1. Actualité libanaise locale
L’affaire Riad Salamé et ses répercussions
La détention de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, suscite des remous non seulement au sein des milieux financiers et politiques, mais aussi dans l’opinion publique libanaise. Selon « Annahar », le juge d’instruction BIlal Halaoui s’est concentré sur les accusations de détournement de fonds publics, blanchiment d’argent et enrichissement illicite. Ces accusations sont largement alimentées par les découvertes faites par la société d’audit Alvarez & Marsal dans le cadre du rapport de vérification criminelle des comptes de la BDL. Salamé, qui avait dirigé la banque centrale durant près de trois décennies, fait face à une enquête sur des commissions de 40 millions de dollars, ce qui n’est qu’une fraction des accusations pesant contre lui. Cependant, le choix de limiter l’enquête à cette somme semble refléter une volonté d’accélérer la procédure, comme l’explique « Annahar », car ouvrir d’autres dossiers complexes pourrait prolonger l’affaire pendant des années.
Par ailleurs, « Al-Joumhouria » souligne que cette affaire pourrait avoir des conséquences géopolitiques. L’inclusion possible du Liban sur la « liste grise » du GAFI, qui surveille les pratiques de blanchiment d’argent dans le monde, menace d’isoler davantage le pays. Une telle mesure pourrait compliquer l’accès du Liban aux marchés financiers internationaux et aggraver la crise économique déjà paralysante, mettant en péril le système bancaire et les quelques institutions encore fonctionnelles.
En parallèle, la situation politique se dégrade avec l’absence d’un président de la République, un siège vacant depuis octobre 2022. Le dernier espoir repose sur l’implication de puissances étrangères, notamment la France et l’Arabie saoudite. Jean-Yves Le Drian, l’envoyé spécial français, a tenu des réunions à Riyad avec des responsables saoudiens, tels que Nizar Aloula, pour tenter de résoudre l’impasse présidentielle. « Al-Anba » rapporte que l’objectif est de parvenir à une élection présidentielle avant les élections américaines de novembre 2024, sous peine de repousser cette échéance jusqu’à l’été 2025. Les tensions sécuritaires au sud du Liban compliquent ces efforts diplomatiques.
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Le rôle des députés dissidents du Courant Patriotique Libre (CPL)
Sur la scène politique intérieure, un nouveau front semble se dessiner avec le mouvement des quatre députés dissidents du CPL, Elias Bou Saab, Ibrahim Kanaan, Simon Abi Ramia et Alain Aoun. Après leur rencontre avec le patriarche maronite Bechara Raï, « Al-Anba » rapporte que les députés cherchent à jouer un rôle médiateur entre les différents blocs politiques pour trouver une issue à la crise présidentielle. Cette initiative pourrait redonner un rôle central à la communauté maronite dans la vie politique libanaise, surtout en période de vide présidentiel.
La crise énergétique persistante
D’un autre côté, la crise énergétique continue de paralyser le pays. Selon « Al-Bina », des discussions ont eu lieu entre le ministre de l’Énergie, Walid Fayyad, et le parlement pour augmenter la capacité de production d’électricité à 1200 mégawatts, ce qui permettrait de fournir au moins 12 heures d’électricité par jour aux habitants. Toutefois, la mise en œuvre de ce plan est retardée par des problèmes de financement et de coordination entre les différents ministères, notamment celui des Finances. Le secteur de l’électricité, qui a drainé des milliards de dollars de subventions, reste l’un des plus grands gouffres financiers du pays.
2. Actualité régionale
Le conflit israélo-palestinien et l’escalade à Gaza
La guerre entre Israël et le Hamas se poursuit sans véritable perspective de cessez-le-feu. « Al-Anba » souligne que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou semble davantage préoccupé par ses propres intérêts politiques que par la libération des otages israéliens ou la fin des hostilités. Cette guerre, qui a déjà causé des milliers de morts dans la bande de Gaza, pourrait s’intensifier à la lumière des déclarations récentes de Netanyahou, qui a refusé les propositions de cessez-le-feu venant des médiateurs internationaux, notamment l’Égypte.
Selon des sources égyptiennes citées par « Al-Anba », Le Caire estime que Netanyahou joue un double jeu, utilisant la guerre pour détourner l’attention des crises internes en Israël, notamment les manifestations contre la réforme judiciaire. Par ailleurs, l’implication croissante de la Jordanie dans ce dossier se manifeste par les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Ayman Safadi, qui a fermement rejeté toute tentative israélienne de déplacer les Palestiniens de Cisjordanie vers la Jordanie. Safadi a averti qu’une telle action serait considérée comme une « déclaration de guerre » contre le royaume hachémite, selon les propos rapportés par « Al-Anba ».
La montée en puissance des Houthis au Yémen
Dans un autre contexte régional, le conflit au Yémen semble évoluer avec l’introduction de nouvelles technologies de guerre par les Houthis. « Al-Bina » rapporte que le chef des Houthis, Abdelmalek al-Houthi, a promis de nouvelles surprises militaires, notamment des attaques terrestres et maritimes sophistiquées contre les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Ces déclarations viennent après plusieurs succès des Houthis dans des opérations navales contre des cibles israéliennes en mer Rouge.
3. Actualité internationale
La rivalité sino-russe contre les États-Unis
La scène internationale est marquée par la montée en puissance de la Chine et de la Russie face à l’Occident. « Al-Bina » met en avant les déclarations du président russe Vladimir Poutine lors du Forum économique de l’Est à Vladivostok, où il a affirmé que la Russie est désormais la quatrième plus grande économie mondiale, devançant des pays comme l’Allemagne et le Japon. Poutine a aussi souligné que 65 % des échanges commerciaux de la Russie dans la région Asie-Pacifique ne se font plus en dollars, reflétant la dé-dollarisation progressive de l’économie mondiale, un processus accéléré par les sanctions américaines.
Simultanément, la Chine renforce son influence en Afrique. Le président chinois Xi Jinping a annoncé un plan de financement de 50 milliards de dollars pour des projets de développement sur le continent africain, lors du Forum sino-africain. Ces initiatives montrent l’ambition de Pékin de se positionner comme un acteur clé dans le développement des infrastructures et des échanges commerciaux en Afrique, dans une tentative de réduire l’influence occidentale sur le continent.
La situation en Ukraine et les tensions avec l’OTAN
En Europe, la guerre en Ukraine entre dans une phase critique avec les efforts continus de l’OTAN pour soutenir Kiev. « Al-Bina » note que la Russie continue de renforcer ses positions dans l’est de l’Ukraine, tout en maintenant une pression militaire constante sur les régions frontalières. L’OTAN, dirigée par les États-Unis, intensifie son soutien logistique et militaire à l’Ukraine, bien que la contre-offensive ukrainienne semble stagner. Cette situation pourrait prolonger le conflit pour plusieurs années, exacerbant les tensions entre la Russie et les puissances occidentales.



