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Trump et Netanyahou, le duo politique de l’escalade contre l’Iran

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Une guerre portée par une convergence politique assumée

La guerre contre l’Iran ne se résume plus à une succession de frappes ni à un simple engrenage militaire. Elle est aussi portée par une convergence politique de plus en plus visible entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou. Dans les sources du 11 mars, cette lecture s’impose par la répétition d’un même fait: les deux dirigeants apparaissent comme les principaux moteurs de l’escalade, dans un cadre où la décision politique a pris le pas sur les mécanismes multilatéraux classiques.    

Cette convergence se lit d’abord dans la manière de parler de la guerre. Donald Trump a lié la suite du conflit à une décision conjointe avec Benyamin Netanyahou, affirmant le 9 mars que la fin de la guerre serait une décision “mutuelle” entre les deux dirigeants. Le 10 mars, le ministre israélien des affaires étrangères a lui aussi déclaré que la guerre s’achèverait quand Israël et les Etats-Unis le décideraient. Cette articulation est essentielle. Elle montre que Washington n’agit pas seulement comme soutien extérieur d’Israël. Il se présente comme co-décideur de la temporalité du conflit.  

Le tandem fixe le rythme, mais pas encore l’issue

La force politique du duo Trump-Netanyahou tient à sa capacité à imposer le rythme de l’escalade. Les deux capitales gardent l’initiative militaire, contrôlent l’essentiel du calendrier et projettent une ligne de fermeté maximale. Mais cette capacité à accélérer ne signifie pas qu’elles maîtrisent déjà la sortie de guerre. Reuters rapportait le 11 mars que des responsables israéliens reconnaissaient ne pas pouvoir garantir l’effondrement du régime iranien malgré l’intensité des bombardements et la pression conjointe américano-israélienne. L’article souligne aussi l’absence d’objectif final clairement défini et l’incertitude sur une stratégie de sortie.  

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Ce décalage entre puissance de frappe et flou sur l’issue est devenu l’une des contradictions centrales de la séquence. Le tandem américano-israélien sait provoquer, frapper, dissuader et déplacer les lignes. Il peine encore à démontrer qu’il sait refermer la guerre sur un résultat politique stabilisé. Cette zone d’incertitude pèse d’autant plus que l’Iran, même sous forte pression, continue d’imposer des coûts militaires, maritimes et énergétiques à ses adversaires.  

La décision bilatérale marginalise encore davantage le cadre onusien

L’un des effets les plus visibles de cette convergence est l’affaiblissement du cadre multilatéral. Les sources du 11 mars mettent en avant une lecture sévère de la guerre: celle d’une opération politique menée sans véritable centralité du Conseil de sécurité. Cette perception n’est plus marginale. Elle s’étend désormais au débat européen. Le 11 mars, Giorgia Meloni a dénoncé devant le Parlement italien la campagne américano-israélienne contre l’Iran comme un exemple dangereux d’interventions unilatérales contraires au droit international. Même si elle a répété que l’Iran ne devait pas accéder à l’arme nucléaire, sa prise de position marque un durcissement public rare chez un allié occidental des Etats-Unis.    

Ce point est majeur. Il ne signifie pas que le cadre onusien a disparu. Il signifie qu’il ne structure plus le centre de décision. La logique dominante est désormais celle d’une direction politico-militaire resserrée entre Washington et Tel-Aviv, tandis que les forums internationaux réagissent davantage qu’ils ne commandent. Cette reconfiguration nourrit les critiques sur la légitimité de l’escalade, mais elle dit surtout quelque chose de plus profond: la guerre est conduite comme une affaire de coalition stratégique plus que comme un dossier d’ordre collectif.  

Le prix de cette alliance est payé bien au-delà d’Israël et des Etats-Unis

L’autre conséquence de ce tandem politique est la diffusion rapide du coût de la guerre à toute la région. Reuters rapportait le 11 mars que plusieurs sources du Golfe reprochaient aux Etats-Unis d’avoir déclenché la guerre contre l’Iran sans consultation suffisante ni préparation réelle des alliés arabes aux retombées du conflit. L’article décrit des frappes sur des installations pétrolières, des aéroports et des infrastructures critiques, ainsi que des perturbations sévères sur le transport d’énergie et l’aviation. Il souligne aussi l’amertume croissante de partenaires du Golfe qui n’ont ni voulu ni piloté cette guerre, mais en supportent déjà une partie importante du coût économique et sécuritaire.  

Cette critique régionale éclaire la nature du duo Trump-Netanyahou. Leur convergence peut produire une dynamique offensive très forte, mais elle ne suffit pas à construire un consensus autour de la guerre. Plus l’escalade dure, plus les acteurs périphériques font entendre une objection simple: la décision est prise au sommet par deux capitales, mais la facture est partagée bien au-delà d’elles. Ce déséquilibre alimente la nervosité du Golfe, accentue la défiance envers la protection américaine et renforce les appels à diversifier les alliances de sécurité.  

Une alliance politique qui relie l’escalade militaire au choc énergétique

Le tandem Trump-Netanyahou n’est pas seulement jugé sur le terrain militaire. Il l’est aussi sur ses effets énergétiques. Les sources du 11 mars montrent déjà que le pétrole a dépassé les 100 dollars et que Washington examine plusieurs options d’urgence pour contenir le coût intérieur de la guerre. Plus le détroit d’Ormuz devient dangereux, plus la décision politique initiale apparaît comme un facteur direct de choc économique mondial.  

Les données officielles américaines publiées le 10 mars confirment ce basculement. L’administration américaine de l’énergie prévoit un Brent au-dessus de 95 dollars pendant deux mois en raison des perturbations liées au conflit, tandis qu’environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole transitent par Ormuz. Cela donne à la stratégie du duo américano-israélien une portée bien plus large que le seul théâtre iranien. Leur guerre ne produit pas seulement des effets militaires. Elle renchérit déjà l’énergie, accroît la pression sur les marchés et transforme la sécurité du Golfe en problème domestique pour de nombreux Etats.  

La solidité du tandem n’efface pas ses contradictions

L’image de cohésion entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou est forte, mais elle n’efface pas toutes les tensions. Les deux dirigeants partagent l’objectif de maintenir la pression maximale sur l’Iran. Ils partagent aussi l’idée qu’aucune sortie ne doit apparaître comme un recul. En revanche, leurs contraintes ne sont pas identiques. Netanyahou raisonne d’abord en termes de sécurité israélienne, de rapport de force régional et d’affaiblissement durable de l’Iran. Trump, lui, doit intégrer plus directement le coût énergétique, la réaction du Golfe, la soutenabilité politique intérieure et le risque d’enlisement.  

C’est ce qui rend la formule de décision “mutuelle” à la fois forte et fragile. Forte, parce qu’elle officialise une alliance de commandement. Fragile, parce qu’elle suppose que Washington et Tel-Aviv continueront à évaluer le coût de la guerre de la même manière. Or, plus la guerre s’étend à Ormuz, aux marchés et aux partenaires arabes, plus les temporalités politiques peuvent diverger. Israël peut vouloir prolonger la pression pour maximiser le gain stratégique. Les Etats-Unis peuvent être tentés de raccourcir la séquence si le coût économique et régional devient trop élevé.  

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