Intensification des débats autour de la loi électorale
La question du cadre juridique des prochaines élections législatives alimente une vive controverse au sein des institutions politiques libanaises. À moins d’un an de l’échéance prévue pour mai 2026, la loi électorale n° 44/2017, adoptée en 2017, fait l’objet d’une remise en cause, notamment concernant l’application différée de certaines de ses dispositions.
Dans son édition du 12 juin 2025, le quotidien Al Akhbar rapporte que la commission parlementaire présidée par Élias Bou Saab a tenu deux réunions consécutives consacrées aux articles relatifs au vote des non-résidents. Ceux-ci, prévus par les articles 111, 112, 113 et 122, devraient permettre à six députés représentant la diaspora libanaise d’être élus depuis l’étranger. Pourtant, ces articles n’ont pas été mis en œuvre en 2018 ni en 2022, et leur activation pour 2026 crée une fracture politique majeure.
Selon Al Akhbar, certains blocs parlementaires, dont les Forces libanaises et le Parti Kataëb, prônent un retour au système de vote pour les candidats locaux, en supprimant les sièges alloués aux expatriés. Inversement, des formations comme le Courant patriotique libre s’opposent fermement à toute modification, arguant de l’importance du vote diasporique dans le processus démocratique.
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Le quotidien précise que « cette disposition électorale devient une véritable bombe à retardement au sein du Parlement, menaçant l’équilibre des blocs et la stabilité du gouvernement », en citant des sources parlementaires présentes lors des échanges houleux en commission (Al Akhbar, 12 juin 2025).
Multiples propositions et risque de déséquilibre confessionnel
Al Akhbar mentionne plusieurs propositions concurrentes visant à réformer plus largement le système électoral. Le député Neemat Frem a suggéré la création d’un Conseil des Cheikhs non confessionnel, tandis que les députés Melhem Khalaf et Najat Aoun ont proposé un Conseil consultatif élu au suffrage universel pour un mandat unique de cinq ans. Ces initiatives, bien que symboliques, peinent à trouver une majorité parlementaire, notamment en raison des résistances confessionnelles ancrées.
Dans Ad Diyar du 12 juin 2025, une source anonyme parlementaire déclare que « les projets de réforme sont perçus par certains partis comme des tentatives de dilution des poids communautaires, ce qui cristallise un rejet transversal ». Le journal souligne en outre que les conditions politiques et sécuritaires actuelles compliquent toute tentative de réforme majeure.
Al Joumhouriyat rapporte également les propos d’un député proche des Forces libanaises, selon lequel « les partis qui ont perdu en 2022 à cause du vote des expatriés veulent neutraliser cet électorat » (Al Joumhouriyat, 12 juin 2025).
Pressions internationales et enjeux diplomatiques
La réforme électorale est indissociable du contexte diplomatique actuel, marqué par l’activisme de plusieurs chancelleries. La visite du diplomate français Jean-Yves Le Drian au Liban est largement couverte par Ad Diyar, qui souligne que celui-ci a rencontré Mohammed Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah. Ce déplacement à Haret Hreik est qualifié par le journal de « tentative inédite de Paris pour briser l’isolement diplomatique entre l’Europe et le Hezbollah » (Ad Diyar, 12 juin 2025).
De son côté, Al Liwa’ cite Le Drian affirmant que « le Liban risque l’isolement total s’il ne donne pas de signaux forts en matière de réforme, y compris sur la question de la souveraineté militaire ». Le diplomate français aurait insisté, selon le journal, sur la nécessité d’un désarmement progressif et négocié des milices, dans le cadre d’un plan de stabilisation globale du pays (Al Liwa’, 12 juin 2025).
Le journal Al Sharq rapporte également l’analyse d’un haut diplomate français indiquant que « le renouvellement du mandat de la FINUL sera conditionné à des garanties de coopération de la part des autorités libanaises » (Al Sharq, 12 juin 2025).
Blocages politiques internes et menaces sur l’exécutif
L’impasse autour de la loi électorale menace directement la survie du gouvernement actuel, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam. D’après Al Akhbar, des voix au sein de la majorité parlementaire envisagent de conditionner leur soutien à l’exécutif à l’adoption d’une réforme électorale conforme à leurs intérêts électoraux (Al Akhbar, 12 juin 2025).
Ad Diyar cite un proche du Premier ministre avertissant que « sans accord d’ici l’automne, les élections seront reportées, et avec elles, tout le processus de réformes économiques et institutionnelles » (Ad Diyar, 12 juin 2025).
La crainte d’une chute du gouvernement est d’autant plus vive que la Banque mondiale et le FMI ont lié l’octroi de financements supplémentaires à des réformes structurelles, dont celle du système électoral. En l’absence de consensus, c’est l’ensemble du redressement économique qui pourrait être compromis.
