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Liban-Sud : la Finul évacue des dizaines de civils, dont des enfants, des personnes âgées et des handicapés, sous les échanges de tirs

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Beyrouth, le 5 mars 2026. Au cœur d’une semaine marquée par des échanges de tirs intenses et l’ordre d’évacuation israélien total au sud du Litani, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a apporté un soutien concret à des dizaines de civils vulnérables. Selon le communiqué officiel diffusé par la mission onusienne, les casques bleus ont facilité le transport de ces populations – enfants, personnes âgées et personnes en situation de handicap – depuis plusieurs villages du Sud-Liban vers des zones plus sûres. Cette opération humanitaire, menée « au milieu des échanges de feu », illustre la persistance de la Finul sur le terrain, où elle maintient son mandat de protection des civils malgré l’escalade régionale qui a déjà fait 77 morts et 527 blessés au Liban depuis le lundi 2 mars.

L’action s’inscrit dans un contexte d’exode massif provoqué par l’injonction israélienne du 4 mars dernier. L’armée israélienne, via son porte-parole arabophone, avait exigé le départ immédiat de tous les habitants situés au sud du fleuve Litani, couvrant environ 832 kilomètres carrés et touchant des localités comme Tyr, Bint Jbeil, Nabatiyé et Marjeyoun. Face à cet ordre et aux raids aériens répétés, la Finul a activé ses mécanismes d’urgence pour évacuer les plus fragiles, confirmant ainsi son engagement à rester « sur le terrain et en mission » au Sud-Liban.

Une évacuation humanitaire réalisée sous le feu : les détails de l’opération

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Les casques bleus, forts de plus de 10 000 hommes déployés le long de la Ligne bleue, ont coordonné ces transferts dans plusieurs villages du secteur sud. Des convois sécurisés ont été organisés pour transporter des familles entières, priorisant les enfants, les seniors et les personnes à mobilité réduite. L’opération s’est déroulée « amidst exchanges of fire », selon les termes mêmes de la Finul, c’est-à-dire au milieu d’échanges de tirs qui opposent, depuis plusieurs jours, les positions israéliennes aux infrastructures liées au Hezbollah. Les casques bleus ont assuré la sécurité des itinéraires, souvent sous la menace de drones et d’artillerie, tout en maintenant un contact permanent avec les autorités libanaises et les parties au conflit.

Cette initiative n’est pas isolée. Elle prolonge le rôle traditionnel de la Finul, défini par la résolution 1701 du Conseil de sécurité adoptée en 2006, qui lui confie la protection des civils et la surveillance de la cessation des hostilités. Cette semaine, les observateurs onusiens ont documenté des dizaines de violations : survols israéliens intensifs, tirs transfrontaliers et incursions terrestres limitées. Malgré ces risques, les patrouilles ont continué, et les équipes logistiques ont priorisé l’assistance aux populations civiles prises au piège.

Le bilan humain s’alourdit : 77 morts et 527 blessés en cinq jours d’offensive

L’action de la Finul intervient alors que le ministère libanais de la Santé publique a publié, en début d’après-midi, son bilan actualisé : 77 morts et 527 blessés depuis le début de la semaine. Trois décès supplémentaires ont été enregistrés sur la route de l’aéroport international Rafic Hariri, où deux véhicules civils ont été touchés. À Nabatiyé, le maire d’un village et son épouse ont péri dans un raid ; à Toul, sept membres d’une même famille ont été tués ; à Baalbek, cinq personnes ont perdu la vie dans l’effondrement d’un immeuble ; à Tyr, neuf blessés ont été dénombrés après une frappe sur des générateurs électriques.

Ces chiffres, compilés par les hôpitaux régionaux et la Croix-Rouge libanaise, concernent majoritairement des civils. Ils s’ajoutent aux 83 847 personnes – soit 18 033 familles – déjà enregistrées comme déplacées internes par le ministère des Affaires sociales. Les routes vers Saïda, Beyrouth et la Békaa restent saturées de convois, et plus de 300 centres d’accueil, dont des écoles réquisitionnées, fonctionnent à pleine capacité. L’Unicef a signalé la présence de plus de 12 000 enfants parmi les évacués, particulièrement vulnérables dans ces conditions.

La Finul maintient son déploiement malgré les risques accrus

Le communiqué de la Finul insiste sur un point essentiel : les casques bleus « restent sur le terrain et en mission » au Sud-Liban. Ils honorent leur engagement de protection des civils, même au plus fort des échanges de feu. Des observateurs ont été déployés près des villages concernés – Markaba, Adaïssé, Kfar Kila, Ramiyé et Khiam – où des unités israéliennes ont établi des positions temporaires. À Khiam, un bataillon israélien s’est installé après des échanges à la mitrailleuse et à l’artillerie ; des travaux de terrassement ont été observés près d’Azraïel et à l’hôpital de Meis el-Jabal.

La mission onusienne, dirigée sur le terrain par le commandant en chef et en coordination avec la coordinatrice spéciale Jeanine Hennis-Plasschaert, a multiplié les contacts avec Beyrouth et Tel-Aviv. Elle a documenté chaque violation de la résolution 1701, qu’il s’agisse de tirs ou d’incursions. Ces rapports sont transmis en temps réel au secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, à New York.

L’ordre israélien d’évacuation totale et ses conséquences immédiates

L’évacuation facilitée par la Finul fait directement suite à l’injonction israélienne du mercredi 4 mars à midi. La carte rouge diffusée par le colonel Avichay Adraee couvrait l’ensemble du sud du Litani, obligeant des milliers de familles à partir sans délai. Cet ordre, le plus vaste depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, a vidé des villages entiers. Des images relayées par l’Agence nationale d’information montrent des routes encombrées de véhicules chargés de matelas et de biens essentiels.

Dans ce chaos, la Finul a joué un rôle pivot en identifiant les civils les plus vulnérables et en organisant leur transfert sécurisé. L’opération a concerné plusieurs villages du secteur ouest et est, où les échanges de tirs étaient les plus intenses. Les casques bleus ont également veillé à ce que les convois ne soient pas pris pour cible, en maintenant une présence visible et en communiquant avec les forces en présence.

Le gouvernement libanais et la décision sur les éléments iraniens

Au même moment, à Beyrouth, le Conseil des ministres présidé par Nawaf Salam a adopté une ligne de fermeté. À la sortie de la session, le ministre de l’Information, l’avocat Paul Marqos, a déclaré que le Premier ministre avait ordonné « les mesures nécessaires pour empêcher toute activité militaire ou de sécurité menée par des éléments des Gardiens de la révolution iraniens au Liban en vue de leur expulsion ». Cette décision, rendue publique à 14 h 38, vise à préserver la souveraineté libanaise et à éviter toute ingérence extérieure susceptible d’aggraver l’escalade.

Nawaf Salam a également réagi aux accusations de collaboration avec Israël, qualifiant les propos de trahison d’« irresponsables » et « incitant à la sédition ». Le gouvernement maintient que la décision de paix ou de guerre relève exclusivement de l’État. Le ministre de la Justice a ouvert des enquêtes sur les tirs de roquettes, tandis que l’armée libanaise, sous la direction du président Joseph Aoun, a renforcé ses positions pour accompagner les déplacés et sécuriser les zones évacuées.

Les défis logistiques et humanitaires sur le terrain

Les centres d’accueil approchent de la saturation. À Saïda, Beyrouth et dans la Békaa, plus de 300 structures accueillent les 83 847 déplacés. L’Unicef, le Programme alimentaire mondial et Médecins sans frontières distribuent matelas, eau et repas, mais les besoins en médicaments et en soins psychologiques restent immenses. Les personnes évacuées par la Finul – enfants, seniors et handicapés – ont bénéficié d’une prise en charge prioritaire, évitant ainsi des situations dramatiques sous les tirs.

À Tyr, les frappes sur les générateurs ont provoqué des coupures d’électricité généralisées. Des routes agricoles et des oliveraies ont été endommagées. L’exode pèse sur l’économie locale déjà exsangue depuis 2019 : les prix des produits de base augmentent, et de nombreuses entreprises du Sud ont cessé leurs activités.

Le rôle de la Finul dans le respect de la résolution 1701

La mission onusienne rappelle régulièrement son mandat : observer, rapporter et protéger. Cette semaine, elle a facilité l’évacuation tout en documentant les violations. Les casques bleus patrouillent malgré les risques, maintenant des postes fixes le long de la Ligne bleue. Leur présence constitue un rempart fragile contre une extension incontrôlée des combats.

Le secrétaire général de l’ONU et le Conseil de sécurité suivent la situation. Le rapport sur la résolution 1701, attendu le 10 mars, intégrera ces derniers développements. La France, membre permanent, a appelé à la désescalade via son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, tout en soutenant les efforts humanitaires.

Les opérations israéliennes et les mouvements au sol

Les troupes israéliennes maintiennent des positions à Khiam et dans d’autres secteurs évacués. Des unités ont investi temporairement des sites civils avant de se repositionner. La Finul a observé ces mouvements et les a signalés aux autorités. Ces opérations s’ajoutent aux cinq points fortifiés occupés depuis novembre 2024, en violation de la résolution 1701 selon Beyrouth.

L’impact sur les populations vulnérables

Les enfants, les personnes âgées et les handicapés évacués par la Finul représentent une fraction des déplacés, mais leur sort illustre la gravité de la crise. Beaucoup ont abandonné leurs maisons sous la menace des drones. Les casques bleus ont veillé à ce que leur transfert se fasse dans les meilleures conditions possibles, malgré les échanges de feu environnants.

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Newsdesk Libnanews
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