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Revue de presse du 16/04/25: Hégémonie du pouvoir, réorganisation du dialogue régional, et encadrement du désarmement au Liban

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Dans une déclaration forte par sa portée politique, le président de la République Joseph Aoun a affirmé que l’année 2025 serait celle de la consolidation de l’autorité de l’État sur le territoire, en particulier à travers le monopole de la détention d’armes par les forces régulières. Dans Ad Diyar daté du 16 avril 2025, cette ambition présidentielle est présentée comme une réponse directe aux inquiétudes nationales et internationales concernant la prolifération des armes illégales au Liban, notamment entre les mains d’acteurs non étatiques. Le journal mentionne également que cette politique bénéficie d’un soutien régional, notamment qatari, dans le cadre d’un renforcement plus global de la stabilité au Liban.

Selon Al Joumhouriyat (16 avril 2025), cette dynamique s’inscrit dans une volonté explicite de Joseph Aoun de réorganiser les canaux de dialogue avec le Hezbollah, tout en maintenant une coopération diplomatique active avec les pays du Golfe. L’objectif serait d’ouvrir la voie à des négociations sur le désarmement progressif des groupes armés, via un cadre de concertation bilatéral confidentiel, impliquant également le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri.

Diplomatie présidentielle : la tournée de Joseph Aoun à Doha et ses implications régionales

Le déplacement du président Aoun au Qatar, largement couvert dans Al Joumhouriyat (16 avril 2025), est présenté comme un moment diplomatique clé. Le président a été accueilli officiellement à Doha par le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, dans le cadre d’une visite où le dossier sécuritaire libanais était au cœur des discussions. Il a également réaffirmé l’engagement du Liban à « ne pas servir de base à des actions militaires ou de déstabilisation visant un pays arabe voisin », notamment à l’adresse de la Jordanie, récemment ciblée par des réseaux liés à des groupes islamistes basés au Liban.

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Cette déclaration fait écho à l’alerte sécuritaire déclenchée en Jordanie, révélée par Al Sharq Al Awsat (16 avril 2025), selon laquelle une cellule terroriste formée de 16 personnes en lien avec le Hezbollah et le Hamas aurait été arrêtée alors qu’elle préparait des actes de sabotage. Selon les services jordaniens, certains des membres avaient été formés au Liban Sud, ce qui a poussé le Premier ministre Nawaf Salam à assurer son homologue jordanien de la collaboration totale des autorités libanaises pour identifier et neutraliser les ramifications libanaises de ce réseau.

Front intérieur : les tensions autour du projet de « régulation bancaire » toujours à l’arrêt

Sur le plan intérieur, An Nahar (16 avril 2025) évoque l’enlisement du projet de régulation bancaire, pourtant annoncé comme une priorité du gouvernement Salam. Le texte, qui devait encadrer la répartition des pertes issues de la crise financière et renforcer les exigences de transparence du secteur bancaire, est bloqué au Parlement, notamment en raison des résistances de la Banque du Liban et de certains groupes parlementaires proches du secteur bancaire.

En parallèle, Nida’ Al Watan (16 avril 2025) révèle que les réformes structurelles exigées par le FMI et les donateurs internationaux, notamment celles concernant la levée du secret bancaire, n’ont pas connu de progrès notables. Cette stagnation alimente l’impatience des acteurs régionaux et internationaux, comme l’a rappelé l’envoyé saoudien Fayçal Ben Farhan, qui aurait insisté lors de sa tournée à Beyrouth sur la nécessité d’une « réforme immédiate, claire et irréversible ».

Autorité étatique et pressions extérieures : vers un compromis sur la souveraineté ?

Selon Al Akhbar (16 avril 2025), cette stratégie présidentielle de « reprise en main progressive de l’autorité de l’État » est aussi le fruit d’un compromis discret entre Baabda et le Hezbollah, sous l’impulsion de médiations régionalesmenées par le Qatar et l’Arabie saoudite. L’axe Riyad-Doha cherche à éviter une confrontation directe avec la milice chiite en privilégiant un désengagement progressif du Hezbollah du champ militaire interne, tout en laissant intact son réseau de soutien à l’étranger, notamment en Syrie.

Cette lecture est confortée par Al Liwa’ (16 avril 2025), qui souligne la stratégie de « neutralisation interne » du Hezbollah, rendue possible par l’accord tacite selon lequel le parti renoncerait à toute expression militaire sur le sol libanais contre une garantie de maintien de son influence politique et sociale.