Politique locale: tensions interpartisanes et polarisation des réformes
Escalade parlementaire autour de la loi électorale
Le débat parlementaire sur la réforme de la loi électorale a révélé de profondes lignes de fracture au sein du paysage politique libanais. Le projet de réactivation des articles concernant les six sièges dédiés à la diaspora, restés inappliqués en 2018 et 2022, ravive des tensions entre blocs rivaux. Selon Al Akhbar du 12 juin 2025, cette initiative suscite une opposition farouche de plusieurs partis qui y voient une menace pour leur poids électoral. Le journal précise que certains blocs, notamment les Forces libanaises et le Parti Kataëb, militent pour une suppression pure et simple de ces sièges, dénonçant un « déséquilibre artificiel au profit d’intérêts partisans exogènes ».
Face à eux, le Courant patriotique libre et des figures indépendantes défendent ces articles comme un mécanisme essentiel de réintégration nationale. Dans les couloirs du Parlement, rapporte Al Akhbar, les négociations sont décrites comme « bloquées et hautement polarisées », marquées par des accusations de manipulation du calendrier législatif pour des fins électorales.
Ad Diyar ajoute que la présidence du Parlement, incarnée par Nabih Berri, a tenté une médiation en convoquant une réunion multipartite, sans succès notable. Selon le quotidien, les participants n’ont pu s’accorder sur l’ordre du jour, certains réclamant l’ajout de la réforme du découpage électoral, tandis que d’autres exigent une priorisation des lois économiques.
Le Drian en médiateur officieux entre les partis
La visite du diplomate français Jean-Yves Le Drian a pris une dimension politique directe lorsqu’il a rencontré des représentants de diverses formations, dont le Hezbollah, Amal, les Forces libanaises et le Courant patriotique libre. Ad Diyar du 12 juin 2025 souligne que Le Drian a insisté sur « la nécessité d’une réforme électorale inclusive et transparente », qu’il a qualifiée de condition préalable au rétablissement de la confiance internationale.
D’après Al Liwa’, l’émissaire français a notamment exprimé ses préoccupations quant au « climat de méfiance généralisée entre les institutions et les citoyens », et a plaidé pour une réactivation du dialogue national. Le journal rapporte que Le Drian aurait souligné, lors de son passage à Baabda, que « le Liban ne pourra pas rester indéfiniment dans une situation d’ambiguïté constitutionnelle ».
Le président Joseph Aoun, selon Al Sharq, a exprimé à cette occasion son engagement en faveur de « la continuité démocratique et de la lutte contre la corruption électorale », saluant l’effort français sans s’aligner formellement sur les recommandations de Paris.
Frictions internes autour du soutien international
La perspective d’un soutien international conditionné à des réformes renforce la compétition entre les blocs parlementaires. Al Joumhouriyat cite un député anonyme de l’opposition estimant que « certains partis cherchent à instrumentaliser les aides étrangères pour imposer une architecture électorale sur mesure ».
Le même journal note que plusieurs parlementaires, notamment du bloc du changement, reprochent au gouvernement de Nawaf Salam son « attentisme stratégique », l’accusant de « laisser la réforme se noyer dans les procédures » pour ne pas froisser ses alliés internationaux. Al Akhbar indique en parallèle que certains ministres envisagent d’inclure la réforme dans le cadre de négociations plus larges avec la Banque mondiale, afin d’en faire un levier de mobilisation de fonds.
Dans ce contexte, Ad Diyar rapporte que des proches du Premier ministre défendent la prudence de Salam, rappelant que « le Liban a payé cher par le passé les réformes précipitées imposées par l’étranger ».
Réactions divergentes à l’arrestation de l’ancien ministre Amin Salam
L’interpellation de l’ancien ministre de l’Économie Amin Salam a provoqué une onde de choc dans le paysage politique. Accusé de faux en écritures et de signature de contrats illégaux, Salam a été placé en détention provisoire après un interrogatoire de trois heures, selon An Nahar du 12 juin 2025. Le journal ajoute que cette procédure s’inscrit dans un dossier distinct de celui d’enrichissement illicite déjà en cours contre lui.
Cette arrestation est perçue par certains comme un coup de filet judiciaire significatif, tandis que d’autres y voient une manœuvre sélective. Al Liwa’ note que « plusieurs figures politiques, dont Gebran Bassil, ont dénoncé un ciblage à géométrie variable », appelant à une justice « impartiale et exhaustive ».
De son côté, Al Sharq publie les propos du chef religieux Cheikh Khaldoun Araymet : « Nous disons oui à la lutte contre les corrompus, mais non aux arrestations arbitraires et sélectives ». Cette déclaration rejoint un sentiment diffus dans la société, selon lequel la justice poursuit des figures isolées tout en ménageant les responsables les plus puissants.
Les municipalités face à une crise de gouvernance
Au niveau local, la crise de gouvernance se manifeste notamment dans les tensions entourant la gestion des municipalités. Al Bina’ mentionne plusieurs cas de contestation dans la Békaa et à Baalbek, où des syndicats appellent à des élections générales anticipées pour renouveler les conseils municipaux et syndicaux. Ces appels sont motivés par des accusations de mauvaise gestion, de clientélisme et d’inefficacité administrative.
