Les derniers articles

Articles liés

Netanyahu refuse de lier le Liban à une trêve avec l’Iran

- Advertisement -

Benjamin Netanyahu a durci mardi la position israélienne sur le dossier libanais en affirmant qu’Israël travaillait à éviter qu’un éventuel cessez-le-feu avec l’Iran ne se traduise automatiquement par une trêve au Liban. Selon ces déclarations, un arrêt des opérations sur le front libanais relèverait d’une décision distincte, prise uniquement par Israël. Cette ligne confirme la volonté du gouvernement israélien de dissocier le théâtre iranien du théâtre libanais, alors que Téhéran cherche au contraire à lier les deux volets dans toute négociation de cessez-le-feu.  

Ces propos s’inscrivent dans une séquence de déclarations israéliennes de plus en plus explicites sur le Liban-Sud. Dimanche 29 mars, Benjamin Netanyahu a annoncé avoir ordonné à l’armée d’étendre encore ses opérations dans le sud du Liban pour répondre aux tirs persistants du Hezbollah. Reuters rapportait alors que le Premier ministre présentait cette extension comme un moyen de renforcer la position sécuritaire d’Israël sur sa frontière nord, dans le cadre d’une campagne plus large contre l’Iran et ses alliés régionaux.  

Une ligne israélienne de séparation entre les deux fronts

La position exprimée par Netanyahu revient à fixer un principe politique simple : même si un accord intervient sur le front irano-israélien, cela ne doit pas, du point de vue israélien, imposer un arrêt des opérations contre le Hezbollah au Liban. En d’autres termes, Jérusalem veut garder les mains libres sur le front nord, indépendamment de l’évolution des discussions autour de l’Iran. Cette approche prolonge la doctrine défendue par plusieurs responsables israéliens ces derniers jours, selon laquelle le Hezbollah reste une menace distincte, même s’il agit dans le cadre d’un axe régional soutenu par Téhéran.  

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Mardi encore, le porte-parole militaire israélien Nadav Shoshani a affirmé qu’Israël était prêt à poursuivre ses frappes contre l’Iran pendant encore « des semaines », en expliquant que l’armée disposait des cibles, des munitions et des effectifs nécessaires. Cette déclaration renforce l’idée d’une stratégie israélienne à plusieurs niveaux : maintenir la pression sur l’Iran, tout en poursuivant en parallèle l’offensive contre le Hezbollah au Liban sans se laisser enfermer dans un schéma diplomatique unique.  

L’Iran veut inclure le Liban dans tout cessez-le-feu

La position iranienne est, elle, inverse. Reuters a rapporté le 25 mars, en citant six sources régionales, que Téhéran avait fait savoir par des intermédiaires que tout accord de cessez-le-feu avec les États-Unis et Israël devait aussi inclure le Liban. Selon ces sources, l’Iran exige un arrêt des opérations israéliennes contre le Hezbollah et considère le front libanais comme partie intégrante du rapport de force régional. L’une d’elles résumait la ligne iranienne en expliquant que Téhéran faisait du Liban une priorité et n’accepterait pas une répétition du scénario observé après la trêve de 2024, quand Israël avait continué à frapper en territoire libanais.  

Toujours selon Reuters, le Hezbollah a reçu des « garanties iraniennes » sur son inclusion dans tout accord plus large. Cette donnée éclaire la portée des propos de Netanyahu. En refusant qu’un cessez-le-feu avec l’Iran entraîne mécaniquement un cessez-le-feu au Liban, le Premier ministre israélien répond en creux à l’exigence de Téhéran. Les deux camps se positionnent donc déjà sur l’architecture même d’un éventuel accord : pour l’Iran, les fronts sont liés ; pour Israël, ils doivent rester séparés.  

Le Liban reste au centre de la stratégie israélienne

Cette dissociation voulue par Netanyahu intervient alors qu’Israël intensifie son discours sur le contrôle du sud du Liban. Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé qu’Israël prévoyait d’établir une zone tampon dans le sud du Liban jusqu’au fleuve Litani après la guerre en cours. Il a affirmé que l’armée garderait le contrôle de cette zone, y compris des ponts sur le Litani, qu’elle éliminerait les forces Radwan du Hezbollah et que plus de 600 000 habitants libanais déplacés ne pourraient pas revenir au sud du fleuve tant que la sécurité des communautés israéliennes du nord ne serait pas assurée. Il a aussi déclaré que toutes les maisons des villages libanais proches de la frontière seraient détruites.  

