Liban: MEA sur les rangs pour un rachat de Cyprus Airways

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La compagnie nationale libanaise, MEA, est désormais officiellement sur les rangs pour un rachat des 69,62% de son homologue Chypriote Cyprus Airways, au bord de la faillite.

On savait déjà depuis le 11 avril qu’un repreneur libanais était en contact avec les autorités chypriotes et notamment le ministère des finances et le ministère des transports, on ignorait cependant qu’il s’agissait de la MEA indirectement à l’état libanais via la Banque Centrale. Pour le moment, les sources proches du dossier citent également un possible repreneur chinois.

Pour rappel, fondée en 1947, la compagnie Chypriote est actuellement dans une passe difficile avec des subventions accordées par le gouvernement local en vue d’assurer l’acheminement des touristes jusqu’en été, ce secteur d’activité étant critique pour l’économie de l’île d’Aphrodite. Elle aurait déjà pré-vendu plus de 400 000 places. Elle emploie actuellement plus de 1220 personnes et une flotte actuellement composée de 11 avions de type Airbus, pour 29 destinations dont Beyrouth et Tel Aviv. Un plan de restructuration a déjà été présenté par les dirigeants de la compagnie aérienne, il s’agira de réduire le nombre d’avions à 6 et le personnel à 440 personnes. Une enquête européenne est également actuellement en cours concernant les aides publiques accordées par l’état chypriote à la compagnie aérienne notamment sous forme d’augmentation de capital de 104 millions d’Euro et d’un prêt de 73 millions d’Euro, aides visant à éponger les pertes qui se sont montées à 55,8 millions d’Euro en 2012 et 23,9 millions d’Euro en 2011.

Coté libanais, la MEA est née d’une fusion en 1963 entre la Middle East Airlines et Air Liban. Elle a intégré l’alliance Skyteam en 2012. La compagnie aérienne opère actuellement 18 avions sur 31 lignes aériennes auxquels s’ajoutent 10 commandes fermes d’aéronefs de la famille de l’A32X neo et 8 commandes en option. Il est attendu par les analystes que la MEA poste un profit de 1,4 milliards de dollars contre 900 millions en 2012 et cela en dépit de la chute du nombre de touristes au Liban en raison notamment de la crise syrienne.

Certaines sources proches du dossier expliquent que l’intérêt du rachat de Cyprus Airways par la MEA se situe notamment dans l’expertise libanaise, citant notamment la restructuration de la compagnie aérienne en 1998 et notamment la révision du réseau, la rationalisation de la politique d’achats, la réduction des coûts, et ses systèmes de gestion de la rentabilité, ainsi que sa expérience de gestion d’un environnement difficile.

Des interrogations demeurent cependant tant au niveau politique – est-ce que la MEA pourra se prévaloir d’une filiale opérant une ligne avec Tel Aviv alors que le Liban reste techniquement en Guerre contre Israël depuis 1948 et dans le cas de l’abandon de cette liaison, quelle en sera le prix? – que financiers – s’agit-il d’une reprise pure et simple de la compagnie chypriote et sur quelles bases, achat total ou simplement des actions détenus par l’état chypriote, ou du rachat des avions dont elle souhaite se séparer et certaines lignes dont elle doit se désister? -.  s’agit-il d’un projet de diversification des risques et des revenus de la MEA et finalement est-ce que ce projet aura un impact sur la masse salariale de la compagnie libanaise et/ou sur l’état de ses finances alors que l’environnement géopolitique actuel risque de ne plus lui être favorable en raison du ralentissement économique au Liban même et de l’impact de la crise syrienne?

Pour mémoire: Chypre et le Liban, un destin croisé?

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