mercredi, janvier 14, 2026

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tensions géopolitiques, pressions diplomatiques et crispations politiques après les propos de Tom Barrak

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Escalade régionale et répercussions libanaises

Les journaux libanais du 14 juillet 2025 consacrent une large part de leur couverture à l’intensification des tensions régionales. Dans Ad Diyar (14 juillet 2025), plusieurs articles analysent la portée des déclarations de Tom Barak, envoyé spécial américain pour le Liban et la Syrie. Ce dernier a affirmé que le Liban « pourrait faire retour à la zone syro-mésopotamienne » et que le pays « court un risque existentiel s’il ne résout pas rapidement la question du Hezbollah ». Bien que Barak ait par la suite précisé que ses propos « ne visaient pas à menacer le Liban », ses explications n’ont pas apaisé les réactions politiques locales.

La classe politique libanaise a largement rejeté les propos du diplomate américain. Dans Al Joumhouriyat (14 juillet 2025), un haut responsable officiel a qualifié ces déclarations de « provocations sans précédent », tandis que Al Bina’(14 juillet 2025) évoque une « insulte au patriotisme libanais » et un « mépris évident pour les institutions nationales ». Dans le même registre, Al Akhbar (14 juillet 2025) interprète cette sortie diplomatique comme une manœuvre de pression destinée à obtenir le désarmement du Hezbollah. Plusieurs éditorialistes estiment que cette stratégie aurait produit l’effet inverse, renforçant la légitimité du mouvement dans une partie de l’opinion publique.

Toujours dans Al Akhbar, un article souligne que ces tensions s’accompagnent d’un repositionnement stratégique à la frontière syro-libanaise. Des éléments armés liés à des groupes anti-Hezbollah auraient été observés dans le secteur de Hermel, suggérant une pression militaire indirecte à l’initiative de pays tiers.

Joseph Aoun et le retour de la présidence

L’autre événement marquant reste la confirmation par plusieurs sources, dont Al Sharq (14 juillet 2025) et Al Liwa’ (14 juillet 2025), de l’investiture de Joseph Aoun à la présidence de la République. Ce développement intervient après plus de deux ans de vacance présidentielle. Dans Al Sharq, des éditoriaux saluent un « retour de la légitimité », même si certains analystes, cités par Ad Diyar, soulignent le caractère technique et consensuel de cette nomination, sans base politique solide.

Ce choix ne semble pas apaiser les tensions internes. Selon Al Liwa’, plusieurs partis politiques ont déjà exprimé leur volonté de tester la nouvelle présidence sur des sujets sensibles comme le contrôle des frontières ou les nominations administratives.

Crise énergétique et tensions sociales

Dans un registre différent, Al Akhbar (14 juillet 2025) consacre sa une à la crise énergétique, notamment l’effondrement de la production hydroélectrique dans le pays. Les niveaux des sources et rivières auraient chuté de 80 % dans certaines régions, mettant en péril les barrages encore opérationnels. Les conséquences sur l’approvisionnement en eau potable et en électricité sont majeures, avec plusieurs zones rurales plongées dans le noir depuis plus de cinq jours. Les témoignages recueillis font état de scènes de panique dans certaines localités du Akkar et du Liban-Sud.

La gestion de cette crise semble absente de l’agenda politique immédiat. Le ministère de l’Énergie, selon Al Joumhouriyat, n’a pas tenu de conférence de presse ni publié de communiqué officiel depuis dix jours, une absence dénoncée par plusieurs ONG environnementales.

Le conflit à Gaza au centre des préoccupations

À l’échelle régionale, la situation à Gaza reste critique. Plusieurs journaux, dont Al Sharq Al Awsat (14 juillet 2025) et Alquds (14 juillet 2025), rapportent des bilans toujours plus lourds. Selon Alquds, plus de 100 personnes, dont une majorité de civils, auraient été tuées en une seule journée, portant le total des morts palestiniens à plus de 58 000 depuis le début de la guerre.

La presse souligne que des frappes israéliennes ont visé des marchés et des points de distribution d’eau, causant la mort de nombreux enfants, ce que Al Sharq Al Awsat qualifie de « massacre méthodique ». Israël justifie ses frappes par des erreurs techniques ou des activités de groupes armés, une explication rejetée par les autorités sanitaires de Gaza et plusieurs ONG internationales.

Dans Al Bina’, un article détaille les modifications exigées par Israël dans les négociations de cessez-le-feu, en cours à Doha. L’État hébreu souhaite conserver un contrôle sur environ 50 % de la bande de Gaza et conditionner l’entrée de l’aide humanitaire à un retrait complet du Hamas de certaines zones. Le journal mentionne la création d’une « zone humanitaire » à Rafah, qualifiée de « camp de regroupement forcé » par les représentants du Hamas, tandis que Alqudscompare la situation à celle des camps d’internement de la Seconde Guerre mondiale.

Syrie et Israël : une diplomatie paralysée

Par ailleurs, Al Sharq Al Awsat évoque un refroidissement des relations entre Israël et la Syrie. Les négociations indirectes menées sous médiation russe et onusienne n’ont pas permis d’avancée notable. Israël refuse tout retrait du Golan sans garanties sécuritaires renforcées, tandis que Damas exige un désengagement total des forces israéliennes. Le journal note que ces divergences empêchent la signature d’un accord de normalisation, pourtant envisagé en coulisses par plusieurs chancelleries arabes.

Iran : tensions internes et cible d’attaques

En Iran, Al Sharq Al Awsat (14 juillet 2025) rapporte qu’un raid israélien aurait visé une réunion secrète du Conseil supérieur de sécurité nationale à Téhéran. Le président Masoud Bezhskian aurait été blessé à la jambe, selon les informations relayées par l’agence Fars. L’attaque aurait été rendue possible par une fuite interne, alimentant les soupçons de sabotage au plus haut niveau de l’appareil sécuritaire iranien.

Le même article évoque une possible implication d’agents israéliens opérant à l’intérieur de l’Iran, alors que les services de renseignement iraniens enquêtent sur les dispositifs de ventilation et les systèmes d’évacuation utilisés par les cibles visées.

États-Unis : l’affaire Epstein et la pression sur l’administration Trump

Enfin, sur la scène américaine, Al Sharq Al Awsat revient sur le scandale des fichiers liés à Jeffrey Epstein. Des personnalités influentes proches du président Donald Trump seraient mentionnées dans les documents récemment révélés par le FBI. La ministre de la Justice, Pam Bondi, est sous pression après avoir refusé de publier la « liste des clients » d’Epstein, une décision critiquée par une partie du mouvement MAGA, selon Al Sharq Al Awsat.

Le président Trump, cité dans le même article, a demandé à ses partisans de cesser les attaques contre Bondi, qu’il a qualifiée de « femme exceptionnelle qui accomplit un travail difficile dans un climat hostile ».

Politique locale : crispations institutionnelles, chantiers bloqués et clivages persistants

Investiture présidentielle et premières tensions interinstitutionnelles

L’élection du général Joseph Aoun à la présidence de la République, couverte dans Al Sharq (14 juillet 2025) et Al Liwa’ (14 juillet 2025), n’a pas suffi à relancer une dynamique politique consensuelle. Si plusieurs quotidiens, comme Al Joumhouriyat (14 juillet 2025), relèvent que « l’ombre de la présidence est enfin dissipée », les premières semaines du mandat d’Aoun s’annoncent complexes. Les blocages autour de la formation du gouvernement persistent, notamment sur les ministères régaliens et les nominations dans la haute administration.

Des sources citées par Al Liwa’ indiquent que les contacts entre le président Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam se poursuivent dans une atmosphère « glaciale », les divergences sur les dossiers économiques, notamment la gouvernance de la Banque du Liban, cristallisant les tensions. Dans le même journal, des députés de la majorité parlementaire affirment craindre un retour à la « paralysie consensuelle », freinant la reprise des réformes.

Réactivation du débat sur l’arsenal du Hezbollah

Le sujet du désarmement du Hezbollah s’impose à nouveau au cœur du débat local. Les journaux Al Akhbar et Al Bina’(14 juillet 2025) rapportent que les déclarations de Tom Barak ont ravivé les dissensions internes. Le Premier ministre Nawaf Salam, selon Al Joumhouriyat, aurait exprimé en conseil des ministres sa volonté d’aborder « de manière pragmatique » cette question, sans provoquer de choc politique. Toutefois, des sources proches du président Aoun, citées dans Ad Diyar, estiment que « toute négociation sur cette question doit rester strictement nationale et échappe à toute pression étrangère ».

Al Liwa’ révèle que plusieurs groupes parlementaires souhaitent relancer les travaux d’une « commission nationale de dialogue », évoquant un modèle similaire à celui de 2006. Mais cette proposition divise : le Courant patriotique libre s’y oppose, tandis que les Forces libanaises s’y disent favorables à condition d’un calendrier de désarmement contraignant. Al Akhbar observe que ces positions pourraient « enfermer le débat dans une logique d’impasse à répétition ».

Dissensions autour de la gestion du dossier énergétique

La crise énergétique, largement couverte dans Al Akhbar, a révélé de profondes divergences au sein du gouvernement. Le ministère de l’Énergie a été critiqué pour son inaction face à l’effondrement des ressources hydroélectriques. Le ministre de l’Énergie, selon Al Joumhouriyat, aurait été interpellé par plusieurs députés lors d’une session parlementaire fermée. Le député Khalil Raad, proche des Kataëb, aurait déclaré que « la gestion opaque et désorganisée de la crise énergétique illustre l’absence totale de planification à moyen terme ».

En réponse, des représentants du mouvement Amal ont défendu le ministère, accusant les autres composantes du gouvernement de bloquer les projets d’interconnexion régionale avec la Jordanie et l’Égypte. Ad Diyar signale que la Banque mondiale aurait conditionné tout financement à l’adoption d’un tarif unifié de l’électricité, un point qui divise profondément les formations politiques.

Réformes électorales et tensions communautaires

Le débat sur la loi électorale refait surface. Dans Nahar (14 juillet 2025), un article revient sur la controverse autour du vote des Libanais de l’étranger. Deux visions s’affrontent : d’un côté, ceux qui veulent limiter le vote des expatriés à six sièges dédiés, de l’autre, ceux qui réclament leur pleine participation à l’élection des 128 députés. Le ministère de l’Intérieur, selon Nahar, pencherait pour la seconde option, mais attend un consensus interpartis.

La question du découpage électoral fait également l’objet d’âpres discussions. Des élus sunnites accusent les partis chrétiens de vouloir redessiner les circonscriptions en leur faveur, tandis que des représentants chiites réclament une révision des équilibres démographiques du Sud. Selon Al Liwa’, ces tensions pourraient retarder la mise en place de la commission de supervision électorale, pourtant exigée par la loi.

Administration paralysée et nominations reportées

L’administration publique reste lourdement affectée par les blocages politiques. Plusieurs nominations stratégiques sont gelées, notamment à la Cour des comptes, à la Banque du Liban et à la direction de la Sûreté générale. Dans Al Liwa’, un article mentionne que des partis politiques imposent des « vétos croisés », empêchant toute avancée. Le président Aoun, cité dans Al Sharq, aurait demandé un rapport détaillé sur les postes vacants, mais aucun mécanisme de déblocage ne semble émerger.

Cette paralysie a des conséquences concrètes sur les services publics. Dans Ad Diyar, des témoignages de citoyens évoquent des retards massifs dans la délivrance de documents d’état civil et des dysfonctionnements persistants dans les bureaux de la Caisse nationale de sécurité sociale. Le syndicat des fonctionnaires réclame une revalorisation salariale, mais les caisses publiques sont exsangues.

Crise des réfugiés syriens et débats sécuritaires

La présence des réfugiés syriens continue d’alimenter les débats locaux. Al Akhbar rapporte des tensions récurrentes entre les communautés locales et des groupes de réfugiés dans certaines zones rurales du Nord. À Tripoli, une série d’incidents violents a poussé le gouverneur à demander des renforts sécuritaires. Selon Ad Diyar, la Direction générale des Forces de sécurité intérieure envisage une redéfinition de la répartition des effectifs dans les zones sensibles.

Parallèlement, la question du retour volontaire des réfugiés vers la Syrie reste bloquée. Les initiatives de dialogue avec Damas, soutenues par le Hezbollah, rencontrent l’opposition des Forces libanaises et du Parti socialiste progressiste, qui refusent toute forme de coordination officielle avec le régime syrien. Dans Al Liwa’, un éditorial qualifie ce débat de « mine politique », susceptible de « faire exploser la coalition gouvernementale ».

Situation dans la Bekaa et tensions communautaires

Enfin, la situation sécuritaire dans la Bekaa continue d’inquiéter. Al Akhbar rapporte la présence de groupes armés à proximité de la frontière syrienne. Des heurts récents entre factions locales et éléments liés à des réseaux de contrebande ont fait plusieurs blessés. L’armée libanaise, selon Al Joumhouriyat, aurait renforcé ses patrouilles, mais son commandement évoque des « contraintes logistiques majeures » dues à la vétusté de son équipement.

Ces événements ont ravivé les tensions communautaires entre les villages sunnites, chiites et chrétiens de la région. Des appels à l’unité ont été lancés par plusieurs évêques et imams locaux, mais selon Ad Diyar, « la peur du retour aux affrontements armés reste présente dans l’esprit des habitants ».

Citation et discours des personnalités politiques : propos clivants, postures affirmées et discours institutionnels contrastés

Déclarations de Tom Barak et réponses des responsables libanais

Les propos de Tom Barak, envoyé spécial américain pour le Liban et la Syrie, ont suscité de vives réactions au sein de la classe politique libanaise. Dans Ad Diyar (14 juillet 2025), Barak a évoqué le risque pour le Liban de « disparaître en tant qu’entité souveraine » et a déclaré que « si le Liban ne résout pas le dossier du Hezbollah, il pourrait être absorbé dans une reconfiguration régionale ». Il a également parlé d’un retour possible du Liban « dans la sphère syrienne ».

Dans Al Joumhouriyat (14 juillet 2025), une source présidentielle a affirmé que « les déclarations de Barak sont inacceptables et portent atteinte à la dignité nationale ». Le journal cite également un haut responsable affirmant : « Nous attendons des excuses ou, à tout le moins, des clarifications officielles de la part de Washington. »

Al Bina’ (14 juillet 2025) rapporte que le Hezbollah a dénoncé une « insulte au patriotisme libanais » et une « tentative de manipulation de la souveraineté nationale ». Le député Mohammad Raad, interrogé par ce journal, a déclaré : « Il est clair que Barak cherche à imposer une logique d’ultimatum inacceptable. »

Dans Al Sharq (14 juillet 2025), le ministre des Affaires étrangères Youssef Raji a indiqué que « toute déclaration mettant en cause la souveraineté du Liban fera l’objet d’une protestation officielle ». Le ministère aurait préparé une note diplomatique adressée à l’ambassade américaine à Beyrouth.

Déclarations des chefs de partis chrétiens sur la souveraineté et la sécurité

Dans Al Quds (14 juillet 2025), Samir Geagea, président des Forces libanaises, a déclaré : « Ce que dit Barak est une alerte que l’État doit entendre. Il faut reprendre le contrôle de toutes les armes sur le territoire national. » Il a ajouté : « Le silence de certains face à ces propos est complice. »

Jebran Bassil, chef du Courant patriotique libre, a exprimé dans Al Sharq son désaccord avec l’analyse de Barak : « Le Liban ne disparaîtra pas. Notre histoire, notre diversité et notre ancrage dans cette terre nous préservent de toutes les tentatives d’effacement. »

Michel Sleiman, ancien président de la République, a réagi dans Al Joumhouriyat : « Il faut prendre cette alerte au sérieux, sans se plier à aucune logique de soumission. La solution est dans le dialogue libano-libanais. »

Position du président Joseph Aoun sur la souveraineté nationale

Dans une déclaration officielle rapportée par Al Liwa’ (14 juillet 2025), le président Joseph Aoun a affirmé : « Le Liban est un État libre, souverain, fondé sur le respect des institutions et du pluralisme. » Il a poursuivi : « Le dialogue national doit être la seule voie pour régler nos différends internes. »

Il a également affirmé que « le rôle de la présidence est de rassembler les Libanais et de protéger les fondements de l’État ». Le chef de l’État s’est dit « confiant dans la capacité du peuple libanais à surmonter les pressions et à préserver son indépendance ».

Réactions du Premier ministre Nawaf Salam sur les pressions internationales

Le Premier ministre Nawaf Salam, selon Ad Diyar et Al Liwa’, a indiqué en marge d’une réunion avec des ambassadeurs arabes que « le gouvernement comprend les préoccupations internationales, mais refuse toute injonction sur des sujets de souveraineté ». Il a souligné : « Le Liban a besoin de solutions réalistes, construites sur le consensus national, et non de déclarations intempestives. »

Il a aussi rappelé que « le rôle de l’État est de garantir la sécurité de tous ses citoyens sans exception, dans le respect du droit et des institutions ».

Discours de Naim Kassem sur la résistance et l’indépendance

Dans un discours prononcé à Baalbek, cité par Al Akhbar (14 juillet 2025), Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah, a déclaré : « La résistance n’est pas une option. Elle est une réponse légitime aux menaces permanentes. » Il a affirmé que « le Hezbollah n’est pas une milice mais un élément central de la défense nationale, né de l’occupation et de la guerre ».

Il a précisé : « Ceux qui rêvent d’un désarmement ne font que réciter les discours des chancelleries étrangères. Le peuple libanais saura choisir entre soumission et dignité. »

Réactions des figures religieuses aux pressions extérieures

Dans Al Sharq (14 juillet 2025), le mufti jaafari Ahmad Qabalan a affirmé que « les propos de Barak sont une humiliation pour le Liban tout entier ». Il a ajouté : « Le pays ne peut pas être une pièce de monnaie que l’on échange dans les négociations régionales. »

Toujours selon Al Sharq, le patriarche maronite Bechara Raï a refusé de commenter directement les propos du diplomate américain mais a appelé à « éviter toute exacerbation des tensions communautaires dans cette période délicate ».

Déclarations sur la gestion des réfugiés syriens et le dialogue national

Dans Al Akhbar, Walid Joumblatt a déclaré que « la priorité doit être la préservation du tissu social libanais ». Il a mis en garde contre une « instrumentalisation politique de la question des réfugiés », et a prôné « une coordination internationale pour leur retour progressif et sécurisé ».

Dans le même journal, Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a réaffirmé que « le dialogue est le seul moyen de construire un avenir commun. Ceux qui prônent l’exclusion n’ont pas leur place dans le projet national ».

Diplomatie : crispations internationales, médiations bloquées et équilibres diplomatiques fragilisés

Déclarations controversées et lignes de fracture entre Beyrouth et Washington

Dans Ad Diyar (14 juillet 2025), les propos de Tom Barak, envoyé spécial américain pour le Liban et la Syrie, ont été analysés sous l’angle de leurs répercussions diplomatiques. Le journal rapporte que plusieurs canaux officiels libanais ont sollicité des explications auprès de l’ambassade américaine à Beyrouth et de sources à Washington pour évaluer la portée exacte de ses déclarations. Barak avait évoqué un « risque d’effacement du Liban en tant qu’entité souveraine » si le pays « n’agit pas rapidement sur le dossier des armes illégales », ce qui a été interprété comme une pression explicite sur le Hezbollah.

Selon Al Joumhouriyat (14 juillet 2025), le ministère libanais des Affaires étrangères a entrepris des consultations internes pour déterminer s’il fallait convoquer la représentante diplomatique américaine à Beyrouth. Le journal souligne que « plusieurs chancelleries arabes auraient discrètement exprimé leur inquiétude quant à l’attitude américaine, jugée contre-productive dans un contexte libanais déjà tendu ».

Al Bina’ (14 juillet 2025) mentionne que ces propos pourraient nuire à la médiation menée par des diplomates européens et arabes pour relancer les négociations sur la stratégie de défense nationale. Le journal indique que certains acteurs redoutent une « internationalisation du débat » sur les armes du Hezbollah, ce qui pourrait provoquer une rupture dans les canaux diplomatiques actuellement en place.

Position d’équilibre du Liban face aux blocs régionaux

Dans Al Sharq (14 juillet 2025), un article examine la posture du président Joseph Aoun face aux tensions internationales. Il y est rapporté qu’Aoun a réaffirmé, lors d’un entretien avec plusieurs ambassadeurs arabes et européens, que « le Liban ne servira pas de théâtre à des règlements de comptes géopolitiques ». Il a déclaré : « Notre diplomatie repose sur le respect de la souveraineté, le non-alignement et la coopération avec tous les partenaires sans exclusive. »

Ce positionnement a été bien accueilli par certains pays européens, selon Al Liwa’, mais il reste critiqué par certains analystes régionaux qui estiment que le Liban « ne peut plus rester dans l’ambiguïté stratégique », en particulier dans le contexte des tensions persistantes avec Israël et des pressions américaines croissantes.

Blocages dans les discussions indirectes entre Israël et la Syrie

Dans Al Sharq Al Awsat (14 juillet 2025), des sources israéliennes révèlent que les discussions indirectes entre Israël et la Syrie, menées sous médiation onusienne, restent bloquées. Israël aurait rejeté une proposition syrienne conditionnant tout accord à un retrait complet des hauteurs du Golan. Tel-Aviv souhaite en retour un « accord de non-agression » fondé sur l’accord de séparation de 1974, ce que Damas refuse.

Selon ce journal, Israël réclame un « processus de normalisation partiel » basé sur des garanties de sécurité, tandis que la Syrie insiste sur une restitution territoriale intégrale comme préalable à toute discussion. L’article cite une source proche du gouvernement israélien affirmant : « La Syrie veut le Golan, mais sans offrir la moindre garantie. Ce n’est pas négociable. »

Tentatives d’alignement international sur Gaza et la question palestinienne

Dans Alquds (14 juillet 2025), des diplomates européens exprimeraient leur exaspération face à l’absence de consensus international autour d’un cessez-le-feu à Gaza. Le journal indique qu’un projet franco-qatari de trêve prolongée, soumis au Conseil de sécurité des Nations Unies, a été bloqué par les objections croisées des États-Unis et de la Russie. Ces derniers campent sur des positions divergentes concernant la responsabilité d’Israël et les conditions d’accès humanitaire.

Al Bina’ (14 juillet 2025) précise que l’Égypte et le Qatar poursuivent leur médiation entre le Hamas et Israël à Doha, mais que l’intransigeance israélienne sur les conditions de sécurité rend toute avancée improbable. Israël exigerait le maintien d’une zone de sécurité sous son contrôle à Rafah, ce que le Hamas rejette. Cette position a conduit plusieurs capitales arabes, selon Ad Diyar, à évoquer un plan diplomatique alternatif impliquant la Turquie, sans consensus pour l’instant.

Impasses dans la coordination libano-syrienne sur le retour des réfugiés

La question du retour des réfugiés syriens au cœur des débats diplomatiques reste sans solution. Dans Al Akhbar (14 juillet 2025), des sources indiquent que la coordination avec Damas est au point mort. Le gouvernement libanais aurait soumis un projet de mécanisme conjoint de retour sous supervision internationale, mais la partie syrienne exigerait un traitement bilatéral, sans médiation onusienne.

Dans Al Liwa’, le ministre libanais des Affaires sociales affirme que « le retour sécurisé et digne des réfugiés ne peut pas dépendre d’accords diplomatiques suspendus dans le vide ». Des représentants du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés auraient, selon ce journal, recommandé une approche graduelle, ce qui ne satisfait ni les autorités libanaises ni les responsables syriens.

Al Joumhouriyat précise que certains pays européens, dont l’Allemagne et la Suède, ont exprimé leur volonté de financer un mécanisme de retour à condition que celui-ci respecte des standards internationaux de sécurité, ce que refuse Damas. Ce blocage pèse sur la politique diplomatique du Liban, dont les canaux bilatéraux restent limités.

Dialogue diplomatique avec la France et repositionnement des aides

Dans Nahar (14 juillet 2025), le nouvel ambassadeur de France à Beyrouth a indiqué que « les bailleurs de fonds internationaux pourraient rediriger leurs aides vers d’autres priorités régionales si le Liban ne lance pas ses réformes rapidement ». Cette déclaration a été perçue comme un message d’alerte. La France, qui joue traditionnellement un rôle de médiateur dans les crises institutionnelles libanaises, s’est montrée moins engagée ces dernières semaines, selon le journal.

Un diplomate européen cité par Nahar souligne : « L’impatience grandit à Bruxelles et à Paris. Le Liban ne peut pas éternellement réclamer une exception diplomatique. »

Position du Liban face aux nouvelles alliances régionales

Dans Al Sharq, un article examine le positionnement du Liban face à la multiplication des accords de coopération régionale, notamment les initiatives trilatérales impliquant Israël, la Jordanie et des États du Golfe. Le journal évoque le fait que le Liban est exclu de ces dynamiques, faute de visibilité diplomatique claire. Une source au ministère de l’Économie affirme que « cette marginalisation résulte de l’inaction politique locale et de la perception d’instabilité chronique ».

Selon Al Bina’, des diplomates iraniens et syriens auraient proposé au Liban d’adhérer à un bloc régional alternatif basé sur la coopération avec l’Iran, la Syrie et l’Irak. Le gouvernement libanais n’aurait pas donné suite, de crainte d’alimenter les tensions internes et de rompre ses équilibres diplomatiques actuels.

Politique internationale : escalades militaires, impasses diplomatiques et crises humanitaires étendues

Gaza : poursuite des hostilités et bilan humain aggravé

Dans Alquds (14 juillet 2025), la situation humanitaire à Gaza fait l’objet d’un traitement détaillé. Le journal rapporte que les bombardements israéliens ont visé à nouveau des zones densément peuplées, entraînant la mort de plus de 100 civils en une seule journée. Les frappes ont touché un marché à Khan Younès ainsi qu’un point de distribution d’eau dans le camp de Nuseirat. Selon des sources hospitalières citées dans le journal, le nombre total de morts depuis le début de l’offensive israélienne dépasse les 58 000, un chiffre en constante augmentation.

Al Sharq Al Awsat (14 juillet 2025) décrit une situation de désespoir généralisé dans les hôpitaux de Gaza, où les moyens de traitement manquent cruellement. L’article mentionne que plusieurs ONG ont perdu tout contact avec leurs équipes sur le terrain dans certaines zones du nord de l’enclave. La pénurie de carburant, de médicaments et d’eau potable est telle que certains quartiers sont à l’abandon.

Selon Al Bina’, Israël justifie ses frappes par des informations sur la présence d’infrastructures du Hamas intégrées à des sites civils. Le gouvernement israélien affirme avoir ciblé un centre de commandement du Hamas situé sous un bâtiment résidentiel. Le Hamas, de son côté, qualifie ces accusations de prétextes pour justifier des massacres systématiques.

Négociations de cessez-le-feu dans l’impasse

Toujours dans Al Bina’, un article détaille les pourparlers en cours à Doha entre le Hamas, Israël, le Qatar et l’Égypte. L’État hébreu aurait imposé de nouvelles conditions : création d’une zone de sécurité permanente à Rafah, retrait total du Hamas de certaines zones, et contrôle israélien sur l’acheminement de l’aide humanitaire. Ces conditions ont été catégoriquement rejetées par les représentants du Hamas, qui les qualifient d’« occupation sous un autre nom ».

Al Sharq (14 juillet 2025) rapporte que les médiateurs qataris et égyptiens n’excluent pas l’échec complet de ces pourparlers si aucune avancée significative n’est obtenue dans les 48 heures. Le journal mentionne que les États-Unis exercent une pression directe sur Israël pour alléger certaines conditions, sans succès jusqu’à présent.

Syrie : tensions prolongées et lignes de négociation gelées

La situation en Syrie reste figée, selon Al Sharq Al Awsat, qui note que les discussions indirectes entre Damas et Israël, sous l’égide des Nations Unies, sont au point mort. Le gouvernement syrien continue d’exiger un retrait israélien total du Golan comme préalable à toute normalisation. Israël refuse, estimant que toute concession territoriale doit être assortie de garanties de sécurité irréversibles.

Al Bina’ rapporte que la Russie, impliquée comme médiateur, n’a pas réussi à réconcilier les positions. Un diplomate russe aurait déclaré, selon le journal, que « les deux parties restent prisonnières de leur histoire, et aucun des deux ne montre de volonté réelle de compromis ». Le journal ajoute que l’Iran soutient la position syrienne de manière « intransigeante », ce qui empêche tout infléchissement du camp dit de la « résistance ».

Iran : attaque ciblée à Téhéran et soupçons de sabotage interne

Dans Al Sharq Al Awsat, un raid aérien mené sur un bâtiment sécurisé à Téhéran aurait visé une réunion du Conseil supérieur de sécurité nationale iranien. Le président Masoud Bezhskian aurait été blessé, selon des sources iraniennes anonymes citées par l’agence semi-officielle Fars. L’article précise que l’attaque a provoqué un incendie et une dépressurisation du complexe, laissant penser à un sabotage interne plutôt qu’à une frappe conventionnelle.

Alquds mentionne que plusieurs membres du service de sécurité présidentiel ont été arrêtés pour interrogatoire. Les autorités iraniennes suspectent l’utilisation de dispositifs de localisation sophistiqués introduits par des agents israéliens. Le Mossad n’a pas commenté ces accusations.

Yémen : affrontements persistants entre forces houthies et coalition arabe

Dans Ad Diyar (14 juillet 2025), des affrontements meurtriers ont été rapportés dans la région de Ma’rib entre les forces houthies et les troupes pro-gouvernementales soutenues par la coalition arabe. Les combats auraient entraîné la mort de plus de 50 combattants de chaque côté en 24 heures. Le journal précise que l’armée saoudienne a lancé plusieurs frappes aériennes ciblées, visant des entrepôts d’armement présumés des Houthis.

Les efforts diplomatiques menés par l’ONU pour un cessez-le-feu durable ont échoué à produire une feuille de route claire. Al Sharq rapporte que le représentant spécial de l’ONU pour le Yémen a déclaré : « Les parties restent sourdes à l’appel de la communauté internationale. »

Tensions au Soudan et ingérences régionales

Dans Alquds, un article évoque les tensions persistantes au Soudan, où les affrontements entre l’armée et les Forces de soutien rapide se poursuivent à Khartoum et dans le Darfour. Le journal cite des sources de l’Union africaine affirmant que l’Égypte et les Émirats arabes unis soutiennent des factions opposées, ce qui alimente l’instabilité.

Al Sharq Al Awsat rapporte que le Qatar tente d’organiser une médiation régionale, mais les États-Unis s’y opposeraient, estimant que Doha n’est pas perçu comme neutre par toutes les parties en conflit.

Ukraine : positions figées et absence de perspective diplomatique

Dans Al Sharq Al Awsat, un article revient sur le front ukrainien. Les lignes de front seraient restées stables depuis plusieurs semaines, malgré des combats intenses dans les régions de Donetsk et Zaporijjia. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a déclaré que « la guerre se poursuit, mais le soutien occidental commence à s’effriter ».

Le journal rapporte que la France et l’Allemagne ont proposé un plan de trêve humanitaire, rejeté par la Russie, qui exige le retrait total des troupes ukrainiennes de certaines zones qu’elle considère désormais comme intégrées à son territoire. Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que « tout cessez-le-feu sans reconnaissance des nouvelles réalités territoriales est un leurre diplomatique ».

Économie : incertitudes structurelles, pressions monétaires et défiance persistante

Inquiétudes sur la politique monétaire et statut du gouverneur

Dans Al Liwa’ (14 juillet 2025), des articles évoquent les tensions autour de la gouvernance de la Banque du Liban. Le gouverneur actuel, Karim Souaid, nommé en 2024, fait face à une pression politique croissante, notamment sur la question de l’unification des taux de change. Le journal rapporte que plusieurs partis parlementaires critiquent « l’opacité de la politique monétaire » et réclament un audit complet des réserves en devises.

Selon une source gouvernementale citée par Al Joumhouriyat (14 juillet 2025), le gouvernement aurait envisagé de limiter les prérogatives de la Banque du Liban dans le cadre de la réforme du code monétaire, une mesure qui divise profondément. Le Premier ministre Nawaf Salam aurait exprimé des réserves sur cette orientation, estimant qu’« une réforme monétaire ne peut se faire sans garanties de crédibilité internationale ».

Al Akhbar (14 juillet 2025) indique que plusieurs agences de notation internationales attendent une clarification sur le statut du gouverneur avant de revoir leurs évaluations de la dette libanaise. Le journal cite un responsable d’une société de conseil affirmant : « L’incertitude institutionnelle pèse plus que les indicateurs macroéconomiques eux-mêmes. »

Tensions autour de la libéralisation de l’électricité

La crise énergétique et les réformes du secteur de l’électricité alimentent les débats économiques. Al Joumhouriyatdétaille les retards pris dans la mise en œuvre du plan de restructuration de l’EDL (Electricité du Liban). Le projet de loi sur la création de sociétés de distribution régionales est bloqué au Parlement, en raison d’un désaccord sur la répartition géographique des concessions.

Dans Ad Diyar (14 juillet 2025), le ministre de l’Énergie est critiqué pour son incapacité à faire avancer les négociations avec la Banque mondiale, qui conditionne tout financement à une tarification unifiée et à la levée des subventions croisées. Une source anonyme indique : « Tant que nous ne réformons pas le cadre légal de la production et de la distribution, il n’y aura pas de retour des investisseurs. »

Al Liwa’ mentionne que le secteur privé commence à se détourner du projet de production d’électricité renouvelable, en raison de l’absence de cadre réglementaire stable. Plusieurs projets solaires pilotes sont à l’arrêt, selon un rapport de la Chambre de commerce relayé par le journal.

Inflation persistante et pouvoir d’achat dégradé

La pression inflationniste reste un sujet majeur. Dans Al Akhbar, un article précise que l’indice des prix à la consommation aurait augmenté de 12 % sur les deux derniers mois. Cette hausse est particulièrement marquée dans les secteurs de l’alimentation et du carburant. Des commerçants interrogés affirment que « les marges ne couvrent plus les coûts d’approvisionnement », tandis que les consommateurs réduisent leurs achats essentiels.

Selon Al Liwa’, la nouvelle tarification du dollar sur les marchés officiels reste inefficace pour contenir la spéculation. Le taux flottant officieux utilisé dans les transactions quotidiennes dépasse désormais les 105 000 livres libanaises pour un dollar, contre un taux officiel fixé à 89 000.

Des économistes cités par Ad Diyar attribuent cette dérive à l’absence de régulation des plateformes de change et à la coexistence de plusieurs taux selon les circuits d’importation. Le journal appelle à la création d’un organe national de stabilisation monétaire, proposition qui divise la classe politique.