Selon le même journal, des appels à la grève circulent parmi les agents municipaux, notamment en raison des retards de paiement des salaires et de l’absence de budget clair pour l’année 2025. Certains acteurs locaux réclament une tutelle administrative temporaire du ministère de l’Intérieur, ce qui soulève des objections juridiques sur la base de la loi de décentralisation.
Al Joumhouriyat signale qu’un jeune homme politique développe un programme de développement local dans le Metn, misant sur « l’engagement des jeunes et des acteurs de terrain » pour pallier l’inertie des autorités centrales.
Citation et discours des personnalités politiques: avertissements, critiques et lignes rouges
Marwan Hamadé met en garde contre l’inaction gouvernementale
Dans un communiqué relayé par An Nahar le 12 juin 2025, le député Marwan Hamadé a vivement critiqué le retard pris dans la gestion des affaires publiques. Il a averti : « Je mets en garde les autorités contre les conséquences du retard dans le traitement de tous les dossiers, ce qui aura des répercussions inacceptables dans les circonstances exceptionnelles que traverse le pays. » Il ajoute que le Liban ne peut plus se permettre le luxe de perdre du temps : « Il faut des positions fermes et décisives, sans complaisance, car le pays ne supporte plus les tergiversations. »
Hamadé insiste aussi sur la responsabilité politique des hauts responsables : « Je lance cet avertissement en tant que conseil, et non en tant qu’attaque contre telle ou telle autorité. » Ces déclarations visent indirectement la présidence de la République et le gouvernement de Nawaf Salam, critiqués pour leur prudence excessive dans la mise en œuvre des réformes. An Nahar précise que ces propos ont été perçus comme une pression pour accélérer les décisions sur les dossiers prioritaires, notamment la réforme électorale et les nominations judiciaires.
Cheikh Khaldoun Araymet dénonce une justice à deux vitesses
Dans une déclaration rapportée par Al Sharq le 12 juin 2025, le dignitaire sunnite Cheikh Khaldoun Araymet a condamné ce qu’il appelle « les arrestations arbitraires déguisées en lutte contre la corruption ». Réagissant à la détention de l’ancien ministre Amin Salam, il a déclaré : « Oui à la lutte contre les corrompus, mais non aux détentions aléatoires. La justice ne peut fonctionner avec un œil fermé. » Il a ajouté que « les plus grands responsables de la corruption circulent librement tandis que d’autres, moins puissants, sont ciblés ».
Selon Al Sharq, ces propos ont été largement relayés par des activistes sur les réseaux sociaux, en écho à une frustration grandissante dans la population face à une perception d’impunité généralisée. Araymet a conclu son intervention en appelant à « une refondation morale de la vie politique », appelant à la fin du règne des « responsables sans substance, qui gouvernent sans vision ni intégrité ».
Nabih Berri critique l’inertie de ses alliés
Le président de la Chambre, Nabih Berri, s’est exprimé dans un cadre informel selon An Nahar, lançant une phrase qui a fait grand bruit : « S’ils m’avaient écouté, nous n’en serions pas là. » Cette citation, rapportée anonymement par des proches du leader du mouvement Amal, a été largement interprétée comme une critique de l’inaction de certains de ses partenaires politiques, notamment le Hezbollah et le gouvernement.
Toujours selon An Nahar, Berri estime que la lenteur des réformes, en particulier dans les domaines électoraux et judiciaires, affaiblit la légitimité de l’État. Bien qu’il ne l’ait pas dit publiquement, ses déclarations en coulisses trahissent une lassitude face à l’absence de décisions structurantes et pourraient annoncer un repositionnement stratégique de sa part dans les prochains mois.
Jean-Yves Le Drian insiste sur la souveraineté de l’État
Le diplomate français Jean-Yves Le Drian, lors de sa visite au Liban, a tenu plusieurs propos remarqués sur la scène politique locale. Al Liwa’ rapporte qu’il a déclaré : « Le Liban risque l’isolement international s’il ne montre pas de volonté réformatrice claire, notamment sur la question de la souveraineté de l’État. » Cette phrase vise implicitement la présence d’armes en dehors du cadre institutionnel, et donc le Hezbollah.
Selon Al Sharq, Le Drian a aussi souligné la nécessité d’une pleine coopération avec la FINUL et de garanties sur le contrôle par l’État des opérations sécuritaires dans le Sud. Le diplomate aurait précisé que le renouvellement du mandat des forces internationales dépendra de « l’engagement tangible des autorités libanaises à respecter leurs obligations internationales ».
Naim Kassem rejette toute pression extérieure
Le chef du Hezbollah, Naim Kassem, a répondu indirectement aux déclarations françaises à travers un communiqué diffusé en interne et cité par Ad Diyar. Il y dénonce « les tentatives de conditionner le soutien international à des concessions politiques sur la question de la résistance ». Il affirme que « la souveraineté du Liban n’est pas à vendre, ni contre des promesses d’aide, ni sous pression diplomatique ».
