Le président de la République, l’émir Joseph Aoun, s’est rendu ce matin du 10 mars au ministère de la Défense nationale et au commandement de l’armée à Yarzé. Il y a rencontré le ministre de la Défense, le général Michel Menassa, avant de présider une réunion élargie avec le commandement suprême de l’institution militaire. Cette visite intervient au cœur d’une crise sécuritaire majeure au sud du Liban, où les opérations militaires israéliennes ont déjà causé 486 morts, dont trois soldats de l’armée libanaise tués le 8 mars lors des affrontements à Nabi Chit. Elle vise également à signifier le soutien du chef de l’état au commandant de l’Armée Libanaise, le général Haikal alors que des rumeurs évoquent une demande américaine quant à la possible révocation. Ces rumeurs ont été démenties côté libanais.
Le chef de l’État a d’abord été reçu par le ministre de la Défense, le général Michel Menassa, dans son bureau au ministère. Les deux responsables ont passé en revue la situation générale du pays et les derniers développements sécuritaires. Ils ont notamment évoqué les conditions des unités déployées le long de la frontière sud et les défis logistiques imposés par l’escalade des frappes.
Le président Joseph Aoun s’est ensuite rendu au siège du commandement de l’armée, où il a été accueilli par le commandant en chef, le général Rodolphe Haykal. Étaient présents le chef d’état-major général, le général Hassan Awada, le directeur du renseignement militaire, le général Antoine Qahwaji, et le directeur du bureau du commandant, le général Mansour Zghib. Le président a écouté un exposé détaillé sur la situation sécuritaire nationale et sur les conditions des militaires déployés dans le sud. Il a également été informé des difficultés familiales rencontrées par les soldats, en particulier ceux qui ont dû quitter leurs domiciles suite aux agressions israéliennes et se sont réfugiés dans différentes régions du pays.
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Lors de cette réunion, le président Joseph Aoun a déclaré que « l’armée libanaise est une institution nationale qui sert l’intérêt du Liban et des Libanais, et non l’intérêt de quiconque, ni des partis, ni des communautés, mais uniquement l’intérêt de la patrie ». Il a ajouté que « les campagnes injustifiées dont ont fait l’objet l’armée et son commandant n’auront aucun effet sur les performances de l’armée, tant au niveau du commandement que des militaires ». Le chef de l’État a conclu en affirmant : « Que ceux qui se trouvent derrière ces campagnes se rassurent, leur panier sera vide ».
Une visite axée sur la situation des unités déployées au sud
Le commandement de l’armée a présenté au président un tableau précis des positions tenues par les troupes dans le sud du Liban. Les soldats y assurent la sécurisation des axes d’évacuation et la protection des convois de civils fuyant les zones de combats. À Alma al-Shaab, dans le district de Tyr, une unité de la Finul italienne a pris position ce matin même sur la place de l’église pour escorter les habitants vers le nord. L’armée libanaise coordonne ces mouvements avec les casques bleus afin d’éviter les zones exposées aux survols de drones.
Le président a été particulièrement attentif aux conditions des familles des militaires. De nombreux soldats originaires du sud ont dû abandonner leurs maisons après les raids aériens et les tirs d’artillerie. Ces familles font partie des 517 000 personnes déplacées depuis le début de l’escalade le 2 mars. Le ministère des Affaires sociales recense 117 228 déplacés hébergés dans des centres collectifs, le reste étant accueilli par des proches ou dans des écoles réquisitionnées. Parmi eux figurent des centaines de foyers de militaires dont les logements ont été endommagés ou détruits.
Le bilan humain continue de s’alourdir dans le sud
Depuis le 2 mars, le ministère de la Santé publique a enregistré 486 morts, dont 83 enfants et 42 femmes. Neuf secouristes ont péri dans l’exercice de leurs fonctions. Le nombre de blessés atteint 1 313 personnes, parmi lesquelles 274 femmes et 254 enfants. Le 8 mars, la localité de Nabi Chit dans la Békaa orientale a connu une journée particulièrement meurtrière : 41 personnes y ont perdu la vie, dont trois soldats de l’armée libanaise et un membre des forces de sécurité intérieure. Quarante autres individus ont été blessés lors des affrontements au sol.



