jeudi, janvier 15, 2026

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Unrwa : licenciements, baisse de salaires et soupçon de démantèlement

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Des notifications « immédiates » et une vague de contrats arrêtés hors de Gaza

La crise éclate autour d’une série de décisions administratives prises au début de 2026. Elles visent des employés locaux de l’Unrwa rattachés à Gaza, mais se trouvant hors du territoire. Des notifications de fin de service sont envoyées comme des « notifications officielles » de rupture, avec un effet annoncé comme immédiat. 

Le volume exact varie selon les récits rapportés, ce qui montre une communication fragmentée et une tension sur les chiffres. Une version évoque plus de 600 personnes concernées. Une autre parle de 622 employés, décrits comme majoritairement issus du secteur de l’éducation. Une autre encore mentionne 650 employés. La même séquence cite aussi l’arrêt de contrats pour 570 personnes de Gaza « présentes à l’étranger ». Les écarts de chiffres alimentent la confusion, mais ne changent pas le cœur du fait : une vague massive touche un personnel déjà exposé par la guerre et l’exil. 

Plusieurs passages insistent sur un point concret. Ces employés ne sont pas décrits comme ayant quitté Gaza par choix. La formule revient sous une forme très directe : « ils n’ont pas quitté Gaza par confort ». Ils sont décrits comme ayant fui la guerre, le bombardement, la faim et la maladie. Le récit insiste aussi sur la présence de malades, ou de proches accompagnant des malades. 

Une procédure présentée comme « légale », mais vécue comme brutale

Un élément de procédure apparaît dans les documents mentionnés. Un texte signé par Sam Rose, présenté comme responsable par intérim pour le bureau régional de Gaza, est diffusé et repris. Ce document évoque des fins de contrats pour plus de 600 employés. Il relie ces décisions au cadre de « congé exceptionnel » prévu pour des employés locaux. 

Le même document contient une nuance importante. La fin de service est décrite comme une notification officielle, mais il est aussi indiqué que les droits financiers seraient préservés « dans le cadre d’un mécanisme » qui resterait à convenir. Cette phrase vise à calmer. Elle n’éteint pas la colère. Car la rupture du revenu et la perte de statut restent immédiates dans la perception des salariés et des organisations qui les soutiennent. 

D’autres passages rapportent une chronologie en deux temps. D’abord, des décisions de suspension sont mentionnées « il y a quelques mois ». Ensuite, vient la rupture définitive des contrats. Le récit précise que nombre de ces employés, souvent enseignants, avaient maintenu leur activité à distance, via l’enseignement en ligne, profitant d’un accès plus stable à l’électricité et à l’internet depuis leurs lieux de refuge. Cette continuité de service, puis la rupture, renforcent l’impression d’un basculement soudain et difficile à accepter. 

Baisse de 20 % des salaires : une coupe large, au-delà des licenciements

La crise ne se limite pas aux fins de service. Elle touche aussi les rémunérations. Une baisse de 20 % est citée pour des employés de Gaza et de la Cisjordanie. La mesure est expliquée par un changement technique : la fin d’un dispositif lié au calcul des écarts de change. Cette justification administrative est présentée comme une réponse au déficit. Elle est vécue comme une sanction collective. 

Un chiffre plus large est aussi évoqué : environ 15 000 employés seraient touchés par cette logique de réduction, via les ajustements de calcul et la compression des avantages. Le récit met ainsi en place deux cercles. Le cercle des licenciements, brutal et visible. Le cercle des baisses de revenus, plus vaste et durable. L’ensemble donne l’image d’une contraction structurelle de l’agence. 

La sécurité externalisée à Amman : un détail qui devient un symbole

Un autre volet alimente la polémique. L’arrêt des fonctions de gardiennage du siège à Amman est mentionné. Il est associé à un transfert vers une société de sécurité privée. Le récit insiste sur la logique de privatisation de certains services. Il ne s’agit pas seulement de réduire la masse salariale. Il s’agit aussi de changer la nature de certaines fonctions, en les sortant du périmètre de l’agence. 

