La Direction générale de la Sécurité d’État au Liban a annoncé ce matin une importante opération ayant permis de démanteler un réseau actif dans le trafic d’armes entre la Syrie et le Liban. Cette intervention, menée par une unité de la direction régionale d’Akkar – bureau de Kobayat, a abouti à l’arrestation d’un suspect identifié comme M.H., considéré comme un acteur clé dans le trafic d’armes par des passages illégaux dans le nord du pays.
Arrestation d’un acteur clé du trafic d’armes
Après plusieurs semaines de surveillance et de suivi, l’unité de Sécurité d’État a agi à l’aube, perquisitionnant le domicile du suspect. Celui-ci, qualifié de « moteur essentiel » dans les opérations de contrebande d’armes, aurait joué un rôle central dans la coordination et la logistique de ces activités illicites. Ces réseaux exploitent des passages non officiels entre les deux pays, échappant ainsi à la surveillance des autorités et facilitant le transport de matériel militaire vers diverses destinations.
La perquisition a révélé un arsenal impressionnant, renforçant la gravité des activités du suspect.
Saisie d’un arsenal militaire
Lors de cette opération, les agents de Sécurité d’État ont saisi :
- 25 fusils Kalachnikov,
- Un fusil BKC,
- Une quantité importante de munitions variées.
Tout le matériel confisqué a été immédiatement transféré pour analyse et stockage sécurisé. Ces armes, bien que conçues pour des usages militaires, étaient en transit vers des destinations non précisées, probablement à destination de groupes armés opérant dans la région.
Une enquête sous supervision judiciaire
L’interrogatoire du suspect, actuellement en cours sous la supervision des autorités judiciaires compétentes, vise à dévoiler l’ampleur de ce réseau et ses connexions potentielles. Les premières informations suggèrent une organisation structurée et bien financée, opérant non seulement à partir de la frontière libano-syrienne, mais également avec des ramifications dans d’autres régions du Liban.
Cette enquête permettra également d’établir si d’autres individus ou entités sont impliqués, notamment dans les circuits financiers et logistiques permettant le transfert et la vente des armes.
La problématique des passages illégaux à la frontière
Le nord du Liban, frontalier de la Syrie, est depuis longtemps un point de tension en matière de sécurité. Les passages non officiels qui jalonnent cette région servent non seulement au trafic d’armes, mais également à d’autres activités illicites, notamment :
- La contrebande de carburant : un commerce lucratif aggravé par la crise économique des deux pays.
- Le passage clandestin de personnes : souvent des migrants ou réfugiés fuyant des conflits.
- La contrebande de produits alimentaires : profitant des différences de prix entre les deux pays.
Ces zones échappent en grande partie à un contrôle efficace, en raison du relief accidenté et des moyens limités dont disposent les autorités libanaises. La prolifération d’armes dans ces régions constitue une menace directe pour la stabilité intérieure, exacerbant les tensions locales et régionales.
Les efforts des autorités pour sécuriser les frontières
Cette récente arrestation s’inscrit dans le cadre des efforts accrus des forces libanaises pour sécuriser les frontières. Depuis le début de l’année 2024, plusieurs réseaux de contrebande ont été démantelés, avec des saisies significatives d’armes, de carburant et d’autres biens. Ces efforts témoignent de la volonté de Beyrouth de restaurer l’autorité de l’État, notamment dans des régions historiquement marquées par une faible présence gouvernementale.
Toutefois, les défis restent immenses. Les forces de sécurité doivent faire face à un manque de moyens matériels et humains, alors même que les réseaux criminels deviennent de plus en plus sophistiqués. En outre, la crise économique qui frappe le Liban complique davantage les capacités opérationnelles des autorités.