Politique locale : tensions institutionnelles, manœuvres électorales et consolidation du pouvoir exécutif

Joseph Aoun face à l’échéance de la fin 2025 : désarmement progressif ou bras de fer ?

Dans An Nahar daté du 16 avril 2025, le président de la République Joseph Aoun a fixé un calendrier politique structurant pour l’année en cours. Il a annoncé que le désarmement de toutes les factions non étatiques devrait être achevé avant la fin de l’année 2025, laissant entendre une possible intégration des combattants du Hezbollah dans l’armée nationale selon un processus similaire à celui suivi après 1990 pour les anciennes milices. Cette initiative présidentielle représente une avancée majeure dans la volonté de reprise de l’autorité étatique sur l’ensemble du territoire, tout en risquant d’entrer en collision avec les lignes rouges établies par le Hezbollah​.

Dans ce contexte, l’ambiguïté domine. Selon Ad Diyar (16 avril 2025), le dialogue bilatéral discret entre la présidence et le Hezbollah se poursuit à huis clos. Il repose sur la prémisse que le mouvement chiite consentirait à renoncer à ses prérogatives militaires internes contre des garanties politiques sur la préservation de son influence au sein de l’État, notamment par des médiations menées par des émissaires étrangers, notamment qatariens et saoudiens​.

Nawaf Salam : diplomatie parallèle et micro-interventions locales

Le Premier ministre Nawaf Salam, pour sa part, maintient une stratégie d’activisme diplomatique couplée à une gestion de proximité, comme l’illustre sa présence dans la banlieue sud de Beyrouth pour le lancement d’un projet de réhabilitation de la route de l’aéroport. Selon Al Liwa’ (16 avril 2025), cette opération visait non seulement à améliorer la connectivité de cette zone stratégique, mais aussi à montrer sa capacité à gérer les urgences urbainestout en restant en contact avec les citoyens et les autorités locales​.

Cette dynamique s’inscrit dans un jeu d’équilibre délicat entre les grandes orientations de réforme que Nawaf Salam promeut sur la scène internationale, et les impératifs concrets du quotidien libanais, comme l’illustre aussi son implication directe dans la gestion des questions de sécurité à la frontière et son appel explicite à la concertation avec le Hezbollah à propos du contrôle des armes illégales.

Municipales en préparation : tensions partisanes, jeux d’influence et enjeux identitaires

Dans la perspective des prochaines élections municipales, des tensions émergent dans plusieurs localités, notamment à Beyrouth et dans la banlieue sud. Al Akhbar (16 avril 2025) évoque une lutte électorale à Hadath entre deux visions opposées du rôle municipal, autour des thèmes de la défense du territoire et de la préservation de l’identité locale. Deux listes s’affrontent : l’une appuyée par des acteurs communautaires historiques, l’autre par des groupes citoyens promouvant une approche plus urbaine et inclusive​.

Toujours selon Al Akhbar, des négociations internes intenses ont lieu dans le cadre de l’Union des familles beyrouthines pour établir des listes consensuelles et éviter les éclatements électoraux observés lors des législatives. Des personnalités influentes tentent d’imposer une méthode de désignation commune des candidats pour garantir une représentation équilibrée et unifiée.

Tensions au Parlement : désaccords sur les priorités et lenteur des processus

Parallèlement, les relations entre les institutions restent tendues. Alors que le gouvernement a soumis un projet de réforme bancaire à la Chambre, plusieurs partis, selon Al Liwa’ (16 avril 2025), contestent à la fois la méthode et les priorités du texte, estimant qu’il s’agit d’un arrangement cosmétique masquant les responsabilités historiques du système bancaire dans la crise financière actuelle​.

Le président du Parlement Nabih Berri, pourtant allié traditionnel du Hezbollah, maintient pour l’instant une posture d’attente, ne souhaitant pas précipiter l’adoption du texte sans garanties de consensus politique. Cette prudence pourrait être liée à la stratégie plus globale de temporisation adoptée en coulisses vis-à-vis de toute réforme susceptible d’affaiblir les équilibres financiers et communautaires traditionnels.

Diplomatie : réalignements stratégiques, activisme présidentiel et relance du dialogue syro-libanais

Tournée diplomatique de Joseph Aoun au Qatar : réaffirmation de l’axe Beyrouth-Doha

Le président libanais Joseph Aoun a effectué une visite officielle à Doha le 15 avril 2025, accueilli par le ministre qatari des Transports, en présence de diplomates libanais et qataris. Selon Al Liwa’ (16 avril 2025), cette visite visait à renforcer les relations bilatérales et à élargir la coopération à plusieurs niveaux, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’assistance militaire et des infrastructures​.

Dans Nahar (16 avril 2025), Joseph Aoun a salué « le rôle permanent du Qatar aux côtés du Liban », insistant sur la continuité de l’aide financière et humanitaire, à condition que le Liban « assume ses responsabilités en matière de réforme, de développement économique et de crédibilité politique auprès des investisseurs »​.

Cette visite s’inscrit dans une série d’étapes régionales entreprises par le président, identifiée par Ad Diyar (16 avril 2025) comme une tournée coordonnée dans le cadre des pays de la « quintuple initiative de Paris ». L’accent a été mis sur la consolidation des liens énergétiques, notamment l’extension des aides qataries au-delà du soutien logistique à l’armée libanaise, vers des projets de financement dans les secteurs de l’électricité et des hydrocarbures​.

Dialogue tripartite : Beyrouth, Damas et Riyad sur une ligne de coordination politique

Simultanément à cette visite au Qatar, le Premier ministre Nawaf Salam s’est rendu à Damas, selon Al Sharq (16 avril 2025), dans un cadre de concertation trilatérale impliquant l’Arabie saoudite. Cette visite, second volet après une première rencontre entre Joseph Aoun et Bachar al-Assad à la marge de la Conférence de la Ligue arabe au Caire, s’est soldée par un accord sur la création de commissions techniques pour aborder les dossiers sensibles entre les deux pays​.

Les échanges ont porté sur la réouverture de canaux commerciaux, la relance des transports transfrontaliers et la normalisation progressive des relations diplomatiques. Des sujets sécuritaires majeurs ont également été abordés : la coordination pour le retour encadré de 1,5 million de réfugiés syriens, le partage d’informations sur les personnes disparues, ainsi que l’extradition de figures liées à l’ancien régime syrien​.

Cette approche a été orchestrée sous l’égide de Riyad. Le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal ben Farhan, en mission à Beyrouth, a enchaîné les rencontres avec les acteurs locaux. Al Sharq rapporte que l’objectif saoudien serait de faciliter une réintégration contrôlée de la Syrie dans l’économie régionale, en contrepartie d’une résolution progressive de ses contentieux diplomatiques​.

Redéfinition des équilibres : le Liban comme pivot de stabilisation régionale

Al Joumhouriyat (16 avril 2025) ajoute que cette diplomatie active de Joseph Aoun vise à positionner le Liban comme un acteur-pivot dans la stabilisation régionale. En témoigne sa stratégie d’ouverture vis-à-vis du Hezbollah, que le président souhaite accompagner dans un processus de réintégration structurelle au sein des institutions, en écho au processus de Taëf pour les milices d’après-guerre​.

Des sources proches du Palais de Baabda, citées par Ad Diyar, évoquent également la volonté d’arracher des garanties internationales, notamment de la part des États-Unis et de la France, afin de sécuriser les fonds nécessaires aux réformes, tout en obtenant le retrait progressif d’Israël des zones litigieuses au sud et un accord de délimitation des frontières avec Chypre et la Syrie​.

Politique internationale : intensification des conflits, reconfigurations géostratégiques et diplomatie sous tension

Gaza : guerre prolongée, médiations piétinantes et désastre humanitaire

Depuis plusieurs mois, la bande de Gaza est le théâtre d’une guerre d’usure opposant Israël au Hamas. Le 16 avril 2025, Al Sharq a relayé l’intensification des opérations militaires israéliennes, avec un blocus total des ressources vitales, incluant nourriture, eau et électricité. Le journal cite le dernier rapport du European Mediterranean Observatory, selon lequel 70 000 tonnes de bombes ont été larguées sur Gaza en six mois, dépassant les bombardements alliés sur Dresde ou Londres pendant la Seconde Guerre mondiale​.

Al Akhbar évoque de son côté une stratégie d’annihilation systémique, à travers la destruction des stations de dessalement et des hôpitaux, qualifiant les attaques israéliennes de génocide à petit feu, tandis que Hamas appelle à une mobilisation arabe et islamique sans précédent​.

Les efforts de médiation du Caire et de Doha n’ont pas permis de percée majeure. Al Sharq Al Awsat évoque une proposition israélienne de trêve temporaire en échange du désarmement du Hamas, du transfert de ses cadres hors de Gaza et d’un échange d’otages sans cérémonial public. Des conditions qualifiées d’inacceptables par le mouvement palestinien​.

Jordanie : affrontement stratégique avec les Frères musulmans, soupçons de liens avec le Liban

En Jordanie, les autorités ont révélé l’arrestation de 16 membres d’une cellule affiliée aux Frères musulmans, accusée de planifier des actes de sabotage. Al Sharq Al Awsat rapporte que certains membres ont été entraînés au Liban, dans des ateliers liés à des groupes pro-iraniens. Des aveux diffusés sur les médias officiels montrent la fabrication de drones et de roquettes à partir de pièces importées clandestinement​.

La Jordanie a annoncé une réorientation stratégique face à ce qu’elle qualifie de menace islamiste hybride, mêlant idéologie, infiltration transfrontalière et soutien extérieur. Des mesures judiciaires visent à dissoudre les structures restantes des Frères musulmans, en parallèle à un resserrement des contrôles frontaliers avec la Syrie et le Liban​.

Iran – États-Unis : relance fragile des pourparlers nucléaires à Mascate

Al Liwa’ et Al Sharq Al Awsat relatent la reprise, sous haute tension, des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis à Mascate. Le chef négociateur iranien, Abbas Araghchi, a déclaré que Téhéran ne participait pas à une « négociation cosmétique », mais exigeait des garanties concrètes, avec un refus net de démanteler son programme nucléaire​​.

Les discussions achoppent notamment sur le niveau de transparence que l’Iran est prêt à accorder à l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’Iran propose un accès limité, tandis que les pays européens, en particulier l’Allemagne et la France, menacent d’activer le mécanisme « snapback » des sanctions si aucun progrès n’est observé d’ici juin.

Les tensions sont accentuées par la volonté affichée de Donald Trump, redevenu président des États-Unis, de renégocier un accord plus strict que celui signé par Barack Obama et Joe Biden, tout en se servant des discussions pour reconfigurer les alliances régionales​.

Économie : impasse des réformes, blocages structurels et pressions internationales

La réforme de la secret bancaire : un chantier sous pression extérieure

Selon Al Joumhouriyat (16 avril 2025), le dossier de la réforme du secret bancaire est revenu avec force dans l’actualité parlementaire. Une réunion conjointe des commissions parlementaires s’est tenue à l’initiative de Nabih Berri pour examiner le projet de loi visant à modifier le cadre juridique de la confidentialité bancaire. Ce projet, soutenu par le gouvernement, vise à concilier les exigences du FMI et les pratiques internationales en matière de transparence financière, notamment en facilitant l’accès aux données bancaires par les autorités judiciaires et fiscales​.

Ce projet de loi, selon les juristes interrogés par Al Joumhouriyat, ne constitue pas une abrogation totale de la loi de 1956, mais une tentative de l’adapter aux normes internationales. Il doit également répondre aux conditions de la FATF (Financial Action Task Force), afin de permettre au Liban de sortir de la « liste grise » sur laquelle il a été inscrit. Plusieurs amendements ont été proposés, notamment l’élargissement des cas d’accès aux données bancaires par le fisc et la justice, mais le Parlement reste divisé sur le sujet, notamment entre ceux qui y voient un outil contre la corruption et ceux qui dénoncent un risque de dérives politiques ou d’atteinte à la vie privée​​.

La réforme bancaire générale : un texte toujours bloqué

Alors que le projet sur le secret bancaire progresse timidement, celui sur la restructuration du secteur bancaire, attendu depuis plus d’un an, n’a toujours pas été transmis aux commissions parlementaires, révèle An Nahar (16 avril 2025). Ce retard est attribué à des divergences persistantes entre le gouvernement, la Banque du Liban, et les principaux groupes parlementaires sur la manière de répartir les pertes, d’organiser la recapitalisation et d’intégrer la responsabilité des banques dans la crise de 2019​.

Selon les analystes économiques cités dans Al Akhbar, l’inaction dans ce dossier compromet gravement la capacité du Liban à obtenir un accord final avec le FMI, alors que le gouvernement doit présenter un plan cohérent à l’occasion des réunions de printemps du FMI à Washington, auxquelles une délégation libanaise doit participer d’ici la fin de la semaine​.

Investissements étrangers et crédit : confiance suspendue aux signaux politiques

Dans ce contexte, Al Binaa (16 avril 2025) signale que les investisseurs étrangers, notamment du Qatar et des Émirats arabes unis, attendent un cadre juridique plus clair avant de relancer les lignes de financement promises pour les infrastructures, en particulier dans les secteurs de l’électricité et des transports​.