Toujours selon Ad Diyar, Kassem a insisté sur le fait que le Hezbollah « ne négociera jamais son rôle de défense nationale sous la menace d’un isolement international ». Il appelle les autorités à ne pas céder à « la logique d’une tutelle déguisée », tout en réaffirmant leur volonté de coopérer dans le cadre des institutions.
Diplomatie: tensions autour de la FINUL et pressions internationales croissantes
Visite de Jean-Yves Le Drian: avertissements et conditions
Le 12 juin 2025, les journaux Nahar et Al Liwa’ ont largement couvert la visite de Jean-Yves Le Drian, émissaire spécial du président français. Cette visite, qualifiée de « décisive » par plusieurs sources diplomatiques, s’est déroulée sur fond de tensions croissantes autour du renouvellement du mandat de la FINUL. Selon Nahar, Le Drian a insisté sur l’importance de « renforcer la souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire », en précisant que « la communauté internationale ne tolérera plus les agressions contre les forces onusiennes ».
D’après Al Liwa’, l’émissaire français a tenu plusieurs réunions, notamment avec des responsables de la majorité et de l’opposition. Il aurait déclaré que « le soutien international au Liban ne peut être dissocié de la capacité des autorités à faire respecter leurs engagements, en particulier dans le Sud ». Il a aussi fait allusion au lien entre l’aide au développement et le respect des résolutions onusiennes, notamment la 1701. Une partie de son discours aurait aussi porté sur le rôle des armes illégales et sur l’obligation de l’État de maintenir un contrôle exclusif sur la sécurité.
Pression autour du mandat de la FINUL
Dans Ad Diyar du 12 juin 2025, plusieurs articles mettent en lumière les inquiétudes grandissantes liées au renouvellement du mandat de la FINUL, prévu pour août prochain. Le journal note que les incidents récents avec les unités de la FINUL dans le Sud du Liban ont déclenché des réactions diplomatiques en chaîne. La France, principal soutien financier et politique de cette mission, exerce une pression accrue sur Beyrouth afin que le Liban « clarifie sa position » sur l’avenir de cette force. Ad Diyar précise que des contacts ont été établis entre la FINUL, l’armée libanaise et les autorités locales pour apaiser les tensions.
Le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haikal, a effectué une visite officielle au siège de la FINUL à Naqoura, comme le rapporte également Al Joumhouriyat. Lors de cette rencontre, il a réaffirmé « l’engagement total de l’armée libanaise à appliquer la résolution 1701 » et insisté sur « la nécessité d’un partenariat constructif entre l’armée et les forces internationales, dans le cadre du respect mutuel des mandats ».
Reproches européens et conditions politiques
Selon Al Akhbar et Al Binaa’, les gouvernements occidentaux, notamment l’Union européenne, considèrent que la coopération libanaise avec la FINUL s’est détériorée depuis plusieurs mois. Al Binaa’ rapporte que certaines unités de la FINUL ont été confrontées à des actes d’hostilité dans les zones frontalières, incidents que l’Europe attribue à « un manque de fermeté des autorités libanaises ».
Toujours selon Al Akhbar, la France considère que « les résistances locales aux activités de la FINUL sont orchestrées pour affaiblir sa présence », et qu’il s’agit d’un « test de crédibilité » pour le gouvernement libanais. Dans ce contexte, Paris envisagerait de conditionner une partie de son aide, y compris dans le cadre du futur « conférence des donateurs » prévue en septembre, à une amélioration concrète de la coopération entre le Liban et la FINUL.
Position ambivalente du Hezbollah
Dans ses éditions du 12 juin 2025, Ad Diyar met également en lumière la posture du Hezbollah face aux critiques internationales. Selon le quotidien, les dirigeants du parti chiite insistent sur le caractère « provocateur » de certaines unités de la FINUL, tout en réaffirmant leur soutien à sa présence globale. Le Hezbollah, par la voix de ses responsables, évoque « la nécessité pour la FINUL de respecter les accords de coordination avec l’armée libanaise » et rejette toute accusation de sabotage.
Un article d’Al Binaa’ cite une source interne au parti affirmant que « les unités internationales doivent éviter les provocations inutiles dans les villages chiites », tout en soulignant que « le parti ne cherche pas le départ de la FINUL, mais souhaite une meilleure articulation avec les réalités du terrain ». Cette position traduit une volonté de maintenir un équilibre entre la pression populaire et les engagements institutionnels.
Multiplication des incidents frontaliers
Parallèlement à ces tensions diplomatiques, Nahar rapporte plusieurs incidents récents entre les troupes israéliennes et les forces libanaises. Le 11 juin, une incursion israélienne au niveau de Biyr Chayeb et une frappe de drone à Beit Lif ont provoqué un mort et trois blessés. Ces événements, selon le journal, renforcent la méfiance des populations locales envers la stabilité sécuritaire et compliquent davantage le mandat de la FINUL, qui est perçue par certains comme incapable de prévenir les agressions israéliennes.
