Dans le paysage sécuritaire libanais marqué par une recrudescence des incidents criminels, la journée du 18 février 2026 a été émaillée de plusieurs événements illustrant les défis persistants auxquels font face les forces de l’ordre. Ces faits, rapportés par l’Agence nationale d’information (ANI), mettent en lumière une variété de délits allant du vol simple aux altercations violentes, dans un contexte où la précarité économique et les tensions sociales exacerbent les risques d’insécurité quotidienne. Achrafieh, quartier animé de Beyrouth, a été le théâtre d’une intervention rapide des autorités, soulignant l’efficacité des patrouilles urbaines face à une criminalité opportuniste qui cible les biens personnels.
Un homme interpellé lors d’une tentative de vol de véhicule à Achrafieh
À 16h35, une patrouille de la mferzé d’investigation de Beyrouth, relevant de l’unité de police de la capitale, a procédé à l’arrestation d’un individu identifié comme U. J., né en 1980 et de nationalité libanaise. L’incident s’est produit dans le quartier d’Achrafieh, où l’homme a été surpris en train de tenter de dérober le contenu d’une voiture de type Honda CR-V stationnée sur place. Selon le communiqué de la Direction générale des Forces de sécurité intérieure, division des relations publiques, cette opération résulte d’une surveillance continue et d’un suivi minutieux sur le terrain, dans le cadre des efforts déployés pour contrer les délits sur l’ensemble du territoire libanais. L’individu, connu pour ses antécédents judiciaires en matière de vol, a été déféré au parquet compétent pour les suites légales, conformément aux instructions judiciaires. Cet épisode intervient alors que les vols de véhicules et de leurs contenus se multiplient dans les zones urbaines densément peuplées, où les opportunités de délinquance sont facilitées par la mobilité accrue et la présence de biens exposés.
Cette arrestation illustre la vigilance accrue des forces de police dans les quartiers résidentiels et commerciaux de Beyrouth, où les patrouilles renforcées visent à dissuader les actes délictueux. Achrafieh, avec ses rues animées et ses parkings souvent non surveillés, représente un terrain propice à ce type d’infractions, qui touchent aussi bien les résidents locaux que les visiteurs. Les autorités soulignent que de telles interventions contribuent à maintenir un niveau minimal de sécurité, malgré les contraintes budgétaires et logistiques imposées par la situation économique du pays. En effet, la dépréciation continue de la livre libanaise et l’inflation galopante ont poussé de nombreux individus aux marges de la société à recourir à des actes désespérés pour subvenir à leurs besoins, transformant des quartiers autrefois paisibles en foyers potentiels de petite criminalité.
Meurtre dans un établissement de boissons alcoolisées à Sarafand
Plus au sud, dans la localité de Sarafand, au cœur de la région du Zahrani, une altercation individuelle a dégénéré en crime homicide vers 15h07. D’après le correspondant de l’ANI, l’incident s’est déroulé à l’intérieur d’un commerce spécialisé dans la vente de boissons alcoolisées, où un différend personnel entre deux personnes a conduit à la mort d’un individu. Les circonstances exactes du clash restent à élucider par l’enquête en cours, mais les premiers éléments indiquent qu’il s’agit d’un acte impulsif, sans lien apparent avec des motivations plus larges telles que des règlements de comptes organisés. Les forces de sécurité ont rapidement été dépêchées sur les lieux pour sécuriser la zone et recueillir les témoignages, évitant ainsi une escalade potentielle dans cette localité sensible du Liban-Sud.
Sarafand, située non loin de la ligne bleue séparant le Liban d’Israël, est une zone où les tensions régionales influent souvent sur la vie quotidienne. Bien que cet homicide semble isolé, il s’inscrit dans un pattern de violences interpersonnelles qui se multiplient dans les régions rurales et semi-urbaines, où l’accès aux armes légères reste facile malgré les efforts de contrôle. Les autorités locales, en coordination avec les unités de gendarmerie, ont renforcé leur présence pour prévenir toute répercussion communautaire, sachant que les établissements comme celui impliqué dans l’incident servent souvent de points de rencontre informels, propices aux frictions alimentées par la consommation d’alcool. Ce drame met en exergue les défis posés par la régulation des commerces sensibles dans des zones économiquement fragiles, où le chômage élevé et la pauvreté chronique exacerbent les risques de conflits mineurs tournant au tragique.
Blessures par balles lors d’un clash familial au camp de Miyeh wa Miyeh
À 15h56, dans le camp de réfugiés palestiniens de Miyeh wa Miyeh, situé en périphérie est de Saïda, un différend entre deux familles a viré à l’affrontement armé, entraînant trois blessés. Selon l’ANI, l’altercation initiale s’est rapidement transformée en échange de tirs, forçant les forces de sécurité à intervenir pour circonscrire l’incident et poursuivre les tireurs impliqués. Les blessés ont été évacués vers des structures médicales locales, et les opérations de bouclage du camp se poursuivent pour éviter une propagation des violences. Ce type de clashs, souvent enracinés dans des querelles ancestrales ou des disputes sur des ressources limitées, est récurrent dans les camps de réfugiés, où la densité de population et les conditions de vie précaires favorisent les explosions de colère.
Le camp de Miyeh wa Miyeh, abritant des milliers de Palestiniens depuis des décennies, est un microcosme des tensions sociales au Liban. Les autorités libanaises, en collaboration avec les comités populaires des camps, tentent de maintenir l’ordre, mais les armes circulent librement, héritage des conflits passés. Cet incident du 18 février rappelle les efforts déployés pour désarmer les milices internes, sans pour autant éradiquer les racines profondes des conflits familiaux. Dans un contexte où les aides internationales se tarissent et où l’économie libanaise peine à se redresser, ces camps deviennent des foyers d’instabilité, avec des implications pour la sécurité de toute la région de Saïda. Les forces de l’ordre soulignent l’importance d’une médiation communautaire pour prévenir de tels débordements, qui pourraient autrement dégénérer en cycles de vendetta prolongés.
