Dans la matinée du 21 janvier 2026, un drone israélien a visé une voiture sur la route reliant Zahrani à Msayleh, près de la localité de Najjarieh, dans le district de Sidon, au sud du Liban. Cet incident, survenu aux alentours de 7h44 heure locale, a entraîné la mort d’un civil, comme l’a rapporté un correspondant de l’Agence nationale d’information sur place. La frappe a provoqué une explosion visible de loin, avec des colonnes de fumée s’élevant du véhicule détruit, et des équipes de secours, incluant des ambulances de la Croix-Rouge libanaise, se sont rapidement rendues sur les lieux pour évacuer les débris et transporter le corps de la victime. Najjarieh, une zone semi-rurale bordée d’installations industrielles comme des usines de traitement des eaux et des dépôts pétroliers, voit cette route servir de liaison vitale pour les déplacements locaux, traversant des champs agricoles et des villages où les habitants dépendent de ces axes pour leurs activités quotidiennes. Des témoins ont décrit le drone approchant à basse altitude, émettant un bourdonnement caractéristique avant l’impact, un phénomène qui s’est répété dans la région ces dernières heures, accentuant l’anxiété parmi les populations frontalières.
Cette attaque aérienne fait suite à une série d’opérations similaires observées la veille, illustrant une recrudescence des activités militaires israéliennes au-delà de la Ligne bleue, la démarcation établie par les Nations unies en 2000 pour séparer les territoires libanais et israéliens. L’armée israélienne a revendiqué la frappe, indiquant qu’elle ciblait un élément affilié au Hezbollah dans la zone élargie de Sidon, englobant des secteurs adjacents à Zahrani. Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a déclaré dans un communiqué : « Nous avons ciblé un élément du Hezbollah dans la région de Sidon, au sud du Liban, il y a peu de temps, dans le cadre des efforts pour contrecarrer les menaces sécuritaires. » Cette affirmation souligne les justifications invoquées par Israël, axées sur la neutralisation de menaces potentielles émanant de groupes armés libanais, dans un contexte où les dynamiques sécuritaires demeurent instables malgré les accords internationaux en vigueur.
Une intensification des survols de drones dans le district de Zahrani
La veille, le 20 janvier 2026, le sud du Liban a enregistré une activité aérienne accrue, avec plusieurs incidents signalés par les autorités locales. Dès 7h44 du matin, un drone israélien a ciblé une voiture sur la même route Zahrani-Msayleh, dans des circonstances analogues à celles du lendemain. L’attaque a causé la mort d’un citoyen libanais, confirmée à 8h13 par un correspondant local. La victime, un habitant de la région circulant seul dans son véhicule, a été touchée alors qu’elle progressait sur cet axe routier fréquenté, provoquant un cratère sur la chaussée et un panache de fumée dense. Des images montrent les restes calcinés du véhicule, avec des fragments dispersés sur plusieurs mètres, tandis que des unités d’urgence ont sécurisé le périmètre pour éviter d’autres risques. Cette route, reliant Zahrani à Msayleh, traverse des villages comme Najjarieh, abritant des infrastructures essentielles telles que des réservoirs de stockage pétrolier, et l’incident a interrompu la circulation pendant plusieurs heures, forçant les usagers à emprunter des voies secondaires sinueuses.
Plus tard dans la soirée du 20 janvier, vers 19h19, un survol intensif de drones hostiles a été observé au-dessus des villages de Ghaziyeh, Zahrani, Zrarieh, Baysarieh et Saksakieh. Ces localités, situées dans le district de Sidon, ont vu des appareils voler à basse altitude, créant une atmosphère de vigilance accrue parmi les résidents. Ghaziyeh, qui abrite une raffinerie pétrolière clé, rend ces survols particulièrement sensibles en termes de sécurité des infrastructures. À 21h31, les cieux de la ville de Tyr et de ses environs ont été envahis par un vol dense de drones ennemis, opérant à une altitude réduite et perturbant les activités nocturnes. Tyr, avec son port historique et ses sites archéologiques classés au patrimoine mondial de l’Unesco, représente un hub culturel et économique pour le sud, où ces intrusions aériennes amplifient les craintes d’escalade.
À 21h53, un survol massif de l’aviation drone israélienne a été enregistré au-dessus des bourgs et villages du district de Zahrani, à une altitude extrêmement basse, contraignant les habitants à se confiner chez eux. Puis, à 22h39, l’armée israélienne a procédé à une détonation sur la colline de Hamames, une élévation stratégique dominant les environs. Cette explosion contrôlée n’a pas fait de victimes immédiates mais a ébranlé les structures avoisinantes, avec des secousses ressenties dans les villages voisins. Hamames, située près de la frontière, est souvent associée à des positions militaires potentielles, et cette action pourrait viser à détruire des infrastructures souterraines suspectées. Enfin, à 22h42, un drone a survolé à faible hauteur les zones de Khrayeb et Adloun, prolongeant l’état d’alerte jusqu’à tard dans la nuit. Khrayeb, avec ses oliveraies étendues, et Adloun, connu pour ses grottes préhistoriques, illustrent comment ces opérations touchent des sites à la fois ruraux et historiques.
