jeudi, janvier 22, 2026

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Nabih Berri affirme que le Liban a dépassé la fitna lors d’un discours apaisant

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Dans un discours prononcé le 7 septembre 2025 depuis sa résidence d’Ain el-Tineh, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a cherché à apaiser les tensions suscitées par la décision du cabinet, le 5 septembre, d’adopter un plan de l’armée pour désarmer le Hezbollah dans le cadre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. S’exprimant à l’issue d’une réunion avec des responsables politiques et communautaires, Berri a déclaré que « le Liban a dépassé la fitna », terme évoquant les risques de discorde intercommunautaire, et a appelé à un dialogue national pour préserver l’unité et renforcer les institutions étatiques. Rapportés par Nahar et Al Joumhouriyat le 8 septembre 2025, ses propos soulignent son rôle de modérateur dans un climat de polarisation accrue, alors que la décision gouvernementale a exacerbé les divisions entre les forces politiques libanaises. Cet article relate la teneur du discours et les réactions immédiates qu’il a suscitées, dans un contexte où le Liban navigue entre pressions internes et internationales.

Une décision gouvernementale sous haute tension

La déclaration de Nabih Berri intervient dans la foulée d’une réunion cruciale du cabinet libanais, présidée par le Premier ministre Nawaf Salam le 5 septembre 2025, au cours de laquelle un plan de l’armée visant à placer toutes les armes sous contrôle étatique a été adopté. Cette décision, alignée sur la résolution 1701 qui exige le désarmement des groupes armés non étatiques et le déploiement exclusif de l’armée libanaise dans le sud du pays, a provoqué une vive controverse. Selon Nahar, la réunion, initialement prévue le 3 septembre, a été reportée au 5 septembre à la demande de Berri, qui souhaitait éviter une escalade des tensions avant des consultations élargies. Lors de la séance, cinq ministres chiites, affiliés au Hezbollah et au mouvement Amal dirigé par Berri, ont quitté la salle en signe de protestation, dénonçant une décision qu’ils ont qualifiée de « précipitée » et « biaisée ».

Le plan, détaillé par le ministre de l’Information Paul Morcos, prévoit une coordination renforcée entre l’armée libanaise et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) pour sécuriser la région au sud du fleuve Litani, conformément à la résolution 1701. « Ce plan ne vise aucune communauté spécifique, mais cherche à restaurer l’autorité de l’État », a déclaré Morcos le 5 septembre, selon Al Joumhouriyat. Cependant, la sortie des ministres chiites a mis en lumière les fractures politiques, notamment entre les partisans du Hezbollah, qui considère son arsenal comme une nécessité face aux menaces israéliennes, et ceux, comme les Forces libanaises, qui exigent un désarmement immédiat.

Ce contexte a poussé Berri, figure centrale de la politique libanaise et leader du mouvement Amal, à intervenir pour calmer les esprits. En tant qu’allié historique du Hezbollah et représentant de la communauté chiite, il a cherché à concilier les impératifs de stabilité nationale avec la défense des intérêts de sa base électorale, tout en répondant aux pressions internationales croissantes.

« Le Liban a dépassé la fitna »

Dans son discours du 7 septembre, Nabih Berri a mis l’accent sur l’unité nationale comme rempart contre les risques de division communautaire. « Le Liban a dépassé la fitna, et nous ne permettrons pas son retour », a-t-il affirmé, selon Nahar, en référence aux conflits interconfessionnels qui ont marqué la guerre civile (1975-1990) et aux tensions récentes exacerbées par la décision du cabinet. Il a appelé toutes les forces politiques à « placer l’intérêt du Liban au-dessus des agendas partisans ou communautaires », soulignant que « la stabilité repose sur le respect des institutions et un dialogue inclusif ».

