dimanche, février 22, 2026

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Liban : l’archimandrite Anania Kojanian assassiné, une enquête en cours

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L’assassinat de l’archimandrite arménien Anania Kojanian, retrouvé mort à son domicile de Bsalim le 1er février 2025, suscite une vague d’indignation et met en lumière l’insécurité grandissante au Liban. Alors que l’enquête suit son cours, les autorités cherchent à identifier les auteurs de ce crime odieux.

Un assassinat brutal dans un contexte de tension sécuritaire

L’archimandrite Anania Kojanian, âgé de 40 ans, était une figure respectée de la communauté arménienne orthodoxe au Liban. Chargé des affaires religieuses à Zahlé et Anjar, il était connu pour son engagement et son travail auprès de ses fidèles. Sa mort a provoqué un choc profond, non seulement au sein de la communauté arménienne, mais aussi dans l’ensemble du pays.

Son corps a été découvert dans son domicile de Bsalim, situé dans le Metn, après que ses proches, inquiets de son silence inhabituel, ont alerté les autorités. Les premiers éléments de l’enquête révèlent des traces de violence, laissant supposer une agression volontaire.

Un crime aux mobiles encore flous

Si certains éléments laissent penser à un cambriolage ayant mal tourné, l’absence d’informations précises sur ce qui a été volé sème le doute sur le véritable mobile de l’assassinat. Sa voiture aurait disparu, ce qui pourrait suggérer un vol avec agression. Cependant, d’autres hypothèses sont à l’étude, notamment un acte prémédité impliquant des individus connaissant la victime.

Des voisins auraient rapporté un va-et-vient inhabituel la veille du drame, et des travaux étaient en cours dans la maison du prêtre. Ces indices alimentent les spéculations quant à l’identité des agresseurs et la manière dont ils ont pu accéder au domicile de l’archimandrite.

Une insécurité galopante et des crimes en série

Cet assassinat s’ajoute à une série de meurtres récents au Liban, exacerbant le sentiment d’insécurité parmi la population. Le 27 janvier dernier, le propriétaire d’une station-service à Mazraat Yachouh avait été retrouvé assassiné dans des circonstances similaires, et plusieurs de ses employés avaient été interpellés comme principaux suspects. Quelques jours plus tôt, un concessionnaire automobile avait également été tué à Dbayé.

Ces crimes, souvent liés à des actes de vol et d’agression, montrent une recrudescence de la violence et un manque de fermeté des autorités. La députée Paula Yacoubian a d’ailleurs dénoncé « un chaos sécuritaire grandissant », estimant que le Liban est devenu « un pays où le crime circule librement, sans dissuasion et dans l’impunité totale ».

Réactions politiques et mobilisation des autorités

Face à l’émoi provoqué par cette affaire, le Premier ministre sortant, Najib Mikati, a contacté le catholicos de l’Église arménienne orthodoxe, Aram I Keshishian, pour lui présenter ses condoléances. Il a également demandé aux services de sécurité d’accélérer l’enquête et d’arrêter les coupables dans les plus brefs délais.

Pour la communauté arménienne, cet acte est une attaque directe contre l’un de ses représentants les plus éminents. Des rassemblements en hommage à l’archimandrite ont eu lieu à Beyrouth et à Zahlé, où de nombreux fidèles ont exprimé leur colère et leur tristesse.

Des rumeurs dangereuses et un appel à la prudence

Certaines sources ont avancé que des ressortissants syriens pourraient être impliqués dans ce meurtre, une affirmation non confirmée par les autorités libanaises. Aucune preuve ne permet pour l’instant d’établir un lien entre la nationalité des suspects et l’assassinat du prêtre.

Lancer de telles accusations sans fondement risque d’attiser des tensions communautaires déjà vives au Liban, où la question des réfugiés syriens est un sujet particulièrement sensible. Les responsables politiques et religieux appellent ainsi à la prudence et insistent sur la nécessité d’attendre les résultats de l’enquête avant de tirer toute conclusion.

Un test pour l’État libanais

Ce drame met une fois de plus l’accent sur l’incapacité des autorités libanaises à assurer la sécurité des citoyens face à la montée des crimes violents. L’impunité des criminels et la lenteur des enquêtes sapent la confiance de la population envers les institutions.

L’assassinat de l’archimandrite Anania Kojanian représente donc un défi majeur pour l’État libanais. Sa résolution rapide et transparente pourrait non seulement rendre justice à la victime, mais aussi redonner un semblant de crédibilité aux forces de sécurité. À défaut, ce meurtre viendra allonger une liste déjà trop longue d’actes criminels non élucidés, renforçant un sentiment d’abandon et de vulnérabilité au sein de la population.

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Newsdesk Libnanews
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