jeudi, février 19, 2026

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Saad Hariri, mémoire et contraintes: le retour sous plafond régional

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Une commémoration qui redevient un acte politique

La séquence est d’abord portée par un rendez-vous de mémoire, organisé autour de l’assassinat de Rafic Hariri. Le discours de Saad Hariri,, n’est pas traité comme un simple hommage. Il est décrit comme une prise de parole politique, construite pour replacer la figure de son père dans un récit national et pour rappeler des lignes de fond sur l’orientation du pays.  

Le message s’appuie sur un registre émotionnel assumé. La mémoire est utilisée comme un levier de mobilisation, parce qu’elle renvoie à une période où Rafic Hariri incarnait une promesse de reconstruction et d’ouverture, et parce que son assassinat reste, pour une partie importante de l’opinion, un traumatisme politique. Dans la lecture rapportée ce jour-là, cette mémoire ne sert pas uniquement à commémorer. Elle sert à reposer une question de direction, au moment où l’échéance électorale de 2026 approche et où les blocs cherchent à se repositionner.  

Le discours est aussi décrit comme un rappel de repères identitaires. La formulation met en avant une idée de continuité: un Liban ancré dans son environnement arabe, porté par une logique d’État, et refusant d’être aspiré par les ruptures et les aventures. La force de cette prise de parole tient à ce qu’elle contourne le débat tactique du moment. Elle vise le niveau symbolique, celui où l’on parle de “cap” plus que de “liste”. Cette stratégie correspond à une réalité de la vie politique libanaise. Quand le paysage est fragmenté, la mémoire devient une ressource. Elle permet de parler à des électorats dispersés, de réactiver des loyautés, et de rappeler un récit commun à un public qui a vécu des années de crise.  

Kamil Chamoun et la pression publique au “retour”

Autour de la commémoration, d’autres signaux sont rapportés, plus directs. Le député Kamil Chamoun, chef du Parti des Nationaux Libres, est cité comme encourageant Saad Hariri à revenir à l’action politique. L’argument avancé s’inscrit dans un contexte explicitement électoral, présenté comme une “saison” où le rôle de Hariri redeviendrait central. Il insiste aussi sur la notion de modération, associée à la famille Hariri, dans un paysage où la polarisation s’accroît.

Cette incitation est importante parce qu’elle révèle un mécanisme de la scène libanaise. Une partie des acteurs politiques considère que l’absence de Saad Hariri a créé un vide dans la représentation sunnite, et que ce vide a produit une fragmentation qui profite à d’autres forces. L’appel de Chamoun, tel qu’il est rapporté, n’est donc pas seulement une marque de sympathie. C’est une proposition de recomposition. Elle cherche à reconstruire une colonne vertébrale politique autour d’un acteur capable de fédérer une partie de l’électorat sunnite, tout en servant de pivot dans des alliances plus larges.

Dans cette logique, l’élément décisif n’est pas seulement la volonté de Saad Hariri. C’est la capacité de son retour à être “accepté” et “efficace” dans un environnement où les équilibres internes ont évolué. Les appels publics sont une chose. La marge réelle en est une autre.

Les rencontres qui testent la marge: Ihab Matar et les échanges politiques

Dans les jours entourant la commémoration, Saad Hariri est mentionné au centre de rencontres politiques, notamment avec le député Ihab Matar, dans le cadre d’échanges sur les développements du moment.  Ces rendez-vous sont révélateurs de la manière dont un retour se construit au Liban. Il ne se fait pas par une annonce unique. Il se fait par une série de gestes graduels: recevoir, écouter, consulter, puis laisser filtrer des signaux.

Ce type de rencontres sert plusieurs objectifs. Il permet d’évaluer la température politique et de mesurer les attentes d’acteurs locaux. Il permet aussi à l’entourage de Hariri de vérifier les lignes rouges, internes et externes. Enfin, il prépare le terrain à une éventuelle relance organisationnelle, si le choix est fait d’entrer dans la bataille électorale.

Le fait que ces rencontres soient rapportées, en soi, compte. Dans un pays où la politique est aussi un théâtre de signaux, rendre publiques ces consultations revient à dire que l’acteur n’est pas absent. Il est présent, même s’il n’a pas encore franchi l’étape d’un engagement total.

Bahia Hariri, Nabih Berry et la politique des passerelles

Une autre séquence rapportée le 19 février 2026 renvoie au rôle de Bahia Hariri, reçue par le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné.  Cette rencontre n’est pas un détail de protocole. Elle s’inscrit dans une tradition politique libanaise où les canaux familiaux et politiques se croisent, et où certains échanges servent à maintenir une passerelle même quand les alliances fluctuent.

