Selon les données du Consultation and Research Institute, l’inflation annuelle au Liban a atteint 12 % en 2024, avec une hausse marquée des prix à la consommation. L’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 11,7 % en décembre 2024 par rapport à décembre 2023, marquant ainsi une nouvelle année de pressions inflationnistes dans un pays en pleine crise économique.
Les sept des neuf principales catégories de consommation ont enregistré une hausse des prix, certaines affichant des augmentations à deux chiffres. Parmi les secteurs les plus touchés, l’éducation a enregistré une hausse de 30,5 %, tandis que l’alimentation et les boissons ont vu leurs prix croître de 14,4 %.
L’inflation alimentaire sous tension
Le secteur alimentaire a particulièrement souffert de la hausse des prix en 2024. En décembre, l’indice des prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées a progressé de 14,4 % sur un an. Parmi les plus fortes augmentations :
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- Légumes : +44,1 %
- Autres produits alimentaires : +36,3 %
- Fruits : +26,7 %
- Poissons et fruits de mer : +22,2 %
Certaines catégories ont cependant enregistré des baisses, notamment les confiseries et sucreries (-3,9 %) ainsi que les chocolats et bonbons (-1,3 %), témoignant d’une contraction de la consommation de ces produits considérés comme non essentiels.
L’éducation, un fardeau croissant pour les ménages
Le secteur de l’éducation a subi une flambée des prix, avec une augmentation globale de 30,5 % sur l’année. Cette hausse est principalement due à l’augmentation des frais de scolarité, qui ont bondi de 45,5 % en 2024.
En revanche, les prix des livres et fournitures scolaires ont reculé de 8,5 %, et le transport scolaire a diminué de 7,1 %, signe que certaines écoles ont pu adapter leurs tarifs face à la crise économique.
La santé et les transports également en hausse
Le secteur de la santé a connu une inflation notable avec une progression de 13,1 % des prix en décembre 2024. Cette hausse est principalement portée par l’augmentation des coûts des services ambulatoires (+18,7 %), des services hospitaliers (+12,1 %) et des assurances santé (+8,9 %). Seule la catégorie des médicaments et accessoires médicaux a connu une légère baisse de 0,2 %.
De même, les prix des transports et télécommunications ont grimpé de 9,6 % sur un an, avec une augmentation de 9,8 % pour le transport et de 2,6 % pour les services téléphoniques.
L’impact sur le logement et la consommation durable
Les prix du logement ont enregistré une baisse de 1,1 %, notamment en raison du recul de 2,0 % des coûts de l’énergie domestique. À l’inverse, les frais d’entretien du logement ont augmenté de 8,6 % sur l’année.
Les biens durables ont également connu une relative stabilité avec une hausse globale de 0,1 %. Si certaines catégories ont progressé, comme les produits ménagers divers (+18,6 %), d’autres ont connu des baisses significatives, notamment le linge de maison (-19,9 %) et la verrerie (-15,8 %).
Les services financiers explosent, poussant l’inflation globale
L’un des postes les plus marquants en 2024 est celui des autres biens et services, qui a bondi de 31,1 % sur l’année. Cette hausse est notamment portée par :
- Les services financiers : +569,7 %
- Les bijoux : +28,5 %
- Les soins personnels : +23,9 %
L’inflation dans ces catégories traduit les effets de la crise économique, les fluctuations monétaires et la dépendance croissante des Libanais aux services financiers pour compenser l’instabilité du marché.
Perspectives et impact sur l’économie
La hausse persistante des prix met sous pression les ménages libanais, déjà affectés par une économie en crise et une monnaie nationale instable. Alors que l’inflation avait atteint des niveaux records en 2021 et 2022, la dynamique actuelle reste préoccupante, notamment en raison des incertitudes politiques et des négociations en cours avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les prix de l’éducation et de l’alimentation, deux postes de dépenses essentiels, continuent de grever le pouvoir d’achat des Libanais. Une stabilisation des prix semble encore difficile à atteindre en l’absence de réformes économiques structurelles et d’un retour à une stabilité monétaire durable.
Statistiques clés (décembre 2024, évolution annuelle)
| Catégorie | Variation annuelle (%) |
|---|---|
| Inflation globale | +11,7 % |
| Alimentation et boissons | +14,4 % |
| Éducation | +30,5 % |
| Santé | +13,1 % |
| Transport et télécommunications | +9,6 % |
| Logement | -1,1 % |
| Autres biens et services | +31,1 % |
Données sur les institutions citées
- Consultation and Research Institute (CRI) : Organisme de recherche économique et sociale au Liban, spécialisé dans les enquêtes économiques et l’analyse des tendances macroéconomiques.
- Banque Centrale du Liban (BDL) : Autorité monétaire libanaise chargée de la politique monétaire et de la régulation bancaire. En 2024, ses réserves de change ont atteint 10,5 milliards USD à mi-février.



