vendredi, février 20, 2026

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Quand l’élection devient excuse : du devoir moral à l’exception identitaire

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Depuis les premiers récits bibliques, l’idée d’un “peuple élu” a toujours été traversée par une tension : il ne s’agissait pas d’une supériorité, mais d’un appel moral, une exigence éthique plus forte que pour les autres peuples. Dans la tradition hébraïque, l’élection n’accorde aucun privilège de domination : elle impose une responsabilité, parfois vécue comme un fardeau. Le peuple élu devait être exemplaire devant Dieu – non pas dominateur, mais juste.

Cette lecture, fondée sur une relation de loyauté à la Loi, a subi au cours des derniers siècles une série de glissements idéologiques qui ont progressivement vidé la notion de son contenu éthique. Dès le XIXe siècle, l’irruption des classifications raciales et des nationalismes biologisés a perverti cette idée en la transformant en argument identitaire absolu. Le nazisme en fera un mythe radical : celui d’un peuple, non plus moralement élu, mais racialement supérieur – destiné non à témoigner, mais à régner et purifier.

On croyait ce type de dérive relégué à l’histoire. Pourtant, elle resurgit aujourd’hui, de manière assumée, y compris dans des discours politiques de premier plan. Lorsque Bezalel Smotrich, ministre israélien, déclare :

« Le droit international ne s’applique pas aux Juifs, car ils sont le peuple élu »,

Ce n’est pas seulement une provocation. C’est une rupture de fond. L’élection, conçue dans sa source comme une soumission à une exigence supérieure, devient ici un passe-droit suprémaciste, une manière d’annuler l’universalité de la loi au nom d’une essence identitaire.

Ce basculement est dangereux. Il ne menace pas seulement l’ordre juridique ou diplomatique – il compromet l’idée même de vivre-ensemble fondé sur un droit partagé. L’histoire récente montre que chaque fois qu’un peuple se croit autorisé à se placer au-dessus des normes communes, il finit par se couper du monde, puis par se justifier tout ce qu’il fait au nom d’un statut “sacré”.

Or, ce n’est pas cela, l’élection. La vraie grandeur d’un peuple – élu ou non – ne réside jamais dans l’exemption, mais dans sa capacité à respecter la justice, y compris quand elle l’incommode. Elle réside dans sa faculté à rester fidèle à une exigence morale quand il aurait les moyens de s’en affranchir.

Nous devons, collectivement, retrouver ce sens profond : celui d’une responsabilité qui lie, qui engage, et qui interdit de confondre Dieu avec la force, ou le droit avec l’exception.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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