Berri a salué les efforts du gouvernement pour relancer les discussions sur la résolution 1701, tout en insistant sur une approche équilibrée qui tienne compte des sensibilités communautaires. « Nous soutenons l’armée libanaise comme seule force légitime pour défendre notre territoire, mais cela doit se faire dans un cadre de consensus national », a-t-il déclaré, selon Al Joumhouriyat. Ces propos visaient à répondre à l’appel lancé le même jour par Samir Geagea, chef des Forces libanaises, qui avait exhorté la communauté chiite à « se libérer de la logique des armes » du Hezbollah lors d’une cérémonie à Maarab. Berri a rejeté toute tentative de « stigmatisation » de la communauté chiite, affirmant que « le Hezbollah est une partie intégrante du tissu national libanais ».

Le président du Parlement a également mis en garde contre les « agendas extérieurs » cherchant à exploiter les divisions internes. « Le Liban n’est pas une colonie, et nous ne permettrons à personne de dicter nos choix », a-t-il déclaré, dans une allusion aux pressions américaines et européennes pour accélérer le désarmement du Hezbollah. Berri, qui représente le Hezbollah dans les négociations internationales depuis la guerre de 2006, a rappelé son rôle de médiateur. « Depuis 2006, j’ai porté la voix du Liban dans les pourparlers, et je continuerai à le faire pour préserver notre souveraineté », a-t-il ajouté, selon Nahar.

Un appel pressant au dialogue national

Un point central du discours de Berri a été son appel à un dialogue national inclusif pour résoudre les différends sur la question des armes et l’application de la résolution 1701. « Nous sommes ouverts à discuter du sort de ces armes dans un dialogue calme et consensuel », a-t-il déclaré le 6 septembre, selon des propos rapportés par Al Jazeera, repris dans Al Joumhouriyat. Il a proposé la tenue d’une table ronde sous l’égide du Parlement, réunissant toutes les forces politiques, pour « renforcer les institutions et préserver la coexistence communautaire ». Berri a chargé une équipe de conseillers de préparer une initiative formelle, avec pour objectif d’organiser cette réunion dans les semaines à venir.

Berri a également souligné le rôle de l’armée libanaise comme « pilier de la stabilité ». Il a salué le déploiement de plus de 8 000 soldats dans le sud du Liban depuis janvier 2025, en coordination avec la FINUL, pour sécuriser la zone au sud du Litani, conformément à la résolution 1701. « L’armée, avec le soutien de la communauté internationale, est capable de garantir la sécurité du sud », a-t-il affirmé, tout en appelant à un renforcement de ses capacités matérielles et logistiques. Ces déclarations font écho à celles du président Joseph Aoun, qui a réitéré le 5 septembre que « l’armée doit être la seule force légitime au Liban ».

Réactions immédiates au discours

Les propos de Berri ont suscité des réactions contrastées, reflétant la polarisation du paysage politique libanais. Les alliés du mouvement Amal et du Hezbollah ont salué son discours comme un « appel responsable à l’unité ». Un cadre d’Amal, cité par Nahar, a déclaré : « Berri montre qu’il est un garant de la stabilité, face à ceux qui cherchent à diviser les Libanais. » Naim Qassem, haut responsable du Hezbollah, a appuyé cette position le 8 septembre, affirmant que « le président Berri parle au nom de l’unité nationale et rejette les provocations qui risquent de mener à la guerre civile ».

En revanche, les Forces libanaises et leurs alliés ont exprimé des réserves. Un député des FL, s’exprimant sous couvert d’anonymat dans Al Joumhouriyat, a estimé que « les appels de Berri au dialogue sont une tactique pour protéger l’arsenal du Hezbollah ». Samir Geagea, dans une déclaration publiée le 8 septembre sur le site officiel des FL, a réaffirmé que « le désarmement du Hezbollah est une condition non négociable pour un État souverain », critiquant Berri pour son « ambiguïté » sur la question. Le parti Kataëb, dirigé par Sami Gemayel, a également appelé à des « garanties concrètes » que le dialogue ne servirait pas à maintenir le statu quo.

