Neemat Frem, homme d’affaires et ancien député, se distingue par son approche pragmatique et ses idées novatrices dans la course à la présidence libanaise. En pleine crise économique et sociale, il se présente comme le candidat du secteur productif, appelant à rompre avec le modèle économique traditionnel qui repose sur la dette et le clientélisme.
Un entrepreneur au service de la nation
Neemat Frem est issu d’une famille connue pour son implication dans l’industrie libanaise. À la tête du groupe Indevco, un géant dans les secteurs de l’emballage et de l’énergie, il a bâti une carrière fondée sur l’innovation et le développement durable.
Son parcours dans le secteur privé lui a permis de développer une vision économique axée sur la productivité, la création d’emplois et l’autosuffisance. À plusieurs reprises, Frem a souligné l’importance de diversifier l’économie libanaise pour réduire sa dépendance aux transferts de la diaspora et aux financements étrangers.
Une approche critique du système politique
En tant qu’ancien député, Neemat Frem a souvent dénoncé les blocages institutionnels et la corruption qui gangrènent le système politique libanais. Lors de son passage au Parlement, il s’est positionné comme une voix indépendante, s’opposant à la logique des quotas confessionnels et des alliances partisanes traditionnelles.
Frem critique ouvertement le modèle économique qui a conduit à l’effondrement actuel. Il appelle à une réorientation des investissements de la diaspora, non plus vers la dette publique ou le secteur bancaire, mais vers des secteurs productifs comme l’agriculture, l’industrie et les énergies renouvelables.
Un discours axé sur les réformes structurelles
La vision de Neemat Frem pour le Liban repose sur plusieurs piliers :
- Moderniser les infrastructures : Frem insiste sur la nécessité de réhabiliter les secteurs de l’électricité, de l’eau et des transports pour soutenir le développement économique.
- Renforcer les secteurs productifs : Il propose des incitations fiscales et des politiques de soutien aux petites et moyennes entreprises pour stimuler la production locale.
- Lutter contre la corruption : Frem plaide pour une transparence totale dans la gestion des finances publiques et la mise en place d’un système judiciaire indépendant.
Un candidat pragmatique, mais isolé politiquement
Malgré son discours novateur, Neemat Frem se heurte à une réalité politique complexe. Son positionnement indépendant et son rejet des alliances confessionnelles limitent ses soutiens au sein d’un Parlement dominé par les blocs traditionnels.
Cependant, son profil d’entrepreneur et son expertise en gestion attirent l’attention de nombreux Libanais, en particulier ceux qui aspirent à un changement profond dans la manière dont le pays est dirigé. Frem s’appuie également sur son réseau dans la diaspora, qu’il considère comme un acteur clé pour relancer l’économie.
Les défis d’une éventuelle présidence
Si Neemat Frem accède à la présidence, il devra relever plusieurs défis majeurs :
- Rassembler les forces politiques : En tant qu’indépendant, Frem devra construire des alliances pour surmonter les blocages institutionnels.
- Confronter les élites traditionnelles : Sa vision réformatrice risque de se heurter à l’opposition des acteurs politiques habitués à un système basé sur le clientélisme.
- Redonner espoir à la jeunesse : Frem devra convaincre les jeunes Libanais, dont beaucoup envisagent l’émigration, qu’un avenir est encore possible dans leur pays.
Un entrepreneur face au défi politique
La candidature de Neemat Frem reflète une volonté de rupture avec le système traditionnel. Son discours, centré sur la production, les réformes et la transparence, résonne auprès d’une partie de la population en quête de solutions concrètes. Cependant, son isolement politique et les résistances qu’il pourrait rencontrer soulignent les difficultés pour un outsider de transformer sa vision en réalité dans un système aussi fragmenté que celui du Liban.



