Les enfants libanais grandissent dans un contexte marqué par les conflits récurrents, les déplacements forcés et l’incertitude économique. Les récentes hostilités au Sud-Liban ont exacerbé ces défis, mettant en lumière les conséquences psychologiques souvent négligées de la guerre sur les jeunes générations. Alors que les efforts pour reconstruire les infrastructures matérielles progressent lentement, les blessures invisibles laissées par ces événements nécessitent une attention urgente.
Les manifestations du traumatisme chez les enfants
Les enfants exposés à la guerre manifestent souvent des signes de troubles psychologiques, tels que des cauchemars récurrents, de l’anxiété, des comportements agressifs ou un retrait social. Selon une étude réalisée par l’Université Saint-Joseph en collaboration avec l’UNICEF, environ 60 % des enfants libanais vivant dans des zones de conflit présentent des symptômes de stress post-traumatique (SPT). Ces troubles affectent leur développement cognitif, émotionnel et social, compromettant leur avenir à long terme.
L’éducation, un refuge menacé
Les écoles, qui devraient être des refuges pour les enfants, sont souvent prises pour cible ou utilisées comme abris en temps de conflit. Dans de nombreuses régions du Sud-Liban, les établissements scolaires ont été endommagés, forçant les enfants à interrompre leur scolarité. Cette discontinuité exacerbe le sentiment d’instabilité et prive les enfants d’un cadre structurant essentiel à leur bien-être psychologique.
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L’UNESCO rapporte qu’environ 30 % des enfants libanais en âge scolaire n’ont pas accès à une éducation régulière en raison des conflits et de la crise économique. Cette réalité aggrave les inégalités sociales et limite les opportunités des enfants les plus vulnérables.
Les familles en première ligne
Les parents, eux-mêmes affectés par la guerre, jouent un rôle clé dans le soutien psychologique de leurs enfants. Cependant, la pauvreté et le stress quotidien liés à la survie rendent difficile l’établissement d’un environnement stable et rassurant. Les organisations humanitaires, telles que Save the Children et le Croissant-Rouge libanais, proposent des programmes de soutien parental, mais ces initiatives restent limitées en termes de portée et de financement.
Le rôle des ONG et des programmes de soutien
Les ONG internationales et locales jouent un rôle crucial dans la prise en charge des enfants traumatisés. Des organisations comme Médecins Sans Frontières (MSF) offrent des services de santé mentale, y compris des thérapies de groupe et individuelles adaptées aux enfants. Cependant, les ressources limitées et l’accès restreint aux zones reculées du Sud-Liban compliquent leur mission.
Parmi les initiatives les plus prometteuses figure le programme « Espaces Amis des Enfants » mis en place par l’UNICEF, qui crée des environnements sécurisés où les enfants peuvent jouer, apprendre et recevoir un soutien psychosocial. Ces espaces visent à renforcer la résilience des enfants tout en leur offrant une pause dans leur réalité quotidienne.
Les limites du système de santé mentale au Liban
Le Liban manque cruellement de professionnels de la santé mentale qualifiés pour répondre aux besoins croissants. Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays compte moins de 100 psychologues et psychiatres spécialisés en santé infantile pour une population de plus de six millions d’habitants. Cette pénurie, combinée à la stigmatisation entourant les troubles mentaux, limite l’accès aux soins pour de nombreuses familles.
Perspectives et solutions possibles
Pour répondre à cette crise, plusieurs mesures peuvent être envisagées :
- Renforcement des infrastructures éducatives : Investir dans la reconstruction des écoles et garantir leur protection en période de conflit.
- Formation des enseignants et des professionnels de santé mentale : Développer des programmes de formation pour identifier et traiter les symptômes de traumatisme chez les enfants.
- Soutien communautaire : Encourager les initiatives locales pour créer des environnements inclusifs et solidaires.
- Plaidoyer international : Mobiliser les donateurs internationaux pour financer des programmes durables de santé mentale et de reconstruction éducative.
Vers une résilience collective
Alors que le Liban se relève lentement des dernières hostilités, il est crucial de considérer la santé mentale des enfants comme une priorité nationale. La résilience collective passe par un engagement à long terme pour protéger les générations futures des conséquences invisibles des conflits.



