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Perspective: la fausse stabilité du taux de change libanais en 2024

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une parité nominale trompeuse

Le taux de change de la livre libanaise (LBP) contre le dollar américain (USD) a été maintenu entre 89 600 et 89 700 LBP/USD tout au long de 2024, grâce à une série de mesures coercitives de la Banque centrale du Liban (BdL). Cependant, cette parité nominale ne reflète pas la valeur réelle de la monnaie. En effet, sur le marché noir, le taux de change effectif peut être bien plus élevé, tandis que la stabilité affichée masque des pressions économiques sous-jacentes.

La différence entre parité nominale et parité réelle est cruciale ici. La parité nominale représente le taux officiellement déclaré, mais la parité réelle tient compte de facteurs comme l’inflation, les taux d’intérêt, et la compétitivité économique. Dans le cas libanais, la dévaluation implicite de la livre, couplée à une inflation galopante et des taux d’intérêt exorbitants de 45 %, montre que la valeur nominale est largement surévaluée.

IndicateurValeur (2024)
Taux nominal (officiel)89 600-89 700 LBP/USD
Taux d’intérêt bancaire45 %
Réserves en devises10,135 milliards USD
Inflation estimée>100 %

des politiques de stabilisation inefficaces

La BdL a déployé plusieurs instruments pour maintenir ce taux nominal, mais ces mesures ont des effets pervers :

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  1. Réduction de la masse monétaire : En limitant les livres en circulation, la BdL a artificiellement soutenu la parité nominale. Cependant, cette contraction monétaire étouffe l’économie réelle, réduisant la consommation et les investissements.
  2. Contrôle des capitaux : Les restrictions strictes sur les retraits en devises étrangères et les transferts internationaux ont créé un marché noir florissant, où le taux réel reflète davantage la perte de confiance des citoyens.
  3. Augmentation des taux d’intérêt : Les banques libanaises offrent actuellement des taux d’intérêt atteignant 45 % pour attirer des dépôts en livres. Ces rendements astronomiques ne sont pas durables et augmentent le coût du crédit pour les entreprises, aggravant la récession.

une fausse stabilité à un coût élevé

La stabilité nominale n’est qu’une façade. En réalité :

  • Les ménages et entreprises subissent les effets de la parité réelle : Les prix des biens importés, calculés au taux réel, explosent, rendant la vie quotidienne inaccessible pour une grande partie de la population.
  • Les banques souffrent d’une fragilité accrue : Le paiement des taux d’intérêt élevés est soutenu par une émission monétaire indirecte, augmentant les risques d’une spirale inflationniste incontrôlée.
  • La perte de confiance est irrémédiable : Les politiques de contrôle coercitives éloignent les investisseurs étrangers et aggravent la fuite des capitaux.

la comparaison avec d’autres pays

L’expérience libanaise rappelle celle de plusieurs pays ayant tenté de maintenir artificiellement leurs taux de change dans des périodes de crise économique aiguë. En Argentine, par exemple, la fixation d’un taux nominal déconnecté des fondamentaux économiques a conduit à une crise monétaire profonde, marquée par une explosion de la dette publique et une fuite massive des capitaux.

vers une politique plus transparente

La BdL devra inévitablement abandonner cette stratégie de stabilisation superficielle. Voici quelques recommandations :

  • Réaligner la parité nominale sur la réalité économique : Une dévaluation contrôlée permettrait de réduire l’écart entre le taux officiel et le taux du marché noir.
  • Adopter des politiques anti-inflationnistes ciblées : Réduire les dépenses publiques improductives et stabiliser la masse monétaire, sans asphyxier l’économie.
  • Réformer le secteur bancaire : Réduire les taux d’intérêt pour restaurer un financement productif, plutôt que spéculatif.

une politique insoutenable

En conclusion, la stabilisation nominale de la livre libanaise est une politique coûteuse et insoutenable. Bien qu’elle offre un répit temporaire, elle repousse les réformes indispensables et alourdit le fardeau économique du pays. La déconnexion entre la parité nominale et la parité réelle est un symptôme d’une économie en crise, et le Liban devra s’engager dans des réformes courageuses pour éviter un effondrement total.

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Newsdesk Libnanews
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