Le fait que cette réunion soit mentionnée aux côtés d’autres rendez-vous institutionnels signifie qu’elle est perçue comme porteuse de sens. Elle montre que le nom Hariri continue de fonctionner comme un centre de gravité, y compris dans des espaces qui dépassent le seul électorat sunnite. Elle rappelle aussi que la recomposition électorale ne se joue pas uniquement dans la rue ou dans les médias. Elle se joue dans les relations entre pôles institutionnels, et dans les compromis capables d’assurer un minimum de stabilité.

Dans un contexte où la campagne de 2026 se prépare sous tensions fiscales et sous incertitudes institutionnelles, maintenir des passerelles peut devenir une assurance politique. La présence de Bahia Hariri dans ce type de séquence soutient l’idée que la famille Hariri reste un acteur, même quand Saad Hariri n’est pas officiellement revenu au premier plan.

Le “plafond régional”: un retour qui se heurte à des contraintes externes

Le même 19 février 2026, un autre récit circule, plus contraignant. Il met en avant l’idée d’une pression saoudienne autour de Saad Hariri, présentée comme un facteur qui limite sa marge de manœuvre. Ce récit décrit un climat où des acteurs politiques adaptent leurs comportements, notamment dans la manière de fréquenter ou non l’entourage de Hariri, par crainte de se heurter à un veto ou à un signal négatif venu de Riyad.  

Ce type d’information, rapportée ce jour-là, est décisif pour comprendre ce que signifie “retour sous plafond”. Le plafond n’est pas seulement interne. Il est régional. Dans la politique libanaise, l’acceptabilité d’un leadership sunnite est souvent influencée par les équilibres arabes, en particulier par la relation avec l’Arabie saoudite. Si un acteur est perçu comme en tension avec Riyad, sa capacité à lever des soutiens, à obtenir des appuis financiers ou à sécuriser des alliances se réduit.

La contrainte est aussi psychologique. Même sans annonce officielle, la rumeur d’un veto suffit à faire hésiter des partenaires. Elle ralentit les coalitions. Elle pousse des candidats à chercher d’autres couvertures. Elle crée un climat où le retour de Hariri devient un pari risqué. Or une campagne électorale est déjà coûteuse et incertaine. Ajouter un risque régional rend la décision plus difficile.

Dans ce cadre, la mémoire et le symbole peuvent réactiver une base, mais ils ne suffisent pas à rétablir une machine politique nationale si la marge régionale se referme. Le récit du 19 février 2026 met précisément en scène cette tension: un retour possible sur le plan symbolique, mais encadré par une contrainte externe susceptible de limiter la traduction électorale.

La représentation sunnite entre fragmentation et besoin de pivot

Le débat autour du retour de Saad Hariri s’inscrit dans une crise plus large de représentation. L’absence d’un pôle dominant a favorisé l’émergence de figures locales et de listes indépendantes, mais elle a aussi affaibli la capacité de l’électorat sunnite à peser de manière cohérente dans les négociations nationales. Cette réalité explique pourquoi certains acteurs cherchent à relancer Hariri. Ils espèrent reconstituer un pivot, afin de négocier avec plus de poids face aux autres blocs.

Mais cette recomposition n’est pas automatique. Même si Hariri revient, il doit composer avec une scène transformée. Des candidats ont construit des réseaux sans lui. Des alliances se sont formées en son absence. Des attentes se sont déplacées. Dans une partie de l’opinion, l’exigence est moins celle d’un retour “comme avant” que celle d’un retour “différent”, capable de répondre à la crise économique et aux frustrations sociales.

Le discours de commémoration, tel qu’il est rapporté, cherche justement à s’installer sur un terrain plus large que la tactique électorale. Il vise à redonner un cadre. Mais la question demeure: ce cadre suffit-il à reconstruire une discipline électorale, ou ne produit-il qu’un moment émotionnel sans effet durable.

L’élection 2026 comme catalyseur: le retour testé par l’urgence du calendrier

Le retour de Saad Hariri est aussi évalué à travers l’urgence électorale. Plus la campagne avance, plus les acteurs doivent trancher. Une candidature nationale exige une organisation, des listes, des alliances, des financements et une stratégie de communication. Sans décision claire, l’acteur risque d’arriver trop tard pour peser réellement.

