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Najib Mikati : Un appel à la solidarité internationale pour la paix et la reconstruction au Liban

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Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a prononcé un discours vibrant lors de la conférence internationale de soutien au Liban, organisée par la France sous l’égide du Président Emmanuel Macron. Mikati a exprimé son profond attachement aux relations historiques et fraternelles entre le Liban et la France, soulignant que la France est toujours restée fidèle aux côtés du Liban, même dans ses périodes les plus difficiles. En ces temps de crise aiguë, Mikati a insisté sur la nécessité de remettre les valeurs de fraternité, de justice et de droit au cœur de l’action politique libanaise.

Un pays en proie à une destruction sans précédent

Mikati a dressé un tableau sombre des répercussions de l’agression israélienne contre le Liban. Selon lui, cette agression a provoqué le déplacement de plus de 1,2 million de citoyens libanais, dont 500 000 enfants qui ont perdu leurs écoles et leurs foyers. Il a décrit l’ampleur des dommages causés aux infrastructures, à l’économie et au tissu social du Liban, affirmant que les répercussions de la guerre sur la population sont « dévastatrices » et ont plongé le pays dans une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent.

Mikati a spécifiquement souligné que les attaques ciblées contre les premiers intervenants, les travailleurs humanitaires et les infrastructures de santé avaient exacerbé la situation. Plus de 150 personnes ont perdu la vie et plus de 100 établissements de santé ont été touchés, mettant encore plus à mal un système de santé déjà sous pression. Le Premier ministre a ainsi appelé la communauté internationale à réagir rapidement face à ces violations flagrantes du droit humanitaire international, et à demander des comptes aux responsables.

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Une crise humanitaire qui exige une réponse internationale immédiate

L’appel de Mikati à la communauté internationale a résonné tout au long de son discours. Il a insisté sur la nécessité d’une action urgente pour atténuer la crise humanitaire, qui ne peut être gérée par le Liban seul. Il a demandé que l’aide internationale dépasse le stade des secours d’urgence et qu’elle s’inscrive dans une stratégie à long terme visant à rétablir les infrastructures vitales du pays et à restaurer la stabilité économique et politique. Selon Mikati, cela doit se faire en coopération avec des organisations internationales telles que l’ONU et la Banque mondiale, et avec un souci de transparence et de reddition des comptes pour s’assurer que l’aide parvienne aux personnes qui en ont le plus besoin.

Cette transparence est essentielle, a-t-il souligné, dans le cadre de l’effort de reconstruction du Liban, un processus complexe qui nécessitera une gestion rigoureuse. Mikati a informé les participants que le gouvernement libanais avait mené une évaluation complète des besoins et avait consolidé ces informations dans un rapport qui serait partagé avec toutes les parties prenantes, garantissant ainsi la coordination efficace de l’aide.

Une demande pressante pour un cessez-le-feu immédiat

L’un des messages les plus forts de Mikati a été l’appel à un cessez-le-feu immédiat. Il a exhorté la communauté internationale à utiliser son influence pour mettre fin aux hostilités israéliennes et parvenir à une trêve durable. Selon lui, un cessez-le-feu est la condition sine qua non pour restaurer la stabilité au Liban et éviter de nouvelles souffrances humaines.

Mikati a souligné que le gouvernement libanais avait soutenu l’initiative franco-américaine visant à mettre en place une déclaration conjointe pour un cessez-le-feu dès le 25 septembre, initiative à laquelle Israël n’avait pas adhéré. Il a insisté sur le fait que la communauté internationale devait intervenir pour exercer des pressions sur Israël afin de parvenir à une cessation des hostilités. Cette trêve permettrait non seulement de stabiliser la situation dans l’immédiat, mais aussi de préparer le terrain pour un règlement à plus long terme des questions sécuritaires et politiques qui touchent le Liban.

La mise en œuvre de la résolution 1701 des Nations Unies

Pour Mikati, la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU demeure la pierre angulaire de la stabilité régionale et du retour à la paix au Liban. Cette résolution, adoptée en 2006, appelle à un cessez-le-feu durable, au retrait des forces militaires du Sud-Liban et à la coopération entre les Forces armées libanaises et la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) pour maintenir la paix. Mikati a affirmé que la pleine mise en œuvre de cette résolution était essentielle pour assurer la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban.

