Le Liban fait face à une fuite massive des capitaux et à un effondrement des investissements, exacerbant une crise économique déjà profonde depuis 2019. En 2024, près de 3,2 milliards de dollars d’investissements ont été retirés du pays, selon des estimations économiques, reflétant une perte de confiance des investisseurs internationaux et locaux. Des projets majeurs, comme l’ouverture d’un hypermarché Carrefour à Beyrouth par Majid Al Futtaim Group, ont été suspendus, tandis que le Qatar Investment Authority (QIA) a reporté ses projets immobiliers en raison de l’incertitude économique. Cette tendance, combinée à un durcissement des restrictions bancaires – avec des limites sur les retraits en devises et des frais allant jusqu’à 15 % sur les transactions en dollars imposés par des banques comme Blom Bank, Byblos Bank et Bank Audi – a vu environ 3,2 milliards de dollars quitter le pays en 2024, aggravant la crise de liquidités. Des figures influentes comme Najib Mikati et Bahaa Hariri déplacent leurs investissements vers la Turquie et l’Europe, tandis que la confiance des investisseurs est au plus bas. Ces dynamiques soulignent les défis structurels du Liban, entre un système bancaire en faillite, une gouvernance paralysée et une absence de réformes, menaçant la survie de l’économie nationale.
Contexte de la crise : un secteur bancaire en ruines
L’effondrement économique de 2019, marqué par l’insolvabilité des banques libanaises, a été un tournant pour les investissements et les capitaux au Liban. Avant cette crise, le secteur bancaire gérait des dépôts massifs dépassant 170 milliards de dollars – soit trois fois le PIB – attirés par des taux d’intérêt élevés, soutenant un système basé sur une dette publique de 90 milliards de dollars et des investissements spéculatifs. Cependant, lorsque la confiance s’est évaporée, 70 % des actifs bancaires se sont révélés être des créances insatisfaisables sur la Banque du Liban (BDL) ou l’État, rendant les institutions financières insolvables. Les restrictions comme la Circular 158, imposée par l’Association des Banques du Liban (ABL), ont limité les retraits à 400 dollars par mois, gelant des milliards de dollars de dépôts et alimentant une méfiance généralisée.
Cette crise a conduit à une dévaluation massive de la livre libanaise, qui a perdu plus de 90 % de sa valeur sur le marché parallèle depuis 2019, et à une inflation galopante, rendant les investissements risqués et les retraits en devises presque impossibles. Les web results, comme ceux de Reuters (2019) et du département d’État américain (2025), soulignent que les investisseurs étrangers, confrontés à un vide présidentiel depuis octobre 2022, des grèves judiciaires intermittentes (2022-2024), et une paralysie politique, hésitent à s’engager au Liban, tandis que les restrictions bancaires durcissent la fuite des capitaux.
Fuite des capitaux : 3,2 milliards de dollars retirés en 2024
En 2024, près de 3,2 milliards de dollars d’investissements et de capitaux ont quitté le Liban, selon des estimations économiques, reflétant une perte de confiance sans précédent. Cette fuite inclut des retraits directs par des investisseurs locaux et internationaux, ainsi que des transferts de fonds par des hommes d’affaires influents comme Najib Mikati et Bahaa Hariri, qui déplacent leurs actifs vers des marchés plus stables, comme la Turquie et l’Europe. Les web results, comme ceux de Forbes Middle East (2024), montrent que des figures comme Taha Mikati, Bahaa Hariri, Ayman Hariri et Fahed Hariri – issus de familles influentes – détiennent des milliards en investissements à l’international, notamment via des holdings comme M1 Group ou Horizon Group, suggérant une diversification stratégique face à l’incertitude libanaise.
Cette fuite est alimentée par plusieurs facteurs. Premièrement, la crise bancaire a gelé les dépôts, rendant les investissements locaux risqués, avec des restrictions sur les retraits en devises et des frais allant jusqu’à 15 % sur les transactions en dollars imposés par des banques comme Blom Bank, Byblos Bank et Bank Audi. Ces mesures, décrites comme nécessaires par l’ABL pour protéger le système, mais perçues comme punitives par les investisseurs, découragent les dépôts et encouragent les retraits ou les transferts à l’étranger. Deuxièmement, l’absence de réformes structurelles, exigées par le FMI – comme une unification des taux de change, un audit transparent des comptes bancaires, et une recapitalisation de la BDL – maintient une incertitude économique, dissuadant les investisseurs. Troisièmement, la dévaluation de la livre et l’inflation rendent les rendements locaux peu attractifs, poussant les capitaux vers des marchés comme la Turquie, où la stabilité relative et les opportunités immobilières attirent les Libanais.