Dans les éléments rapportés le 19 février 2026, cette tension est perceptible. Les rendez-vous politiques se multiplient. Les appels publics existent. Mais le dossier régional pèse. Le résultat est une situation intermédiaire où Hariri occupe l’espace symbolique sans se transformer encore en acteur opérationnel de campagne.

Cette zone grise peut être volontaire. Elle permet de tester les réactions, d’obtenir des signaux, et de conserver une marge de retrait si le contexte se referme. Mais elle comporte un coût. Si la décision tarde, les autres acteurs verrouillent des alliances. Ils occupent des terrains. Ils remplissent des vides. Dans une campagne, l’espace est limité. Celui qui tarde peut découvrir que l’espace a été réparti sans lui.

La mémoire comme outil de légitimation face à la crise économique

Le recours à la mémoire de Rafic Hariri dans le discours de Saad Hariri a aussi une fonction de légitimation économique. Rafic Hariri reste associé, dans l’imaginaire politique, à une période de grands projets et de reconstruction. Dans un pays confronté à une crise prolongée, cette référence peut redevenir attractive, surtout pour un public qui cherche une sortie et un récit de relance.

Mais cette référence comporte aussi un risque politique. Elle peut provoquer des contre-discours sur les choix économiques passés, sur l’endettement, ou sur les élites. Le discours doit donc être calibré. Il doit mobiliser la mémoire sans réactiver les critiques. Il doit proposer une idée d’État et de stabilité sans apparaître comme une nostalgie déconnectée de la réalité sociale de 2026.

Dans la lecture rapportée le 19 février 2026, l’accent est mis sur l’orientation nationale et sur une forme de rappel de principes, plutôt que sur un programme économique détaillé.  Cette prudence peut être un choix stratégique. Elle permet de rassembler sans entrer dans des controverses techniques. Mais elle laisse aussi une question en suspens: comment transformer un récit en plan de sortie de crise, dans un pays où la fiscalité, les salaires publics et le pouvoir d’achat dominent les débats.

Les effets sur les alliances: un acteur qui peut déplacer plusieurs équilibres

Même sans annonce formelle, la simple possibilité d’un retour de Saad Hariri influence des alliances. Elle peut pousser certains candidats à attendre, pour ne pas se couper d’un futur pivot. Elle peut pousser d’autres à accélérer, pour verrouiller des positions avant un retour. Elle peut aussi modifier l’attitude d’acteurs non sunnites, qui voient dans Hariri un interlocuteur potentiel ou un facteur de stabilité.

La rencontre rapportée entre Bahia Hariri et Nabih Berry, dans ce contexte, prend un sens particulier.  Elle peut être lue comme une manière de maintenir un canal, sans engager encore une alliance. Elle correspond à une logique libanaise fréquente: maintenir le dialogue pour garder des options ouvertes.

Dans le même temps, le récit de contraintes saoudiennes pèse sur la capacité de ces options à se concrétiser.  Si certains partenaires estiment que le retour de Hariri n’a pas de feu vert régional, ils éviteront de miser sur lui. Ils chercheront d’autres équilibres. Cette incertitude est au cœur de la notion de plafond: le plafond ne dit pas “non” de manière officielle, mais il rend le “oui” plus risqué.

Le test décisif: base populaire, appareil politique et acceptabilité régionale

Un retour politique au Liban se mesure par trois tests. Le premier est celui de la base populaire. La commémoration et le discours servent à mesurer cette base, à vérifier la capacité d’émotion, d’identification et de mobilisation.  Le deuxième test est celui de l’appareil politique: capacité à produire des listes, à financer une campagne, à tenir des accords locaux, et à encadrer des équipes. Les rencontres avec des élus comme Ihab Matar, ou l’appel public de Kamil Chamoun, s’inscrivent dans cette logique.

Le troisième test est celui de l’acceptabilité régionale. C’est le point le plus sensible, celui qui peut limiter tout le reste. Le récit de pression saoudienne rapporté le 19 février 2026 indique que cette variable n’est pas neutre.  Dans une campagne, l’acceptabilité régionale ne se traduit pas seulement par un soutien financier. Elle se traduit aussi par la tranquillité des alliances. Si les partenaires craignent un veto, ils hésitent. L’hésitation fragilise l’organisation. Et une organisation fragile rend le retour moins efficace.

À ce stade, les éléments rapportés le 19 février 2026 montrent un acteur qui réoccupe un espace symbolique et qui multiplie les signaux politiques, tout en restant confronté à une contrainte régionale décrite comme déterminante.

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