Le journal Al Joumhouriyat souligne que ces événements alimentent aussi la rhétorique de certaines forces politiques qui estiment que « le maintien de la FINUL n’a de sens que si son mandat est respecté par toutes les parties, y compris Israël ». L’article ajoute que ces tensions risquent de faire dérailler les discussions sur l’élargissement de son mandat, souhaité par certains pays européens.
Politique internationale: repositionnements géostratégiques et affrontement sino-américain
Vers une nouvelle ère commerciale entre Pékin et Washington
Le 12 juin 2025, Ad Diyar, Al Sharq Al Awsat et Al Araby Al Jadeed ont couvert en détail la conclusion d’un nouvel accord commercial entre les États-Unis et la Chine. Le président américain Donald Trump a annoncé que cet accord inclut un engagement de la Chine à fournir immédiatement des matériaux magnétiques et des métaux rares, en échange de la levée de certaines restrictions américaines, notamment l’autorisation pour les étudiants chinois d’intégrer les universités américaines. Dans une déclaration sur Truth Social, Trump a affirmé : « Nous obtiendrons 55 % de droits de douane globaux, et la Chine en obtiendra 10 %. La relation est excellente ! »
Selon Ad Diyar, cette annonce marque une rupture avec les précédentes négociations, introduisant pour la première fois une condition de livraison immédiate. Le même journal précise que les États-Unis imposeront une combinaison de droits : 10 % de droits de base, 20 % en lien avec des accusations de trafic de fentanyl, et 25 % de droits maintenus depuis le premier mandat de Trump.
Al Sharq Al Awsat détaille l’objectif de l’accord : restaurer la stabilité des échanges après des années de tensions, tout en révélant les vulnérabilités des deux puissances en matière de chaînes d’approvisionnement. Il souligne également que la Chine avait, par le passé, menacé de restreindre ses exportations de métaux critiques, notamment ceux indispensables à l’industrie de la défense, des technologies et de l’automobile. L’accord représente donc, selon ce journal, un compromis stratégique où Pékin obtient des avantages académiques et diplomatiques en échange de concessions industrielles.
Une guerre commerciale relancée sous une forme hybride
L’analyse publiée par Al Sharq Al Awsat indique que si l’accord de juin 2025 est présenté comme une trêve, il pourrait en réalité représenter une mutation de la guerre commerciale sino-américaine. Le journal explique que les taxes cumulées atteignent un record depuis 2018. La Chine, de son côté, a annoncé son intention de « renforcer les mécanismes de surveillance des exportations sensibles », tout en promettant de maintenir le dialogue ouvert. Un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères, rapporté par Al Araby Al Jadeed, précise que « les deux parties ont convenu de promouvoir un cadre de coopération équilibrée et durable ».
L’article ajoute que les discussions ont eu lieu à Londres après une série d’échanges au sommet entre les présidents Trump et Xi Jinping. L’accord, bien qu’encore dépendant de leur approbation finale, est vu par les diplomates comme un « virage pragmatique » après les multiples contentieux sur les terres rares, la sécurité technologique et les tensions dans le détroit de Taïwan.
Impacts globaux: marché, diplomatie et sécurité
Dans Ad Diyar, un expert économique est cité affirmant que « les répercussions de cet accord se feront sentir à l’échelle planétaire, car il touche aux fondements mêmes de la souveraineté industrielle ». Il estime que les États-Unis visent à sécuriser leur accès aux composants essentiels pour l’intelligence artificielle, les batteries et l’aéronautique, tandis que la Chine cherche à maintenir ses talents connectés aux réseaux universitaires mondiaux.
Un autre article de Al Sharq Al Awsat met en lumière la lecture géopolitique de l’accord, considéré comme une « arme de normalisation économique » dans le cadre d’une rivalité plus large. Les experts évoquent un retour à une forme d’interdépendance maîtrisée, où chaque partie accepte une dose de concession afin de préserver sa stabilité interne.
Économie: dépendance aux aides internationales et dilemmes des réformes structurelles
Un soutien international conditionné à des réformes majeures
Le 12 juin 2025, Nahar rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam a officiellement annoncé le lancement du projet LEAP (Lebanon Emergency Assistance Program), qualifié de « cadre de transformation » pour une reconstruction économique durable. Avec un budget initial d’un milliard de dollars, dont 250 millions à sécuriser via un prêt du Groupe de la Banque mondiale, le programme vise à réhabiliter les infrastructures critiques. Nawaf Salam a souligné que ce projet n’est pas une réponse ponctuelle mais « le socle d’un agenda national de redressement ». Il a insisté sur la nécessité d’une « exécution rapide et transparente », en lien avec les nouvelles compétences accordées au Conseil du développement et de la reconstruction.
