Après les déluges de la guerre et son enfer, marteler qu’il est victorieux ne dispensera pas le Hezbollah de devoir répondre à des questions que tous les Libanais sont en droit de poser :
pourquoi a-t-il déclenché la confrontation avec Israël le Ier mars 2026, pourquoi a-t-il imposé au Liban et aux chiites libanais le devoir de venger l’assassinat du guide suprême iranien.
Pourquoi a-t-il exposé le Liban, convalescent, à des destructions massives et provoqué le déplacement de centaines de milliers de chiites, des gens fiers, arrachés à leur terre et à leurs villages, des familles entières jetées sur les routes de l’exode, contraintes de se réfugier sur les trottoirs de Beyrouth et dans des camps de fortune.
Le Hezbollah devra expliquer comment peut-il à la fois se présenter comme la Résistance libanaise et dans un rapport d’allégeance inconditionnelle, se soumettre aux directives de la république islamique de la puissance perse.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Le Hezbollah devra justifier de la présence sur le sol libanais de dizaines de Pasdaran qui pilotaient ses opérations militaires sur le terrain.
Le Hezbollah devra un jour admettre que les roquettes lancées le 1er mars sur le nord d’Israël visaient à ouvrir un front régional afin d’alléger la pression qui s’abattait sur la république des mollahs en proie aux attaques israélo-américaines, sacrifiant au passage le Liban, le sud et sa population, les livrant durant des semaines aux expéditions punitives et aveugles, ravageuses, de l’État hébreu.
Le Hezbollah devra un jour répondre.
Mona Makki
Réalisatrice-Productrice
Émission Espace francophone



