Un appel à l’unité dans un contexte de crise
Dans une déclaration récente, Nabih Berri, président du Parlement libanais, a insisté sur l’importance du consensus pour surmonter les défis auxquels le Liban est confronté. « Le consensus est la clé pour surmonter nos défis, » a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse tenue le 20 janvier 2025. Cette déclaration intervient alors que les négociations pour former un nouveau gouvernement s’enlisent dans des querelles entre les principaux blocs politiques, compromettant les efforts de stabilisation du pays.
Un consensus en question : compromis ou compromission ?
Si le consensus a longtemps été perçu comme un pilier du système politique libanais, il est également accusé d’avoir contribué à la paralysie institutionnelle et à la corruption systémique. Selon « Ad Diyar » (20 janvier 2025), l’approche consensuelle a souvent servi à éviter les conflits ouverts entre factions, mais au prix d’un partage du pouvoir qui dilue les responsabilités et alimente le clientélisme. Les postes stratégiques sont régulièrement répartis entre les partis, transformant les institutions en outils d’influence pour des intérêts privés, plutôt que publics.
Les obstacles au consensus actuel
Les discussions sur la répartition des portefeuilles ministériels reflètent ces mêmes dynamiques de partage du pouvoir. « Al Joumhouriyat » rapporte que la présidence du Parlement, sous la direction de Nabih Berri, joue un rôle crucial pour trouver un compromis entre factions rivales. Toutefois, les revendications concurrentes concernant des ministères clés, comme l’Énergie et la Justice, illustrent les limites de cette approche, qui perpétue l’immobilisme institutionnel.
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Un rôle de médiateur contesté
Si Nabih Berri est considéré comme un acteur clé pour débloquer la situation, son rôle de médiateur fait également l’objet de critiques. « Al Akhbar » souligne que le chef du mouvement Amal est parfois perçu comme un protecteur des privilèges établis par ce système consensuel. Cette perception alimente le scepticisme envers sa capacité à promouvoir une véritable réforme structurelle, alors même qu’il appelle à la collaboration entre les partis pour faire face aux crises actuelles.
La pression des partenaires internationaux
Le consensus prôné par Berri est également influencé par les attentes des partenaires internationaux. Selon « Al Liwa' », des acteurs comme la France et l’Arabie saoudite insistent pour qu’un gouvernement soit rapidement formé afin de débloquer les financements nécessaires à la relance économique. Cependant, la communauté internationale exprime également des réserves sur l’efficacité d’un système qui, malgré les apparences de stabilité, a échoué à répondre aux besoins fondamentaux des citoyens.
Les répercussions économiques d’un consensus imparfait
La crise économique actuelle illustre les conséquences d’un consensus devenu dysfonctionnel. L’approche basée sur le partage du pouvoir a conduit à une gestion fragmentée et inefficace des finances publiques. Selon « Al Sharq », les détournements de fonds et le manque de transparence dans les institutions ont contribué à la dévaluation de la livre libanaise et à l’aggravation de l’inflation. Nabih Berri, tout en appelant à une collaboration entre factions, semble éviter de s’attaquer directement à ces causes structurelles.
Les limites du consensus comme solution durable
Alors que Nabih Berri appelle à l’unité pour faire face aux défis, de nombreux observateurs soulignent les limites d’un système consensuel qui a compromis l’efficacité des institutions publiques. Si le consensus continue de servir de méthode de gestion des conflits, il doit être repensé pour éviter de renforcer les dynamiques de corruption et d’inertie. Sans une réforme fondamentale du système, le risque est de voir le consensus maintenir une façade de stabilité, tout en perpétuant les crises.