Al Sharq confirme l’orientation de la réforme en précisant que des « procédures accélérées » seront mises en place pour réduire les délais administratifs. L’unité de gestion des projets bénéficiera d’une « autonomie renforcée » pour éviter les goulots d’étranglement bureaucratiques. Cependant, les observateurs internationaux restent prudents. Selon Nahar, les représentants du Groupe de la Banque mondiale ont salué les intentions gouvernementales mais n’ont pas encore fixé de date pour le déblocage des fonds.
Incertitudes sur les financements: France proactive, Arabie hésitante
Le même jour, Nahar et Al Sharq Al Awsat font état d’une situation contrastée lors d’un forum économique qui s’est tenu à Beyrouth. Seule la France a confirmé un engagement de 75 millions de dollars. Les autres bailleurs, notamment les fonds arabes, ont exprimé leur intérêt sans prise de décision immédiate. D’après Nahar, cette retenue s’explique par la persistance de conditions non remplies, telles que le monopole de l’État sur la sécurité et le désarmement des groupes armés.
La position française, décrite comme « engagée mais conditionnelle », montre que Paris souhaite voir des avancées concrètes dans l’application des lois économiques et dans la rationalisation de la dépense publique. Un diplomate cité dans Al Sharq rappelle que « les aides ne doivent pas servir à reproduire les cycles d’endettement mais à structurer une croissance soutenable ».
Réformes fiscales et cadre budgétaire
Dans Ad Diyar, la députée Inaya Ezzeddine appelle à un « changement radical dans les politiques fiscales » et à une « restructuration sérieuse du cadre budgétaire ». Elle considère que le Liban n’a plus le luxe de prolonger les modèles antérieurs. Lors d’un atelier sur les politiques fiscales organisé au Parlement, plusieurs propositions ont été formulées pour instaurer une progressivité accrue dans l’impôt sur le revenu, élargir la base de la TVA, et lutter contre l’évasion fiscale massive.
Par ailleurs, Al Akhbar évoque les risques liés à la réputation financière du pays. L’article explique que « la perception négative des agences de notation pourrait devenir un levier de pression dans les négociations avec les créanciers internationaux ». Une dégradation du crédit souverain, désormais anticipée par les marchés, limiterait la marge de manœuvre du Liban pour restructurer sa dette publique sans accord global avec le Fonds monétaire international (FMI).
Lenteurs dans la coopération avec le FMI
Selon Nahar, le gouvernement a renouvelé ses contacts avec le FMI, sans toutefois formaliser de nouveau programme. Le ministre des Finances, dont l’intervention a été relayée par Al Sharq, a détaillé une série de réformes adoptées récemment : gouvernance des finances publiques, loi sur la transparence des comptes, réforme de la fonction publique. Néanmoins, aucune de ces mesures n’a encore été traduite par un accord de financement formel.
Le journal mentionne également que les pourparlers restent « techniques et suspendus à des garanties politiques ». Le FMI, à travers ses représentants à Beyrouth, exige des « engagements vérifiables » sur la réduction du déficit primaire et sur la restructuration du secteur bancaire. La Banque mondiale, quant à elle, lie l’octroi de fonds à l’adoption complète d’un nouveau plan de gestion de la dette, aligné avec les recommandations de 2022.
Justice: enquêtes anticorruption et dénonciations d’une justice sélective
L’arrestation de l’ancien ministre Amin Salam ravive les débats sur la sélectivité judiciaire
Le 12 juin 2025, plusieurs quotidiens libanais, dont An Nahar, Al Liwa’ et Al Sharq, ont rapporté l’arrestation d’Amin Salam, ancien ministre de l’Économie. Selon les sources judiciaires citées par An Nahar, cette détention a eu lieu après un interrogatoire de plus de trois heures, dans le cadre d’une affaire distincte du dossier d’enrichissement illicite déjà ouvert contre lui. Il s’agit cette fois d’un chef d’accusation portant sur la signature de contrats présumés illégaux et sur de faux en écritures publiques.
La juge du parquet financier, Justine Sayegh, aurait ordonné la mise en détention préventive à la lumière de documents transmis par le ministère des Finances, lesquels révèlent des irrégularités dans l’octroi de marchés publics. An Naharnote que cette arrestation constitue l’une des rares actions concrètes contre un ancien ministre encore actif politiquement, ce qui a immédiatement suscité des réactions contrastées.
Accusations de justice sélective
En réaction à cette arrestation, plusieurs figures politiques et religieuses ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une justice partielle. Al Liwa’ rapporte les propos de Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre, qui a évoqué « un ciblage politique masqué sous les habits de la loi ». Il estime que certaines personnalités sont « protégées », tandis que d’autres « deviennent des boucs émissaires de l’immobilisme judiciaire ». Cette déclaration s’ajoute à une série de critiques plus larges adressées à l’appareil judiciaire.
Le même jour, Al Sharq publie la réaction de Cheikh Khaldoun Araymet, une figure influente de la communauté sunnite, affirmant que « l’arrestation de certaines figures ne peut justifier le silence sur les grands corrupteurs ». Il appelle à une refonte du système judiciaire et demande « une justice fondée sur l’équité et non sur la peur du rapport de force politique ».