Ce détail prend une dimension politique car il nourrit une peur : celle d’une transformation progressive de l’Unrwa en structure plus petite, plus sous-traitante, et moins ancrée dans l’emploi des réfugiés. Dans les réactions, ce type de mesure est cité comme un signal d’« exécution administrative » et de rupture du pacte historique entre l’agence et son personnel. 

Philippe Lazzarini au centre des critiques et le mot qui revient : « démantèlement »

Les décisions sont attribuées au commissaire général, Philippe Lazzarini. Le récit rapporte que l’argument principal avancé est celui de l’« incapacité » à trouver les fonds nécessaires pour payer salaires et obligations de programmes. Cette justification pose le décor d’une crise budgétaire. Mais les réponses palestiniennes déplacent le débat vers un terrain plus politique. 

Le mot le plus fort qui circule dans les réactions est celui de démantèlement. Des organisations palestiniennes décrivent les licenciements massifs comme un acte « sans précédent ». Elles parlent d’un « démantèlement institutionnel méthodique ». Elles affirment que l’Unrwa subirait des pressions visant à réduire son rôle et à le faire disparaître par étapes. Cette lecture est martelée comme une alerte, pas comme une simple opinion. 

Un passage insiste sur une idée de stratégie. Les décisions seraient une forme de test. Le terme employé renvoie à une « prise de pouls ». L’objectif serait de mesurer l’effet, la réaction et la capacité de résistance. Dans ce récit, l’année 2026 est décrite comme « charnière » pour l’Unrwa. La crainte est claire : après une première vague, d’autres mesures « plus douloureuses » suivraient. 

La réaction de l’Organisation de libération de la Palestine : une attaque frontale contre la méthode

La critique la plus structurée vient d’un responsable présenté comme membre de l’exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine et chargé du dossier des réfugiés, Ahmed Abu Holi. Son propos combine chiffres, indignation et accusation morale.

Il cite la baisse de 20 % des salaires. Il cite la fin de contrats pour 570 employés de Gaza à l’étranger. Il cite aussi l’arrêt du gardiennage à Amman au profit d’une société privée. Puis il formule une image forte : « une poignée dans le dos » des employés, décrits comme le « soupape de sécurité » de l’agence. Il rappelle aussi un chiffre lourd : 382 employés tués, décrits comme tombés sous les bombardements. Cette référence sert à dire que l’engagement du personnel a été payé au prix fort, et qu’il serait “récompensé” par des licenciements. 

Le même propos insiste sur la dimension juridique et normative. Il parle de protection des droits des employés, en lien avec les principes des Nations unies et le droit humanitaire. La ligne est simple : la crise financière ne peut pas justifier une atteinte aux droits fondamentaux du personnel. 

Les organisations de réfugiés : « arbitraire », « inhumain », et menace de grève ouverte

La contestation ne reste pas dans le registre diplomatique. Elle descend vers des organisations de terrain et des comités de réfugiés. Un comité de réfugiés décrit la décision comme « arbitraire et inhumaine ». Il parle d’une « nouvelle blessure » infligée aux réfugiés. Il insiste sur la dignité et le droit à un travail sûr. 

Le même ensemble de réactions met en place une escalade sociale annoncée. La chaîne citée est explicite : d’abord des sit-in. Ensuite des actions plus larges. Et, si l’agence ne recule pas, une grève ouverte. Le vocabulaire insiste sur l’exigence d’« annulation immédiate et inconditionnelle » des décisions, ainsi que sur la restitution des droits financiers et des indemnités de fin de service. 

La logique revendicative va au-delà du salaire. Elle exige réparation morale et matérielle. Elle demande aussi compensation pour les dommages psychologiques et de subsistance causés par la rupture. Le ton est celui d’une crise sociale majeure, pas d’un ajustement administratif. 

Les factions palestiniennes : l’Unrwa comme ligne de front politique

Les réactions rapportées incluent des prises de position de factions et mouvements. La décision est qualifiée d’injuste. Elle est décrite comme une réduction des droits. Elle est aussi associée à l’idée d’un “châtiment collectif” contre la population. Dans ce registre, l’acte administratif devient un acte politique. 