Avis de recherche pour vol et fuite d’une employée domestique
À 13h00, la Direction générale des Forces de sécurité intérieure a diffusé un communiqué relayant un avis de recherche concernant une ressortissante éthiopienne, N. S. A., née en 2005. L’affaire remonte au 16 février 2026, date à laquelle le citoyen R. S. a porté plainte au poste de gendarmerie de Qobayat, dans l’unité régionale de la gendarmerie. Selon les détails fournis, l’accusée, employée comme aide domestique, aurait profité de la nuit pour subtiliser une somme d’argent avant de prendre la fuite vers une destination inconnue. Les autorités appellent toute personne détenant des informations sur son whereabouts à contacter le poste concerné au numéro 05-370963, garantissant la confidentialité des sources conformément à la loi.
Ce cas met en lumière les vulnérabilités inhérentes au système des travailleurs migrants au Liban, où des milliers d’employés domestiques, souvent originaires d’Afrique ou d’Asie, font face à des conditions de travail précaires. Bien que l’incident soit isolé, il reflète les tensions potentielles dans les ménages libanais, exacerbées par la crise économique qui a réduit les salaires et augmenté les pressions financières. Les forces de sécurité utilisent de plus en plus les diffusions publiques pour accélérer les enquêtes, une stratégie qui s’est avérée efficace dans des affaires similaires. Qobayat, localité du Nord-Liban, est une zone où les vols domestiques, bien que rares, soulignent les disparités socio-économiques entre employeurs et employés, dans un pays où le cadre légal pour les migrants reste sujet à des réformes inachevées.
Recrudescence des vols et opérations anti-criminalité
Au-delà de ces incidents spécifiques, le mois de février 2026 confirme une tendance à la hausse de la petite et moyenne criminalité au Liban, avec une multiplication des vols et des tentatives de cambriolage. Par exemple, les forces de sécurité ont récemment arrêté un individu responsable de dizaines d’opérations de vol à Beyrouth et dans le Mont-Liban, qui écoulait ses butins dans le camp de Sabra. Cette arrestation, survenue il y a quelques heures, démontre l’engagement des unités spécialisées contre les réseaux organisés. De même, un avis de recherche a été émis pour une femme non identifiée ayant dérobé un bijou en or dans un magasin de joaillerie, illustrant la diversification des cibles des délinquants.
Dans la Békaa, la brigade d’investigation a procédé à une série d’arrestations pour vols, escroqueries et possession de résine de cannabis, soulignant les liens entre criminalité ordinaire et trafics illicites. À Rashaya, quatre personnes ont été interpellées pour formation de bande organisée visant le vol de câbles électriques et entrée illégale sur le territoire, un délit qui affecte directement les infrastructures publiques déjà fragilisées. L’armée libanaise, de son côté, a perquisitionné un appartement à Lailaki utilisé pour le stockage et la promotion de stupéfiants, saisissant une importante quantité de drogue et de l’argent contrefait.
Ces opérations s’inscrivent dans une vague plus large d’actions sécuritaires contre le crime organisé, incluant la saisie de produits contrefaits à Beyrouth et dans d’autres régions. La criminalité au Liban a connu une augmentation significative ces dernières années, avec une hausse de 45 % des vols à main armée en 2024, une tendance qui persiste en 2026 en raison de l’effondrement économique et de la précarité croissante. Les régions du Nord et de la Békaa, affectées par les défis transfrontaliers, font face à une insécurité accrue, où la pauvreté pousse à des actes délictueux.
Tensions dans les camps et zones frontalières
Les clashes comme celui de Miyeh wa Miyeh ne sont pas isolés, mais symptomatiques des frictions internes dans les camps de réfugiés, où les ressources limitées et les héritages historiques alimentent les conflits. Dans un contexte de tensions régionales persistantes, avec des incidents frontaliers impliquant des frappes aériennes et des interceptions armées, la sécurité intérieure est mise à rude épreuve. Le 4 février 2026, par exemple, des individus armés ont intercepté un groupe de jeunes dans la région de Minieh, brandissant des armes à feu, un événement qui souligne les risques de violences sporadiques dans le Nord.
L’explosion de la criminalité, liée à l’insécurité économique, domine le paysage quotidien, avec des agressions et vols en hausse. Les forces de l’ordre, malgré des ressources limitées, multiplient les interventions pour contrer ces phénomènes, comme l’arrestation d’un gang utilisant des applications en ligne pour attirer et dépouiller des victimes. Ces efforts visent à restaurer la confiance publique, dans un pays où les frontières poreuses facilitent les trafics transnationaux.
Implications immédiates des incidents récents
Les événements du 18 février 2026, du meurtre à Sarafand aux arrestations pour vol, reflètent les pressions immédiates sur le système judiciaire libanais, déjà surchargé. Les enquêtes en cours pour le clash au camp de Miyeh wa Miyeh impliquent une poursuite active des tireurs, avec des mesures de confinement pour prévenir des représailles. De même, l’avis de recherche pour N. S. A. mobilise les réseaux d’information citoyenne, une approche qui a prouvé son utilité dans des cas antérieurs de fuites. Dans Achrafieh, l’interpellation d’U. J. permet de retirer un récidiviste des rues, réduisant temporairement les risques pour les résidents. Ces faits, cumulés aux opérations anti-drogue et anti-vol dans d’autres régions, indiquent une mobilisation continue des autorités contre une criminalité diffuse, influencée par les dynamiques socio-économiques et régionales actuelles.

