samedi, février 7, 2026

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Saisie de viandes et poissons avariés à Tyr : la Sûreté de l’État frappe un établissement et arrête son propriétaire syrien

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La Direction générale de la Sûreté de l’État libanaise a procédé, ce 7 février 2026, à une opération significative dans la ville de Tyr, au sud du Liban. Une patrouille de la direction régionale du Sud, bureau de Tyr, a perquisitionné un établissement spécialisé dans les viandes congelées situé dans le quartier des logements populaires. Accompagnée de contrôleurs du ministère de l’Économie et de représentants de l’union des municipalités de Tyr, l’équipe a découvert d’importantes quantités de viandes et de poissons avariés. Les produits saisis ont été immédiatement détruits, l’établissement a été scellé avec de la cire rouge, et son propriétaire, un ressortissant syrien identifié par les initiales H.H., a été arrêté. Des procédures judiciaires ont été engagées contre lui sur instruction du parquet.

Cette intervention s’inscrit dans une série d’actions menées par les autorités libanaises pour contrer les violations touchant à la santé publique. Selon le communiqué officiel de la Direction générale de la Sûreté de l’État, publié par son département des médias, de l’orientation et des relations publiques, ces efforts visent à protéger la salubrité des aliments et la sécurité des citoyens. Le quartier des logements populaires à Tyr, une zone densément peuplée et économiquement vulnérable, est souvent le théâtre de tels contrôles, où les commerces informels prolifèrent en raison de la précarité ambiante.

Une opération exemplaire contre les risques sanitaires

Les détails de l’opération révèlent une coordination étroite entre les forces de sécurité et les instances administratives. La patrouille a agi sur la base d’informations précises, probablement issues de signalements ou de surveillances régulières. Les quantités saisies – qualifiées de « grandes » dans le communiqué – incluaient des viandes et des poissons dont l’état de décomposition posait un risque immédiat pour la consommation humaine. L’intervention n’a pas seulement abouti à la destruction des produits, mais aussi à la fermeture temporaire de l’établissement, une mesure administrative courante pour empêcher toute reprise d’activité illicite.

Le ministère de l’Économie, représenté par ses contrôleurs, joue un rôle pivotal dans ces opérations. Sous la direction d’Amer Bisat, nommé en février 2025 au sein du gouvernement de Nawaf Salam, le ministère a intensifié ses inspections depuis l’année dernière. Des rapports internes indiquent que plus de 500 contrôles ont été effectués dans les régions du Sud en 2025, aboutissant à la saisie de plusieurs tonnes de produits non conformes. Cette vigilance accrue répond à une directive gouvernementale visant à renforcer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement, particulièrement dans les zones frontalières comme Tyr, proche de la ligne bleue avec Israël.

Le propriétaire arrêté, H.H., de nationalité syrienne, fait face à des accusations liées à la mise en danger de la santé publique et à des infractions commerciales. Les procédures légales, menées sous l’égide du judiciaire, pourraient inclure des amendes substantielles et une interdiction d’exercer. Ce cas met en lumière les défis posés par les réseaux informels, souvent alimentés par des importations irrégulières depuis la Syrie voisine.

La persistance de l’insécurité alimentaire au Liban

Cet incident à Tyr n’est pas isolé, mais s’inscrit dans un contexte plus large d’insécurité alimentaire qui frappe le Liban depuis plusieurs années. Selon le dernier rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), publié en décembre 2025 par les agences onusiennes, environ 874 000 personnes – soit 17 % de la population analysée – font face à une insécurité alimentaire aiguë entre novembre 2025 et mars 2026. Parmi elles, 22 000 individus se trouvent en phase 4 d’urgence, caractérisée par des déficits nutritionnels sévères et des risques de malnutrition aiguë élevés.

Nora Ourabah Haddad, représentante au Liban de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a déclaré lors d’une conférence de presse le 19 janvier 2026 : « Si les tendances montrent une légère amélioration de 4 % par rapport au cycle précédent, 17 000 ménages agricoles restent confrontés à l’insécurité alimentaire. Les petits exploitants figurent parmi les plus durement touchés. » Cette stabilisation relative découle du cessez-le-feu de novembre 2024, qui a permis le retour de déplacés et restauré l’accès aux marchés, combiné à une stabilité du taux de change et à des opportunités saisonnières.

Pourtant, les projections pour avril à juillet 2026 sont alarmantes : le nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë pourrait grimper à 961 000, soit 18 % de la population. Ces chiffres, issus d’analyses conjointes de la FAO, du Programme alimentaire mondial (PAM) et du ministère de l’Agriculture libanais, soulignent la vulnérabilité persistante. Le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, a réagi en soulignant : « Les conclusions démontrent l’ampleur des défis qui subsistent pour la sécurité alimentaire au Liban, malgré les indicateurs positifs enregistrés au cours de l’année écoulée. » Il a plaidé pour une accélération de la relance agricole, incluant la protection des ressources naturelles et le soutien aux communautés rurales.

Les répercussions de la crise économique sur les circuits alimentaires

La crise économique qui étreint le Liban depuis 2019 amplifie ces problèmes. La livre libanaise a perdu plus de 95 % de sa valeur face au dollar, rendant les importations – qui couvrent 80 % des besoins alimentaires – prohibitivement chères. L’inflation alimentaire a multiplié les prix par 64 depuis 2019, selon le PAM, tandis que le panier de dépenses minimales pour une famille de cinq personnes a atteint 622 dollars en 2025. Près de 54 % de la population vit avec moins de 8,3 dollars par jour, et 17,4 % avec moins de 4,2 dollars.

Cette précarité favorise l’émergence de marchés parallèles, où des produits avariés ou contrefaits circulent pour répondre à la demande des ménages à faible revenu. À Tyr, comme dans d’autres régions du Sud, les destructions liées au conflit de 2024 ont endommagé les infrastructures agricoles, réduisant la production locale et augmentant la dépendance aux importations informelles. La Banque mondiale estime que les hostilités ont causé 11 milliards de dollars de pertes économiques, dont 1,2 milliard dans le secteur agricole.

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