Cette annonce a donné une forme très concrète à la ligne israélienne. Elle montre que, du point de vue du gouvernement israélien, le front libanais ne dépend pas seulement des discussions sur l’Iran, mais d’un objectif propre de reconfiguration du terrain au sud du Liban. La référence répétée au Litani, déjà mentionnée dans les déclarations de Netanyahu sur l’extension des opérations, traduit cette volonté de fixer une profondeur sécuritaire sous contrôle israélien.  

Une guerre régionale, mais des décisions présentées comme distinctes

Depuis le 2 mars, date à laquelle Reuters situe la reprise de l’escalade à grande échelle après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le Hezbollah a ouvert un front actif contre Israël en tirant des roquettes vers le nord du pays. Israël présente toutefois ses opérations au Liban comme relevant de ses propres impératifs de sécurité, même si elles s’insèrent dans une confrontation régionale plus vaste contre Téhéran et ses alliés. C’est ce double discours que les dernières déclarations de Netanyahu cherchent à maintenir : reconnaître le caractère régional de la guerre, tout en affirmant qu’Israël décidera seul du moment et des conditions d’un éventuel arrêt des combats au Liban.  

Cette position a aussi une portée diplomatique. Si des discussions avancent sur un cessez-le-feu avec l’Iran, Israël veut éviter qu’un texte ou un engagement international ne limite automatiquement sa liberté d’action face au Hezbollah. La ligne posée par Netanyahu revient donc à prévenir à l’avance les médiateurs et les partenaires étrangers : un accord sur l’Iran ne vaudra pas, aux yeux d’Israël, règlement automatique du dossier libanais.  

Le Hezbollah et le dossier libanais dans l’équation régionale

Pour Téhéran, le calcul est différent. Le Hezbollah reste l’un des principaux alliés régionaux de l’Iran, et son inclusion dans un cessez-le-feu plus large constitue un enjeu à la fois militaire et politique. Reuters soulignait le 25 mars que l’organisation chiite libanaise, affaiblie par les combats récents et confrontée à une pression croissante au Liban sur la question de son désarmement, compte sur une trêve régionale pour reprendre de l’espace politique. C’est dans ce contexte que l’Iran insiste pour que le Liban soit inclus dans toute formule d’arrêt des hostilités.  

L’écart entre les deux approches apparaît donc nettement. D’un côté, Téhéran veut traiter l’Iran, le Hezbollah et le Liban dans un même cadre régional. De l’autre, Netanyahu affirme qu’un cessez-le-feu au Liban doit rester une décision indépendante israélienne. Cette opposition ne porte pas seulement sur le terrain militaire. Elle touche déjà à la forme même d’un éventuel accord, à son périmètre et à la question de savoir qui décidera de la fin des combats sur la frontière israélo-libanaise.  

Une déclaration qui fixe la ligne israélienne

Les dernières déclarations de Netanyahu ont donc une portée immédiate : elles posent publiquement que le front libanais ne sera pas automatiquement inclus dans un arrangement avec l’Iran. Elles arrivent au moment où Israël étend ses opérations au Liban-Sud et où ses responsables parlent de plus en plus ouvertement d’une zone de contrôle durable jusqu’au Litani. En face, l’Iran fait savoir, par des canaux indirects, qu’il refuse précisément cette séparation entre les deux dossiers.  

À ce stade, la confrontation diplomatique rejoint donc la confrontation militaire. Israël veut garder la maîtrise exclusive du calendrier sur le Liban. L’Iran cherche à protéger le Hezbollah en intégrant le volet libanais à toute négociation régionale. Entre les deux, le dossier d’un éventuel cessez-le-feu apparaît moins comme un accord proche que comme un nouveau champ de bataille politique, où chaque camp tente d’imposer ses propres lignes rouges.  

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi