La journée du 16 septembre 2025 a été marquée par une intensification notable des tensions militaires à la frontière entre le Liban et Israël. Plusieurs quotidiens libanais ont mis en exergue une recrudescence des opérations israéliennes dans le sud, décrite comme une campagne de pression tactique de plus en plus affirmée.
Selon Al Joumhouriyat (16 septembre 2025), une source politique de haut rang évoque « une campagne israélienne visant à instaurer une zone tampon sans vie sur le versant libanais de la frontière internationale ». Le journal rapporte qu’un responsable onusien aurait fait part de « sérieuses inquiétudes » sur une possible dégradation soudaine de la situation dans le secteur sud, pointant le risque d’un glissement vers un « scénario dramatique ». La même source souligne que la diplomatie est aujourd’hui enlisée, ce qui rend le terrain plus propice à l’escalade.
La même édition souligne la présence d’un climat anxiogène dans les cercles diplomatiques libanais, nourri par les informations relayées dans la presse israélienne. Ces dernières évoquent la volonté persistante d’Israël d’étendre sa présence militaire à la frontière et de mener des simulations d’assauts dans des villages libanais proches. Le quotidien indique également que l’armée israélienne a conduit récemment des exercices militaires simulant des « intrusions en terrain ennemi », confirmant une préparation opérationnelle active dans la zone.
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Dans ce contexte, une frappe israélienne a visé un véhicule civil à l’entrée de la localité de Yater, entraînant la mort d’un civil. Le journal dénonce l’absence de réaction des instances internationales et des membres du groupe de coordination diplomatique dit « comité des cinq », ce qui alimente la perception d’une impunité israélienne.
La crainte d’un isolement diplomatique arabe face à l’offensive israélienne
Al Quds (16 septembre 2025) revient largement sur les conclusions de la réunion d’urgence de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique, qui s’est tenue à Doha. Si l’événement visait à afficher une solidarité avec le Qatar après l’attaque israélienne présumée ayant visé des membres de la délégation du Hamas, les décisions concrètes semblent avoir été limitées. Les appels à suspendre les relations diplomatiques et économiques avec Israël sont restés au stade de la déclaration d’intention.
La couverture fait état de profondes divergences entre les États participants. Bien que l’Émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, ait qualifié l’attaque israélienne contre un immeuble résidentiel abritant des membres du Hamas de « violation flagrante du droit international », aucun consensus n’a été atteint sur des mesures de rétorsion coordonnées. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan, quant à lui, a plaidé pour un embargo économique total contre Israël, tandis que le président iranien Masoud Bezhashkian a demandé la suspension de Tel-Aviv de toutes les instances onusiennes.
Selon Al Bina’ (16 septembre 2025), la réunion aurait été marquée par une « absence de volonté réelle » d’appliquer des mesures coercitives. Le quotidien pointe le contraste entre la rhétorique virulente des communiqués et l’absence d’actes concrets, notant que les initiatives de fermeture d’espace aérien ou de gel des relations économiques avec Israël ont été écartées. Pour le journal, cette posture alimente une « culture de la résignation arabe face à l’offensive régionale israélienne ».
Enjeux intérieurs : instabilité persistante et risque de récupération régionale
La situation sécuritaire au Liban reste instable, et certains observateurs y voient un terrain fertile pour les manipulations étrangères. Dans son édition du 16 septembre 2025, Ad Diyar rapporte que l’Émir du Qatar aurait explicitement alerté lors de la conférence de Doha sur une stratégie israélienne visant à « provoquer une guerre civile au Liban ». Cette déclaration, largement reprise par les médias arabes, a suscité de vives réactions dans les milieux politiques libanais.
Toujours selon Ad Diyar, la méfiance s’installe au sein de plusieurs formations politiques qui redoutent une instrumentalisation de la situation intérieure par des acteurs étrangers. Le journal mentionne des discussions au sommet de l’État libanais, où Joseph Aoun et Nawaf Salam auraient évoqué en privé la nécessité de « préserver la neutralité du Liban face à la polarisation régionale croissante ».
À ce propos, Al Liwa’ (16 septembre 2025) ajoute que plusieurs délégations officielles libanaises ont profité de la réunion à Doha pour multiplier les entretiens bilatéraux avec des représentants de pays du Golfe, dans l’objectif de réaffirmer la position du Liban en tant qu’État neutre et vulnérable, mais non aligné.
L’axe israélo-américain en question
L’un des points de friction majeur reste l’attitude des États-Unis face à la montée des tensions dans la région. Plusieurs titres arabes, notamment Al Sharq (16 septembre 2025) et Al 3arabi Al Jadid (16 septembre 2025), rapportent que l’administration Trump aurait été informée en amont de l’attaque israélienne contre le bâtiment à Doha. Des sources citées par Axios et relayées par Al Quds confirment que Benjamin Netanyahu aurait averti Donald Trump de l’opération imminente, ce qui jette le doute sur le rôle de Washington dans la gestion de cette crise.
L’administration américaine a pour sa part nié toute connaissance préalable, mais ces éléments contribuent à un climat de défiance généralisée. Al Akhbar (16 septembre 2025) va plus loin, suggérant que le rôle américain serait désormais centré sur la protection stratégique d’Israël, avec la signature d’une nouvelle entente de défense mutuelle. Le quotidien évoque une clause de cette entente qui prévoit une aide logistique automatique en cas d’opérations militaires à proximité des frontières israéliennes.
Selon les sources d’Al Akhbar, ce nouvel accord formalise un engagement militaire renforcé entre Israël et les États-Unis, incluant des dispositifs de soutien en cybersécurité et en surveillance aérienne. Le journal y voit une preuve supplémentaire que Washington entend maintenir son engagement régional au bénéfice d’Israël, même au risque d’une déstabilisation régionale plus large.
Silence du Conseil de sécurité : un climat d’impunité ?
L’un des éléments les plus commentés dans la presse du 16 septembre 2025 est l’absence de réaction forte du Conseil de sécurité de l’ONU. Nahar et Al Joumhouriyat notent que, malgré les appels répétés du Liban et du Qatar, aucune réunion d’urgence n’a été convoquée, ni même de déclaration commune adoptée.
Selon Al Akhbar, cela reflète la paralysie structurelle de l’instance onusienne, prise entre les vétos croisés des puissances membres. Le quotidien libanais rappelle qu’en 2024 déjà, plusieurs incidents similaires n’avaient donné lieu à aucune résolution contraignante, ce qui conforte Israël dans sa stratégie de pression continue.
En parallèle, Al Quds souligne que certains pays européens, à l’instar de l’Espagne, ont pris des mesures unilatérales en rompant des contrats d’armement avec Israël. Cependant, ces décisions restent isolées et ne font pas système, ce qui limite leur portée réelle.
Politique locale : gestion de crise et fragmentations institutionnelles
Crise des déchets : tensions entre gouvernance locale et État central
La gestion des déchets continue de cristalliser les tensions entre les autorités locales et le gouvernement central. À la date du 16 septembre 2025, plusieurs journaux libanais ont consacré leur une à la crise persistante du traitement des ordures dans la région du Mont-Liban. Dans Nahar (16 septembre 2025), un compte rendu détaillé de la réunion de l’Union des municipalités du Metn nord et central met en évidence l’ampleur du problème. Présidée par Mirna El Murr, la séance a été entièrement consacrée à la saturation du centre d’enfouissement de Jdeideh.
Le conseil a décidé de bloquer toute importation de déchets en provenance de régions extérieures au Metn, une décision décrite comme « inévitable et d’intérêt vital » par plusieurs élus. Le journal précise que la cellule numéro huit du centre est en cours d’aménagement, mais que les capacités d’accueil actuelles sont déjà dépassées. Une solution provisoire, envisagée sous forme d’un échange de quotas de traitement avec le site de Costa Brava, est encore en discussion. Le quotidien souligne que la gestion autonome des flux de déchets devient un symbole d’une rupture croissante entre les autorités locales et l’exécutif.
Dans le même sens, Al Joumhouriyat (16 septembre 2025) relaye les propos de Mirna El Murr, qui affirme que « la population refuse de continuer à supporter le poids des déchets de toute la métropole beyrouthine ». Elle appelle le gouvernement dirigé par Nawaf Salam à prendre « ses responsabilités dans l’élaboration d’un plan national de traitement et de transition environnementale ».
Loi électorale et blocages à l’Assemblée
Les discussions sur la réforme de la loi électorale ont, une nouvelle fois, été reportées par la commission parlementaire concernée. Nahar (16 septembre 2025) indique que la loi actuelle, bien que critiquée pour sa complexité et ses effets de fragmentation confessionnelle, reste en vigueur faute d’accord politique. Les députés n’ont pas pu s’entendre sur une version amendée qui permettrait une meilleure représentation proportionnelle sans aggraver les tensions communautaires.
Selon Al Akhbar (16 septembre 2025), les blocs parlementaires restent divisés sur deux points : la taille des circonscriptions et l’introduction d’un quota pour les femmes. Le Courant patriotique libre s’oppose à toute modification majeure, estimant que cela affaiblirait sa base électorale. En revanche, le Parti socialiste progressiste soutient une réduction des circonscriptions pour renforcer la représentativité territoriale. Le journal souligne que Joseph Aoun suit ces débats de près mais s’abstient de toute intervention directe, conformément à son souci de préserver la neutralité présidentielle.
Le quotidien Ad Diyar (16 septembre 2025) note également l’agacement croissant de Nawaf Salam face à l’inaction du Parlement. Selon des sources gouvernementales anonymes citées par le journal, le Premier ministre aurait déclaré en réunion restreinte que « le pays ne peut pas aller aux prochaines élections avec les règles actuelles sans s’exposer à un boycott massif de certaines composantes ».
Sécurité intérieure : les réseaux de drogue et les nouvelles priorités du ministère
La lutte contre le trafic de drogue reste une priorité stratégique pour le ministère de l’Intérieur, dirigé par Ahmad Al Hajar. Ce dernier a annoncé dans une conférence de presse rapportée par Al Quds (16 septembre 2025) et Nahar (16 septembre 2025), le démantèlement d’un réseau international impliqué dans la production et l’exportation de captagon et de haschich à destination de l’Arabie saoudite.
La saisie porte sur plus de 6,5 millions de comprimés de captagon et 720 kilogrammes de cannabis. Le chef présumé du réseau a été arrêté, ainsi que plusieurs complices. Al Quds précise que les connexions du réseau s’étendent jusqu’en Turquie, en Australie et en Jordanie, et que l’opération a été menée en coordination avec les autorités de ces pays. Le ministre a indiqué que ces actions s’inscrivent dans une stratégie globale de coopération régionale, imposée notamment par les pressions des États du Golfe.
Dans la même déclaration, Al Hajar a affirmé que « le Liban ne tolérera plus d’être un point de transit ou de production pour les stupéfiants ». Il a salué la mobilisation des services de sécurité, notamment la Direction générale des Forces de sécurité intérieure, tout en appelant le pouvoir judiciaire à accélérer les procédures.
Administration publique : désorganisation persistante et nominations retardées
L’incapacité de l’État à pourvoir les postes clés dans l’administration centrale continue de paralyser les fonctions essentielles. Selon Al Akhbar (16 septembre 2025), les nominations aux postes de régulation dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications sont bloquées depuis plusieurs mois. Ce retard compromet la mise en œuvre de plusieurs projets financés par la Banque mondiale.
La rédaction évoque notamment les tensions entre le ministère de l’Énergie et le Conseil des ministres, où les différends sur les critères de sélection ont abouti à l’échec des deux dernières sessions de nomination. Le journal affirme que Karim Souaid, gouverneur de la Banque du Liban, aurait alerté à plusieurs reprises sur les conséquences financières de ces retards, notamment en matière d’accès à certains prêts concessionnels.
Du côté des télécommunications, le ministère de tutelle attend toujours l’approbation du Conseil des ministres pour valider les membres de la commission de régulation. Ad Diyar (16 septembre 2025) précise que ce dossier est bloqué par des considérations politiques, certains partis exigeant une représentation confessionnelle dans ces organismes techniques. Une position dénoncée par plusieurs ONG qui plaident pour un recrutement fondé uniquement sur les compétences.
Le rôle croissant des municipalités : initiatives locales et autonomisation
Face à la lenteur des décisions centrales, plusieurs municipalités ont décidé de renforcer leur autonomie dans la gestion de services publics. À ce sujet, Nahar (16 septembre 2025) consacre une longue analyse aux actions entreprises par la municipalité de Tripoli, qui a lancé un programme de collecte sélective des déchets en partenariat avec des ONG locales.
Le maire de la ville, interrogé par le quotidien, affirme que cette démarche vise à « libérer les collectivités locales de la dépendance au système centralisé de traitement ». Une expérimentation est également en cours à Zahlé, où la municipalité a mis en place un cadastre numérique indépendant, destiné à simplifier les démarches foncières pour les citoyens.
Dans le Metn, la mairie de Mansourieh a ouvert une régie municipale de distribution de l’eau, citée en exemple par Al Joumhouriyat (16 septembre 2025), comme un modèle alternatif de gouvernance urbaine. Ces initiatives, bien que localisées, traduisent une volonté de contournement des blocages politiques chroniques et d’innovation au niveau territorial.
Citations et discours des personnalités politiques : inquiétudes sécuritaires, critiques institutionnelles et appels à la fermeté
Joseph Aoun met en garde contre une déstabilisation régionale
Dans un contexte régional marqué par une escalade des tensions entre Israël et plusieurs acteurs régionaux, le président libanais Joseph Aoun a tenu des propos particulièrement alarmants en marge des réunions à Doha, tels que rapportés par Al Liwa’ (16 septembre 2025) et Ad Diyar (16 septembre 2025). Il a insisté sur la « nécessité pour le Liban de ne pas se laisser entraîner dans des affrontements périphériques visant à diluer la souveraineté nationale ».
Le président a également exprimé ses inquiétudes quant aux intentions israéliennes. Il a déclaré, selon les sources citées, que « les développements militaires récents dans le sud du Liban et la nature des frappes israéliennes témoignent d’un changement de doctrine, non plus défensif mais ouvertement agressif ». Il a aussi critiqué, de manière indirecte, les répercussions des divisions internes sur la capacité de l’État à répondre efficacement à ces menaces : « Il ne peut y avoir de stabilité sans unité institutionnelle et sans un appareil sécuritaire coordonné. »
Joseph Aoun a également évoqué le rôle ambigu des puissances internationales. Il a souligné que « la communauté internationale reste silencieuse, voire complice, face aux violations du droit international, et ce silence encourage l’agression ».
Nawaf Salam critique le blocage politique et appelle à la réforme électorale
Le Premier ministre Nawaf Salam, dans un échange officieux avec des journalistes parlementaires, a exprimé sa frustration devant l’incapacité du Parlement à faire avancer les discussions sur la réforme de la loi électorale. D’après Al Akhbar (16 septembre 2025), il aurait déclaré : « Le pays ne peut plus continuer à fonctionner avec des mécanismes conçus pour des équilibres qui n’existent plus. »
Nawaf Salam a insisté sur l’urgence de sortir d’un modèle de gouvernance paralysé par le confessionnalisme. Dans Nahar (16 septembre 2025), il est cité affirmant que « le Liban a besoin d’un choc démocratique, non pas d’un replâtrage du système ». Ces propos ont été accueillis froidement par certains membres du Parlement, notamment par les représentants du Courant patriotique libre qui voient dans ces déclarations une tentative d’ouvrir un chantier institutionnel sans consensus préalable.
Le Premier ministre a aussi insisté sur la nécessité d’indépendance du pouvoir judiciaire. Dans une déclaration reprise par Al Quds (16 septembre 2025), il déclare : « Sans justice indépendante, aucune réforme économique ou politique ne peut être crédible. »
Naim Kassem justifie la posture du Hezbollah face à Israël
Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a pris la parole dans un communiqué relayé par Al Bina’ (16 septembre 2025) pour répondre aux accusations de provocation à l’égard d’Israël. Il a affirmé que « toute présence militaire israélienne au sud du Liban ou toute manœuvre simulée est un acte d’agression qui appelle une réponse ». Kassem a défendu la légitimité de la « résistance » comme outil de dissuasion, et non comme facteur d’instabilité.
Dans Al Akhbar (16 septembre 2025), il est également cité dénonçant « l’hypocrisie de la communauté internationale qui condamne la riposte des peuples mais légitime l’occupation par le silence ». Il a aussi rejeté les pressions diplomatiques visant à contenir le Hezbollah en période d’escalade : « Aucun acteur libanais ne doit se plier à des injonctions étrangères qui ne visent qu’à affaiblir notre défense. »
Ces propos ont été largement critiqués par des formations politiques opposées au Hezbollah, qui les considèrent comme une entrave à la souveraineté de l’État. Plusieurs élus, notamment ceux des Forces libanaises, ont réagi en dénonçant un « détournement de l’agenda national à des fins régionales ».
Ahmad Al Hajar met en avant la lutte contre le narcotrafic
Dans une conférence de presse tenue à Beyrouth, le ministre de l’Intérieur Ahmad Al Hajar a présenté les résultats d’une opération de démantèlement d’un vaste réseau de trafic de drogues. Selon Al Quds et Nahar (16 septembre 2025), il a insisté sur « l’ampleur du phénomène et sur l’impératif de coordination internationale pour endiguer ce fléau transfrontalier ».
Il a également abordé les dimensions politiques de la crise sécuritaire : « Nous savons que certains réseaux profitent de la porosité de nos frontières et du relâchement des mécanismes judiciaires pour prospérer. C’est inacceptable. » Cette déclaration a été perçue comme une critique à peine voilée du fonctionnement de la justice pénale, qui peine à suivre les affaires liées aux drogues dures et à la criminalité organisée.
Le ministre a aussi plaidé pour un renforcement de la coopération avec les pays du Golfe, notant que « la confiance entre les États passe par des résultats concrets sur le terrain ». Il a conclu en affirmant : « Le ministère ne reculera devant aucune menace. »
Tamim ben Hamad al-Thani dénonce une tentative d’intimidation politique
Lors du sommet islamo-arabe de Doha, l’Émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, a tenu un discours très commenté dans la presse libanaise. Selon Al Quds et Al 3arabi Al Jadid (16 septembre 2025), il a dénoncé l’attaque israélienne contre un immeuble à Doha, qu’il a qualifiée de « tentative d’élimination politique visant à torpiller la médiation en cours avec le Hamas ».
Il a déclaré que « frapper une capitale où se tiennent des négociations est un message d’intimidation inacceptable » et appelé à « une réponse arabe commune qui dépasse les simples condamnations rhétoriques ». Dans le même discours, il a aussi mis en garde contre une « tentative israélienne de redessiner la carte des équilibres politiques dans la région par la force ».
Ces propos ont trouvé un écho chez plusieurs responsables libanais présents à Doha. Joseph Aoun, rapporte Al Liwa’(16 septembre 2025), aurait confié à ses conseillers que « le Liban doit rester vigilant à l’évolution de la position israélienne vis-à-vis des médiateurs régionaux ».
Diplomatie : pressions croisées et repositionnement stratégique du Liban
Le sommet de Doha : une tentative de reconfiguration régionale
La réunion d’urgence organisée à Doha le 16 septembre 2025, sous l’égide conjointe de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique, a constitué l’un des principaux événements diplomatiques de la semaine. L’objectif affiché était de coordonner une réponse collective à l’attaque israélienne survenue quelques jours plus tôt dans la capitale qatarie. Selon les journaux Al Quds, Al Bina’ et Al 3arabi Al Jadid (16 septembre 2025), la frappe a visé un bâtiment résidentiel abritant des membres de la délégation du Hamas, ce que l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, a qualifié d’« agression planifiée destinée à torpiller toute dynamique de médiation ».
Le sommet a vu la participation d’un large éventail de dirigeants arabes et musulmans, dont le président libanais Joseph Aoun. D’après Al Liwa’ et Ad Diyar (16 septembre 2025), ce dernier a profité des réunions bilatérales en marge du sommet pour alerter ses homologues sur la fragilité du Liban face aux soubresauts régionaux. Il aurait affirmé que « la neutralité stratégique du Liban est une condition de sa survie politique », tout en insistant sur le fait que « les pressions diplomatiques sur le pays ne doivent pas le contraindre à un alignement de circonstance ».
Le sommet s’est conclu par une déclaration conjointe dénonçant l’attaque israélienne comme une violation du droit international et appelant à une révision des relations diplomatiques et économiques avec Tel-Aviv. Cependant, Al Bina’souligne que le texte final est resté en deçà des attentes, en raison des divergences persistantes entre les États participants. Plusieurs délégations, notamment celles des Émirats arabes unis et de Bahreïn, ont exprimé des réserves sur les appels à suspendre les accords bilatéraux existants avec Israël.
Ambiguïtés américaines et malaise dans les cercles diplomatiques libanais
L’un des éléments les plus sensibles du sommet de Doha réside dans le rôle attribué aux États-Unis. Al Quds (16 septembre 2025) rapporte, en s’appuyant sur des sources du site Axios, que le président américain Donald Trump aurait été informé à l’avance de la frappe israélienne sur Doha par Benjamin Netanyahu. Bien que la Maison Blanche ait nié cette version, cette information a renforcé le sentiment de désengagement sélectif américain dans la région.
Dans ce contexte, plusieurs diplomates libanais ont exprimé, selon Al Akhbar (16 septembre 2025), leur malaise face au resserrement stratégique entre Tel-Aviv et Washington. Le journal indique que le Liban a reçu des signaux contradictoires de l’administration américaine, qui soutient officiellement la stabilité du pays tout en réaffirmant son engagement sécuritaire avec Israël. Un diplomate libanais anonyme cité par le journal estime que « les garanties américaines deviennent de plus en plus rhétoriques », et que « la doctrine du double standard prévaut dans la politique étrangère de Washington ».
Le Premier ministre Nawaf Salam aurait, selon Nahar (16 septembre 2025), ordonné à la représentation libanaise auprès de l’ONU de renforcer ses contacts avec les membres non permanents du Conseil de sécurité, dans l’espoir de contrer le blocage systématique induit par les vétos croisés des grandes puissances.
Intensification de la coordination sécuritaire avec le Golfe
Parallèlement à ces dynamiques, le Liban cherche à réactiver sa coopération sécuritaire avec les pays du Golfe. Cette orientation se manifeste particulièrement à travers les discussions bilatérales tenues à Doha entre Ahmad Al Hajar, ministre de l’Intérieur, et ses homologues saoudien, koweïtien et émirati. Nahar et Al Quds (16 septembre 2025) rapportent que ces échanges ont porté sur la lutte contre le trafic de drogue, les opérations de blanchiment transfrontalier et la traque de réseaux liés au terrorisme.
Le ministre libanais a affirmé que « la coordination sécuritaire ne doit pas être affectée par les considérations politiques » et que « les flux d’information entre les services doivent être constants pour maintenir une veille opérationnelle ». Cette déclaration fait écho aux attentes exprimées par Riyad et Abou Dabi, qui souhaitent voir le Liban adopter une posture plus ferme dans la lutte contre les trafics de captagon, responsables d’une détérioration des relations bilatérales depuis plusieurs années.
Al Bina’ (16 septembre 2025) note que cette orientation pourrait placer le Liban dans une dynamique diplomatique ambivalente, entre coopération sécuritaire renforcée et neutralité stratégique. Le quotidien avertit que « la mise en œuvre de tels partenariats devra se faire sans alignement excessif ni concessions sur la souveraineté judiciaire libanaise ».
Diplomatie bilatérale : le Liban relance ses canaux africains et asiatiques
En marge du sommet de Doha, plusieurs ministres libanais ont entamé une série de rencontres bilatérales visant à réactiver les relations diplomatiques avec des pays d’Asie et d’Afrique. Al Liwa’ (16 septembre 2025) rapporte une rencontre entre des représentants libanais et des délégués de l’Union africaine, centrée sur la question de la diaspora et de la protection consulaire.
Par ailleurs, Al Akhbar (16 septembre 2025) indique que des discussions ont été ouvertes avec la Malaisie et l’Indonésie concernant des projets de coopération dans le domaine de la santé publique, de la gestion des catastrophes et de la digitalisation administrative. Ces pays, historiquement proches du Liban par le biais de l’Organisation de la coopération islamique, pourraient offrir des opportunités alternatives de coopération, moins conditionnées politiquement que celles venant des bailleurs occidentaux.
Le ministère des Affaires étrangères libanais, selon Nahar (16 septembre 2025), envisage également de proposer un « agenda méditerranéen de coordination sanitaire et alimentaire » à ses homologues du sud de l’Europe. Cette initiative, encore embryonnaire, viserait à positionner le Liban comme acteur de coopération dans la résilience alimentaire, sujet crucial dans le contexte du réchauffement climatique.
Politique internationale : fractures diplomatiques et recomposition des alliances régionales
Une offensive israélienne de plus en plus isolée sur la scène mondiale
L’attaque israélienne sur un immeuble à Doha, survenue la semaine précédente et largement couverte dans la presse du 16 septembre 2025, continue de susciter une vague de critiques au sein des instances internationales. D’après Al Qudset Al 3arabi Al Jadid (16 septembre 2025), plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique ont qualifié l’opération de « provocation préméditée » contre le processus de dialogue entre le Hamas et le Qatar. Cette opération aurait tué plusieurs membres de la délégation palestinienne en pourparlers, renforçant l’image d’un Israël agissant unilatéralement, au mépris des normes diplomatiques usuelles.
Les réactions européennes, quant à elles, restent mesurées. Si l’Espagne, selon les articles d’Al Bina’ (16 septembre 2025), a suspendu temporairement ses livraisons d’armements à Israël, la France et l’Allemagne ont préféré réaffirmer leur attachement au droit à la défense d’Israël tout en appelant à la « proportionnalité des réponses militaires ». Cette position, perçue comme ambiguë dans le monde arabe, alimente une défiance croissante envers les capitales européennes.
Selon Al Akhbar (16 septembre 2025), certains analystes diplomatiques proches du ministère iranien des Affaires étrangères estiment que « l’Europe s’aligne de plus en plus sur la position américaine par crainte d’une perte d’influence dans la région ». Le journal note que plusieurs États d’Amérique latine, notamment la Bolivie et le Venezuela, ont exprimé leur soutien explicite au Qatar, appelant à des sanctions internationales contre Israël pour avoir, selon leurs termes, « ciblé un partenaire de paix potentiel ».
Washington et Tel-Aviv : une alliance renforcée mais controversée
La relation entre Israël et les États-Unis s’est encore consolidée à la faveur des récents événements. Al Quds et Al Akhbar (16 septembre 2025) rapportent que Benjamin Netanyahu aurait informé l’administration Trump de l’opération de Doha avant sa mise en œuvre. Cette révélation, relayée initialement par Axios et d’autres médias américains, a été fermement démentie par la Maison Blanche, qui a nié toute implication directe.
Toutefois, selon les sources citées par Al Akhbar, cette opération pourrait avoir été discutée dans le cadre de la nouvelle entente stratégique signée récemment entre Washington et Tel-Aviv. Le pacte, qui inclut des clauses de coopération renforcée dans les domaines de la cybersécurité, de la reconnaissance satellite et du soutien logistique, donne à Israël un statut quasi-préférentiel pour accéder aux équipements de défense de dernière génération.
Dans ce contexte, plusieurs pays arabes ont exprimé leur inquiétude, estimant que cette proximité affaiblit les mécanismes multilatéraux de désescalade dans la région. Al Bina’ (16 septembre 2025) souligne que cette coopération bilatérale pourrait rendre inefficace toute tentative de médiation au sein de l’ONU, où les États-Unis disposent d’un droit de veto systématique.
La presse libanaise reflète également ce malaise. Al Joumhouriyat (16 septembre 2025) cite un ancien diplomate arabe, aujourd’hui consultant à Beyrouth, qui affirme que « cette alliance réactivée entre Washington et Tel-Aviv ne laisse aucune marge pour des négociations de paix équilibrées ».
Iran et Turquie : convergence sur la dénonciation d’Israël, mais désaccords persistants
Face à l’agression israélienne, l’Iran et la Turquie ont affiché une position commune de dénonciation, mais leurs visions stratégiques restent divergentes. Al Quds (16 septembre 2025) rapporte que le président iranien Masoud Bezhashkian a appelé à la suspension immédiate d’Israël des instances onusiennes, et à la mise en place d’un tribunal pénal spécial pour juger les crimes de guerre liés à l’opération de Doha.
De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, selon Al 3arabi Al Jadid (16 septembre 2025), a évoqué l’instauration d’un blocus économique sur les produits israéliens dans les pays musulmans. Il a cependant précisé que « la Turquie ne rompra pas les liens diplomatiques, car la confrontation doit aussi se jouer dans l’arène diplomatique ».
Cette divergence d’approche illustre les lignes de fracture qui persistent entre les deux puissances. Tandis que l’Iran prône une rupture totale avec Israël et ses alliés, la Turquie cherche à maintenir une présence dans les forums multilatéraux tout en défendant ses positions sur Jérusalem et Gaza.
Al Akhbar (16 septembre 2025) souligne que cette différence n’empêche pas une coopération ponctuelle sur les forums régionaux, notamment dans le cadre de l’Organisation de la coopération islamique. Les deux pays auraient convenu, selon le journal, d’une coordination au sein du GECF (Forum des pays exportateurs de gaz), afin d’isoler Israël de certains projets énergétiques régionaux.
L’Union européenne confrontée à ses propres divisions diplomatiques
L’attaque israélienne à Doha a aussi mis en lumière les divergences diplomatiques internes à l’Union européenne. D’après Al Bina’ (16 septembre 2025), les pays d’Europe du Nord, emmenés par la Norvège et la Suède, auraient plaidé pour une suspension des discussions d’approfondissement des accords commerciaux avec Israël. Toutefois, les pays d’Europe centrale, comme la Hongrie et la République tchèque, s’y sont opposés, invoquant la nécessité de soutenir un allié stratégique au Proche-Orient.
Ce clivage est d’autant plus marqué que certains États membres comme l’Irlande ont convoqué les ambassadeurs israéliens pour leur signifier leur mécontentement, tandis que d’autres, à l’instar de la Pologne, ont exprimé un soutien explicite à l’opération militaire israélienne.
Al Quds (16 septembre 2025) rapporte que cette division rend pratiquement impossible toute action concertée de l’Union européenne sur le dossier israélo-palestinien. Le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell, s’est limité à rappeler « l’importance de la retenue » tout en appelant à une « enquête indépendante sur les circonstances de l’attaque ».
Russie et Chine : condamnation prudente et opportunités diplomatiques
Face à cette situation, la Chine et la Russie ont adopté une position prudente mais critique. Al Akhbar et Al Quds (16 septembre 2025) indiquent que Moscou a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité, mais sans succès en raison de l’absence de consensus. Le Kremlin a dénoncé « une violation de la souveraineté qatarie » et a accusé les États-Unis de « complice passif dans l’aggravation des tensions ».
La Chine, de son côté, a souligné l’importance de la stabilité dans le Golfe, région clé pour ses approvisionnements énergétiques. Pékin a appelé à la retenue et à la reprise du dialogue dans le cadre de la Conférence de sécurité de Shanghai. Ces positions permettent aux deux puissances de se positionner comme acteurs de médiation, sans s’aliéner ni Israël ni les pays arabes.
Al Bina’ (16 septembre 2025) note que la diplomatie chinoise a intensifié ses contacts avec Doha, Beyrouth et Téhéran, dans une tentative de proposer une plateforme alternative de négociation à l’ONU. Pékin chercherait également à capitaliser sur la perte de crédibilité des États-Unis pour renforcer son rôle de partenaire incontournable dans la région.
Économie : résilience sous tension et indicateurs préoccupants
Inflation persistante et perte du pouvoir d’achat
Le climat économique libanais reste marqué par une inflation chronique et un pouvoir d’achat en érosion constante. D’après Nahar (16 septembre 2025), les prix de plusieurs biens de première nécessité ont de nouveau augmenté de 8 à 12 % au cours des deux dernières semaines, particulièrement dans les secteurs alimentaires et pharmaceutiques. Cette hausse est attribuée à la fois à la variation du taux de change parallèle, à la fluctuation des prix mondiaux et aux coûts logistiques internes.
Selon les estimations publiées par Al Joumhouriyat (16 septembre 2025), le salaire moyen mensuel en livres libanaises, converti au taux du marché noir, ne couvre plus que 30 % des dépenses de base pour une famille de quatre personnes vivant à Beyrouth. Les hausses les plus notables concernent le pain, les médicaments non subventionnés, le carburant, ainsi que certains frais scolaires.
Le ministère de l’Économie, dans un communiqué relayé par Ad Diyar (16 septembre 2025), a appelé à « une responsabilité accrue de la part des commerçants », tout en reconnaissant que les mécanismes de contrôle sont insuffisants face à la volatilité des prix et au manque de personnel dans les services d’inspection.
Le rôle prudent de la Banque du Liban sous Karim Souaid
Le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, s’est exprimé récemment à huis clos lors d’un échange avec les représentants du secteur bancaire, dont les grandes lignes ont été rapportées dans Al Akhbar (16 septembre 2025). Il a confirmé que la BDL maintiendrait une politique de prudence monétaire, en évitant toute injection massive de liquidités susceptibles d’alimenter l’inflation. Il a également indiqué que l’institution travaillait à la finalisation d’un programme de numérisation des transactions interbancaires pour améliorer la transparence.
Le gouverneur a insisté sur le fait que « la priorité reste le maintien de la stabilité minimale du taux de change tout en garantissant la liquidité nécessaire aux importateurs de biens essentiels ». Toutefois, Al Bina’ (16 septembre 2025) souligne que cette position prudente est critiquée par certains acteurs économiques, qui jugent les restrictions actuelles trop rigides et pénalisantes pour l’investissement.
Le journal note également que les négociations avec le Fonds monétaire international n’ont pas avancé au rythme espéré, en raison des lenteurs législatives du Parlement à adopter les lois de restructuration bancaire et de régulation financière. Ces retards risquent de compromettre l’obtention d’un soutien financier structurant.
Retards et paralysies dans les projets d’infrastructure
Les grands projets d’infrastructure financés par les bailleurs internationaux sont également freinés. Nahar (16 septembre 2025) mentionne le cas du projet de réhabilitation du réseau électrique dans la région de Zahlé, financé partiellement par l’Agence française de développement. Les retards dans la nomination des instances de régulation énergétique ont gelé le déboursement des fonds, bien que les études techniques soient finalisées depuis plus de six mois.
Al Akhbar (16 septembre 2025) évoque aussi l’incertitude autour de la gestion des terminaux gaziers et des contrats liés à la plateforme de stockage offshore prévue au large de Tripoli. Selon le journal, les consortiums engagés dans le projet mené par une société chypriote ont suspendu les opérations logistiques en attendant des clarifications sur le cadre légal applicable, notamment les exemptions fiscales et les modalités de financement.
Cette situation alimente les craintes de voir des investisseurs étrangers se détourner du Liban. Al Liwa’ (16 septembre 2025) rapporte que plusieurs entreprises italiennes du secteur énergétique ont suspendu temporairement leur activité de prospection géologique dans le bloc 9 de la zone économique exclusive libanaise.
Fragilité du secteur bancaire et absence de restructuration
Le secteur bancaire libanais demeure dans une position incertaine, sans véritable restructuration depuis le début de la crise en 2019. Al Bina’ (16 septembre 2025) consacre une page entière à la situation des déposants, toujours incapables d’accéder librement à leurs comptes en devises étrangères. Le journal indique que les banques continuent à appliquer des plafonds stricts sur les retraits et transferts, sans ligne directrice claire de la Banque centrale ni du gouvernement.
D’après Al Akhbar (16 septembre 2025), les discussions internes sur la création d’une entité de défaisance (« bad bank ») restent bloquées par des désaccords entre le ministère des Finances et l’Association des banques. Cette entité, censée absorber les créances irrécouvrables et clarifier la structure des bilans, ne pourra être opérationnelle sans une loi spécifique du Parlement.
Les experts interrogés par Nahar estiment que tant que cette restructuration n’est pas lancée, « la méfiance du public restera élevée, et le retour de la confiance impossible ». Le journal rappelle que le Liban reste en défaut de paiement sur ses obligations internationales depuis 2020, et que toute stratégie de relance doit passer par une réorganisation du secteur bancaire.
Résilience économique locale : rôle croissant des municipalités et des ONG
Face à l’inertie des institutions centrales, certains acteurs locaux prennent des initiatives pour faire face aux défis économiques. Al Joumhouriyat (16 septembre 2025) souligne les efforts de la municipalité de Tripoli, qui a mis en place un réseau de production artisanale de pain subventionné en partenariat avec des associations locales. L’objectif est de garantir un accès abordable à l’alimentation de base, en dehors des circuits commerciaux traditionnels.
De même, Nahar évoque la mise en place à Tyr d’un système de troc numérique via une plateforme mobile développée par une start-up libanaise, permettant aux citoyens d’échanger biens et services sans numéraire. Cette initiative, bien que marginale à ce stade, témoigne d’une volonté croissante d’expérimenter des solutions alternatives à l’économie monétaire classique.
Ces dynamiques locales sont encore dispersées, mais elles traduisent une forme de résilience économique face à la paralysie des structures étatiques. Les ONG internationales, selon Al Quds (16 septembre 2025), soutiennent de plus en plus ce type de projets, en les considérant comme des laboratoires d’innovation sociale dans un contexte de crise prolongée.
Justice : lenteurs judiciaires, affaires sensibles et controverses institutionnelles
L’affaire du meurtre de Mansour El Nahhas : une procédure au point mort
L’un des dossiers judiciaires les plus médiatisés de ces derniers mois demeure à l’arrêt. Selon Al Akhbar (16 septembre 2025), le juge d’instruction en charge du dossier du meurtre de Mansour El Nahhas n’a toujours pas convoqué les principaux suspects, pourtant identifiés par la Direction générale de la sûreté générale depuis août. Ce dossier, qui concerne un homme d’affaires lié à plusieurs réseaux de financement politiques, avait suscité de fortes réactions dans le milieu des affaires et auprès de plusieurs chancelleries étrangères, notamment européennes.
Al Joumhouriyat (16 septembre 2025) indique que la victime, retrouvée sans vie dans son appartement de Verdun, était en possession de documents confidentiels liés à des transferts de fonds vers des structures installées à Dubaï et à Genève. L’enquête aurait permis de retracer l’origine de plusieurs virements suspects en provenance de sociétés libanaises sous sanctions. Cependant, le juge semble hésiter à étendre l’enquête à ces circuits financiers, officiellement faute de coopération internationale, mais, selon des sources citées anonymement par Al Akhbar, en raison de pressions politiques exercées par des personnalités influentes.
Les proches de la victime ont exprimé leur frustration. Dans une déclaration publiée par Ad Diyar (16 septembre 2025), l’avocat de la famille affirme que « la justice libanaise ne peut se permettre d’abandonner une affaire aussi grave sans porter atteinte à sa crédibilité déjà fragilisée ».
Dossier Tarek Bitar : la justice toujours paralysée par les blocages politiques
Le dossier de l’explosion du port de Beyrouth continue de faire l’objet de tensions. Le juge Tarek Bitar, suspendu de facto depuis des mois en raison des recours en récusation déposés par plusieurs responsables politiques, reste officiellement en charge de l’instruction, mais dans l’incapacité d’exercer ses fonctions. Al Bina’ (16 septembre 2025) rapporte que les dernières tentatives de relancer le processus judiciaire ont échoué devant la Cour de cassation, où les désaccords sur la compétence du juge persistent.
Al Quds souligne que les familles des victimes dénoncent une « opération d’étouffement judiciaire » et appellent à une reprise immédiate des auditions. Une manifestation a eu lieu devant le Palais de justice, au cours de laquelle plusieurs participants ont brandi des portraits des victimes et des banderoles appelant à la levée des immunités parlementaires.
Al Akhbar cite un magistrat anonyme qui indique que « l’État libanais n’a pas les moyens structurels et politiques d’aboutir à une décision judiciaire indépendante dans ce dossier ». Le journal évoque également l’idée d’un transfert du dossier à une juridiction internationale, proposition soutenue par certains membres du barreau de Beyrouth, mais rejetée par le gouvernement, qui y voit une atteinte à la souveraineté nationale.
Réformes judiciaires bloquées et conflits de compétence
Les tentatives de réforme du système judiciaire libanais continuent de se heurter à des résistances institutionnelles. Nahar (16 septembre 2025) rapporte que la loi sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, adoptée en première lecture il y a près de neuf mois, est toujours en attente de ratification définitive. Le texte, soutenu par plusieurs ONG et observateurs internationaux, prévoit notamment un nouveau mode de désignation des magistrats du Conseil supérieur de la magistrature et une autonomie budgétaire accrue.
Selon Al Liwa’, les discussions achoppent principalement sur la composition du conseil et les pouvoirs accordés à la commission de discipline des juges. Le ministre de la Justice, dans une interview à Al Sharq (16 septembre 2025), affirme que « le Liban ne peut prétendre à un État de droit sans réforme sérieuse de l’appareil judiciaire », mais il reconnaît que « les lignes de fracture politiques empêchent tout consensus ». Cette impasse institutionnelle s’accompagne d’une crise de confiance des citoyens envers la justice.
D’après Ad Diyar, plusieurs magistrats auraient récemment refusé d’instruire certaines affaires sensibles, invoquant des risques pour leur sécurité personnelle. Le journal évoque notamment des menaces anonymes reçues par des juges enquêtant sur des dossiers liés à la corruption administrative. Ces éléments alimentent un climat d’intimidation qui contribue à la paralysie de nombreuses procédures.
Dossiers de corruption : lenteur, sélectivité et récupération
Plusieurs dossiers de corruption restent en suspens, faute de décisions exécutoires. Al Quds (16 septembre 2025) mentionne en particulier l’enquête sur les marchés publics attribués entre 2021 et 2023 par le ministère des Travaux publics. Le rapport de la Cour des comptes aurait mis en évidence de graves irrégularités dans l’attribution des appels d’offres, avec des soupçons de favoritisme au bénéfice de deux entreprises liées à d’anciens ministres. Mais aucun acte d’accusation formel n’a encore été émis.
Dans le même registre, Al Akhbar note que les poursuites ouvertes à l’encontre de l’ancien directeur de l’Office des douanes stagnent depuis plus de six mois. Le juge d’instruction en charge de l’affaire aurait réclamé des compléments d’enquête à la direction des finances publiques, mais ces documents ne lui ont pas été transmis. Selon des sources internes citées par le journal, des responsables au sein de l’administration bloqueraient volontairement la procédure.
La lenteur sélective de ces affaires est dénoncée par plusieurs associations, qui accusent les autorités judiciaires de protéger certaines personnalités politiques tout en instrumentalisant d’autres dossiers à des fins médiatiques. Nahar cite une déclaration du groupe Legal Agenda selon laquelle « la justice libanaise reste à deux vitesses : rapide lorsqu’il s’agit de sanctionner des opposants sans réseaux, lente et inefficace face aux puissants ».
Détentions arbitraires et situation des prisons
La question des détentions prolongées sans jugement refait également surface dans l’actualité. Al Bina’ (16 septembre 2025) consacre une enquête à la situation des prisons libanaises, et en particulier à la maison d’arrêt de Roumieh. Le journal révèle que plus de 58 % des détenus y sont en attente de procès, parfois depuis plus de deux ans, faute d’audiences programmées ou de juges disponibles.
Al Joumhouriyat indique que les conditions de détention se sont dégradées, avec des pénuries récurrentes de médicaments, une surpopulation chronique, et des cas de malnutrition. Plusieurs associations de défense des droits de l’homme ont interpellé le ministre de la Justice pour demander des mesures urgentes, notamment la libération conditionnelle des détenus en fin de peine ou la mise en place de tribunaux mobiles.
Le ministère, dans un communiqué repris par Al Liwa’, a reconnu la gravité de la situation mais affirme que les contraintes budgétaires empêchent une amélioration rapide. Il a néanmoins annoncé le lancement d’un projet pilote de digitalisation des dossiers judiciaires, censé accélérer la gestion des affaires en instance.
Société : précarité croissante, résilience citoyenne et fracture territoriale
Insécurité alimentaire : une réalité qui s’étend à toutes les couches sociales
L’insécurité alimentaire s’accentue au Liban, touchant désormais des pans entiers de la classe moyenne, selon les analyses relayées par Nahar (16 septembre 2025) et Al Joumhouriyat (16 septembre 2025). Le Programme alimentaire mondial, cité par les deux quotidiens, estime que près de 42 % des ménages libanais réduisent la quantité ou la qualité de leurs repas en raison de la hausse continue des prix. Cette donnée reflète un glissement de la crise économique vers une crise sociale systémique.
Al Bina’ (16 septembre 2025) souligne que la baisse du pouvoir d’achat n’est pas uniquement perceptible dans les quartiers périphériques ou ruraux, mais aussi dans des centres urbains comme Hamra, Achrafieh ou Tyr, où des commerces de détail ferment faute de clientèle. Plusieurs supermarchés ont cessé de proposer certains produits de base, dont le lait en poudre, l’huile végétale et les conserves, à cause d’une demande insuffisante.
À Tripoli, Al Quds (16 septembre 2025) décrit l’émergence de circuits d’approvisionnement alternatifs : groupements de femmes organisant des achats collectifs à prix négociés, échanges de repas entre voisins, entraide de proximité. Ces mécanismes d’auto-organisation témoignent d’une forme de résilience urbaine, mais aussi de l’effondrement du filet social étatique.
Éducation : l’exode scolaire se poursuit, les établissements publics saturés
La rentrée scolaire, prévue pour la fin du mois de septembre, s’annonce particulièrement difficile. D’après Ad Diyar (16 septembre 2025), plus de 55 000 élèves du secteur privé ont demandé leur transfert vers l’enseignement public pour l’année 2025-2026, en raison de l’augmentation des frais de scolarité et de la dévaluation de la livre libanaise.
Al Akhbar rapporte que de nombreuses écoles privées ont instauré un système de double tarification, exigeant le paiement en dollars américains pour une partie des services, ce qui rend leur accès impossible à une majorité de familles. Le ministère de l’Éducation, dans un communiqué cité par Nahar, indique que les établissements publics ne disposent pas des ressources humaines ni matérielles pour absorber cette hausse des effectifs. Plusieurs écoles publiques n’ont pas encore recruté de personnel enseignant ni effectué les travaux de maintenance indispensables.
À Beyrouth, Al Liwa’ évoque les tensions entre parents et directions scolaires. Des sit-in ont été organisés devant les bureaux du ministère, avec des revendications allant de la gratuité des manuels scolaires à l’uniformisation des frais d’inscription. L’Union des enseignants du public, de son côté, menace de retarder la rentrée si des garanties salariales ne sont pas obtenues. La situation risque de reproduire les perturbations des années précédentes, où de nombreuses écoles avaient été contraintes de fermer partiellement en raison des grèves.
Santé publique : hôpitaux en détresse et patients marginalisés
Le secteur hospitalier continue de subir les conséquences de la crise économique et de l’exode des professionnels de santé. Nahar (16 septembre 2025) cite des chiffres du Syndicat des hôpitaux privés selon lesquels près de 35 % des lits disponibles en soins intensifs sont hors service, principalement en raison de la pénurie d’équipements et de médicaments. Dans le même article, on apprend que plus de 700 infirmiers et médecins ont quitté le Liban depuis janvier 2025, aggravant un déficit déjà structurel.
Al Akhbar rapporte que plusieurs hôpitaux universitaires à Beyrouth ont suspendu leurs services d’urgence, ne prenant en charge que les cas jugés critiques, avec une priorisation basée sur des critères économiques. Les patients non assurés doivent désormais s’acquitter d’une avance pouvant atteindre plusieurs centaines de dollars, ce qui entraîne des situations de non-recours aux soins, voire de décès évitables.
Dans le sud du pays, Al Bina’ décrit des files d’attente devant les dispensaires de Nabatieh, où les patients doivent parfois patienter jusqu’à trois jours pour obtenir une consultation gratuite. Le ministère de la Santé, dans une déclaration relayée par Al Quds, reconnaît que les fonds alloués aux centres de soins primaires sont en baisse et que la priorité est donnée aux partenariats avec les ONG.
Fragmentation sociale : montée des tensions intercommunautaires et régionales
La dégradation des conditions sociales alimente également des tensions entre différentes communautés. Ad Diyar (16 septembre 2025) mentionne plusieurs incidents survenus à Baalbek et dans la banlieue sud de Beyrouth, où des affrontements verbaux entre groupes confessionnels ont dégénéré en violences. Ces actes restent localisés mais illustrent une crispation croissante.
Al Liwa’ évoque la multiplication des barrières communautaires, notamment en matière d’accès aux services sociaux. Dans certaines municipalités, les aides alimentaires distribuées par les ONG sont accusées d’être réservées aux résidents inscrits sur les listes électorales locales, excluant ainsi les populations déplacées ou marginalisées.
À Zahlé, Al Quds rapporte une décision de la municipalité de restreindre l’accès aux services d’urgence pour les non-résidents. Cette décision a été dénoncée par plusieurs ONG comme contraire aux principes du droit humanitaire, mais elle reflète une tendance plus large de recentrage sur les solidarités locales.