Le cadre géopolitique des tensions frontalières persistantes
Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de fragilité post-conflit, suite au cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, sous les auspices internationaux. Cet accord, destiné à mettre fin à une année d’hostilités de basse intensité suivie d’une guerre ouverte à l’automne 2024, prévoit le retrait des forces israéliennes des zones frontalières libanaises dans un délai de 60 jours, ainsi que le déploiement renforcé de l’armée libanaise au sud du Litani. Cependant, les violations répétées, incluant des frappes aériennes et des survols, ont été documentées par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui opère sous la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 pour démilitariser la zone au sud du Litani et renforcer la souveraineté libanaise.
Le commandant de la Finul, le général Aroldo Lázaro Sáenz, a déclaré récemment : « Toute violation du cessez-le-feu met en péril la stabilité fragile de la région et expose les civils à des risques inutiles. » Cette résolution, qui appelle à un désarmement des groupes armés non étatiques au sud du Liban et à un respect mutuel de la Ligne bleue, reste un pilier du cadre international, mais son application partielle alimente les frictions. Les forces israéliennes justifient leurs actions par la nécessité de prévenir des attaques potentielles, tandis que le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, dénonce ces incursions comme des agressions contre sa souveraineté. Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a affirmé : « Ces attaques récurrentes violent non seulement le cessez-le-feu mais aussi les fondements du droit international, menaçant la paix régionale. »
Les dynamiques locales et les impacts sur les populations civiles
Au sud du Liban, où les communautés chiites, sunnites et chrétiennes coexistent dans un équilibre confessionnel délicat, ces événements exacerbent les divisions internes. Le district de Tyr, par exemple, abrite une population majoritairement chiite, avec des influences du Hezbollah, mais aussi des villages sunnites comme Saksakieh, où les tensions intercommunautaires pourraient s’aggraver en cas d’escalade. Les survols de drones, souvent effectués par des modèles comme le Heron ou l’Hermes, équipés de caméras haute résolution et de missiles guidés, maintiennent une surveillance permanente, limitant les mouvements des agriculteurs et des commerçants. Dans Zahrani, la proximité d’installations pétrolières vitales pour l’économie libanaise – incluant des réservoirs de stockage et des pipelines – rend ces opérations particulièrement risquées, avec des potentiels de pollution environnementale en cas de frappe accidentelle.
Les explosions comme celle de Hamames rappellent les tactiques employées lors des conflits passés, visant à neutraliser des tunnels ou des caches d’armes présumés. Hamames, une colline de 500 mètres d’altitude, offre une vue panoramique sur la vallée du Litani, la rendant stratégique pour toute opération de reconnaissance. Les résidents des villages environnants, tels que Adloun avec ses 5 000 habitants, rapportent des nuits agitées, avec des enfants réveillés par les bruits aériens et des familles stockant des provisions en prévision de perturbations prolongées. Les routes comme Zahrani-Msayleh, asphaltées mais étroites, deviennent des pièges potentiels, forçant les conducteurs à adopter des itinéraires alternatifs via des pistes rurales, augmentant les temps de trajet et les coûts en carburant.
Les réponses immédiates des autorités et des services d’urgence
Face à ces incidents, les autorités libanaises ont mobilisé des ressources pour gérer les conséquences. Dans le cas de la frappe du 21 janvier sur la route Zahrani-Msayleh, des unités de la défense civile ont sécurisé le périmètre, collectant des éclats de missiles pour analyse, tandis que l’armée libanaise a renforcé ses patrouilles le long de la route. À Zahrani, les ambulances ont transporté le corps vers l’hôpital de Sidon, où des autopsies sont en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès. Le porte-parole du ministère libanais de la Santé a indiqué : « Nous déplorons la perte d’un civil dans cette agression, et nos équipes médicales restent en alerte pour toute urgence subséquente. »
Sur le plan international, la Finul a intensifié ses observations, avec des patrouilles mixtes impliquant des contingents français, italiens et indiens. Le 5 janvier 2026, des troupes françaises ont utilisé des brouilleurs pour repousser un drone approchant d’une patrouille à Meiss el-Jabal, démontrant l’engagement actif des Casques bleus. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réitéré : « La protection des civils et le respect du cessez-le-feu sont impératifs pour éviter une reprise des hostilités à grande échelle. » Ces mesures immédiates visent à contenir les retombées, mais les survols persistants, comme ceux du 20 janvier au-dessus de Ghaziyeh et Tyr, indiquent une vigilance continue requise.