Le Premier ministre a également insisté sur l’importance de renforcer les Forces armées libanaises (FAL), qu’il considère comme un pilier essentiel de la stabilité dans le pays. Il a annoncé que le gouvernement libanais avait pris la décision de recruter 8 000 soldats supplémentaires, un effort visant à renforcer la présence de l’armée au sud du fleuve Litani, une zone critique pour la sécurité nationale. Selon Mikati, la mise en œuvre réussie de cette décision nécessitera un soutien international accru, y compris un financement pour la formation et l’équipement des recrues.

La coopération avec la FINUL et la sécurité régionale

Mikati a tenu à exprimer son soutien à la FINUL et à son mandat au Liban, tout en condamnant fermement les attaques israéliennes contre cette force internationale de maintien de la paix. Il a souligné l’importance de la coopération entre l’armée libanaise et la FINUL pour garantir la sécurité dans le Sud-Liban, une zone fréquemment touchée par les hostilités israéliennes. Le Premier ministre a appelé la communauté internationale à intensifier son soutien à la FINUL afin de lui permettre de remplir pleinement son mandat et d’assurer la sécurité des populations locales.

Il a également affirmé que le gouvernement libanais resterait engagé à travailler en étroite collaboration avec la FINUL pour maintenir la stabilité régionale et assurer la sécurité des frontières libanaises, à la fois terrestres et maritimes. Ce soutien à la FINUL s’inscrit dans une stratégie plus large visant à établir un environnement sécurisé dans tout le pays, un préalable indispensable à la reprise de l’économie libanaise et au retour des populations déplacées.

La question des frontières maritimes et l’importance de la diplomatie

Une autre partie importante du discours de Mikati portait sur la question des frontières maritimes du Liban, un point de tension historique avec Israël. Mikati a affirmé que le Liban était déterminé à résoudre ce différend de manière pacifique, par le biais de la diplomatie et des négociations. Cette question est particulièrement sensible car elle touche aux ressources en gaz naturel offshore, une richesse potentiellement cruciale pour l’avenir économique du pays.

Le Premier ministre a réaffirmé l’engagement du Liban à travailler de manière constructive avec les partenaires régionaux et internationaux pour parvenir à un règlement équitable et durable du conflit frontalier maritime. Selon Mikati, un accord sur cette question pourrait contribuer à une stabilité à long terme dans la région et à une répartition juste des ressources entre les nations concernées.

La nécessité de réformes politiques et de la stabilisation institutionnelle

Pour Mikati, la stabilité du Liban ne pourra être assurée sans des réformes politiques profondes et l’élection d’un président respectant la Constitution et les engagements internationaux du pays. Il a insisté sur le fait que cette élection était une condition indispensable pour renforcer les institutions étatiques libanaises et leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la gouvernance et la gestion des crises. Mikati a appelé la communauté internationale à soutenir cet effort de stabilisation politique, en particulier dans un contexte où le Liban est sans président depuis un certain temps, exacerbant ainsi l’instabilité.

Le Premier ministre a plaidé pour un engagement renouvelé en faveur de réformes structurelles, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des services publics, ainsi que dans la lutte contre la corruption, qui est un frein majeur au développement du pays. Il a également souligné la nécessité de renforcer l’économie libanaise, qui a été durement touchée par la guerre, les sanctions internationales et la pandémie de COVID-19.

Un appel à la solidarité et à la coopération internationale

En conclusion, Mikati a réitéré son appel à la solidarité internationale et à une action concertée pour soutenir le Liban dans cette période critique. Il a appelé les amis du Liban à rester mobilisés pour aider le pays à traverser cette crise sans précédent, à la fois en fournissant une aide humanitaire immédiate et en participant aux efforts de reconstruction à long terme.

Mikati a insisté sur le fait que la reconstruction du Liban ne pourra se faire qu’avec l’appui de la communauté internationale, et que cela implique non seulement une aide financière, mais aussi un accompagnement dans la mise en œuvre des réformes nécessaires. « Nous devons éviter les occasions manquées et les souffrances humaines », a-t-il déclaré, ajoutant que la priorité doit être donnée à la prévention des conflits et au renforcement des infrastructures pour assurer un avenir durable au Liban.

Discours de Najib Mikati

Merci, Monsieur le Président Macron, Excellences, Mesdames, Messieurs. Je commence en français car c’est la langue du cœur, et nous ressentons ici l’unisson entre la France et le Liban en ces temps difficiles. Notre premier devoir en tant que dirigeants est de remettre les valeurs humanistes de fraternité, de justice et de droit au centre de notre action.