Ces accusations traduisent un climat généralisé de défiance envers les institutions, déjà mis en évidence dans les sondages récents relayés par Nahar, selon lesquels une majorité des Libanais ne croit plus à l’impartialité des juges ni à l’efficacité des procédures.
Multiplication des procédures contre les fonctionnaires
Dans son édition du 12 juin 2025, Ad Diyar rapporte que plusieurs dossiers sont en cours contre des responsables municipaux, notamment dans les régions du Akkar et de la Békaa. Ces procédures portent sur des suspicions de détournement de fonds publics, d’usage de faux documents et de dilapidation de ressources communales. Le ministère de l’Intérieur aurait transmis une série de signalements à la Cour des comptes, dont certains concernent des maires en exercice.
Toujours selon Ad Diyar, les enquêtes avancent difficilement, faute de moyens logistiques suffisants et de coordination entre les instances administratives et judiciaires. Un juge anonyme cité par le journal déclare que « la pression politique empêche toute action judiciaire soutenue au niveau local ». Il plaide pour une levée du secret administratif dans les affaires d’intérêt public.
Pressions sur les juges et crise institutionnelle au sein de la magistrature
Le journal Al Joumhouriyat s’intéresse à la situation interne du corps judiciaire. Selon un article daté du 12 juin 2025, de nombreux juges se disent exposés à des pressions directes, tant de la part de figures politiques que d’influents réseaux économiques. Le Syndicat des magistrats a adressé une lettre ouverte au ministre de la Justice pour dénoncer « les interférences récurrentes » et exiger « des garanties constitutionnelles sur l’indépendance de l’autorité judiciaire ».
Dans ce même contexte, Al Akhbar révèle que plusieurs juges d’instruction ont présenté leur démission ces derniers mois, invoquant des « obstacles systématiques » à leur travail et un « climat d’impunité encouragé par l’exécutif ». L’article souligne que la Cour de cassation fonctionne à effectif réduit et que plusieurs chambres sont paralysées par manque de nominations.
Appels à une réforme judiciaire globale
Face à cette crise, des voix de la société civile réclament une refonte complète de l’appareil judiciaire. Al Binaa’mentionne l’appel lancé par une coalition d’ONG juridiques demandant l’adoption rapide du projet de loi sur l’indépendance de la justice, bloqué au Parlement depuis 2021. Ces organisations dénoncent le « système de nomination politique des juges », les « carences logistiques des palais de justice » et l’absence d’un code de déontologie actualisé.
Dans un entretien publié par Nahar, l’ex-juge Ghada Aoun déclare que « tant que la justice sera subordonnée à la classe politique, aucune lutte contre la corruption ne pourra aboutir ». Elle appelle à la création d’une Haute autorité indépendante pour superviser les affaires sensibles, incluant des représentants de la magistrature, du barreau et de la société civile.
Société: tensions sociales, fatigue collective et revendications sectorielles dispersées
Mobilisation partielle des syndicats de la fonction publique
Le 12 juin 2025, Nahar a rapporté la tenue d’une journée de grève partielle dans plusieurs administrations publiques à Beyrouth et dans le Metn, à l’appel du Syndicat indépendant des fonctionnaires de l’État. Cette mobilisation intervient dans un contexte de blocage des négociations sur les ajustements salariaux et la couverture des frais de transport. Le syndicat réclame notamment une augmentation du salaire de base, actuellement gelé depuis trois ans, ainsi que l’intégration dans le budget de nouvelles allocations familiales. Le mouvement est soutenu par la Coordination syndicale, mais aucune grève générale n’a été décrétée à ce stade.
Selon Nahar, le ministère des Finances n’a pas réagi publiquement, mais des sources internes évoquent « un déficit budgétaire empêchant toute hausse immédiate des dépenses de personnel ». Le climat est tendu dans les administrations, où le taux de participation à la grève a été estimé entre 35 % et 40 %, avec des pics dans les régions du Nord.
Détérioration des services sociaux de base
Dans le même numéro, Al Sharq publie une enquête sur la dégradation des services publics dans les quartiers périphériques de Tripoli et de Nabatiyeh. Le journal évoque « une détérioration accélérée de l’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins de santé », en soulignant l’absence de coordination entre les autorités locales et les ministères compétents. Les centres de santé communautaires sont décrits comme « saturés, sous-financés, et parfois totalement dépendants des ONG internationales ».
Des responsables locaux cités par Al Sharq déclarent que les coupures d’électricité atteignent jusqu’à 20 heures par jour dans certains quartiers, malgré la présence de générateurs. Le coût de l’abonnement mensuel à un service de secours privé aurait dépassé 60 % du salaire minimum. Une responsable d’un dispensaire médical communautaire explique que « le nombre de patients a triplé depuis le début de l’année, tandis que le personnel est réduit de moitié ». Le journal conclut que la crise des services est devenue « un facteur central d’exclusion sociale et de tensions locales ».