Fuite des capitaux et crise de confiance dans le secteur bancaire

Dans Al Joumhouriyat, un rapport de la Commission de supervision bancaire indique que les dépôts en devises ont encore diminué de 4 % au cours du dernier trimestre. Le journal note que les transferts sortants, bien qu’encadrés, continuent via des circuits alternatifs, notamment des entreprises libanaises établies à Dubaï et à Istanbul.

Al Akhbar évoque la poursuite des blocages dans les discussions entre l’État et les banques sur le plan de restructuration du secteur bancaire. Les banques refusent toute ponction sur les dépôts à moins d’une participation équivalente de l’État. Un banquier interrogé affirme : « Sans une loi de règlement global de la dette publique, nous ne pouvons pas supporter seuls le poids de la restructuration. »

Al Liwa’ rapporte que plusieurs succursales ferment ou réduisent leurs horaires en raison de tensions avec des déposants. Le journal signale également des cas de retraits limités à 100 dollars par semaine dans certaines agences, une mesure dénoncée par les associations de consommateurs.

Chômage des jeunes et dégradation du marché de l’emploi

La situation de l’emploi reste préoccupante. Dans Ad Diyar, des associations patronales rapportent que le taux de chômage des jeunes diplômés atteint plus de 50 %. Le manque d’initiatives gouvernementales dans le domaine de la formation professionnelle est pointé du doigt. Le journal cite un responsable syndical qui déclare : « Nous avons une génération sacrifiée par l’absence de vision. »

Al Liwa’ rapporte que plusieurs entreprises de la Bekaa ont suspendu leurs activités saisonnières, faute de financement. Le ralentissement de la consommation domestique, couplé à l’incertitude politique, dissuade les investissements.

Des experts économiques, cités dans Al Joumhouriyat, évoquent le risque d’un « exode social silencieux », avec des centaines de jeunes cherchant à quitter le pays pour le Golfe ou l’Europe. Le journal souligne que « la perte de capital humain pourrait avoir un effet durable sur la croissance potentielle du Liban ».

Justice : affaires sensibles, lenteurs judiciaires et tension autour des enquêtes anticorruption

Blocage de la nomination des magistrats et paralysie de la Cour de cassation

Dans Al Liwa’ (14 juillet 2025), des articles reviennent sur les effets du blocage politique sur la hiérarchie judiciaire. Le Conseil supérieur de la magistrature n’a pas pu se réunir depuis plus de trois semaines, faute de quorum. La nomination des présidents de chambre à la Cour de cassation reste suspendue, avec pour conséquence l’arrêt de plusieurs procédures sensibles.

Selon une source judiciaire citée par Al Joumhouriyat (14 juillet 2025), « cette situation prive la haute juridiction de sa capacité à trancher les appels majeurs, notamment en matière pénale ». L’impasse découle de divergences politiques sur les profils à nommer, chaque camp accusant l’autre de vouloir imposer ses candidats.

Ad Diyar rapporte que le président Joseph Aoun aurait proposé une médiation institutionnelle entre le ministre de la Justice et les chefs des blocs parlementaires pour débloquer la situation. Le journal évoque aussi l’idée d’un décret présidentiel partiel visant à nommer au moins les postes vacants jugés « urgents ».

Affaire du port de Beyrouth : enlisement prolongé de l’enquête

Dans Al Akhbar (14 juillet 2025), l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth connaît un nouveau ralentissement. Le juge d’instruction Tarek Bitar ne serait toujours pas autorisé à reprendre ses investigations, malgré une ordonnance récente de la Cour d’appel estimant que les recours contre sa compétence sont irrecevables.

Le journal souligne que plusieurs responsables politiques refusent de comparaître, invoquant leur immunité parlementaire ou des vices de procédure. Une source proche du dossier indique que « tant que la nomination de nouveaux magistrats n’est pas validée, aucune relance sérieuse de l’enquête ne pourra avoir lieu ».

Al Joumhouriyat mentionne que les familles des victimes préparent une nouvelle manifestation devant le palais de justice. Une militante citée déclare : « On ne peut pas accepter que l’affaire soit enterrée à cause de querelles institutionnelles. Nous demandons des résultats, pas des excuses. »

Procédures anticorruption : blocages et résistance administrative

Dans Ad Diyar, plusieurs dossiers de corruption ouverts par le parquet financier n’ont connu aucune avancée au cours des deux derniers mois. Le journal mentionne en particulier les enquêtes sur les détournements de fonds publics dans le secteur de l’électricité et les contrats de télécommunications. Selon un juge interrogé anonymement, « l’absence de collaboration de certains ministères ralentit considérablement les procédures ».

Dans Al Liwa’, des ONG critiquent la lenteur de la justice dans le traitement des affaires de biens mal acquis. Le journal cite un responsable de Legal Agenda affirmant : « Le parquet agit avec lenteur, et l’absence de volonté politique est flagrante. La protection de certaines figures politiques reste intacte. »

Al Akhbar rapporte que le projet de création d’un parquet anticorruption indépendant est à l’arrêt, bloqué par la Commission parlementaire de la justice. Un député de l’opposition accuse la majorité de « torpiller toute tentative de réforme judiciaire sous prétexte de réformes constitutionnelles préalables ».

Arrestations dans des affaires de fraudes fiscales et douanières

Dans Al Joumhouriyat, une série d’arrestations opérées par les Forces de sécurité intérieure dans la région du Metn est évoquée. Plusieurs responsables d’entrepôts logistiques sont accusés d’avoir importé des marchandises sans déclaration fiscale. Le ministère des Finances aurait déposé plainte après une enquête interne.

Ad Diyar précise que les biens saisis comprennent des appareils électroniques et des pièces automobiles, dont la valeur excède 3 millions de dollars. Le juge d’instruction en charge du dossier aurait délivré des mandats de dépôt pour trois des mis en cause. Le journal note cependant que les avocats de la défense prévoient d’introduire des recours pour vices de forme.

Al Liwa’ rapporte que cette affaire relance le débat sur la réforme de l’administration douanière, plusieurs hauts fonctionnaires étant soupçonnés d’avoir couvert ces pratiques pendant plusieurs années.

