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Liban : un État enchaîné, une armée dépassée

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Le Liban vit depuis des décennies sous le poids d’une contradiction tragique : un pays souverain, mais une armée qui ne l’est pas. L’armée libanaise n’a jamais disposé des armes lourdes ni des technologies de défense moderne capables de contrer missiles et avions de chasse. Ce déficit n’est pas une fatalité. Il est le résultat d’un choix stratégique, imposé par l’Occident, qui a toujours veillé à ce qu’Israël conserve une supériorité absolue face aux armées arabes.

Même à l’époque des Forces Libanaises chrétiennes, alliées à Israël, le message était clair : armer le Liban légèrement, jamais lourdement. L’objectif n’a jamais été d’équilibrer la puissance régionale, mais de maintenir un rapport de force favorable à Israël. Cette politique a façonné l’armée libanaise telle que nous la connaissons aujourd’hui : limitée, dépendante et incapable de contrôler toutes les dimensions de la sécurité nationale.

Comment voulez-vous que l’armée libanaise contrôle son territoire, Palestiniens et Hezbollah compris ? Comment pourrait-elle faire respecter l’autorité de l’État face à un acteur armé mieux équipé et organisé, alors qu’elle n’a ni les moyens militaires lourds, ni les budgets nécessaires, ni l’approbation des puissances occidentales ?

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Dans ce vide, le Hezbollah a pris le relais, assumant des fonctions que l’État devrait remplir. Le résultat est clair : le Liban reste fragile, dépendant et vulnérable. Chaque missile tiré, chaque frontière menacée, chaque crise rappelle que la souveraineté libanaise n’a jamais été un droit, mais un luxe refusé par les puissances extérieures.

Il faudrait presque remercier le Hezbollah. Oui, le remercier d’avoir patiemment entretenu, année après année, la logique milicienne au Liban, au détriment de l’État. Là où une armée nationale affaiblie aurait dû se reconstruire, il a consolidé un modèle parallèle, imposant sa propre hiérarchie, ses propres règles, sa propre stratégie.

En comblant le vide, il ne s’est pas contenté de s’y installer : il l’a rendu permanent. Il a transformé une faiblesse temporaire en système durable. Et ce faisant, il a figé le Liban dans une équation dont il devient presque impossible de sortir : un État trop faible pour s’imposer, et une force trop puissante pour s’effacer.

Et pourtant, malgré tout, le Liban continue d’exister. Fragile, certes, mais debout. Dépendant, mais courageux.

Le Liban n’est plus en crise.
Il est devenu la crise.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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