Crise du logement et hausse de l’habitat informel
Le quotidien Al Akhbar met en lumière, dans son édition du 12 juin 2025, la multiplication des constructions informelles dans la banlieue sud de Beyrouth et dans certaines zones rurales du Chouf. L’article cite un rapport de l’Ordre des ingénieurs indiquant que « près de 25 % des nouvelles unités d’habitation construites en 2024 n’ont fait l’objet d’aucune déclaration légale ». Cette dynamique résulte de la montée des loyers dans les centres urbains et du recul de la capacité d’achat.
Al Akhbar ajoute que des familles entières s’installent sur des terrains publics ou communaux, parfois avec la complicité des autorités locales. Un responsable municipal interrogé anonymement reconnaît que « les pressions sociales sont telles qu’il est difficile d’expulser des familles sans solution alternative ». Le journal précise que la législation sur la planification urbaine est devenue inopérante, faute d’actualisation depuis 2004, et que les prérogatives de l’État dans ce domaine sont quasi gelées.
Impact psychologique de la précarité sur les enfants
Dans un article intitulé « Les enfants de la crise », Al Joumhouriyat publie une enquête sur les effets psychologiques de la pauvreté sur les mineurs libanais. Basée sur des entretiens avec des psychologues scolaires et des éducateurs sociaux, l’enquête révèle une augmentation significative des cas de troubles du sommeil, de comportements agressifs et de phobies scolaires. Une responsable de l’association “Grandir au Liban” affirme que « l’instabilité économique prolongée affecte la perception que les enfants ont de leur avenir et altère leurs repères émotionnels ».
Le journal signale aussi un taux de déscolarisation partielle de 17 % dans certains quartiers de Beyrouth-Est et de Zahlé, où les établissements publics sont débordés. Une enseignante de l’école publique de Hadath témoigne : « Nous avons des enfants qui viennent sans petit-déjeuner, avec des vêtements d’été en plein hiver, et qui ne participent plus aux activités scolaires ». Les travailleurs sociaux pointent aussi le repli familial, qui réduit les opportunités de socialisation et exacerbe les cas de violence domestique.
People: événements, confessions et retour de figures emblématiques
Elissa officialise son retour sur scène après sa pause de santé
Dans un entretien publié par Al Sharq le 12 juin 2025, la chanteuse Elissa annonce son retour sur scène après plusieurs mois d’interruption liés à un traitement médical. Elle confie avoir traversé une période difficile, marquée par « une fatigue chronique et une perte de motivation », mais affirme désormais « retrouver la joie de chanter ». Elissa confirme qu’elle donnera un concert au Festival international de Beiteddine en juillet, ajoutant qu’il s’agira « d’un retour aux sources, dans un cadre symbolique ».
Selon Al Sharq, la chanteuse prépare également un nouvel album dont le premier extrait, « Talet el Ayam », doit sortir fin juin. Elle y abordera des thèmes liés à « la guérison, l’amour mature et l’identité ». Ce retour est perçu par ses fans comme un « signal d’espoir dans un contexte morose », selon le journal, qui rappelle l’engagement d’Elissa en faveur des causes humanitaires, notamment dans la lutte contre le cancer et la défense des droits des femmes.
Ragheb Alama évoque ses désillusions politiques
Dans une tribune accordée à Al Sharq Al Awsat, l’artiste Ragheb Alama s’exprime sur la situation du pays, affirmant qu’il se sent « épuisé par les promesses non tenues et les discours sans lendemain ». Sans citer de noms, il critique « ceux qui utilisent la musique pour se rapprocher du peuple mais trahissent les valeurs humaines dès qu’ils accèdent au pouvoir ». L’artiste confie avoir refusé plusieurs invitations officielles récentes, préférant « garder sa distance avec la scène politique ».
Alama annonce néanmoins la sortie prochaine d’un single engagé intitulé « Balad Bi Khatar » (« Un pays en danger »). Selon Al Sharq Al Awsat, cette chanson traitera de la mémoire nationale, des injustices sociales et de l’exil intérieur vécu par de nombreux jeunes. Ce positionnement artistique confirme la volonté du chanteur de se positionner comme une voix critique, sans pour autant verser dans la polémique directe.
Lamita Frangieh se réinvente en entrepreneuse
Al Liwa’ consacre un portrait à Lamita Frangieh, ancienne Miss Liban et actrice, qui lance une ligne de produits cosmétiques inspirés des traditions libanaises. Intitulée « Beyt el Zeyt », cette gamme met en avant l’huile d’olive, les extraits de fleurs locales et des techniques artisanales de production. Frangieh affirme vouloir « réconcilier beauté, culture et écologie », en s’adressant à une clientèle soucieuse de consommer local.
Dans l’interview accordée à Al Liwa’, elle raconte avoir mûri ce projet depuis la naissance de son fils et confie : « Je voulais transmettre autre chose que des images ou des performances. J’ai voulu créer quelque chose d’utile, enraciné et généreux. » La marque sera officiellement lancée à l’occasion d’un événement prévu fin juin dans une galerie de Gemmayzé.