Une autre réaction met en garde contre un schéma plus large. Les décisions seraient un plan « administratif et méthodique » préparant la fin de l’agence et la liquidation de la question des réfugiés. Ici, la peur n’est pas celle d’une mauvaise gestion. C’est celle d’un changement de doctrine internationale, où l’Unrwa perdrait son statut de symbole durable du dossier des réfugiés. 

La crainte d’un effet domino : Cisjordanie, Jordanie, Syrie, Liban

Un élément revient comme alerte. La vague sur Gaza ne serait pas la dernière. Des informations rapportées évoquent des intentions de décisions qui pourraient toucher d’autres zones d’opération. La Cisjordanie est citée, mais aussi la Jordanie, la Syrie et le Liban. Ce point change l’échelle. Il fait sortir la crise du seul espace gazaoui. Il installe un risque régional, y compris pour les camps au Liban si une réduction de services ou de personnels s’y étend. 

Ce risque est alimenté par un discours interne attribué à un cadre de l’agence. Ce discours évoque des décisions à venir « plus douloureuses ». Il présente les premières mesures comme une étape de test. Et il décrit 2026 comme une année décisive pour plusieurs dossiers internes à l’agence. 

Le nœud : crise financière réelle ou justification contestée

Deux narrations s’affrontent dans les textes. La première est celle de l’agence : une crise financière « étouffante » empêche de payer les salaires et d’honorer les obligations de programmes. Cette justification est répétée comme base de la décision. 

La seconde est celle des opposants : les licenciements collectifs n’auraient pas de base « juridique ou financière réelle ». Le récit parle de motifs administratifs “formels”, voire trompeurs. L’objectif serait moins de sauver un budget que d’ouvrir une brèche politique. Cette lecture appelle un “front syndical” et une dispute de travail à grande échelle contre la direction. 

Ce désaccord est crucial. S’il s’agit d’un choc de trésorerie, une solution serait une mobilisation de donateurs. S’il s’agit d’un choix politique, la réponse attendue devient une bataille diplomatique et juridique. La polémique tient précisément au fait que les deux lectures coexistent, et que chacune accuse l’autre de manipuler la réalité.

La demande adressée aux donateurs : payer la crise sans “privatiser” les droits

Une exigence revient dans les appels : les Nations unies et les États donateurs doivent « assumer leurs responsabilités ». Mais cette responsabilité est définie avec une limite. Toute solution financière ne doit pas se faire au détriment des employés et de leurs droits. Elle ne doit pas non plus passer par une privatisation des services. 

L’argument est cohérent. Si l’agence est en crise, la réponse ne peut pas être seulement de réduire la qualité et le périmètre. Sinon, l’Unrwa cesse d’être un filet de protection, et devient un organisme résiduel. Cette crainte est formulée comme une alerte stratégique : toucher au personnel, c’est toucher à la capacité de fournir éducation, assistance et services essentiels.

Une crise qui dépasse l’emploi : le statut des réfugiés en arrière-plan

Le débat sur les licenciements et les salaires est un débat sur le statut politique de l’agence. Les réactions rapportées associent la réduction de l’Unrwa à un objectif plus vaste : affaiblir, puis dissoudre, un dispositif international qui maintient la question des réfugiés au centre de l’agenda.

C’est pour cela que le langage est si dur. « Démantèlement », « exécution administrative », « méthodique ». Même quand la crise est présentée comme financière, la contestation affirme qu’elle “déborde” le budget. Elle devient un champ de bataille diplomatique. Elle mobilise des organisations, des comités, des factions et des responsables politiques, avec des menaces d’escalade sociale.

Dans cette séquence, l’Unrwa apparaît moins comme une administration que comme une ligne de front. Une ligne de front où la finance, le droit du travail, la sécurité privée et la légitimité internationale s’entremêlent, et où chaque décision administrative est immédiatement relue comme un acte politique.

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