hezbollah continue d’étendre son influence, notamment dans le Sud et la banlieue sud de Beyrouth. Le parti chiite bénéficie d’une structure militarisée qui fonctionne indépendamment de l’État et qui, dans certains cas, supplante l’armée en matière de sécurité et de gestion des conflits locaux. Les factions sunnites : Dans le Nord, en particulier à Tripoli, certains groupes sunnites radicaux profitent du vide sécuritaire pour renforcer leur emprise, créant des zones de non-droit où les forces de l’État ne peuvent plus intervenir sans déclencher des affrontements. Les milices chrétiennes : Face à l’emprise du Hezbollah, certaines factions chrétiennes, notamment celles liées aux Forces libanaises, ont commencé à organiser des groupes d’autodéfense dans certaines régions. Ces mouvements rappellent dangereusement la montée des milices durant la guerre civile. Les seigneurs de guerre locaux: Dans la Békaa et dans certaines zones rurales, des groupes autonomes contrôlent le trafic de drogue et perçoivent des « taxes » sur les habitants en échange de protection. Cette fragmentation du pouvoir sécuritaire affaiblit encore davantage l’autorité de l’armée et compromet sa capacité à assurer la stabilité du pays.

Une intervention étrangère nécessaire pour sauver l’armée ?

Face à cette situation, plusieurs États, notamment la France et les États-Unis, tentent de venir en aide à l’armée libanaise. Les États-Unis sont le principal fournisseur d’équipement militaire de l’armée libanaise. Washington a récemment augmenté son aide pour compenser la crise financière, notamment en livrant des rations alimentaires et des subventions directes aux soldats. La France, historiquement proche de l’armée libanaise, a plaidé pour un plan d’aide d’urgence et a livré du matériel militaire pour maintenir les capacités opérationnelles des forces de sécurité. Les Nations unies, via la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), continuent de coopérer avec l’armée pour stabiliser le Sud du pays. Cependant, ces aides restent limitées et ne suffisent pas à garantir un redressement durable. La survie de l’armée libanaise dépendra de sa capacité à obtenir un soutien financier plus conséquent et à restaurer son autorité face aux groupes armés.

Vers un effondrement total de l’ordre sécuritaire ?

Si la situation actuelle perdure, l’armée libanaise risque de perdre définitivement sa capacité d’action. La montée en puissance des milices et la paupérisation des forces de sécurité pourraient mener à plusieurs scénarios préoccupants : Un éclatement de l’armée : Une désertion massive des soldats pourrait provoquer un morcellement de l’armée, chaque faction rejoignant des milices confessionnelles ou se mettant au service de seigneurs de guerre locaux. Un contrôle accru du Hezbollah : Si l’armée venait à s’effondrer, le Hezbollah deviendrait la seule force militaire réellement structurée au Liban, ce qui renforcerait son autonomie et lui permettrait d’étendre son influence sur l’ensemble du pays. Une internationalisation du conflit : L’incapacité de l’armée à maintenir l’ordre pourrait conduire à une intervention accrue des puissances étrangères, soit par un soutien accru à certaines factions internes, soit par une présence militaire renforcée au sein de la FINUL.

Le président Joseph Aoun, conscient de ces risques, tente d’éviter un effondrement sécuritaire total en mobilisant l’aide internationale et en essayant de restaurer un minimum de confiance entre les différentes forces en présence. Cependant, sans un véritable plan de redressement économique et sans un soutien plus massif à l’armée, la situation pourrait rapidement devenir ingérable.

La fracture sociale : une poudrière à retardement

Outre les tensions confessionnelles, le Liban fait face à une fracture sociale de plus en plus marquée. L’effondrement de la livre libanaise, la flambée des prix des denrées alimentaires et la pénurie de médicaments ont rendu la vie insupportable pour une majorité de la population.

Les inégalités entre les différentes classes sociales s’accentuent, avec une élite qui continue de prospérer tandis que les classes moyennes et populaires sombrent dans la précarité. Cette situation alimente un ressentiment profond qui pourrait se transformer en révolte généralisée si aucune solution n’est apportée rapidement.

Quelle issue possible face au risque de guerre civile ?

Si le spectre de la guerre civile plane sur le Liban, certaines initiatives tentent de limiter l’escalade. Plusieurs figures politiques et religieuses appellent à un dialogue national pour désamorcer les tensions, bien que ces appels restent souvent lettre morte en raison des divisions profondes entre les factions.

Certains analystes estiment que seule une refonte complète du système politique, avec une transition vers un modèle non confessionnel, pourrait permettre d’éviter un effondrement total du pays. Cependant, une telle réforme nécessiterait un consensus national difficile à atteindre dans le climat actuel.

D’autres misent sur l’intervention de la communauté internationale, notamment à travers des aides financières conditionnées à des réformes politiques et économiques. Mais là encore, les divisions internes et les jeux d’influence régionaux compliquent la mise en place de solutions concrètes.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi