Dans cette gravure d’un autre temps, c’est un Beyrouth oublié qui se révèle sous nos yeux. Un Beyrouth que nous n’avons jamais connu, mais que nous pouvons encore entrevoir à travers les traits minutieux des artistes et graveurs du XIXe siècle, tels que Ch. Taylor et Hildibrand. Avant que les photographies ne capturent les lumières et les ombres des villes, ce sont ces estampes qui nous permettaient de découvrir le monde, de voyager par l’imagination, de parcourir des contrées lointaines sans jamais quitter le confort de son foyer.
Ce dessin, conservé précieusement par la Bibliothèque nationale de France, évoque un Beyrouth d’autrefois, une ville encore modeste, baignée par la Méditerranée et dominée par son majestueux château, aujourd’hui disparu. À cette époque, la forteresse médiévale veillait encore sur le port, un vestige des Croisades, témoin des siècles d’histoire qui avaient forgé cette ville.
Les détails de cette estampe nous ramènent à un passé où Beyrouth, bien qu’essentiellement portuaire, conservait son cachet médiéval, une ville ceinte de murailles, où l’on apercevait à peine les montagnes du Mont Liban, protectrices au loin. Ce Beyrouth, à l’ombre de ses remparts et de son château, a cédé la place à la ville moderne que nous connaissons, vibrante de dynamisme et de modernité, mais où les traces du passé semblent parfois enfouies sous le béton et le bitume.
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Ici, c’est le château de Beyrouth qui domine l’image, une forteresse imposante construite par les Croisés au XIIe siècle. Situé alors en bord de mer, ce château symbolisait la résistance et la force, protégeant la ville contre les invasions. Mais au tournant du XIXe siècle, ce monument historique fut sacrifié au nom du progrès.
Ce château, déjà gravement endommagé lors du bombardement britannique de 1840, n’a pas survécu aux grandes transformations de la ville. En effet, à la fin des années 1880, alors que Beyrouth prenait de l’ampleur en tant que centre commercial stratégique, notamment avec l’ouverture du canal de Suez, le château fut démoli pour permettre l’agrandissement du port. Le projet, visant à moderniser les infrastructures pour faciliter le commerce, nécessitait l’aplanissement du littoral et l’engloutissement du château sous des remblais.
Aujourd’hui, il ne reste plus rien de ce château sauf un pan de mur et quelques fondations qui ne laissent en rien imaginer l’imposante forteresse qu’elle était. Pourtant, cette gravure, figée dans le temps, est une porte ouverte vers ce Beyrouth disparu. Une époque où les artistes, par leurs estampes, nous invitaient à contempler le monde à travers leurs yeux, à deviner les formes des cités anciennes, à imaginer les histoires gravées dans les pierres.