Les experts financiers interrogés évoquent une déconnexion grandissante entre les discours politiques et les actes réglementaires, ce qui alimente la défiance. Le site du ministère des Finances, cité en page économique, indique que les recettes fiscales stagnent et que le budget 2025 n’a toujours pas été approuvé, malgré les urgences structurelles.

Justice : relance institutionnelle, nominations clés et réformes bancaires sous contrôle judiciaire

Réforme de la justice et nominations : une dynamique institutionnelle relancée

Selon Ad Diyar (16 avril 2025), le Conseil supérieur de la magistrature s’est réuni sous la présidence du juge Souheil Abboud, en présence du procureur général près la Cour de cassation, du chef de l’Inspection judiciaire et de plusieurs membres nouvellement nommés. Cette réunion marque la reprise d’un cycle judiciaire interrompu depuis plusieurs années, et vise à rétablir la continuité institutionnelle après une longue vacance des postes clés​.

La séance a été marquée par une reconnaissance explicite de l’apport du président Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam et du ministre de la Justice Adil Nassar, dans l’accélération et la neutralité des nominations judiciaires. Le juge Abboud a insisté sur la nécessité de « renforcer l’éthique judiciaire » et de rétablir la confiance entre la population et la justice, dans une perspective de restauration de l’autorité de l’État​.

Un commentaire dans Al Joumhouriyat rappelle que ces nominations sont attendues par les instances internationales comme des prérequis indispensables pour valider les réformes bancaires, fiscales et économiques, en particulier dans le cadre des négociations avec le FMI​.

Contentieux civils et pénaux : des affaires techniques et symboliques

Dans les juridictions ordinaires, plusieurs affaires sont en cours, notamment dans les tribunaux immobiliers et de commerce. An Nahar (16 avril 2025) mentionne une affaire de vente immobilière jugée fictive à Deir Mar Roukoz, dans laquelle le plaignant réclame l’annulation d’un contrat de vente pour cause de simulation, en invoquant le dol, la fausse déclaration et la complicité entre le vendeur et le tiers bénéficiaire​.

Toujours dans ce domaine, plusieurs jugements ont été rendus concernant des litiges fonciers liés à la perte de titres de propriété ou aux malversations dans le partage d’héritages, comme le rapportent Al Sharq et Ad Diyar. Ces affaires reflètent l’ampleur des dysfonctionnements dans la gestion foncière et l’importance des réformes dans ce domaine.

Sur le plan pénal, Al Akhbar (16 avril 2025) rapporte la condamnation de Wisi Ghazi Khodr pour fraude à la consommation par la Cour d’appel civile de Beyrouth. Il s’agit d’un cas emblématique : l’accusé a été reconnu coupable d’avoir commercialisé des biens sans afficher les prix, en violation de la loi de 2005 sur la protection du consommateur. Il a été condamné à une amende et une peine d’emprisonnement avec sursis, démontrant la volonté renouvelée de sanctionner les pratiques commerciales abusives​.

Secret bancaire et justice : les défis de la levée des immunités financières

Comme le souligne également Al Joumhouriyat, les discussions autour du secret bancaire ont une dimension judiciaire importante, notamment dans le cadre de l’accès des magistrats aux comptes bancaires dans les enquêtes sur la corruption. Si la réforme proposée permet un accès plus souple pour la justice, plusieurs associations de magistrats réclament une extension des pouvoirs d’investigation, y compris en matière de biens à l’étranger et d’opérations fictives via des sociétés écrans​.

Société : désordre urbain, crise du logement et impasses des services publics

Stationnement et chaos de la circulation à Beyrouth : une anarchie persistante

Dans An Nahar daté du 16 avril 2025, un reportage de terrain signé par Manal Chaya s’attarde sur le chaos du stationnement à Beyrouth, en particulier dans le quartier de l’Achrafieh. Le phénomène des voitures garées en double ou triple file y est devenu systématique, provoquant des embouteillages permanents, sans que les autorités municipales ou les forces de sécurité ne semblent intervenir efficacement​.

Le journal rapporte le témoignage de citoyens dénonçant une absence de rigueur dans les procès-verbaux de stationnement interdit, évoquant une application « aléatoire et localisée » des sanctions. La Direction générale des Forces de sécurité intérieure affirme que des tournées sont organisées régulièrement, mais reconnaît implicitement un manque de coordination et d’uniformité dans les zones concernées.

