jeudi, janvier 29, 2026

Nous suivre sur

Or, Pouvoir, Dette et Destin — Pourquoi le Monde entre dans une nouvelle ère monétaire

- Advertisement -

Nous vivons un moment rare dans l’histoire : un point de bascule où la monnaie, la dette, le pouvoir et la géopolitique convergent vers une reconfiguration profonde de l’ordre mondial. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement les marchés financiers. Il s’agit d’une crise de valeur, d’une crise de confiance, et peut-être d’une crise de civilisation.

Depuis toujours, les empires ne tombent pas seulement par la guerre ou la décadence morale. Ils tombent lorsqu’ils corrompent leur monnaie. Rome a dilué son argent. L’Espagne impériale a confondu afflux d’or et richesse réelle. Weimar a détruit la valeur par l’impression monétaire. Bretton Woods s’est effondré lorsque la promesse de discipline monétaire a cessé d’être tenue. L’histoire suit un schéma implacable : lorsque la monnaie cesse de refléter la réalité, l’empire entre dans sa phase terminale.

Notre époque rejoue ce cycle sous une forme moderne. Les monnaies fiat reposent sur la confiance, mais cette confiance est mise à l’épreuve par des dettes publiques colossales, des déficits structurels, et une création monétaire qui remplace la croissance réelle. La finance s’éloigne de l’économie productive, tandis que le symbole l’emporte sur la substance.

Dans ce contexte, le dollar — pilier du système international depuis la Seconde Guerre mondiale — voit son hégémonie progressivement remise en question. La montée des BRICS, la dé-dollarisation, l’accumulation d’or par les banques centrales et la fragmentation du commerce mondial signalent une transition vers un ordre monétaire multipolaire.

La géopolitique amplifie cette dynamique. Les tensions avec l’Iran et le risque d’un choc pétrolier rappellent que l’énergie demeure une arme stratégique. Le détroit d’Ormuz, les conflits régionaux, les sanctions et les guerres commerciales transforment le pétrole, le commerce et la monnaie en instruments de pouvoir. Le protectionnisme croissant fragmente la mondialisation, tandis que les rivalités entre blocs redessinent les chaînes de valeur et les flux financiers.

Dans un tel monde, les actifs traditionnels perdent leur statut de refuge. Les obligations souveraines offrent des rendements réels fragilisés par l’inflation. Les marchés actions apparaissent vulnérables aux chocs macroéconomiques et géopolitiques. Les devises fiat sont exposées à l’érosion monétaire et à l’arbitrage politique.

Que reste-t-il lorsque la dette ne rassure plus, que la monnaie se dilue et que la confiance vacille ?
Il reste l’or.

L’or ne dépend ni d’un gouvernement, ni d’une banque centrale, ni d’une promesse politique. Il est rare, tangible, apolitique et intemporel. Il traverse les siècles, survit aux empires et renaît chaque fois que la monnaie se fragilise. Sa hausse n’est pas une simple spéculation : elle est un verdict silencieux sur la crédibilité du système monétaire.

Si le système actuel se maintient sous tension, l’or pourrait s’installer durablement à des niveaux élevés. Si la dé-dollarisation s’accélère, si les banques centrales renforcent leurs réserves, et si les blocs économiques poursuivent leur émancipation monétaire, l’or pourrait redevenir un pilier central de l’architecture financière mondiale. En cas de rupture systémique — choc pétrolier majeur, crise de la dette souveraine, conflit géopolitique étendu ou perte brutale de confiance dans les monnaies fiat — l’or pourrait connaître une réévaluation historique, reflet d’un réalignement monétaire global.

Mais au-delà des prix, l’enjeu est plus profond. La monnaie n’est pas seulement un outil économique : elle est un contrat moral entre générations. Lorsqu’elle est saine, elle protège l’épargne, le travail et la dignité. Lorsqu’elle est corrompue, elle détruit la confiance, récompense l’irresponsabilité et prépare la chute des nations.

Ainsi, la question n’est pas seulement jusqu’où l’or peut monter.
La vraie question est : jusqu’où les sociétés modernes peuvent-elles étirer la dette, manipuler la monnaie et repousser la discipline avant de devoir revenir à un ancrage réel ?

L’or ne monte pas parce qu’il devient plus précieux.
Il monte parce que les monnaies deviennent moins crédibles.
Et dans chaque cycle de l’histoire, lorsque la valeur est trahie, l’or redevient le juge ultime des empires.

- Advertisement -
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A côté de l'actualité