Effondrement des investissements : des projets suspendus et reportés
La confiance des investisseurs internationaux est au plus bas, comme en témoigne la suspension par Majid Al Futtaim Group de son projet d’ouverture d’un hypermarché Carrefour à Beyrouth, un investissement majeur qui aurait stimulé l’emploi et la consommation dans un secteur de la distribution en difficulté. De même, le Qatar Investment Authority (QIA), un acteur clé dans les projets immobiliers au Liban, a reporté ses initiatives en raison de l’incertitude économique, selon des rapports d’IntelliNews et d’Al Jazeera. Ces décisions reflètent une perception de risque élevé, alimentée par la crise bancaire, une gouvernance paralysée – avec un vide présidentiel depuis octobre 2022 – et des grèves judiciaires intermittentes (2022-2024), qui entravent les transactions immobilières, comme mentionné dans les Investment Climate Statements du département d’État américain (2025).
Les investisseurs locaux, y compris des entrepreneurs et des PME, sont également affectés. Avec une économie informelle représentant 50-60 % du PIB, selon le PNUD, et un accès au crédit quasi inexistant – les banques ayant gelé 70 % de leurs actifs en créances insatisfaisables – les petites entreprises peinent à survivre, tandis que les grands investisseurs comme Najib Mikati et Bahaa Hariri diversifient leurs portefeuilles à l’international. Les web results sur les « Billionaire Club » de Forbes Middle East (2024) montrent que des familles comme les Mikati et Hariri, avec des fortunes estimées à des milliards (Taha Mikati : 2,8 milliards USD, Bahaa Hariri : 2,1 milliards USD), investissent dans des actifs à New York, Londres, Monaco, ou Istanbul, fuyant un Liban où les rendements sont incertains et les risques élevés.
Durcissement des restrictions bancaires : un cercle vicieux
Les restrictions bancaires, imposées par l’ABL et appliquées par des institutions comme Blom Bank, Byblos Bank et Bank Audi, exacerbent la fuite des capitaux. Ces banques imposent des frais allant jusqu’à 15 % sur les transactions en dollars, une mesure visant à limiter les sorties de devises et à protéger des réserves en chute libre, mais qui décourage les investisseurs et les déposants. La Circular 158, limitant les retraits à 400 dollars par mois, a transformé les comptes en devises en actifs illiquides, poussant les détenteurs de capitaux à chercher des solutions à l’étranger, comme des bureaux de change ou des transferts informels.
Ce durcissement, combiné à une dévaluation de la livre et à une absence de confiance, a conduit à une sortie nette de 3,2 milliards de dollars en 2024, selon les estimations, aggravant une crise de liquidités déjà critique. Les web results, comme ceux d’Al Jazeera (2020), montrent que les restrictions sur les retraits en dollars – initialement limités à 400 dollars par mois – ont été jugées « illégales mais nécessaires » par les banquiers pour protéger le système, mais elles ont alimenté une méfiance généralisée, incitant les investisseurs à fuir. Les hommes d’affaires comme Najib Mikati, ancien Premier ministre et figure influente, et Bahaa Hariri, investisseur via Horizon Group, ont déplacé leurs actifs vers des marchés comme la Turquie – où les opportunités immobilières et économiques sont perçues comme plus stables – et l’Europe, réduisant encore les entrées de capitaux au Liban.
Conséquences pour l’économie libanaise : un cercle vicieux
La fuite des capitaux et l’effondrement des investissements menacent de plonger le Liban dans une récession encore plus profonde. Les 3,2 milliards de dollars retirés en 2024 représentent une perte significative pour une économie où le PIB a chuté de 40 % depuis 2019, selon la Banque mondiale, et où les réserves en devises sont quasi inexistantes. Cette sortie réduit les liquidités disponibles pour les importations – carburants, médicaments, produits alimentaires – exacerbant les pénuries et l’inflation, qui dépasse 200 % par an sur le marché parallèle.
Les PME, qui représentent 90 % des entreprises et emploient une majorité de la population active, selon le PNUD, sont particulièrement touchées. Sans accès au crédit – les banques ayant gelé leurs actifs – et avec une baisse des investissements étrangers, ces entreprises ferment à un rythme alarmant, augmentant le chômage, déjà à des niveaux records (plus de 30 %, selon la Banque mondiale en 2023), et poussant la pauvreté à plus de 80 % de la population. Les projets suspendus, comme celui de Majid Al Futtaim, privent le Liban de milliers d’emplois et de croissance dans le secteur de la distribution, tandis que les reports du QIA limitent les développements immobiliers, un secteur clé pour l’économie informelle.
Sur le plan macroéconomique, cette fuite renforce la dépendance envers une économie cash-based, avec des bureaux de change prenant le relais des banques défaillantes. Cependant, cela ne compense pas la perte d’investissements structurés, nécessaires pour relancer les infrastructures, l’électricité (produite à moins de 4 heures par jour par Électricité du Liban, selon le département d’État américain, 2025), et les services publics, en faillite depuis des années.
Perspectives et défis : restaurer la confiance pour attirer les capitaux
Restaurer la confiance des investisseurs et stopper la fuite des capitaux exige des réformes structurelles profondes, que le FMI et les créanciers internationaux conditionnent à leur aide. Ces réformes incluent une unification des taux de change, une recapitalisation de la BDL, un audit transparent des comptes bancaires, et une levée des restrictions comme la Circular 158. Le département d’État américain (2025) note que, malgré des efforts pour identifier les propriétaires de terrains et enregistrer les titres fonciers, les grèves judiciaires (2022-2024) et l’absence d’un président depuis octobre 2022 paralysent les investissements, nécessitant une stabilité politique et juridique.
L’ABL, qui défend les intérêts des banques, propose des mesures comme un « bail-in » massif, une recapitalisation publique, et des fusions, mais ces initiatives sont perçues comme favorisant les banquiers, renforçant la méfiance des investisseurs. Les Forces libanaises, pro-banques, soutiennent ces mesures, mais leur impact reste limité face à l’absence de réformes globales. Le Hezbollah et Amal, avec des bases populaires dépendant des investissements locaux, pourraient pousser pour des solutions plus inclusives, mais leurs alliances politiques compliquent une position unifiée.
Sur le plan international, des partenariats avec des investisseurs comme Majid Al Futtaim ou QIA pourraient être relancés si le Liban adopte une gouvernance transparente et une stabilité économique. Les ressources en gaz et pétrole, potentiellement exploitables dans la ZEE libanaise, pourraient attirer des capitaux, mais les différends avec Israël, les retards dans les explorations par TotalEnergies, ENI et QatarEnergy, et les contraintes techniques limitent leur impact à court terme. Les hommes d’affaires comme Najib Mikati et Bahaa Hariri, avec leurs réseaux internationaux, pourraient jouer un rôle, mais leur réengagement dépend de la résolution de l’incertitude économique.
À long terme, le Liban doit diversifier son économie, réduire sa dépendance aux investissements immobiliers et aux transferts de la diaspora, et investir dans les secteurs productifs comme l’agriculture et les technologies. Sans ces réformes, la fuite des capitaux et l’effondrement des investissements risquent de se prolonger, transformant le Liban en un marché à haut risque, évité par les investisseurs locaux et internationaux.
Implications politiques et sociales : une crise multidimensionnelle
La fuite des capitaux et l’effondrement des investissements ont des implications politiques et sociales profondes. Les protestations à Beyrouth depuis 2019, qui dénoncent les banques, l’ABL, et l’État pour leur gestion de la crise, pourraient s’intensifier, menaçant la stabilité déjà fragile. Les blocs politiques, comme les Forces libanaises, le Hezbollah et Amal, doivent naviguer entre leurs alliances avec les intérêts bancaires et les besoins de leurs bases populaires, dépendantes des investissements pour l’emploi et la croissance.
Sur le plan international, le Liban risque un isolement accru si la fuite des capitaux se prolonge, réduisant les entrées de devises et limitant les négociations avec le FMI. Les restrictions bancaires, bien qu’intendues pour protéger le système, alimentent une perception de « vol institutionnalisé », repoussant les investisseurs et exacerbant les tensions avec les créanciers. Sans une action urgente, cette dynamique pourrait transformer une crise économique en une crise humanitaire, avec des conséquences sociales et politiques majeures.