Crise du logement : saturation de la CNH et remboursement anticipé massif

Toujours selon An Nahar, la Caisse nationale de l’habitat (CNH) fait face à une surcharge administrative inédite. En cause, une vague massive de remboursements anticipés de crédits immobiliers. Plus de 55 000 personnes auraient déposé des demandes de remboursement, en raison notamment de la peur d’une indexation future des échéances sur le dollar. Ce phénomène a provoqué des délais inhabituels dans le traitement des dossiers, alors que la CNH fonctionne avec à peine 17 % de son personnel effectif, la majorité étant à la retraite ou absente​.

Le directeur de la CNH, en réaction, a présenté une stratégie de restructuration du dispositif de prêts, incluant de nouveaux instruments de crédit, des solutions de location-accession à la propriété et un programme de partenariat public-privé destiné à relancer la construction d’habitats à loyer modéré.

Occupation de l’espace public : campagne municipale contre les affichages illégaux

À Beyrouth, la municipalité a lancé une campagne de nettoyage des espaces publics, sous l’impulsion du gouverneur Marwan Abboud, pour retirer toutes les banderoles, affiches et enseignes non autorisées présentes sur les façades et les trottoirs. L’objectif est de réduire la pollution visuelle et d’améliorer la fluidité de circulation sur certains axes critiques du centre-ville​.

Ce projet est mené avec la coordination des services de la sécurité publique et des pompiers, dans le cadre d’un plan plus large de réorganisation urbaine, qui devrait inclure à terme la réactivation d’un schéma directeur de mobilité urbaine, mis en sommeil depuis 2019.

Sport : retour des événements populaires, dynamisme du football libanais et passions internationales

Marathon de Beyrouth 2025 : symbole de résilience et d’espoir collectif

Dans An Nahar (16 avril 2025), le OMT Marathon de Beyrouth 2025 est présenté comme l’un des rares événements sportifs transcommunautaires et fédérateurs encore actifs au Liban. Malgré les difficultés économiques, l’édition de cette année est maintenue avec le soutien de la présidence de la République. L’événement se tiendra avec une participation élargie à plus de 30 nationalités, et prévoit un impact économique local estimé à plusieurs millions de dollars​.

La présidente de l’organisation, May El Khalil, a rappelé que ce marathon visait à incarner un “retour à la normalité”, tout en soutenant une trentaine d’associations libanaises. Parmi les courses associées, on retrouve le semi-marathon, les courses pour les personnes à besoins spécifiques, des épreuves de 5 et 10 kilomètres, et des programmes éducatifs pour enfants.

Championnat libanais de football : renouveau symbolique et dynamique régionale

Dans Al Akhbar (16 avril 2025), la Fédération libanaise de football annonce que le stade de Baalbek accueillera pour la première fois un match de première division. Cette décision est saluée comme un geste d’équité territoriale et de décentralisation du sport, dans une région souvent marginalisée des grandes compétitions nationales​.

Les matchs à venir incluent une série de derbys et de confrontations décisives : le Chabab Baalbek affrontera le Shabab Ghazieh, tandis que des matchs de haut de tableau opposeront le Ansar au Hikmehle Ahed au Nejmeh, et d’autres clubs majeurs dans la phase hexagonale du championnat libanais de première division.

Selon Al Liwa’, la fédération publiera prochainement un nouveau calendrier de compétition, en réponse aux retards liés à des conditions logistiques difficiles dans certains stades. La Ville Sportive de Beyrouth reste toujours hors service, ce qui pousse la fédération à relocaliser les grandes affiches dans des enceintes secondaires​.

Football international : Arsenal et Real Madrid sur le devant de la scène européenne

À l’international, Al Sharq Al Awsat et Al Akhbar rapportent une forte couverture de la Ligue des champions, avec un focus sur le choc entre Arsenal et le Real Madrid. Arsenal a pris l’avantage lors du match aller grâce à un doublé de Declan Rice, tandis que le Real Madrid, plombé par des tensions internes entre Antonio Rüdiger et Jude Bellingham, espère renverser la situation au match retour​​.

L’ambiance est également électrique à Munich, où le Bayern affrontera l’Inter Milan après une défaite à domicile (1-2). Ces rencontres témoignent d’une intensité sportive croissante en Europe, très suivie par les passionnés libanais, notamment via les cafés et clubs de supporters locaux.

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