Violences et criminalité : hausse des affaires enregistrées

Dans Al Akhbar, les données du ministère de l’Intérieur montrent une recrudescence des affaires criminelles dans le Nord du Liban. Des vols à main armée, des règlements de comptes entre clans et des homicides sont en nette augmentation. Le journal cite une source policière affirmant que « le manque de personnel judiciaire ralentit considérablement la mise en accusation des suspects ».

Al Liwa’ rapporte un meurtre à Tripoli, lié à une affaire de trafic de drogue. Le suspect principal, interpellé par les services de renseignement, aurait reconnu les faits. L’affaire doit être transmise au tribunal militaire, car des armes de guerre ont été saisies lors de son arrestation.

Dans Al Joumhouriyat, un article détaille un autre dossier impliquant un réseau de cambriolages opérant entre Beyrouth et Saida. Plusieurs mineurs y seraient impliqués, et la question de leur placement judiciaire reste en suspens en raison de l’insuffisance de structures d’accueil habilitées.

Société : exaspérations sociales, pression migratoire et fatigue institutionnelle

Crise des réfugiés syriens : tensions sécuritaires et pressions administratives

Dans Al Liwa’ (14 juillet 2025), plusieurs articles relatent une recrudescence des tensions entre populations locales et réfugiés syriens dans les régions du Nord et de la Bekaa. À Tripoli, une altercation violente aurait éclaté dans le quartier de Bab al-Tebbaneh entre des jeunes libanais et des réfugiés installés illégalement dans un bâtiment public désaffecté. La municipalité aurait exigé l’évacuation immédiate du site, une décision contestée par plusieurs ONG locales.

Dans Ad Diyar (14 juillet 2025), un responsable sécuritaire affirme que des groupes de réfugiés sans statut régulier sont impliqués dans des incidents de vol et de vandalisme. Il précise que « l’État ne peut pas tolérer l’extension anarchique de zones d’habitat illégal sous prétexte humanitaire ». Le journal mentionne que le gouverneur du Akkar a demandé une cartographie détaillée des campements informels en vue de leur démantèlement.

Al Akhbar (14 juillet 2025) rapporte que plusieurs arrestations ont eu lieu à Zahlé dans le cadre d’une opération conjointe des Forces de sécurité intérieure et de la Sûreté générale. Les autorités auraient interpellé plus de cinquante ressortissants syriens sans documents valides. La question de leur retour forcé reste suspendue, Damas ayant conditionné toute réintégration à un dialogue bilatéral direct.

Dégradation des services publics et fatigue sociale

Dans Al Joumhouriyat (14 juillet 2025), une enquête revient sur l’état critique des hôpitaux publics. Le personnel médical signale une pénurie persistante de médicaments de base, notamment dans les services d’urgence. À l’hôpital gouvernemental de Baabda, des patients seraient contraints de ramener eux-mêmes leurs fournitures médicales, faute de stocks disponibles.

Le journal précise que plusieurs médecins ont quitté leur poste ces dernières semaines en raison de salaires impayés. Un directeur d’hôpital déclare : « La situation n’est plus tenable. Nous ne pouvons plus garantir la sécurité sanitaire des patients. »

Dans Ad Diyar, des employés de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) affirment que les retards de traitement des dossiers dépassent désormais six mois. Une source interne mentionne une « dégradation sans précédent des logiciels de gestion et une absence totale de maintenance des systèmes informatiques ».

Revendications salariales dans la fonction publique

Toujours dans Al Joumhouriyat, une mobilisation syndicale est annoncée pour la semaine prochaine à Beyrouth. Les syndicats des fonctionnaires réclament une indexation des salaires sur le taux d’inflation, ainsi qu’un paiement rétroactif des primes de transport non versées depuis janvier. Un représentant syndical affirme que « l’État demande des efforts constants aux employés sans jamais respecter ses engagements de base ».

Al Liwa’ rapporte que le gouvernement aurait proposé une augmentation ponctuelle de 15 % des salaires, jugée « largement insuffisante » par les syndicats. Le président du syndicat des enseignants de l’école publique indique : « Cette mesure ne couvre même pas la hausse du coût du carburant depuis le mois de mai. »

Saturation des établissements éducatifs et exode scolaire

Al Akhbar signale que les inscriptions dans les écoles publiques ont atteint un niveau record en raison du transfert massif d’élèves des écoles privées, dont les frais sont devenus inaccessibles pour de nombreuses familles. Le ministère de l’Éducation aurait été contraint de repousser la date limite d’enregistrement pour absorber cette demande.

Selon le journal, plusieurs établissements du Mont-Liban fonctionnent déjà avec des effectifs supérieurs à 50 élèves par classe. Des enseignants interrogés mentionnent un « effondrement des conditions pédagogiques ». À Saida, certains parents ont installé des tentes devant des écoles dans l’espoir d’obtenir une place pour leurs enfants.

Ad Diyar ajoute que plus de 12 000 enfants sont actuellement sans affectation scolaire, un chiffre qui pourrait augmenter en l’absence de mesures exceptionnelles.

Pression psychologique et hausse des troubles mentaux

Dans Al Joumhouriyat, un article décrit l’impact psychologique croissant de la crise économique et sécuritaire sur la population. Des centres de santé mentale de la région de Nabatieh rapportent une augmentation de plus de 60 % des consultations pour anxiété et dépression depuis le début de l’année.

Le journal évoque également une hausse des tentatives de suicide chez les jeunes adultes, notamment dans le secteur universitaire. Le responsable d’un centre d’écoute à Zahlé déclare : « Le désespoir est palpable. Beaucoup de jeunes disent qu’ils ne voient aucun avenir ici. »

Al Akhbar indique que plusieurs structures d’accompagnement psychologique manquent de personnel formé, et que les financements internationaux se réduisent depuis trois mois. Le ministère de la Santé n’a pas encore annoncé de plan de soutien spécifique.

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