Le Premier ministre Nawaf Salam a salué l’initiative de Berri dans une déclaration le 8 septembre, qualifiant le dialogue national de « moment pivotal pour la stabilité ». « Le gouvernement s’engage à travailler avec toutes les parties pour appliquer la résolution 1701 et renforcer les institutions », a-t-il déclaré, selon Nahar. Cette position reflète la volonté de Salam de maintenir un équilibre entre les factions politiques, tout en répondant aux attentes internationales.

Rencontres avec des responsables pour la stabilité

Dans les jours précédant son discours, Berri a multiplié les rencontres avec des responsables politiques et internationaux pour discuter de la situation sécuritaire et politique. Selon Al Joumhouriyat, il a reçu des représentants de la FINUL pour évaluer les progrès dans l’application de la résolution 1701, notamment le déploiement de l’armée libanaise dans le sud. Ces réunions soulignent son rôle de médiateur, tant au niveau national qu’international, dans un contexte où le Liban est sous pression pour respecter ses engagements internationaux.

Berri a également abordé la crise économique, appelant à des réformes urgentes pour débloquer l’aide promise par l’Union européenne et le Fonds monétaire international. « La stabilité politique est essentielle pour sortir de la crise économique », a-t-il déclaré, selon Nahar. Il a noté que l’UE a conditionné une enveloppe de 1 milliard d’euros à des réformes structurelles, tandis que le FMI exige des avancées sur la lutte contre la corruption et la restructuration du secteur bancaire.

Une dynamique régionale sous surveillance

Le discours de Berri s’inscrit dans un contexte régional tendu, marqué par la trêve fragile conclue le 27 novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, sous l’égide des États-Unis et de la France. La résolution 1701, qui constitue le cadre de cette trêve, exige le retrait des forces israéliennes des cinq points qu’elles occupent encore dans le sud du Liban, ainsi que le désarmement des groupes armés non étatiques. Le 8 septembre, une réunion du comité de suivi de la trêve s’est tenue à Naqoura, impliquant des représentants libanais, américains et français, pour évaluer les progrès dans le déploiement de l’armée et le respect de la résolution. Selon un communiqué de la FINUL, la réunion a permis de confirmer l’engagement de l’armée libanaise à renforcer sa présence dans le sud, avec environ 8 000 soldats déployés depuis janvier 2025.

Berri a réaffirmé son soutien à ces efforts, tout en insistant sur la nécessité d’un retrait complet des forces israéliennes. « Le Liban ne cédera pas à des pressions qui compromettent sa souveraineté », a-t-il déclaré, selon Al Joumhouriyat, dans une critique implicite des exigences internationales visant le Hezbollah. Cette position reflète sa volonté de protéger les intérêts de la communauté chiite tout en projetant une image de modérateur.

Coordination sécuritaire renforcée

Pour prévenir toute escalade communautaire, Berri a intensifié les contacts avec les autorités sécuritaires. Selon Nahar, il s’est entretenu récemment avec le ministre de l’Intérieur, Ahmad Al-Hajjar, pour discuter des mesures visant à maintenir l’ordre dans un climat politique tendu. Al-Hajjar, un ancien brigadier général ayant modernisé les Forces de sécurité intérieure, a assuré une coordination accrue entre son ministère et l’armée libanaise. « Nous travaillons pour garantir la sécurité de tous les Libanais, sans distinction communautaire », a-t-il déclaré, selon Al Joumhouriyat. Ces efforts visent à répondre aux craintes de troubles, notamment après les tensions suscitées par la décision du cabinet.

Les appels de Berri au dialogue et à la stabilité institutionnelle, bien que salués par certains, se heurtent à des obstacles majeurs. La méfiance entre les forces politiques, exacerbée par la question du désarmement, complique la mise en place d’une table ronde inclusive. Selon Nahar, des discussions préliminaires entre les conseillers de Berri et des représentants du gouvernement sont en cours pour définir les modalités de ce dialogue, prévu sous l’égide du Parlement. Ces démarches reflètent la volonté de Berri de maintenir un rôle central dans la gestion de la crise, tout en naviguant entre les pressions internes et les attentes de la communauté internationale.

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