Travail informel, précarité des jeunes et crise des retraites
Le marché du travail connaît une informalisation croissante. Al Akhbar (16 septembre 2025) indique que plus de 58 % des emplois actifs ne sont pas déclarés, échappant aux cotisations sociales. Cette situation touche particulièrement les jeunes diplômés, dont beaucoup se tournent vers le travail indépendant ou les plateformes numériques sans couverture sociale.
Al Joumhouriyat évoque aussi la précarisation des travailleurs du secteur public. Plusieurs retraités de la fonction publique affirment ne plus pouvoir subvenir à leurs besoins de base. Les pensions, versées en livres libanaises, ne sont plus indexées sur l’inflation. Certains fonctionnaires, toujours en poste, envisagent même une retraite anticipée pour se lancer dans des activités plus lucratives à l’étranger.
Dans ce contexte, la Caisse nationale de sécurité sociale peine à remplir ses obligations. Al Bina’ rapporte que de nombreux bénéficiaires n’ont pas reçu leurs remboursements médicaux depuis le mois de juin. La direction affirme que les retards sont dus à un déficit budgétaire aggravé par la baisse des cotisations. Une réforme structurelle du système de protection sociale, attendue depuis 2022, n’a toujours pas été engagée par le gouvernement.
Technologie : dynamique régionale, cybersécurité et innovations libanaises marginalisées
L’écosystème numérique libanais : innovations en périphérie du système
Malgré la crise économique persistante, des initiatives entrepreneuriales continuent d’émerger dans le domaine des technologies au Liban. Al Akhbar (16 septembre 2025) rapporte le lancement d’une application mobile par une start-up beyrouthine visant à organiser des circuits d’échange de biens et de services sans transaction monétaire. Ce système de troc numérique, déjà expérimenté à Tyr, repose sur une blockchain simplifiée hébergée localement, permettant de sécuriser les échanges.
D’après Nahar (16 septembre 2025), ce type de projets illustre une tentative de réponse décentralisée à la crise de liquidité qui frappe l’économie. Ces initiatives sont cependant confrontées à des obstacles structurels : absence de cadre légal pour les monnaies numériques, faible pénétration de l’internet haut débit, et instabilité énergétique.
Le ministère de l’Économie, interrogé par Al Joumhouriyat, reconnaît que le soutien public à l’innovation technologique reste symbolique, les budgets alloués au secteur ayant été réduits de 70 % entre 2020 et 2024. Les incubateurs comme Berytech ou Smart ESA survivent grâce à des financements internationaux, principalement européens, mais ne parviennent plus à absorber le flux de jeunes diplômés porteurs de projets.
Al Quds (16 septembre 2025) note que la majorité des talents formés au Liban dans les filières STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) quittent le pays dans les deux ans suivant leur diplomation. Cette « fuite numérique » empêche l’émergence d’un écosystème stable et durable.
Cybersécurité : le Liban en retard dans la protection des infrastructures critiques
Le niveau de vulnérabilité du Liban face aux cyberattaques reste élevé. Al Liwa’ (16 septembre 2025) cite une source au sein du ministère des Télécommunications selon laquelle plusieurs tentatives d’intrusion ont été détectées en août 2025 sur les serveurs du Cadastre et de la Direction générale des douanes. Ces attaques, bien que repoussées, ont révélé l’absence de pare-feux actualisés et de procédures de récupération des données.
Ad Diyar (16 septembre 2025) confirme que l’Armée libanaise a renforcé son unité de cyberdéfense, notamment par la formation de techniciens spécialisés au sein du Centre de Recherche en Cybersécurité de l’Université libanaise. Toutefois, ces efforts restent isolés et sans coordination nationale. Le Conseil supérieur de la défense a bien validé en mars 2024 un plan national de cybersécurité, mais il n’a jamais été mis en œuvre, faute de financement.
Selon Al Bina’, plusieurs ministères gèrent leurs propres systèmes informatiques de manière autonome, sans protocole unifié ni certification. Cette situation crée des brèches multiples et rend impossible toute réponse coordonnée en cas de cyberattaque massive. Le journal rappelle qu’en décembre 2023, un ransomware avait paralysé les serveurs du ministère de l’Environnement pendant trois semaines, sans qu’aucune enquête publique n’ait été lancée.
Des experts interrogés par Nahar soulignent également le manque de sensibilisation du grand public aux risques numériques. Les applications de messagerie non sécurisées restent largement utilisées dans les échanges officiels, notamment par les municipalités et les organismes publics. Ce déficit de formation aggrave la vulnérabilité du pays dans un contexte régional tendu.
Projets régionaux : le Liban exclu des grandes plateformes de coopération numérique
À l’échelle régionale, le Liban semble marginalisé des grandes initiatives technologiques en cours. Al Quds et Al 3arabi Al Jadid (16 septembre 2025) relatent la signature récente d’un accord de coopération entre l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte autour du projet « Digital Silk Road » porté par la Chine. Ce corridor numérique prévoit l’installation de câbles à fibre optique, de centres de données et de zones franches dédiées à l’innovation.
Le Liban n’a pas été convié à ces discussions, en raison de son instabilité politique et de l’obsolescence de ses infrastructures. Al Bina’ rapporte que les responsables chinois auraient exprimé leur réticence à investir dans un environnement jugé « non sécurisé juridiquement et énergétiquement instable ». Ce choix prive le Liban d’une opportunité stratégique de s’intégrer à un réseau de données régional à forte valeur ajoutée.
Par ailleurs, le Liban n’a pas participé au sommet régional sur l’intelligence artificielle organisé à Djeddah début septembre. Selon Al Akhbar, plusieurs pays africains et asiatiques ont été invités à y présenter leurs stratégies nationales, tandis que le Liban, en l’absence d’un ministère dédié au numérique, n’a pas pu proposer de feuille de route.
Des analystes cités par Al Liwa’ considèrent que cette exclusion progressive du Liban des circuits régionaux de coopération technologique pourrait avoir des conséquences lourdes à long terme, notamment en matière de souveraineté numérique.
Technologies agricoles et gestion de l’eau : tentatives locales d’innovation
Face aux pénuries récurrentes d’eau et à la hausse des températures, plusieurs municipalités du nord du Liban tentent de mettre en place des solutions technologiques en matière de gestion hydrique. Al Joumhouriyat (16 septembre 2025) rapporte l’expérience lancée à Batroun autour d’un système de capteurs intelligents mesurant l’humidité des sols et automatisant l’irrigation.
Financé par une ONG allemande, le projet permettrait d’économiser jusqu’à 30 % d’eau par rapport aux méthodes traditionnelles. Al Bina’ indique que ce type d’innovation reste cependant limité par l’absence d’un réseau électrique fiable, qui empêche la régularité du fonctionnement des dispositifs connectés.
Dans le même esprit, des coopératives agricoles de la Békaa ont entamé une numérisation partielle de leur traçabilité, avec des QR codes sur les lots de légumes expédiés vers les marchés urbains. Nahar mentionne qu’un partenariat avec une université privée est en cours pour développer une plateforme de gestion des stocks en ligne. Cependant, ces outils restent expérimentaux et déconnectés d’un écosystème logistique moderne.