C’est pourquoi je tiens avant tout, Monsieur le Président, à vous remercier d’avoir organisé cette conférence. Je tiens à vous remercier pour toutes les initiatives que vous avez personnellement menées pour soutenir mon pays. Nous vous en sommes très reconnaissants.

Au cours d’une histoire qui s’étend sur plusieurs millénaires, le navire libanais a affronté bien des tempêtes. Bien des fois, il a failli sombrer pour finalement poursuivre sa course avec détermination et courage. Pourtant, cette épreuve n’est pas comme les autres, car elle porte en germe la destruction totale non seulement de mon pays, mais aussi des valeurs de l’humanité tout entière. C’est la raison pour laquelle nous sommes reconnaissants à la France, qui s’est toujours tenue à nos côtés. La France, dont le soutien ne s’est jamais démenti, et cette conférence en est le témoignage de l’amitié et de la solidarité qui régissent les relations entre nos deux pays.

Monsieur le Président, distingués invités, je me tiens devant vous aujourd’hui avec un cœur lourd pour éclairer l’agression continue d’Israël contre le Liban. Un acte qui a conduit au déplacement de plus de 1,2 million de citoyens libanais, dont 500 000 sont des enfants qui ont perdu leur école et leur maison. Les répercussions dévastatrices de cette guerre sur notre nation ne peuvent être suffisamment mentionnées. L’agression israélienne n’a pas seulement causé d’immenses souffrances humaines et des pertes de vies, mais a également causé de graves dommages aux infrastructures du pays, à son économie et à son tissu social.

Le déplacement d’un si grand nombre de nos citoyens a donné lieu à une crise humanitaire de proportions sans précédent, une crise qui nécessite une attention et une action urgentes de la part de la communauté internationale. Les attaques ciblées contre les premiers intervenants et les travailleurs de la santé ont été observées, avec plus de 150 décès et bien d’autres hospitalisations, en plus de plus d’une centaine d’installations de soins de santé touchées, comme rapporté par les agences de l’ONU, entre autres.

La communauté internationale doit agir rapidement pour tenir pour responsables les auteurs de ces violations et assurer la protection des civils et des infrastructures critiques afin de pallier ces enjeux. Le soutien international doit aller au-delà de l’aide humanitaire immédiate pour se concentrer sur des efforts de relance à moyen et long terme. Ces efforts doivent viser à rétablir les infrastructures, la stabilité économique et politique, et à soutenir le développement durable, en assurant la résilience du Liban face à des enjeux continus.

Monsieur le Président, distingués participants, le peuple libanais attend de la communauté internationale solidarité et soutien, en commençant par un cessez-le-feu. Le Liban appelle la communauté internationale à s’unir pour soutenir les efforts visant à mettre fin aux agressions et parvenir à un cessez-le-feu. Deuxièmement, une aide humanitaire et un soutien d’urgence sont indispensables, car la guerre a déstabilisé les conditions de vie, nécessitant ainsi une aide humanitaire accrue. Cette aide internationale est essentielle pour fournir des services élémentaires tels que l’alimentation, les soins de santé, l’hébergement et les soins aux enfants.

Il convient de donner la priorité à la stabilisation des institutions clés, notamment en fournissant un soutien aux autorités locales pour les aider à gérer efficacement le grand nombre de personnes déplacées et pour assurer leur accès aux services essentiels, tels que l’eau, les ressources énergétiques et le traitement des déchets.

Concernant les infrastructures, l’agression israélienne a détruit des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures internationales et culturelles, entre autres. Une aide est nécessaire pour mener des projets de reconstruction à grande échelle, y compris des bâtiments, des systèmes de transport, des installations électriques, d’eau, d’infrastructures de télécommunications, ainsi que pour le retrait des décombres afin de compléter cet effort de reconstruction.

Monsieur le Président, distingués participants, permettez-moi de vous informer de ceci. Nous avons mené une évaluation complète des besoins et avons consolidé les résultats dans un rapport complet qui sera partagé avec tous les participants. La transparence et la reddition de comptes sont essentielles dans le cadre de nos efforts pour reconstruire et relancer notre pays.

Nous allons nous coordonner avec des organisations internationales, telles que les Nations Unies, la Banque mondiale, entre autres, afin d’assurer la coordination efficace de l’assistance et l’utilisation efficiente de cette aide pour qu’elle atteigne ceux qui en ont le plus besoin. Cela nous aidera également dans notre mission de reconstruction du Liban et restaurera la confiance dans notre nation.

La perte de vies civiles aurait pu être évitée si Israël avait accepté d’avaliser la déclaration conjointe du 25 septembre menée par les États-Unis et la France. Le gouvernement libanais a soutenu et continue de soutenir cette initiative, et nous appelons aujourd’hui à un cessez-le-feu immédiat.

Le gouvernement libanais est convaincu que ce cessez-le-feu aura des effets immédiats sur le peuple libanais et pourra préparer le terrain pour une stabilité durable à long terme. Le gouvernement soutiendra pleinement les mesures visant à répondre aux questions sécuritaires le long de la frontière et au retrait au-delà de la ligne bleue, dans le cadre de la pleine mise en œuvre de la résolution de l’ONU. Cette résolution 1701 demeure la pierre angulaire de la stabilité et de la sécurité dans la région. La pleine mise en œuvre de la résolution 1701 permettra d’assurer la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban et d’apporter la sécurité sur notre frontière sud, permettant le retour de nos populations déplacées dans leur région.

Le gouvernement libanais travaillera également, en coordination avec la résolution 1701, pour renforcer les Forces armées libanaises, démontrant ainsi son engagement total à respecter cette résolution. La décision de recruter davantage de soldats est une étape importante pour renforcer les capacités des Forces armées libanaises et atteindre la sécurité et la stabilité régionales.

Cependant, la mise en œuvre réussie de ces engagements nécessitera le soutien et l’aide de la communauté internationale. Cette assistance se déclinera de différentes manières, y compris par le soutien financier, la formation et l’assistance technique, assurant ainsi que le processus de recrutement soit efficace. Le gouvernement libanais a constamment soutenu le mandat de la FINUL, reconnaissant son rôle crucial dans le maintien de la stabilité le long de sa frontière sud.

Le gouvernement libanais condamne les attaques d’Israël contre la FINUL et souligne l’importance du mandat de la FINUL, appelant la communauté internationale à contribuer à cet effort vital. Le gouvernement libanais réaffirme son engagement à travailler en étroite collaboration avec la FINUL pour veiller à la sécurité et à la stabilité de la région.

Monsieur le Président, distingués participants, distingués invités, l’équation de la stabilité est la suivante : tout d’abord, un cessez-le-feu immédiat ; ensuite, la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU ; troisièmement, le déploiement de 8 000 soldats des Forces armées libanaises au sud du fleuve Litani ; quatrièmement, la reprise des efforts pour résoudre le conflit le long de la ligne bleue pour atteindre une stabilité durable dans le sud du Liban, ainsi que sur les frontières maritimes.

Le Liban s’engage à résoudre pacifiquement le conflit de longue date lié à ses frontières maritimes. Le gouvernement libanais est déterminé et prêt à fournir des efforts constructifs à cet égard. Après le cessez-le-feu, le gouvernement libanais se tient de nouveau prêt à jouer son rôle pour assurer une désescalade du conflit, tout en assurant la sécurité de son peuple et l’intégrité territoriale du Liban.

Monsieur le Président, pour atteindre la stabilité au Liban, la pierre angulaire réside dans l’élection d’un président qui respecte la Constitution, le pacte international et les accords pertinents. Ce président doit également s’engager à mettre en œuvre des réformes essentielles. J’appelle chacun d’entre vous à rester mobilisé pour soutenir un meilleur avenir pour le Liban et l’accompagner en ces temps si critiques.

Le peuple libanais a besoin de voir son économie et ses institutions revivre et se renforcer, tout comme ses forces armées. L’accent doit être mis sur la prévention des conflits, le renforcement des infrastructures et la reconstruction de la nation libanaise. Nous devons éviter les occasions manquées et les souffrances humaines.

Nous devons préparer le terrain en renforçant le Liban. Alors, de quoi a besoin le Liban aujourd’hui ? Un cessez-le-feu immédiat. Nous comptons sur vous tous, amis du Liban, présents ici, pour exercer les pressions nécessaires afin de parvenir à ce cessez-le-feu. Je vous remercie infiniment de votre soutien. Merci, Monsieur le Président.

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